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topologie généralisée Pessoa avec Fregoli

topologie généralisée

Pessoa avec Fregoli

 

Reprendre in fine la question normale des psychoses suppose de prendre appui sur le minimum logique des textes de Schreber, Freud, Lacan, Melman, Czermak, ... tache sans aucun doute excessive quant à une possible sinon avancée du moins orientation conséquente à son objet, à savoir par exemple que si Freud à la fois traite la psychose sans la poser comme telle et hésite sur la sorcière sans doute à cause de la mauvaise affaire Jung et parce que la théorie doit avant tout assurer ses fondements, si Lacan établit au moins quatre orientations intriquées, celle d’Aimée, de Schreber, de Lol puis de Joyce, il nous reste le champ schizophrénique, celui de l’autisme, il nous reste à rendre un peu conséquent le passage du schéma i au nouage du sinthome, donc non pas du côté de la semblance moïque à quoi toute paranoïa tend mais bien du côté des hyperboloïdes, là où le descriptif centré loupe la clinique de son logocentrisme phallicisé, tout s’articule à l’élémentaire du signifiant entre l’équivocité et le néologisme dont on pourrait dire que la différence porte justement sur  l’inscription sur telle ou telle type de chaîne génératrice, ce n’est quand même pas la même chose de se «trouver» sur un huit intérieur ou sur une génératrice d’hyperboloïde

la question demeure ainsi très ouverte, et je renvoie sinon à ce que j’ai dû écrire sur Pessoa, du moins à deux articles de «psychanalyse», un sur les psychoses, l’autre à propos de Frégoli (qui me semblait un temps à partir de l’ouvrage de Thibierge pouvoir servir de support à une troisième coordonnée des psychoses, mais le comportement phobique de l’auteur n’a pas permis une avancée ...ou une récusation), en tout cas quelle que soit la géométrisation mise en jeu les élémentaires cliniques demeurent Cotard, Transexuel, Fregoli.

il faudrait sans doute reprendre les questions de topologie depuis leur prémisses lacanisées jusqu’à leurs développements non lacanisés, ce que le différentiel du signifiant engendre, ce qui est quand même intéressant dans une écriture algébrique c’est de noter qu’avec un simple jeu de lettres il est possible d’écrire l’élémentaire soit d’une bande soit d’un hyperboloïde, ceci n’a pas un lien avec l’hors sujet d’une équation objective du parlêtre mais un rapport directe avec les contraintes logiques du parlêtre dans sa structure

 

 

une autre façon de percevoir ces questions serait de noter qu’à l’intérieur d’un jeu d’écriture, le même prend des formes distinctes dans l’image

 

 

ces trois équations sont identiques des immersions du plan projectif dans R3,bonnet croisé, surface romaine, surface de Boy

 

 

ce sont pourtant les mêmes objets dans R3, mais R3 n’est pas l’unique espace d’immersion, dans R4 nous aurions une surface de Véronèse comme surface de Steiner avec singularités qui s’effacent dans R5

 

 

autre remarque aussitôt, c’est l’espace d’immersion qui efface les singularités , de sorte que la chirurgie topologique est une question de dimension, une grande partie des singularités sont des artefacts d’immersion

 

la question de la «zone» d’Autrejouir est problèmatique dans l’indifférence du noeud comme spécificité d’une consistance l’autre, chacune n’est que relative et en quelque sorte immobilisation ponctuelle d’une dynamique de déplacement incessant, pour une interprétation en couture, mais JA est un ouvert , c’est le sinthome du nom qui viendrait le clore, le tenir, l’Autre comme ouvert est une question commune des psychoses, l’indice est différent selon qu’il s’agit de Céline polysémie du sens, Joyce polysémie phallique ou Pessoa polysémie proprement dite de l’Autre

 

Lisbonne immobile dans la danse de Monteiro

 

 

le corps du roy, celui de Dom Sebastiao fait retour , chétif, dans celui de Fernando  qui traverse d’un pas ferme la place qui glisse vers le port

 

au Largo Sao Carlos vit Dona Dionisia Estrela aux obscénes péroraisons

le chevalier de Pas accompagne «une tendance innée à la mystification, au mensonge artistique», le père meurt, le frère meurt, et puis il y a cet autre père le beau Joao Miguel Rosa, on enferme la vieille folle, on se marie et on part en Afrique

on voyage même avec le cadavre de la petite Henriqueta Madalena qui a peu vécu, 

«mon caractère est tout intérieur, autocentré, muet, mais pas autosuffisant, plutôt perdu en lui même, ma vie tout entière a été de passivité et de rêve»

multiple et inachevé, il lit «au hasard sans orientation de travail bien définie»

 

 

 

 

 

 

il est là «dans une indicible horreur...ces impulsions, certaines criminelles, d’autres insensées, aboutissant, ce qui me torture, à un horrible besoin d’agir, une terrible muscularité, une sensation dans les muscles»

poète donc

faute de quoi que ce soit d’autre

intranquille

«toujours un étranger où que ce soit»

«aussi seul qu’une épave dans la mer»

je ne lis plus rien, la lecture est une manière servile de rêver, 

dans un mélange mysthico-politique ombre le grand poète

ce curieux phénomène du dédoublement m’est habituel mais jamais je ne l’avais éprouvé avec une telle intensité

il note le 8 mars 1914, une phase d’exaltation et d’écriture au cours de laquelle il écrit le recueil  le gardeur de troupeaux d’Alberto Caeiro puis des poèmes en son nom, comme il dit réaction à son inexistence en tant que Caeiro, les auteurs naissent en lui brusquement avec oeuvre, théorie, biographie, ainsi surgit Alvaro de Campos, certains sont fugitifs, d’autres plus marqués, plus exigeants, imposants leur oeuvre personnelle

un de mes bras est tombé

et le voilà qui valse

en habit de cérémonie, dans les salons du vice roi

un saut, nous voilà le 27 novembre, la cirrhose décompense, le 29, I know not what to morrow will bring, certes! le 30 il perd la vue, déclame ses lunettes et meurt

j’assiste indifférent

à la mise en cadavre

de tout ce que je suis

en quelle âme ou quel corps est-ce donc que j’existe?

 

tout ceci est un monde, celui des psychoses, celui de Pessoa

mention pour Colette Soler qui fait entrer notre auteur dans le temple jusque là strictement joycien

le paradoxe à vouloir suivre Lacan c’est l’ego un de Joyce trouve chez Pessoa du multiple (une chaîne de trèfle?) , en tout cas une chaîne de parlêtres qui juxtaposent des différents, et à l’intérieur de chacun une pulvérisation de fragments qui demeurent impubliables, impubliés, d’où cet effet postume du nom qui viendrait donner sens à la polyphonie ouverte et pourtant enfermée dans une malle, elle même fixée à Lisbonne, c’est donc un paquet de textes sans ordre que celui de chaque fouineur mais il n’y a aucun auteur, aucun nom, ou alors un «aleph zéro réalisé pour the man was never was», parmi les hétéronymes il est un orthonyme qui frise le fascisme , un peu comme Céline, cet hétéroortho parlant après tout du monde tel qu’il est, lui même n’étant qu’un quiconque, personne de fait, une pulvérisation au fond de la gorge d’Irma, le mot loin après tout de glisser dans le vague se fixe en hallucination locale et constituée, et de proche en proche dans le silence du monde clos de la chambre prolifèrent des êtres entiers, depuis la mort du père qui souffle le premier double, ...

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