baïne
le terme n’est ni chez Freud, ni chez Lacan, il pourrait servir de concept dans le cadre d’une théorisation chaotique du signifiant, c’est à dire qui ne traite plus le langage comme une structure linéaire susceptible donc d’être strictement ordonnée par ce qui se dit dans la lettre volée jusqu’à parenthèse des parenthèses, à savoir une logique construite sur une topologie du deux, et dont l’exercice le plus ordinaire est de fait l’usage imaginaire de la lettre et son débordement acté puisque le réel justement s’échappe dans ce type d’écriture, laissant augurer du caractère bénéfique des dispositifs hors langage déjà en sourdine dans l’occulte freudien, et renouvelés dans le vivant millerien.
l’@baïne implique une logique borroméenne et un objet non plus excentrique mais structurel, l’articulation de ces deux notions relevant d’un type de difficulté qui est un concept ouvert
en parallèle au linéaire de la côte des zones de dépression temporaire rendent toute nage d’extraction impossible alors que l’abandon au mouvement libère le nageur en excentricité, le seuil d’angoisse mesure le danger , qui veut échapper au centre y demeure
s’éloigner dans la portance , ce qui rejoint la nécessité de conceptualiser les sensations ineffables, toucher, cénesthésie, musique
il s’agit d’une analogie forte qui rejoint le concept chaotique de non préductibilité à long terme , les conditions initiales d’exercice d’une cure conditionnent le factuel de son développement, y compris la notion potentielle de stabilité structurelle
des limites de la pratique
Freud aimait beaucoup Ferenczi, c’était un type bien, généreux, honnête, fiable, inventif, Il faut prendre tout au long les oeuvres de Ferenczi, la correspondance avec Freud, pour prendre la mesure de cette formidable amitié, il y avait une plainte, le refus de Freud de prendre Ferenczi en analyse, peut-on parler d’une analyse par lettres? la question en tout cas se pose et on ne peut pas dire que Freud recule le moins du monde face à un questionnement tout azimut , il suit avec patience, précision, certes le complexe s’exprime et sans doute qu’alors Freud ne parvient pas à distinguer ou faire distinction entre ce qui relèverait de l’amical, du collègue et ce qui relèverait de la clinique, de la cure
27 avril 1916, Ferenczi évoque “le vaste et difficile sujet de l’intervention active du médecin dans l’analyse” et puis évoque longuement une histoire de friction, de démangeaison, le 29 avril Freud lui répond en saluant les méditations biologiques , la suite est claire “ je persiste à dire que c’est là votre véritable champ de travail, dans lequel vous serez sans concurrence. Je considère avec un vif intérêt vos projets de cure. Les choses auraient dû marcher sans cela”. Freud sait bien ce qu’il en est du biologique et de l’affaire Fliess. “ les choses auraient dû marcher sans cela”, il s’agit toujours d’une certaine impatience, la cure de l’obsessionnel par exemple , et on sait bien l’importance des séances courtes dans la conception de Lacan. Sans doute parce qu’il n’est ni soutenu, ni interdit par le père, Ferenczi s’engage dans les névroses narcissiques avec détermination , dans cet ouvert inconnu où un certain déploiement inconscient semble offrir une lisibilité malgré le caractère incoercible des symptômes, loin d’un espace réglé d’ailleurs par la logique à l’oeuvre, la porte semble ouverte (c’est un classique historique d’ailleurs!) pour une expérimentation imaginaire, émotionnelle, tant mieux si le sujet est plutôt hystérique , on ne fera qu’introduire un peu de pugilat en lieu et place de la parole, electro-choc, insuline, enveloppement, etc... tout est possible , la scène hypnotique ou sadienne est infinie, un pas de plus et on légitime le corps à corps au nom de théories fumeuses. Chez Ferenczi la thérapie active demeure le plus souvent verbale, mais quel théâtre, Charcot présente, Ferenczi excite “je l’incitai néanmoins à imaginer quelque chose d’agressif à mon égard. Finalement, après les tentatives habituelles de défense et de refus, se présentèrent des fantasmes d’agression d’abord timides, puis de plus en plus violents, ces derniers accompagnés de signes d’angoisse manifeste (sueurs froides). A la fin, il fantasma avec une acuité hallucinatoire qu’il me battait , puis qu’il me faisait sauter les yeux, fantasme qui se transforma brusquement en une scène sexuelle où je jouais le rôle de la femme. Durant cette activité fantasmatique, le patient avait des érections manifestes”. On comprend, devant une telle franchise, la réticence des collègues. Le cas Ferenczi est évidemment intéressant, ce qui l’est d’avantage est l’articulation de cette pratique à des notions de projection imaginaire dans le transfert que la tonalité soit agressive , amoureuse, le tout en distinguant la question du corps selon les structures, cet organisme parlé qui est le lieu du signifiant selon une topologie qui peut ne pas être névrotique. Si l’organisme peut sembler partout le même, il n’en est pas de même du corps. Ce devrait être un minimum exigible .
FREUD-FERENCZI
Il s’agit d’introduire la séquence nouvelle du séminaire d’un parcours rapide sur l’arencontre Freud-Ferenczi, à travers laquelle devrait pouvoir se lire un certain nombre de questions fort actuelles dont finalement la plus importante demeure la question de l’orthodoxie psychanalytique, je dirai mieux, l’orthodoxie structurelle, topologique de la psychanalyse. Bien sûr l’entreprise demanderait le détail nécessaire , la confrontation aux correspondances croisées, la lecture des textes de Freud et de Ferenczi, etc... De toute façon, il y va de la vitalité de la psychanalyse
Il n’est pas de petite histoire comparée à ce qu’il pourrait en être de l’Histoire. On pourrait même dire qu’à l’inverse le meurtre le plus ordinaire s’alimente au discours d’une Histoire dont l’éclat ne tolère guère la version non orthodoxe.
Il en va de la psychanalyse comme du reste quitte à devoir relire par moment par dessus les épaules d’anciens correspondants pour se mettre à la mesure de leur affaire qui , pour prendre des relents de press people, n’en demeure pas moins porteur des articulations minimales de la structure. Sans vouloir reprendre ici les embarras cinematographiques de notre ami Patrick Lacoste, nous citerons volontiers l’auto-analyse d’Anzieu qui, à prendre les choses uniquement dans le détail des références biographiques de traumdeutung, y perd le cristal que Lacan y démontre au séminaire. Mais il faudrait encore pouvoir relire cette affaire à la lumière de l’analyse d’Anzieu où se croise l’ombre de sa mère, rien moins que l’Aimée de Lacan.
