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Virginia Woolf

Virginia Woolf

 

 

Profitons de l’ouvrage de Nigel Nicolson sur Virginia Woolf pour interroger alors une forme instituée , le cercle de Bloomsbury.

 Il y est question d’une forme académique ouverte sur l’actuel de l’invention artistique du temps et sur un vivre en société qui pourrait tenir compte et de la différance structurelle de Virginia et de la lecture en cours des formules de la sexuation.  Bref, la question demeure celle de l’actuel des Lumières par delà la sauvagerie des temps et les errances des acteurs. Ainsi la rencontre de Keynes et de Virginia devrait attirer notre attention, voire notre recherche, car après tout le premier économiste n’a pu que longuement discuter avec Virginia de ce truc étrange dont on devrait subir les effets qu’est l’espace économique. Là aussi il faudra préciser un peu tout ça, à travers pourquoi pas un dialogue imaginaire entre Virginia et John, le mari, l’amante et le traducteur de Freud. Ce serait une très jolie pièce de théatre.

retenons puisque nous commençons à évoquer Virginia cette notion selon laquelle, enfant, elle chassait les papillons, aves ses frères et soeurs, enduisait de mélasse les troncs d’arbres afin de capturer les insectes, les épingler encore frémissants, les ailes déployées, sur des planches de liège... vous savez l’homme aux loups sur le divan de Freud, cinq heures de l’après midi, le battement des ailes... Virginia éditera Freud, et le rencontrera une fois sans le lire “un très vieil homme tout tordu et tassé, aves des yeux clairs de singe, des gestes spasmodiques de paralytique, s’exprimant avec difficulté mais vif” ... nous reviendrons sur cette singularité qu’est Virginia Woolf... il faudra positionner la question des hallucinations, le champ des torsions généalogiques, y compris la position de Leonard, Vita, le voyage, Hogarth Press,  le discontinu clinique, tout comme l’arencontre avec Joyce.... Nous ne risquons pas de l’oublier , certes, mais rajoutons en ce point Virginia Woolf aux amis de l’Académie.

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dire quelques choses de Joyce, de Schreber... La séquence hypothètique Marivaux n’est pas forcément étrangère non plus si nous songeons à la mécanique des rapports comme disait Calaferte et comme le formalise l’Encore de Lacan.

Par exemple que savons nous de l’amour psychotique autrement que sous la forme paranoïaque? 

Je poserai donc quelques questions, quelques remarques, en invitant chacun à faire de même

Face à la litterature académique du père, il y a  le style incisif, précis, narratif, ironique qui peut aussi bien reprendre à son compte (lequel cette fois?) le monde phénoménal des apparences sociales que l’inceste ( on peut s’interroger sur la place dans la structure d’un évenement supposé traumatique, au titre causal ou plutôt d’écran, l’analyse chez Freud du rêve de l’homme aux loups peut nous servir de point d’appui, après tout  le trauma a alors un nom, la Verwerfung trouve un semblant) . C’est bien sûr la partie la plus lisible du travail de Virginia. C’est après tout le style du versant “spectaculaire” de la psychose, son côté schreberien ( le chant grec des oiseaux, la manie, les tentatives de suicide..)

Mais il y a aussi le travail de l’écriture , sans doute plus à la fois dans la matière de la psychose et de la langue pour converger vers une forme musicale, réelle, mais alors sans réparation joycienne (malgré la reconnaissance publique mais qui est prise dans la monstruosité du couple, la presse comme machine de lettres sur la table et la surveillance méticuleuse de l’époux) 

Sur un plan formel, on peut déjà s’interroger sur la solution proposée par Lacan dans le sinthome, car le Nom de Joyce ne constitue pas un noeud à quatre mais une forme partielle dont l’efficace est d’ailleurs paranoïaque au sens d’un système du monde , mais bien sûr ce n’est pas un noeud de trèfle pour autant. C’est sur cette idée d’une reparation symbolique chez Joyce, imaginaire chez Pessoa et réelle chez Céline que nous essayerons de reprendre le Sinthome. 

Nous voyons bien que Virginia demeure refractaire à la paranoïa du style, elle est trop musicienne, schizophrène pour cela
On peut s’interroger certes sur le début des épisodes psychotiques, les prodromes, l’état prépsychotique, la psychose infantile... mais aussi sur ce qui arrête les épisodes , par exemple se demander si Léonard n’est pas le complémentaire des symptômes au sens où il a ce rôle de mari, de confident, de coéditeur, de complaisance... cette passion sans doute pour la folie de sa femme, cette jouissance là.

On pourrait se demander par exemple ce que serait devenue Virginia sans cet homme, est ce qu’elle aurait eu besoin d’être maniaco-depressive, est ce qu’elle aurait dû suivre la logique de la pierre (lettre d’acceptation de mariage, pierres des poches...) Après tout elle s’est refusé à réparer, elle eut dit freudainement (le fameux narcisse pourrait s’entendre comme “ pierre à l’eau”, enfin...bon...) Que serait devenue Virginia selon la logique de la chambre à soi, dans le creux mouvant de la lettre réelle? on peut songer à la position lesbienne mais certainement pas comme son amie phallique pouvait l’entendre

Il y a donc effectivement encore beaucoup de travail pour secouer tout ça , travail que je formaliserai autour de quelques points: quel est le nouage de la psychose non schreberienne? quel est le nouage de la traversée du fantasme? ou encore comment effectuer le retournement de la surface de Boy de manière non triviale, dès lors que la localisation de l’Autrejouir malgré l’apparence du dessin est hétérogène aux deux autres jouissances puisque c’est un ouvert? 

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