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The killing of a chinese bookie

 

The killing of a chinese bookie

 

Il est bon de revoir de temps en temps un film de Cassavetes pour rétablir un peu le cinema dans ses limites possibles. Ben Gazzara incarne un personnage lucide qui sait qu’il ne peut que survivre dans ce monde violent, avide et stupide. Il possède finalement une boîte où des filles dansent, magnifiques, au sein d’un spectacle lui même un peu curieux, un gros animateur à la limite de la chute, c’est à ce moment qu’il flambe avec ses filles et contracte une dette de jeu qu’il ne peut rembourser sauf s’il tue un chinois , ce qu’il finit par faire mais les autres bien sûr veulent se débarrasser de lui, ce qu’il n’arrive peut être pas à faire tellement ils sont nuls, lui semble s’en sortir mais il a une plaie qui saigne au côté gauche, qui ne semble pas entraver son action , le film s’achève sur ce type sur le trottoir qui a une main pleine de sang tandis que le spectacle bat son plein, face à la nuit qui est constante ou presque pendant tout le film, le récit linéaire n’arrête pas de butter sur un montage rapide, lent, soucieux de l’âme du héros et non pas de la réalité, la caméra erre dans les espaces, franchissant les décadrages, les flous, cherchant peut être des objets qui feraient sens dans toute cette pagaille d’êtres sans intérêt. Cosmo Vitelli est un rêve de bonheur, il sourit tout le temps, élégance, filles superbes, musique, danse, même s’il est entouré de morts, de débris, de vulgarité. Sans doute va-t-il mourir de cette dernière virée mais il quitte la scène avec la classe du sujet.

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