Donc nous lisons dans un mélange d’émotion et de fatigue les trois volumes de cette correspondance, poussé par cette idée de vouloir ici évoquer au chevet d’Atlante renaissant de ses cendres une histoire dont nous sommes les héritiers. Nous ne sommes pas sans en savoir quelque chose de ces récits, savoir qui s’oublie, se perd, vient se recouper avec nos propres histoires. Qu’en est il de la transmission du sinthome de Freud, ai-je dit? Et qu’en est-il de ce sinthome? C’est une autre façon de traiter de l’orthodoxie et donc des modalités de l’hérésie. Et certes nous rencontrons dans la dite correspondance un certain nombre de déviants, Jung, Adler, Rank, Ferenczi, Reich, Klein, Jones, Tausk, Groddeck, Anna, Dorothy Burlingham, Ruth Mack Brunswick... tous infidèles à leur façon, tous porteurs d’un trait plus ou moins extensif qui les pousse à réécrire le corpus et se mettre à errer, tandis que le Professeur, un temps séduit par la nouvelle, y puise l’articulation sans cesse plus incisive du concept. La formule vaut pour Lacan qui, fondant son enseignement d’un destin spinoziste, propose un sujet fort peu consensuel et dès lors discordant.
Il n’est bien sûr pas possible de reprendre chronologiquement ces lettres, même en effectuant une sélection de lecture , sur un texte déjà , pour des raisons ordinaires, censuré. Nous pouvons retenir un certain nombre de thèmes
des questions techniques, portant sur la direction de la cure, la fin de l’analyse, le passage à l’analyste, la transmission donc, l’innovation , le maître et les disciples
la question féminine puisqu’il est question d’un certain nombre de femmes en analyse
ce que peut être une société de psychanalyse, Totem et tabou,
la rencontre avec la psychose que se soit la question centrale de la paranoïa à travers Fliess, Schreber, l’homme aux loups, mais aussi le délire biologique de Ferenczi, et surtout le contre transfert psychotique à l’oeuvre (tant de Jung à propos de Sabina Spielrein que chez Ferenczi à propos plus de Elisabeth Severn que de Elna, et peut être Loe Jones pour Freud)
Mais il faut aussi ajouter toute la question télépathique et occulte, le continent maternel, le père réel à l’oeuvre chez la sorcière Klein
il faut sans doute parler du monde, de la politique et des discours à savoir par exemple l’articulation du discours psychanalytique et du discours du capitaliste, l’Amérique (tout autant Kafka que la peste)
l’analyse profane
la seconde topique
la psychosomatique
...
et bien sûr ce que nous proposons désormais comme ligne de travail, le séminaire de Lacan depuis Encore , c’est à dire la présentation topologique de l’inconscient, avec comme bagage d’une part les oeuvres complètes de Freud et d’autre part les Ecrits de Lacan
C’est d’ailleurs ce dernier texte que nous ouvrons tout d’abord quitte à laisser à chacun la découverte , sa découverte de la correspondance Freud-Ferenczi, sa façon à lui de s’faire une famille analytique
Du sujet enfin en question (232)
à propos de l’extravagance théorique
Fonction et champ de la parole et du langage (242)
résistance de l’objet, activisme animé de charité, l’aide samaritaine... un sort d’état des lieux
viariantes de la cure type (339)
communication des inconscients certes mais aussi hygiène du psychanalyste
situation de la psychanalyse en 1956 (473)
l’AIP , la fascisme et la Suffisance
la direction de la cure (606)
le sublime, les retardés de la glande , la relation duelle
la direction de la cure (612)
l’aveu du délaissement et l’omni-science
Tout autant de points articulés sur les conséquences du centrage moïque, dont il est dès lors supposé que la critique va permettre un retour authentique au texte de Freud. Ce sera l’objet de la théorisation des graphes puis des surfaces, enfin la ponctuation logique qui s’ouvre sur une psychanalyse topologique qui ne serait pas du semblant.
reste à savoir comment pourrait s’écrire notre situation de la psychanalyse en 2004, à savoir notre programme d’Hilbert toujours en attente d’explicitation
reprenons alors les choses un peu autrement
la transmission du savoir, quel savoir
su ou insu?
cette opposition complémentaire entre les méandres des chaînes signifiantes et un savoir universitaire qui ne tire pas à conséquence
et après tout, le texte de Freud sur l’analyse profane parle de cela , comment maintenir la psychanalyse dans un champ où un certain savoir tire à conséquence
L’effort de Lacan pour faire advenir le mathème part de ce paradoxe, un savoir transmissible qui demeure insu
l’inconscient ignore le temps, hors le temps topologique, et sa transmission s’opère de fait dans une certaine temporalité, et dans un certain espace qui définit un certain type de lien social. C’est d’ailleurs ce que Lacan fixa comme objectif à l’Ecole, celui d’éviter l’achèvement de la psychanalyse, en posant l’acte à son principe et le discours analytique comme mathème de ce lien spécifique.
Cette question de Lacan est déjà présente chez Ferenczi qui interroge les fins de l’analyse, sa fin, le désir de l’analyste et le lien analytique; cette question, il l’adresse à Freud, non sans difficultés et c’est ce champ qui demande à être interrogé
qu’est ce qui est énonçable, formulable, transmissible? qu’est ce qui peut advenir à l’énoncé comme inverse moebien de l’insu?
Comment produire ce type de transmission qui ne participerait cependant ni de l’articulation du Texte fondateur comme révélé, ni de l’hors sens du texte scientique, le Texte de Freud ou de Lacan cependant, la mathème ou la topologie malgré tout
Comment ne sombrer d’ailleurs ni dans le Gala psychanalytique, ni dans l’autisme théorique d’une citation l’autre?
