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ce doit être une chose singulièrement belle que d être une femme en train de subir l accouplement

 

ce doit être une chose singulièrement belle que d’être une femme en train de subir l’accouplement

 

Ainsi s’exprime Daniel Paul à l’orée de son processus psychotique, ouvrant ainsi l’ouverture de son être à un mode de jouissance qui coordonne une asymptote de sa structure.

Ceci en un temps freudien qui a nettement vu ses paramètres modifiés par l’expansion sans limites du mode d’existence du parlêtre en régime capitaliste. 

En ce sens le cas de Martine Rothblatt mérite attention puisqu’il informe d’une normalisation du transexualisme . Ce personnage semble trouver dans cette mutation de genre une énergie particulière qui lui permet à la fois de poursuivre sa vie de famille, de diriger un laboratoire de recherche médicamenteuse et de s’occuper d’une religion trans, l’idée d’immortalité étant soutenue à la fois par la recherche médicamenteuse et la substitution numérique dont le clone partiel de sa compagne.

 

 

Il y a cliniquement une différence entre le médecin décrit par Krafft Ebing, transexualisme installé d’emblée comme solution à la psychose et le cas Schreber résultat d’une longue évolution délirante. L’erreur demeure de la confusion entre l’organe et le phallus symbolique. Erreur qui s’étend dans la sphère des représentations imaginaires groupales au titre de singularités qui revendiquent justement l’inscription normalisante des singularités comportementales. 

Henry Frignet notait combien le cas 129 de Krafft Ebing était un vrai conte de fées, le sujet  s’était trouvé imposé à être femme selon une subversion physique du masculin par le féminin contenu en lui, et ce dès l’orée délirante,. S’il s’adresse au Professeur c’est pour socialiser son savoir et éviter une dérive délusive. Il est attiré par les filles comme communauté selon cette sensibilité particulière qui fait de sa peau une enveloppe transparente susceptible d’un retournement continu. Pas d’orifice corporel, pas d’objet détaché, il est livré à une jouissance sans limites, dont il ne peut supporter l’horreur que grâce à la concession à quelque parure féminine de surface. C’est à cette parure de surface qu’appartient l’épouse qui fera gant comme Nora pour Joyce, un pur rapport sexuel. Car qui s’ouvre au plus beau féminin se doit d’en limiter le supportable. Ce monde rêvé idéal est un monde sphérique, sans trou, plein, un monde sans manque et donc moderne, cotardisé. Plus que le serial killer le transexuel vient ainsi fonctionner comme représentation idéale du sujet moderne. Nul besoin de revendiquer d’ailleurs une rectification corporelle ou un changement d’état civil. Homme oiseau dans l’impossible recherche de l’oeuf parfait au delà de la zone de dévoration des requins.

" toute béance, toute aspiration, tout vide du désir, à savoir ce qui proprement constitue la propriété de l'orifice bucal. Dans la mesure où s'opère l'identification de l'être à son image pure et simple, il n'y a pas non plus de place pour le changement, c'est-à-dire la mort. C'est bien ce dont il s'agit dans leur thème - à la fois elles sont mortes et ne peuvent plus mourir, elles sont immortelles - comme le désir. Dans la mesure où ici le sujet s'identifie symboliquement avec l'imaginaire, il réalise en quelque sorte le désir. "

Instructive en ce sens est la présentation par Lacan du sujet aux oiseaux bleus dont il dira qu’il s’agit d’une psychose lacanienne

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