YHS ou IHS ou Sig ignore elli
Les progrès de la biologie ne cesse d’émerveiller puisqu’il s’agit de greffer un utérus de transexuelle sur une femme stérile. Freud est vraiment...
En attendant la publication d’un ouvre d’Arasse «saint Bernardin de Sienne» permet de relire des textes peu accessibles qui figuraient dans la revue d’histoire de la spiritualité ou dans un mélanges d’école francaise de Rome... sauf que les éditeurs n’ont pas jugé utile de traduire les nombreux textes en latin! Il ne s’agit pas de second life pour autant comme l’indique le net mais d’un rapport très intéressant entre la lettre et la figure. Le prédicateur avait institué de brandir après discours une tavoletta sur laquelle s’inscrivait illisible pour l’auditoire YHS sur fond de soleil d’or. S’il s’agit d’un culte du nom illisible, il s’agit d’une image de la lettre qui ne vise point à quelque idolâtrie de la tavolette. Le nom est ici une image, l’image du verbe. Il ne s’agit pas de lire mais de voir. Il ne s’agit donc pas de lire Iesus Hominum Salvator ni in hoc signo vinces selon l’hallucination politique de Constantin, ni une abréviation et une translittération imparfaite du nom de « Jesus» en grec : Ι = J, Η = E et Σ = S (JES. = Jesus/Ιησους, IHΣOYΣ = nom complet en grec).
Comme il s’agit d’une invention privée du moine l’influence du malin risque toujours de se faire sentir, mais les choses rentreront vite dans l’ordre avec la bénédiction du pape qui va tenter de contenir cette dévotion qui va porter sur des lettres et non sur ce qu’elles peuvent signifier et donc sur ce moine qui sait lire justement mais quoi? par exemple qu’Y est le fils, H l’esprit saint , h n’est pas une voyelle, presque un souffle, S le père. On conçoit que cette peinture figurale ouvre de fait à une polyphonie de sens , voire à un savoir total reçu directement par la mémorisation de l’illisible, cet écrit est un mot de passe porteur du secret d’un savoir insu que seul le prédicateur peut dire. Il convient donc qu’il soit sous contrôle. D’autant qu’il y a une méfiance vis à vis de l’écrit alors que l’image serait plus efficace dans la dévotion comme émotion et mémoire, c’est à dire que la vérité serait du côté du simulacre de l’image et non de l’abstraction ici seconde du texte. La reprise en main de cette hérésie contenue se fait à l’orée de la publication du Maleus maleficarum.
Un peu en dehors de tout ceci Arasse soulève la question de la ressemblance du portrait avec le modèle à travers les multiples images du saint et de cet autre rapport indirect du tableau et de sa scénographie de source commune comme spectacle de la présence divine dans la mise en ascension de la sainteté
Ponctuation
Pour les Erythréens qui aspirent à fuir la dictature dans leur pays, le Sinaï, passage obligé en vue d'atteindre l'Europe, est devenu depuis cinq ans "la nouvelle terre de barbarie", s'alarment Cecile Allegra et Delphine Deloget dans leur webdocumentaire. Espérant rejoindre l'Italie ou la Suède, cinquante mille Erythréens ont pris le chemin du Sinaï depuis 2009, estiment les documentaristes. Dix mille d'entre eux n'en sont jamais revenus. Le chiffre est énorme, et le parcours de ces suppliciés encore plus effarant. Enlevés au Soudan, ils sont monnayés et "vendus" par des trafiquants, puis acheminés jusque dans le nord du Sinaï, où ils sont martyrisés des mois durant dans des "maisons de torture". A l'issue de ce long supplice, les trafiquants espèrent tirer 50 000 dollars de leurs captifs, une rançon exorbitante qu'ils réclament à leur famille, restée en Erythrée. Ceux qui ne peuvent pas payer sont assassinés "pour l'exemple" et enterrés dans d'immenses fosses communes. Le webdocumentaire évoque "des méthodes de torture dignes des pires univers concentrationnaires". En novembre 2013, des rescapés ont témoigné dans l'enceinte du Parlement européen, devant des députés abasourdis qui font face à un trafic d'êtres humains à l'ampleur insoupçonnée. "Nous avons été persécutés dans notre pays. Torturés et violés dans le Sinaï. (...) Quel crime avons-nous commis pour mériter cela ? Entendez-nous, enfin ! Pour que le désert et la mer cessent d'être notre tombeau."
Ponctuation
Guy Oberson, son travail pose la question du corps dans la représentation c’est à dire la limite de la figure qui soit un corps, c’est à près tout l’enjeu du dessin moderne, cette limite où l’informe est hors corps, c’est la même question que Dufour; à l’opposé l’ académisme qui capture le trait comme catalogue de la forme
Saint Bernardin nous intéressera donc parce qu’il affiche des lettres qui visent après tout un sans nom
Illisible comme sens c’est à dire qui ne peut être retenu par le sens univoque de l’interprétation théologique, soit sa position manifestement hérétique, RSIque si on veut, pas de localisation, mais c’est un coinçage qui renvoie à l’hors sens justement du nom divin qui n’est plus alors que ce qui signe le trou réel dans la chaîne signifiante, qui, elle, grouille de sens et fonctionne alors de facto hors désir
Charles Melman dans sa leçon d’ouverture reprend la distinction de la parole et de l’écrit, la première devrait intéresser le psychanalyste certes au titre de l’effet de sens propre à l’énonciation qui convoque la ponctuation de sens, venu de l’Autre, non sans ce bascule incessant d’une provocation à objecter. Il y aurait sans doute à entendre déjà autre chose dans le jeu des modulations de la voix, des voix, dans la cure. Le support d’une poétique qui justement échoue au sens dès lors que l’on interprète ce que voudrait dire la lettre et non ce qu’elle indique en place d'un manque à être. Après tout une pente de la psychanalyse est la lecture de lettres d’amour sur la pente universitaire qui va donc arriver à lire justement les Écrits de Lacan.
L’écrit demeure porteur d’un impératif absolu qui suggère la valeur culturelle de l’addiction au livre. Impératif qui tend à une lecture fermée qui se fait jouis-sens pour éviter l’effet réel d’un hors sens porté par un réseau littéral comme organisateur d’un trou réel.
L’oubli du nom propre à la fresque freudienne vise à cadrer un sens que le rêve d’Irma explose . Polyphonie où se croisent certes ce Sig ignore elli de l’athéisme de Freud, ce par quoi le jeu de phonèmes se joue de cette mort pour rien, qui s’annonce mais plutôt au delà de cette jouissance d’un sens, fut il mortel ; un para sens qui borne toujours le pas de sens de la lettre du réel
L’inconscient est bien surgissement de lettre qu’il ne faut pas, non pas parce qu’elle aurait un contenu mais parce qu’elle signe le non sens d’un désir qui court le long littéral d’une structure quelconque, au sens où ce quelconque ne suppose aucune élection ponctuelle à saisir selon Leclaire ni à mysthifier selon Miller, un manque de structure qui ne signe aucune histoire particulière, même s’il entraîne le blabla infini du père à tuer pour un pire à adorer
Donc non pas la lettre d’un désir convenable puisque phallicisé mais celle qui porte l’ironie d’une perte, perte que viendrait porter au sens d’une voix qui saurait lire et moduler la plainte
Il faut du père pour que s'inscrive dans la chaîne littérale la mémoire de la perte de structure, il faut tout autant que de père il n'y ait plus besoin, pour que s’exprime un désir de fait sans vecteur autre que l’ouvert d’un réel alors déchaîné