Le discours psychanalytique est antipathique au discours universitaire qu’il engendre cependant en une maîtrise qui pourrait s’affirmer au lieu de vérité
L’objet est inconsistant, non localisé et le référent qui en décrit le topos est incomplet. Y demeure l’effet de bord où s’exprime un mi-dit qui ne cesse de ne pas s’écrire
Le texte psychanalytique tend de facto à colmater le centre qu’il interroge, soit sur le champ imaginaire du concept en une sorte de légalisation de son énoncé comme totalité, soit sur le plan d’une océanisation imaginaire qui origine le trauma dans la réalité
Nous pouvons reprendre quelques points du parcours de Ferenczi, analysé, en contrôle avec son analyste, en contrôle réciproque d’ailleurs, Frenczi poussé au lieu du passeur de Freud; En effet Freud va parler de Fliess à Ferenczi, faire le point avec lui sur cette affaire , s’adressant à un passeur avant terme qui n’en pouvait rien dire à qui que ce soit, encore moins à Freud . “Freud fut tout de suite conquis par la vivacité d’esprit et les qualités intellectuelles de Ferenczi, comme l’avaient jadis attiré ces mêmes qualités vers son grand ami Fliess” écrit Jones
Ferenczi d’abord si productif dans le champ du transfert (hysterisation du discours universitaire) se trouve comme à sec, somatisant, soumis aux manipulations corporelles de Groddeck...anémie mortelle
puis vient l’amertume, ne pas avoir été aimé, être resté bloqué à l’incident de Palerme
Lacan “ la contribution que chacun apporte au ressort du transfert est le champ où son désir est parfaitement visible”, Pour Ferenczi quelque chose comme les errances du père-fils, être justement d’origine un fils mal aimé... et tout autant aimer une mère , l’épouser alors qu’elle ne peut plus être mère, Thalassa même, hallucinations du ventre maternel
Avant Freud déjà, il y a la rencontre spirituellle avec Miska Schächter, il y a même le voyage à Corfou cette fois
Et avec Freud , ça recommence, l’accueil dans la famille, le travail commun, et la chute du commun à Palerme, le refus de Freud d’hystériser plus avant, tout simplement d’ailleurs d’analyser le transfert (négatif dira Ferenczi, négatif dont Freud ne veut rien entendre, dont il ne cherche nullement à provoquer la forme). Alors Ferenczi se fait auteur théorique, il enfante la thérapie active, la réparation par l’amour. Ferenczi va vouloir que la formation de l’analyste implique une analyse complète, à fond, ce qui n’est pas l’avis de Freud qui en mesure les limites structurelles. Rien n’arrête Ferenczi qui file vers la solution passionnelle. Il ne cède pas sur son désir, quelque puisse en être le prix.
Avant il y a la mise en place de l’institution, c’est à dire ce qui devrait permettre d’éviter justement la dérive spéculaire et ce que raconte Ferenczi à propos du groupe ressemble un peu à ce que racontera Lacan plus tard
Mais derrière cet effort remarquable de décentrement, Ferenczi demeure en attente de Freud, en attente et d’amour et d’intervention... et après tout, il invente dans le trou qui se transmet quelque chose qui pourrait y répondre, ce qui pose tout de suite la question d’une transmission qui ne cesserait de dériver d’un réel l’autre, d’un délire l’autre
D’ailleurs il y a une réponse de Freud à Ferenczi, quatre ans après sa mort il est vrai, c’est le texte de l’analyse finie, sans fin
réponse à laquelle la position de Ferenczi fait un étrange écho, comme dans l’écart d’un autre extrème qui serait dans le fond quelque chose du même
L’erreur de Ferenczi est dans le fond la réponse à celle de Freud, en négatif, puisqu’il maintient l’espoir hystérique, d’arriver un jour à un savoir sexuel enseignable et transmissible.
On sait aussi que la seconde topique qui pose l’irréductible du réel beaucoup plus que la tension philosophique entre plaisir et vrai bien, cette seconde topique répond à la fringale active. Elle articule d’ailleurs un certain nombre de questions qui font limites au possible, le destin contre quoi ne peut répondre la magie occulte, la pulsion de mort qui plombe la passion de guérir, la revendication phallique qui pose la question du féminin
La réponse de Freud à une poursuite imaginaire, à une analyse réciproque se fera à la fois sur le plan personnel et sur le plan technique ( lettre 1207)
Il est donc important de suivre la question du trauma à travers ses méandres. On sait l’importance de cette question dans sa phase imaginaire lors du terme de l’homme aux loups, réalité du trauma qui présentifie le trauma ou plutôt le trouma de lalangue. Ceci recouvre de fait le refus de Ferenczi d’une limitation par le symbolique , pour une toute puissance de l’imaginaire qui viendrait parcourir le champ des consistances de manière continue. Ce parcours ramasse tout un savoir imaginaire qui tend à former comme un universel mais incertain , confus, passionnel
Certes le savoir y faire est un objet de transmission, mais il bute sur l’identification au moi de l’analyste, sur l’identification imaginaire qui cherche à leurrer la castration symbolique, ce qui pose un autre type de transmission, cette fois du nom, du signifiant, ce que Freud formule ainsi
“D’où vient la barrière de l’inceste? Son représentant est manifestement le père, la réalité , et l’autorité, qui ne permettent pas l’inceste. Pourquoi ces derniers ont-ils dressé la barrière de l’inceste? Mon explication était d’ordre socio-historique, phylogénétique. Je faisais dériver la barrière de l’inceste de l’histoire primitive de la famille humaine, et je voyais ainsi dans le père actuel l’obstacle réel, qui dresse la barrière de l’inceste également dans le nouvel individu. C’est ici que Rank s’écarte de moi. Il se refuse à entrer dans le point de vue phylogénétique, et fait de l’angoisse qui s’oppose à l’inceste une répétition directe de l’angoisse de la naissance”
Mais là encore la question ne se limite pas à cette opposition entre deux places imaginaire et symbolique, il y faut le réel qui rend la logique de l’inconscient articulable, et c’est paradoxalement ce réel que vise Ferenczi , par delà la technique corporelle et on sait bien que chez Ferenczi ce n’est pas un effet de manipulation comme chez Groddeck mais bien d’une prise en corps, se dont témoigne son hypochondrie... mortelle. Autrement dit la transmission met en jeu ce moment dialectique où loin de la fétichisation du Texte du maître s’ouvre le réel de sa butée. Le retour à Freud n’est pas hérétique au sens d’une orthodoxie comme interprétance consistante de la totalité révélée de l’Autre mais (et là nous jouons sur le temps) RSIque
Ce que nous propose Lacan est donc d’essayer de rendre possible une transmission qui serait à la fois imaginaire (savoir y faire), symbolique (castration) et réelle (mathème)
Quant à la fétichisation du mathème et à sa dissolution dans le discours du capitaliste, c’est une autre question.
1908:paranoïa et indifférence
18 janvier 1908(1)
j’ai besoin d’être instruit
un maître au moins dans l’art de la limitation
11 février 1908(4)
à propos d’un cas commun de paranoïa
poursuivre aussi longtemps que possible l’expérience, en se plaçant sur le terrain de son délire. L’influence n’est naturellement possible qu’à partir de là, jamais à partir de la logique
18 mars 1908(5)
toujours à propos de la même patiente
succès thérapeutique obtenu auprès de Madame Marton: égale zéro. Elle a tout simplement intégré la psychanalyse dans son système délirant
22 novembre 1908( 21)
j’ai beaucoup trop tendance à considérer les affaires des malades comme les miennes
26 novembre 1908(22)
mon indifférence à l’égard de mes patients y est certainement pour quelque chose
1909: tout dire, transfert, homosexuel, hypochondrie, télépathie, Gizella
4 janvier 1909(29)
s’il vous plaît, ne me ménagez pas, dites tout. Je suis fermement décidé à regarder la vérité en face, quelle qu’elle soit.
