s’trancher la gorge
Monsieur K regardait son érection dans le miroir avec cette sorte de jubilation enfantine qui semblait le protéger de toute chute dans une sorte de présence animée du monde et en même temps une impulsion l’animait avec horreur, celle de venir à trancher son membre, ou sa gorge, entaille dont l’appel à un détachement le remplissait d’effroi et de ravissement
Il luttait ainsi contre ce qui aurait pu inscrire le sexuel dans un espace formel borné par un Autre réellement incommensurable, il luttait contre le génie propre de la langue qui ne cessait de se déployer dans la moindre de ses pensées, contrainte de penser, pensée de contrainte, toute d’impératif comme une proposition p qui ne pouvait que se négativer,/p non se forclore ou se refouler, être là et pas là, mieux soumise à un retour de négation //p au point d’ouvrir à une spirale de non sens, envahissement en liste d’un objet réduit à un flottement d’ombre, une sorte de calcul sans fondement qui se posait bien loin des nécessités logiques, qui restait dans cette inconsistance du semblant à l’autre, ce qui évitait autant de se trouver confronter au réel de quelque impasse, celle qui précisément est dans la ligne d’un fantasme vécu, au point où il s’efface en soi comme le point de fuite recouvert par un beau paysage. quelque chose s’ouvre dans le fond d’un Poussin qui contient un hors réalité que toute mathématique chercherait peut être à démontrer, c’est à dire à tenir comme une bonne perspective ordonnée de l’image
Toujours mettre à plus loin le vif de l’affaire, tourner en rond, offrir le spectacle tragique de l’haineamour, du bienmal, bref se jouer des mots primitifs qui se fracturent sans fin; le pama fonctionne bien là dedans, l’ilelle tout autant, cela pousse à penser très fermement pour rien, à inventer des détails terribles, d’autant plus qu’on en revient toujours à devoir retrancher-affirmer toute proposition p, retenir surtout pas tant p, que le mouvement immobile de p , de /p ou de //p, etc... p doit aussitôt être prise dans un voile d’annulation, il n’est point mort, Dieu merci, p n’a plus aucun sens sinon la merde où cela s’engloutit, plein de bestioles y flottent, rats entre autres, auxquels on ne pense à peine, ou d’un rire gras, l’immonde se promène au champ de l’imaginaire , fortement imaginarisé comme trop fortement réel pour demeurer ce terme logique qui déploie une relation non religieuse à l’Autre. Au besoin écrire le texte sans fin de cette religion secrète de l’âme qui doit se suffit de formules creuses inintelligibles mais porteuses avant tout du silence ordinaire du désir.
Dans son cours sur Malebranche, Badiou ironise sur ce Dieu logique qui obéit semble -t il à l’impératif de l’altérité (soit dit qui s’y annule), et promeut une créature fie depuis l’infini où il demeure, ce qui nécessite le vecteur christique qui va injecter un peu d’infini à quelques uns afin de remettre l’échange à niveau, course impossible puisque la somme des autres ne peut faire infini, il y demeure un manque radical de créé, enfin ce Dieu là supporte le lieu même de son ex-istence, tandis que Schreber doit le maintenir en place par toute la puissance de son fantasme, le réveil justement du désir de Dieu qui éviterait qu’il ne disparaisse, le christ sera plutôt un anatomiste alors, reste la place l’analyste dans le commerce avec l’Autre, va t il oeuvrer pour ménager coupure et faille, détachement?