The dark corner
Ici Hathaway fait preuve d’un sens très classique du montage et des jeux d’ombres porteuses des sentiments des personnages. L’intérêt est bien sûr la position de cet anti héros qui se démène comme il peut pour comprendre ce qu’il lui arrive alors que ce qu’il vit provient d’une autre série causale qui use de son erreur, les choses étant égales par ailleurs par exemple le rapport homme-femme , direct, ludique . Les signes disparaissent et ressurgissent ouvrant des pistes qui s’effacent de ne pouvoir être intelligibles que du point de vue de ce sujet aveugle à son destin, et après tout le happy end ouvre un espoir suspect pour ce sujet qui fait dans le fond tout pour que son regard demeure hors réel. Le leurre final est dans le fond ce deus ex machina qui défait la descente aux enfers d’une vérité tragique insupportable , le caractère fondamentalement faussaire du héros lui même qui ne découvre dans les ombres que les reflets de son propre moi surtout lorsque son spéculaire persécutif a été éliminé et qu’il ne reste plus qu’une intrigue qui se joue de lui.
L‘extrème précision de la mise en scène sait faire ressortir la dimension érotique et sociale d’un bas, d’une sorte de fascination à priori de la femme idéale qui se doit de coller à l’image du fantasme, au point de se défaire elle même de refuser d’y demeurer...un film très analytique dans le fond pour peu qu’on puisse penser que la psychanalyse aurait à apprendre du cinéma et pas seulement demeurer ce pâle reflet illustratif dont use Lacan, comme d’ailleurs dès qu’il fait intervenir une séquence imagée, qu’il traite toujours comme une image fixe. Qu’est-ce que lire un tableau? dixit Arasse , Didi Huberman...