10 janvier 1908(30)
l’Amérique doit rapporter, non coûter de l’argent
11 janvier 1909(31)
le cas d’un homme qui épouse la fille de sa bien aimée d’autrefois...in-justifiée
(33)
comment pouvions-nous être si aveugles et ne pas reconnaître que les patients ne guérissent que pour l’amour du médecin
18 janvier 1909(34)
j’avais écarté du deuxième demi-tome votre beau travail sur le transfert
2 fevrier 1909(37)
envoyer Stein à Fe, homosexuel, hysterie d’angoisse
vous entreprenez des traitements de façon désintéressée (ce que vous ne devriez pas faire)
7 fevrier 1909(39)
si votre relation avec Stein n’est pas meilleure, je ne peux rien vous imposer de tel
28 fevrier 1909(44)
votre refus de le prendre en traitement n’est toujours pas tout à fait clair pour moi
21 avril 1909(51)
le jeune homosexuel guéri
la révélation de l’existence de son complexe maternel extraordinairement fort provoqua chez lui une réaction terrible qui dura trois jours... j’ai percé un trou dans le mur vituel entre conscient et inconscient
1 mai 1909(56)
si tous les hypochondriaques sont en réalité paranoïaques
2 mai 1909(57)
ce que nous appelons des formes de maladie différentes n’est en réalité que différentes évolutions des mêmes processus de refoulement et de représentation substitutive
23 mai 1909(62)
le travail, dans l’immédiat, est très dur
30 juin 1909(66)
le soir, en général, je suis tellement fatigué que je n’éprouve plus aucune envie de travailler
4 juillet 1909(67)
il vaudrait mieux acheter les chapeaux hauts-de-forme là-bas
25 juillet 1909(69)
j’ai vraiment complètement épuisé mon budget-force pour 1909, et je dois me reposer
9 aout 1909(71)
votre indisposition est certainement la conséquence des efforts de toute l’année
5 octobre 1909(73)
l’induction psychique, l’occultisme, la télépathie
6 octobre 1909(74)
la transmission de vos pensées
11 octobre 1909(75)
elle lit
22 octobre 1909(78)
on m’exploite tout à fait à l’américaine
les patients odieux
Abel... il y a longtemps que je ne m’étais senti aussi victorieux
26 octobre 1909(79)
SeidlerGizella Pâlos
8 novembre 1909(83)
idem
10 novembre 1909(84)
l’indisposition du medium
20 novembre 1909(85)
Jelinek
3 decembre 1909(88)
la conférence sur Vinci
1910: les frères, Fliess, la vérité, l’homme aux loups, Schreber, Vinci, les fouilles,Jung mystique, G, télépathie
2 janvier(97)
complexe fraternel
10 janvier(99)
Fliess
ce n’est qu’avec la mort
5 fevrier(109)
dire la vérité à tout un chacun
8 fevrier(110)
l’homme aux loups
(111)
un site de fouilles
13 fevrier (112)
chez Jung, érotique et religieux
25 fevrier(117)
la comtesse
s’occuper de l’homosexualité
3 mars(119)
écrire Leonard
jung est sorti de son chaos personnel
22 mars(124)
Pfister
3 avril(126)
le cercle des viennois
Adler
12 avril(128)
les autres ne s’entendent pas aussi bien entre eux que nous deux
17 avril(129)
autoanalyse
paranoïa homosexualité
24 avril(130)
frères ennemis
jung mythologue
5 juin(139)
lecture de Léonard
9 juillet(140)
la communauté analytique avec madame G
20 aout(163)
garder le secret de la télépathie dans le sein maternel
23 aout(166)
le cadeau empoisonné de la télépathie
3 octobre(170)
je désirais ardemment une camaraderie personnelle avec vous
la franchise mutuelle absolue avec G
6 octobre(171)
je n’ai plus aucun besoin de cette totale ouverture
12 octobre (173)
je suis un thérapeute incorrigible
17 octobre(174)
toujours à m’admirer
15 novembre(179)
prédire le passé
publier la paranoïa
16 novembre(180)
la fille de G
22 novembre(182)
je lis les pensées de mes patients
2 decembre(184)
la télépathie gaspille le temps
3 decembre (185)
vous seriez vous même un médium
16 decembre(188)
j’ai surmonté Fliess
19 decembre(189)
Schreber, Adler, Fliess
29 decembre(190)
introduire Jung
1911: Elma, occultisme
3 janvier(192)
contact avec la réalité
G et sa fille à Vienne
psychanalyse et paranoïa
Jung et le sol maternel
7 fevrier(198)
la démence d’Elma
l’induction du patient
8 fevrier(199)
l’expression vide du visage
17 mars(205)
fixation à G
2 avril(207)
vous ne m’écrivez plus
11 mai(216)
les expéditions dangereuses
13 mai(218)
la tendance à la projection
28 mai(223)
la paranoïa d’Adler
1 juin(224)
migraine fleissienne
14 juillet(234)
prendre Elma ... en analyse
20 juillet(235)
je vous souhaite bien des succès
18 octobre(244)
le suicide du jeune homme
19 octobre(245)
le symptôme de Sicile
14 novembre(252)
Elma ou G
30 novembre(255)
cochonnerie du Totem
3 decembre(256)
la brèche est ouverte
5 decembre(257)
interrompre le traitement
17 decembre(259)
Freud écrit à G
30 decembre(262)
épouser Elma
1912: les voyages d’Elma, le méchant Jung, l’hypochondrie
1 janvier(263)
envoyer Elma à Freud
3 janvier(265)
l’amour d’Elma
13 janvier(266)
sagesse d’Elma
18 janvier(268)
mère et fille
20 janvier(269)
plus de mariage
Jung Fleiss
23 janvier(270)
le silence de Jung
27 janvier(271)
mère et fille
1 fevrier(275)
casser du père
7 fevrier(276)
Elma or not
13 fevrier(278)
voyager avec Elma
18 fevrier(279)
douceur de G
8 mars(284)
se rapprocher de G
13 mars(286)
le changement d’Elma
18 mars(288)
résistances
17 avril(293)
résister à Elma
23 avril(295)
reprendre Elma en analyse
28 avril(296)
la jeune femme analytique
27 mai(301)
toujours
30 mai(302)
le peu doué Binswanger
le méchant fauve Tausk
5 juin(303)
transmission
10 juin(305)
toujours
(306)
toujours
23 juin(307)
la femme de Jones
Jung en Amérique
les Parques
12 juillet(310)
toujours
prostitution
18 juillet(312)
toujours
26 juillet(315)
toujours
6 aout(317)
défection de Jung
8 aout(319)
rompre l’analyse
(328)
Elma ou hypochondrie
25 octobre(331)
interpréter Jung
30 octobre(335)
fissure anale
26 novembre(349)
évanouissement devant Jung
7 decembre(352)
le ganglion enflammé
9 decembre(353)
les morts
26 decembre(362)
le méchant Jung
le bon analysant
1913: Jung, Jones, Elma et le télépathe
5 janvier (366)
jung gredin nevrotique
8 fevrier (374)
mépris de la sexualité (jung) le corps a joué à mourir (ferenczi)
10 fevrier (375)
se limiter à l’érotisme anal
ne pas bruler les meubles
20 mars (385)
lui envoyer Lou
12 avril (388)
épouser Elma
3 mai (391)
idem plus Fliess
4 mai (392)
analyser Fe
12 mai (394)
enterrer la psychanalyse
jung, neurasthénie, analyse
13 mai (395)
la femme de Jones
7 juin (401)
l’analyse de Jones
8 juin (402)
nourrissez la larve
17 juin (405)
la nature de Jones
7 juillet (408)
le mariage d’Elma
9 juillet (409)
période et Loe
5 aout (413)
Jones analysé
15 septembre (417)
rhinologue
9 octobre(421)
où êtes vous?
