There will be blood
Il y a quelque chose d’étrange dans ce film d’Anderson, comme si nous étions conviés aussitôt au repas funèbre où se raconter le récit fondateur. Anderson lui même semble être l’auteur improbable d’un film que ses opus antérieurs ne laissaient guère supposer. La musique de Greenwood contribue à nous embarquer dans une première séquence où l’or noir vient déchirer les chairs et sourdre du sol pierreux. Aussitôt sont convoqués les acolytes du capitalisme, les prêcheurs, le faux fils, le faux frère , les meurtres, les accidents , le feu. Le silence qui est celui des machines, de l’enfant sourd, le silence de mort qui frappe ceux qui cherche l’Or du Rhin, la folie d’un homme seul qui impose la logique du capital dans sa plus parfaire rigueur. Ce film critique de l’American Way est aussitôt un formidable retour sur l’origine. Daniel Day Lewis dont on dit qu’il devient le rôle est bien sûr tout à fait effrayant, changeant comme le nouveau sang qui coule dans ses veines entre le pétrole et les hurlements de la secte.
le couple infernal
l’homme seul
le capitaliste de seconde génération qui n’a même pas l’excuse de l’héroïsme forgé par la rencontre des choses nues
il y aura du sang encore et encore, Wells bien sûr, mais tous les frères qui font autre chose que raconter des sornettes.