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thanatocratie

thanatocratie

 

nous savons en fin de seconde saison que la morsure n’est pour rien dans la mutation mais que le virus est universel et que c’est la mort qui déclenche le processus, nous rapprochant grandement d’un sombre ordinaire qui n’est pas qu’un écho de Syrie mais l’effrayance de cet invasion sans effet gore ou presque , l’invasion de soi même, partout, suceur de vie et de pensée

 

la lame formidable fracasse tout, secouant la ruine du castel qui résiste  encore , nous sommes soit en mer dans la frappe soit sur une avancée de terre qui découpe ainsi l’horizon, on peut supposer que hors de cette solution la saisie graphique serait impossible, l’auteur serait un classique de ce genre de marine avant guerre, enfin celle de 39, René Pinard, soufflent ces cris d’oiseaux écorchés par le vent

 

il faudra tenir compte des corps morcelés, il ne sera plus possible de dessiner un visage sans informer du trou par où ça gueule, 

à moins de rassembler l’effeuillé d’indifférence, 

ce qui devant pousse à défaite dans l’épar luisant des âmes viles qui extase le convenu d’un immense murmure, 

avant que le buché funéraire ne brule de l’autodafé de la bibliothèque inutile

 

Le 12 juillet 1562 Diego de Landa ordonne un autodafé de l'ensemble des documents en écriture maya . Seul quatre codex  parviennent à réchapper du bûcher sacrificiel. Au feu Brecht, Döblin, Freud, Mann, Marx, Zweig, ... la mise en caisse de Hegel et Leibniz annonce la suite

 

 

Amira Yahyaoui et Al Bawsala au passage , question éveil, bien sûr c’est de l’autre côté de la méditerranée, un monde jeune devant

 

on peut proposer là dessus quelque silence, au seuil de la féérie 

quand aube la demeure malgré le projet qui la ruine

 

il sera question d’une maison ancienne sans doute paysanne, abandonnée, 

le seuil franchie, poussière, mobilier pauvre, cheminée de nuit, 

cette attente aux portes, 

soleil sur la pierre, 

enfin sans projet, 

monte la lumière des ondes , 

le ruisseau coupe le pré d’un courant très faible, petits poissons argentés, 

Renoir cette fois, 

il y va d’une enfance non vécue, 

ce possible ouvert sur des champs gorgées de soleil, 

sans le ciel noir et les corbeaux, 

l’installation est fugace, 

il faut plier tout ça vers les sables, 

poussière de nuit, 

le visage de sa ruine qui monte du brouillard,

 le toit crevé, 

l’eau tombe en flaque sur la table nue et les dalles sans âge, 

 

l’image prise au flou du sensible, 

ce tremblement qui saisit face au modèle et le geste précis qui capte ou non la présence étendue, 

ombre des choses dans le matin naissant, 

mousseline et dentelle qui se souvient,

 cette fraicheur du désir qui fait insulte au mort qui, lui, demeure hors printemps,

 laissons ! dès lors que le regard se perd dans le vert qui surgit, 

vers le dieu qui se rit de tout ce deuil frileux,

 mousse pour le pas de Filemon, 

le machaon brillant en ses noces d’azur, 

Pierre dans son creux de terre qui verse le sang pour entendre monter ainsi le chant des morts, les interroger sur la fuite du temps, non sans un peu de torsion des paupières,

 les morts viennent avec le vent et bousculent l’enclos du soir de leurs gémissements, 

c’est étrange ainsi la montée de la forêt qui retourne au sauvage là où l’homme plantait un pauvre blé, 

arbres et ronces, mousse et fontaine, 

Gengis dort à l’orée des steppes

 

et le corps se disjoint de la gangue du temps, 

le filon du passage  se déplie à regret, 

demeurer dans la capture, 

dans ce stable déjà pétrifié , 

assèchement des peaux,

 livide, un écart témoigne sombrement  des pupilles , 

la pente toujours brulante du désiré, 

 

aux falaises cuivrées, le stylet porte signe d’un silence , 

immobile en retour comme l’eau brouillée retourne à l’inerte, 

à travers la fournaise qui arrache les flancs , 

l’énigme du monde se fragmente en pétales colorés, 

depuis la chambre d’enfant une couleur verte remonte en pleurs, 

c’est une ancienne terreur qui ne cesse d’interroger le convenu des jours, 

se souvenir d’avant et aussi plus loin,

 dans les landes ouvertes où la course est sans fin

 

la vague malgré sa violence est trop méticuleuse au tracé, il faudrait forger d’autres limites pour contenir ce feu

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