16 octobre(425)
rajeunissement
8 novembre(431)
démission collective
23 novembre (436)
séance lamentable de transmission
27 novembre (437)
l’imprudente attestation
29 novembre(438)
idem
1914:Jones, Anna...la guerre
3 janvier (444)
opération du nez, Loe
15 janvier (450)
nez et l’histoire masochiste
11 fevrier (454)
le nouveau Jones
12 mai (472)
malaise, laryngite, crise intestinale
4 juin (477)
extase du narcisse
17 juillet (488)
Jones demande la main d’Anna
20 juillet (490)
analyser Jones à Londres
22 juillet ( 491)
laissez moi travailler
27 juillet (493)
mobilisation
23 aout (498)
la guerre, l’ennui
27 octobre (510)
masturbation
30 octobre (511)
échec de l’autoanalyse
10 novembre (514)
l’odeur d’ammoniaque
22 novembre (517)
vive l’armée
15 decembre (524)
désastre de guerre
1915: entre biologie et désastre
13 janvier (532)
la solution au problème du coït
2 fevrier (525)
errance biologique
10 juillet (550)
affection du pharynx
7 septembre (566)
sombre Tausk
10 octobre (570)
impuissance avec G
15 novembre (575)
je ne crois pas à la paix
26 decembre (586)
la tendance de Jones au plagiat
1916/ épouser G
17 janvier (590)
errance de G
18 janvier (591)
agir
2 fevrier (593)
épouser G
(595)
le poison libidinal
12 mars (601)
la décision d’amour
24 mars (603)
maître de la mère
1 juin (611)
analyse de Fe
31 juillet (617)
F écrit à G
2 aout (618)
se soustraire à l’affreuse tension
17 octobre (623)
perte de passion analytique
13 novembre (628)
vengeance de G
16 novembre (629)
à bon entendeur
18 novembre (630)
Sarolda, liaison forcée
26 novembre (631)
vous en faites trop
1917: épouser G
12 janvier (641)
nous n’allons pas reprendre l’analyse
23 janvier (643)
F écrit à G
16 fevrier (649)
rétablir l’ordre du monde
15 juin( 684)
ne pas éconduire Groddeck
6 juillet (690)
la blessure de G
16 aout (699)
retour des cigares
23 septembre (707)
le mari de G
9 octobre (709)
pessimisme
14 octobre (711)
vieillissement névrotique
3 novembre (712)
se séparer
6 novembre (713)
toxico
20 novembre (715)
épousez G
19 decembre (718)
le double d’Elma
1918: Groddeck sur fond de guerre
15 fevrier (728)
deuil et mélancolie
3 mars (733)
pauvre Freund
17 mars (735)
le voilà hystérique
7 avril (737)
surpayer
21 avril (740)
abomination
9 mai (742)
danger biologie
29 mai (745)
la machine à influencer
14 juin (750)
la méthode Groddeck
29 juin (753)
les fils à la guerre
30 septembre (759)
le fils
22 octobre (766)
le mariage malheureux d’Elma
7 novembre (770)
le danger bolchévique
17 novembre (772)
misère de l’Autriche
1919: épouser G sur fond de révolution
6 janvier (783)
crise politique
19 janvier (786)
le souci d’Elma
1 mars (791)
la mort de l’ex lors des néo noces
25 mars (798)
mort aux intello
9 avril (804)
plus de cigares
(810)
le bonheur conjugal
10 juillet (817)
mort de Tausk
28 aout (819)
terreur blanche
1920: travailler sur fond de mort
21 janvier (830)
beauté d’Elma
29 janvier (832)
la séance continue
4 fevrier (833)
insurmontable
20 mars (836)
épuisement
15 mars (837)
suppuration nasale
22 avril (840)
un bon cigare
25 mai (844)
inertie
4 juin (846)
analyser la Sokolnicka
17 juin (847)
la vieille bonne femme
11 octobre (852)
la paranoïa de Rothschild
31 octobre (854)
horreur de l’anglais
25 decembre (859)
la cause nous dévore
1921: travail
16 janvier (861)
méchante Sokolnicka et fortune
7 fevrier (863)
mais elle est douée
16 mai (870)
hygiène
24 juillet (877)
départ d’Elma
29 juillet (878)
concurrence morbide
6 novembre (892)
mener les cures à terme
1922 éloignement
25 janvier (896)
compulsion
30 mars (898)
l’autre vie
15 mai (901)
oublier Palerme
21 juillet (907)
le silence
17 aout (908)
symbiose
31 aout (910)
autoanalyse avec Groddeck
1923 le cancer
22 janvier (915)
faiblesse de Jones
25 janvier (916)
son incapacité
8 mai (927)
leucoplasie
10 mai (928)
le fume cigare
14 juin (931)
Heinele dans le coma
18 juillet (935)
depression
(939)
traumatisme de la naissance
30 octobre (941)`
la lourde intervention
1924, les glissements de Rank
22 janvier (944)
cancer, masochisme, déraillement
30 janvier (945)
pas d’écart
4 fevrier (946)
activité, Rank, cicatrice
14 fevrier (947)
activité du traumatisme
18 mars (948)
méchant Abraham
20 mars (949)
pas mort le vieux
24 mars (950)
sincérité, le terme, théorie génitale, corps maternel, punir Abraham
26 mars (951)
pas de grossièreté
26 avril (955)
congrès
13 mai (958)
confusion de Rank
28 mai (961)
venez à Vienne
4 juin (962)
aller aux States
3 aout (967)
Rank y débloque
6 aout (968)
sauver Rank, cet imbécile de Deutsch
14 aout (969)
de Sokolnicka au traumatisme de la naissance
27 aout (970)
issue rankienne défavorable
29 aout (971)
idem
1 septembre (972)
sauver la mère et Rank
4 septembre (974)
névrose de Rank
6 septembre (975)
le diable est lâché
13 septembre (977)
idem
21 septembre (978)
Rank et Groddeck
26 octobre (984)
soumission de Rank
16 novembre (985)
abandonner Rank
15 decembre (992)
fantasme du corps maternel
21 decembre (993)
confession
1925 pause sur fond de nécrose, de politique
6 fevrier (998)
que penser de Rank
15 mars (1003)
critique et transmission
16 mars (1004)
si j’occultais au congrès
20 mars (1005)
surtout pas
14 avril (1008)
Rank se défile
14 aout (1019)
inhibition symptôme et angoisse, comme réponse
misère de Jung
23 aout (1022)
l’activité n’est pas trauma
18 octobre (1029)
prothèse et princesse
25 octobre (1031)
hygiène du psychanalyste, Elisabeth Severn
25 octobre (1032)
extension
28 novembre (1033)
analyse profane
1 decembre (1035)
nécrose, Abraham et Groddeck
10 decembre (1036)
douleur
19 decembre (1037)
Reich et l’orgasme
1926 au loup
14 janvier (1043)
cinema
21 fevrier (1048)
analyser Freud
24 fevrier (1049)
ne plus fumer
27 fevrier (1050)
fichez moi la paix
1 mars (1051)
mais non
3 mars (1052)
vraiment non
18 avril (1055)
formation
