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une préciosité indolente

une préciosité indolente

 

 

il y eut les oubliés de 48, la seine pleine du sang rouge des sans nom, les anonymes des forêts staliniennes, les ossements qui pavaient les chemins, ce silence et l’indifférence des survivants complices

cet effet de mémoire 

qui se souvient? la distinction entre une certaine préciosité et une avidité utilitaire ai-je dit, sans le vouloir mais il fallait bien donner concept à ce qui surgissait dans un imprévu soit disant festif. Tout laisse à penser qu’un intervention intempestive dans un espace de prestige spectaculaire ne peut que produire l’excès de sa propre ruine, il faut pour cela de grands pieds qui battent la mesure sur un sol labouré de frais pour enfouir les os. Mais le printemps fragile fait remonter sans aucun doute ces objets enterrés pour d’autres fins. Faut-il les ombres noirs du sous bois comme seule limite ou aller, comme la mère de Rimbaud, se jeter avec ardeur dans la fosse même effectuer quelque réduction?

cette paresse qui surgit comme réponse à cette vaine agitation qui croit pouvoir faire totem du charnier. Surtout ne pas brunir.

Eviter le soleil et se reposer de cette agitation funeste, ne pas chercher à contrer le vide de l’être.

ce qui ferait opinion tranchée entre un concept ou l’autre, nulle compulsion hésitante là dedans, c’est bien en avant du carrefour logique, le travail désespère de trouver ce rien qui creuse le creux des reins, cette idée du Beau, quelle foutaise, juste le mouvement du ready mad à l’oeuvre, c’est à dire surtout pas localisé, ne jamais donner à voir ce local funeste de l’oeuvre, indifférence plutôt qu’indécision justement, éviter le truc de l’investigation, du goût, laisser faire en toute chose, ne rien expliquer, jamais, à l’occasion peut être et pourquoi pas quelque ligne, ceci sans embarras aucun, aucun besoin d’écrire, de dessiner, du matin au soir, laisser ça aux faiseurs qui sont bien sûr toujours trop bruyant, d’où la franche rigolade à voir se déployer l’engorgement satisfait de ‘artiste exposé, voici le tableau donc dans son impuissance affichée, éviter surtout la déprime de l’insu que sait, plutôt la déprise qui économise non sans quelque incontinence passagère , celle qui vise à raturer l’oeuvre, s’en débarrasser enfin, rester en deçà de toute plus value esthétique, en finir avec l’art, surtout ce grouillement informe qui continue à bricoler depuis les débris de culture massifiée, il faut extraire tout objet de son contexte pour le livrer au vide de sa représentation, fin de l’artiste, se méfier surtout du langage qui pourrait donner forme au pire, ne plus travailler du tout, le dégout de sa propre copie, cette transparence extrême qui nuit au montage de la dégradation achevée

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