23 avril (1056)
adieu à Rank
6 juin (1059)
critique de Rank, la question des loups
19 juin (1062)
Dorothy Burlingham et Ruth Mack Brunswick
24 juin (1064)
du terme
9 septembre (1074)
analyse profane
17 septembre (1076)
Fe aux States
19 septembre (1077)
critique de Rank
27 septembre (1079)
amis
23 octobre (1081)
le psychanalyste médecin
13 decembre (1083)
Tagore
1927 politique américaine
2 janvier (1085)
Einstein
9 janvier (1086)
les rats
26 janvier (1087)
misère d’Adler
26 fevrier (1088)
idem
25 mars (1090)
l’Amérique!!!
8 avril (1091)
Jones Danger
22 aout (1105)
ne pas différer
23 octobre (1107)
critique de Jones, critique de Brill
20 decembre (1111)
odore di femina
1928 déclin
15 janvier (1115)
tact et empathie, Roheim
22 avril (1121)
déclin
29 avril (1122)
Reich
13 mai (1123)
si vieux
1929 le verdict
10 jan vier (1147)
Dostoïevski
7 fevrier (1148)
méchant Blumenthal
11 fevrier (1150)
Schilder
17 fevrier (1151)
manoeuvres de Jones
5 mars (1153)
pauvre Jones
27 avril (1155)
danger médecine
6 novembre (1163)
sénilité précoce
13 decembre (1164)
éloignement
25 decembre (1165)
agitation
1930 la coupure
11 janvier (1169)
c’est ainsi
(1170)
refus
17 janvier (1171)
reproches
20 janvier (1172)
calme
16 septembre (1186)
ma mère est morte
vous glissez
23 novembre (1191)
je ne diverge point
1931 un chat est un chat
15 septembre (1201)
je cherche
18 septembre (1202)
regrets
10 octobre (1203)
aucun but souhaitable
5 decembre (1206)
je cherche
13 decembre (1207)
la satisfaction érotique du patient
27 decembre (1208)
ce n’est pas né puber
1932 éloignement
24 janvier (1210)
absurdité de Reich
1 mai (1214)
vacances psychiques
12 mai (1216)
l’isolement
21 aout (1224)
limite
29 aout (1226)
interdit
2 octobre (1228)
du calme
1933 mort de Fe
2 avril (1234)
les divergences peuvent attendre
fragments de la sensation
d’abord un lieu, une zone localisée par un carrefour de sensation qui fixe l’attention du côté de la zone non verbalisée, non verbalisable du rêve, les mots de l'intérieur avant la logique phallique de l’incarnation dans le texte, donc une figure de soi posée dans un espace délimité non encore par le descriptif mais par la présence au lieu, échapper , la figure s’y déploie dans une étendue circonscrite en attente d’intensité, ce qui suppose un déploiement, une extension en plusieurs figures qui interdisent , de structure, le narratif, défit que soutient le poème et le tableau comme exposition de ce que néglige l’appareil langagier qui pose le nécessaire intelligible des pulsions vocale et scopique, donc en deçà, au delà de ce réduit, l'étendue de la lande , sortir de la représentation non pour l’interdire mais pour la rendre plus ample, plus réelle, plus certaine, un secret, la convention du langage réduit les mots à un usage à l’extrème opératoire, à minima équivoque mais dans un champ sémantique défini, il s’agit de poser la figure dans un espace, une étendue ouverte, à l’insignifiance tactile, kinesthésique, la terre alourdie, l’intérieur se déploie dans une surface sans bord , non spécularisable, peau tremblée, continue d’avec l’autre, hors du bornage phallique, il faut s’abandonner à l’étendue et de là prendre le risque de la forme qui viendra traverser cette lividité de chair comme un être réel et non plus imagé, ce qui est réel est ainsi hors du mot, bruissement d'ombres, hors de l’image, la figure étant à la fois libérée et de Dieu et du semblant miroitant, du moins en principe puisque l’icône de la modernité tend au contraire à saturer les images du pouvoir d’un leurre affolant, craquement de feuilles, dans le fond l’art religieux n’avait pas autant besoin de déconstruction puisqu’il surfait sur un narratif redondant, profondeur sans limite de l'ouvert, les récits sont désormais diffus et confus, sémiologiquement déjà produits, donc engagés à une précipitation dans une combinatoire plate et infinie, soulèvement de peau, on ne peut donc partir que d’une surface monochrome dans laquelle flotte un corps débarrassé de toute localisation conditionnante, la figure de soi est en attente de quelque chose d’inouï qui parle au delà de soi, frisson, de ce que l’on serait à même de situer comme soi, bruissement des formes, l'incandescent unifié, senteurs des volumes, frémissement d’effleurement, là gît la puissance de la forme en elle même qui attend le mode de son étendue, soit le temps d’un contact qui n’est ni de compréhension ni d’émotion sensuelle, vent éparpillé, le corps cherche à s’échapper vers un ailleurs dans un cri silencieux, éclats de vertige, il y a à la fois une extrême solitude et un multiple absolu, nous sommes dans un espace sans cloisonnement, sans doute hyperbolique, c’est une dispersion du corps mais une dispersion formalisée par le fond, La nuit se pose, froissée d'aubes, la rencontre des corps est à ce prix de fusion qui se souvient qu’au delà de la face levinasienne ; il y a la tête brute, celle que travaille Orlan mais dans l’espace de la représentation, L'abîme creuse arrêté par le tactile, il y a mise en circulation de la viande, de l’intérieur mouvant du corps, le couvercle des mots suspendus tourbillonnés, tout en surface désormais, comme cet animal écorché par le boucher normatif de Monteiro, absent de soi , orbites ouvertes sur la sensation elle même, plus que la psychose qui n’aspire qu’à se névrotiser de façon monstrueuse, c’est à la clinique phobique ou psycho-somatique qu’il faudrait songer, vivre ce vif, tactile de l’espace et organe sans organisme, purement corporel, impatiente l'heure , c’est ce à quoi tend la peinture du corps chez Bacon ou la petite touche rapide de Cezanne, l'alentours disséminé, une action uniquement sensorielle défaite du raconté, et donc d’une logique narrative de l’horreur et du familier, etc... il faudrait reprendre, paupières en veille, tout le texte de Deleuze à propos de Bacon, Les mots sur la peau se grainent, et sans doute peindre encore et encore ou dire les poèmes sans mots, effleurer le commencement de soi
instants sémiotiques
il est une zone sans nom, ponctuée d’éclairs faibles, indistincts, une zone sans langage et qui est pourtant le langage, l’atteindre suppose le risque de l’écriture qui toujours avant annonce la parole et donc annonce sa réduction, les mots sont tracés dans l’invisible naturel, ils ne sont cependant pas étrangers au surgissement toujours intempestif et violent de l’être dans l’espace ouvert du monde
le malheur du langage est de localiser l’ineffable, le malheur de l’ineffable est de dissocier le corps, le livrant aux effets d’errance, de dispersion, jouissance des organes disjoints, le parlêtre rêve d’un para-dit fait d’un en-corps diffus et infini au prix des hurlements de la chair fragmentée
fragile est le mot qui désigne la sensation, il heurte le halo de présence sauf à se mi-dire, précis et volatile, déjà là et ailleurs, rieur de dévoiler et de recouvrir dans un même mouvement
ainsi en va t il du style qui n’a pas besoin d’être grossier, primaire, les variations du vrai comme nappes qui glissent en surface et au dedans du perçu, la perte du réel par le mot est un ouvert, ce que nie bien sûr l’usage instrumenté de la langue
l’épreuve du silence vient toujours après, après le risque du mot inscrit, lu, prononcé, le silence ne parle qu’après la note
le silence rend alors le vertige sensible, construit, déployé et non plus cette terreur muette, repliée, il permet le vol dans la perception redoublée de l’espace dans lequel se déplie une forme jusque là sans possible
le vide en soi perçu comme un gouffre aveugle se glisse dans des espaces non décrits, illisibles jusque là et le réel cesse d’être le creusé tombal mais le fluide de l’exprimé selon les séquences du verbe
seul dans ce rapport fragile au vocable qui danse pour une liberté dont on récuserait sans doute l’impitoyable aisance
ce qui se dépose d’un savoir est déjà commenté sans fin, associé selon l’imprévu de pentes nouvelles, qui pouvait croire que le décrit se résumait à une boule de liens
l’erreur d’une fusion tactile dans le frondaison du paysage vient s’exprimer dans un jeu de couleurs qui parcourt le limité pour une expressivité nuageuse et acide
gain total qui ne cesse de réclamer encore et toujours à la langue un peu plus de lumière
le rêve lui même qui demeurait dans la confusion de ses termes peut exprimer sa forme pleine à savoir son récit et ses contours, le fond prend forme et la forme habite le fond, il y a en topologie l’espace complémentaire du noeud tellement peu compris, c’est aussi l’histoire d’une des aventures de la langue ou lalangue plutôt en attente toujours de travailleurs
appétit sans borne, encore! encore! jusqu’au terme
le flux signifiant n’existe que dans son rapport de séparation , il implique le langage qui dit et perd l’informe du réel, le texte forme l’image, et l’image vient faire écran au réel, reste le commentaire qui sature le texte de bruit ou l’ouvre à l’équivoque du signifié qui mi-dit le réel
ce crochet dans la langue fait obstacle à l’illusion d’un diffus épais, images lourdes de brume, les objets s’y poétisent, dans la forêt brusquement chutent les nappes transparentes et le sujet erre, ne reconnaissant plus la pente du chemin, il y préfère cette perte que l’éclat de la lumière qui découpe l’ombre,
si le sujet voit le paysage de son être, il s’y voit tout autant, d’abord indistinct, minuscule, livré à un jeu local, face à l’énigme d’un lieu total, un contenant absolu qui exclut le sujet
d’abord donc les divers éléments naturels, là un fleuve, plus loin des rochers, là un castel sombre, des oiseaux qui volent, un ciel d’orage, il faut du temps, de la patience avant d’accepter ce local minuscule, navires de papier du styx familial, qui accompagne le vieil homme sur la route de Colonne, personne évidemment
le refus du langage est un deuil sans fin
l’énigme de la parole est ce demeuré externe à la ferveur du silence qui serait le flux sans borne de la sensation, la parole est ainsi ce rien qui rend lisible l’inconsistance de cette sensation, la parole est un échec nécessaire pour pousser plus loin la relation d’inconnu
la parole fait trace à ce qui n’a pas de nom encore, l’indistinct, elle le rend possible depuis les rives du Styx où il erre, ombre déjà, ombre toujours
la pensée informe qui fait tempête sans témoin prend consistance d’une annotation malhabile qui gratte les surfaces indifférentes du monde à l’existence d’un sujet
n’avoir que la parole pour dire ce qui semble la déborder de partout, cette contention pauvre qui semblerait vouloir tenir en fragments discontinus la violence dite corporelle du ressenti, encore et encore ce ressenti n’existe que parce qu’il y a parole, et le tactile n’est que le mot qui le localise maladroitement
et la parole s’adresse nécessairement, elle murmure ou hurle à qui devrait l’entendre, ne pas l’entendre, elle cherche aussitôt dans l’adresse à réduire l’abîme creusé par le mot, elle se construit de l’appel qu’elle supporte et demande d’être annulée dans le geste qui demeure depuis son ombre
cette pente tactile profite de fait de la faiblesse de la langue à désigner quelque chose du corps qui serait en soi porteur de musique, sans doute qu’alors le mot semble faible en regard de la danse, des vibrations du son, mais là encore aucune technique corporelle, aucun érotisme, aucune musique qui ne soit l’expression d’un discours
la contention par la langue de la fureur libère une sauvage présence, naturelle dira t on puisque du côté des forêts, des landes sans soleil ou des plages écrasées de soleil, dans le vent qui chevauche les choses déposées par le temps, rien n’en est perceptible hors du lieu où le mot vient prendre en charge ces mouvements
le présent serait sans doute l’implosion de l’être dans une dernière conflagration, le retour programmé au silence de l’incarné
le regard semblerait porteur d’une convention directe avec l’attente enfin d’un retour du perdu, mais le regard ne peut que jeter, de sa pupille vide, l’incarné aux tourments de la convulsion, maître Charcot regarde la bacchante qui passe, et c’est Freud qui écoute la bouche d’or hors du spectacle de son agitation
alors cela parle sans cesse dans un désordre apparent comme si la fontaine ouverte ne pouvait plus se taire, ne plus se replier en secret, qui écoute et supporte ce flux de l’âme ouverte, qui écoute sans trembler
notes de ce flux matérialisées sur des pages, notes qui pourraient se brouiller en dessins de formes inouïes et pourtant strictement déployées par chaque fragment du souffle
toujours plus avant dans ce brouillard qui attend la déchirure du sens
la parole fait sens, elle dépose sur l’étendue des segments solides dont le croisement fait nappe qui est l’être tout entier en jeu exposé
mais cette surface n’est que partielle, le dessin tente de la photographier sans y parvenir, toujours un peu plus complexe et libre chaque fois
donc une parole en forme de, de quoi d’ailleurs, aucune forme semblable et pourtant toute forme déjà contenue dans ce que la langage désigne du possible, ce qui du réel est le nom
la forme est un navire , le seul qui résiste à la fureur du Styx, un temps
lutter toujours contre les vagues sombres ou irisées, là où vivent les poisons formidables qui n’ont pas encore de nom
le soleil maintenant découvre que la vitre n’a aucune transparence, nettoyer n’y peut rien, mais la lumière est trop forte
la lettre écrite articulée arrache le silence à cette prétention à se suffire hors sens en une jouissance distincte d’un Autre qui dit la loi
les mots portent atteinte à l’intime clos, effraction d’un surgissement qui impose à penser
contention de ce qui se réfugie dans un mystère indicible, la présence est arrachement d’un dire qui loin d’être perte nomme le secret crypté , nulle accroche que la logique des termes incertains, infinis, toujours ce gouffre d’un terme l’autre qui est sujet, et il n’est sujet que dans cet écart
les sensations de même n’existent que dans cet impératif du discours, fusse kinesthésie ou tactile, supposés agis et non dits
le vertige de l’être demande à s’exprimer cependant selon cette distance du langage au réel
et le langage semble bien pauvre, bien infirme, pour désigner le tourbillon du ressenti, et pourtant ce qui serait sans doute ravissement n’existe que par le fait du langage, dans sa leçon inaugurale Anselm Kiefer semble dire que l’oeuvre n’existe que hors langage mais il n’est pas sûr de ne pas vouloir demeurer au seuil de la langue et lorsqu’il enterre une toile c’est à Novalis et à Goethe auxquels il pense, il ne cesse de penser son oeuvre
l’autre implique un semblant comme cause, tentative d’arracher le secrétaire de l’expérience de sa place pour le fusionner d’un fracas, Thérèse est seule de toute façon
toutes les images du vol se trouvent convier à ce trouble , et le vol est toujours entre celui du sabbat sauvage et la métrique du chant, la folie de Platée
il y a une invite vers un ouvert qui ne serait pas retenu par un convenu, détaché de l’ordinaire, de l’ennui, échapper ainsi du vide central par une expansion extatique où justement aucun autre n’est convié
sans doute que s’inscrit ici la dissymétrie de la sexuation, l’absence de rapport qui s’écrit sans doute d’une copule d’un sexe l’autre, inclusion, exclusion, union, parfaitement homogène à la copule d’un signifiant l’autre
se passe sans doute un battement de seuil, l’imaginaire en son extrême ne touche au réel que d’une lettre
la langue peut s’évoquer en extrême impossible, simple supposition qui ne résiste à la puissance première et refermée, n’est-ce point aveuglement alors au langage, essai de repousser la distinction au nom du suprême d’un tremblement, ce refus de ce risque dit écrit, comme impuissance à entraîner l’autre au vague de la sensation, Ulysse écoute le chant non articulé, se surprenant d’être au lieu d’Antigone appelé
Peut-il exister un langage qui ne serait qu’évocation de substance, tentative d’un dire qui porterait le réel sans aucun appui imaginaire, sans la consistance d’un récit, presque sans mémoire, en une adresse intuitive, presque sans articulation, et vidée de toute substance que celle qui viendrait dans l’évocation, Pessoa dans le Livre de l’intranquilité écrit “les mots sont pour moi des corps palpables, des sirènes visibles, des sensualités incarnées. Peut être parce que la sensualité réelle ne présente pour moi d’intérêt d’aucune sorte, pas même mentale, pas même en rêve; pour cette raison peut être, le désir s’est transmuté en ce qui, en moi, est capable de créer des rythmes verbaux”. Sans doute que la langue réelle porte ce savoir mutique d’un discours sans parole, mais son silence reste le lieu inconsistant et sublime de l’inarticulé
donc une parole cependant qui chercherait à faire consister l’ébauche d’un récit fondateur, qui surgit par fragments intenses et disjoints, accepter la fracture d’une ébauche qui découpe une forme au prix d’ombres en appel d’autres noms; apparition de la forme dans le champ des sensations
le Golem s’anime d’une parole imprononcée, peut être interdite, porteur d’un sens inouï, idéalisé
la surface colorée renvoie de même l’hypothèse de son étendue, le tableau a un nom porteur d’indistinct, l’errance de l’esthétique
ce temps premier est un ouvert offert comme un don, dans ce retour, cette réponse qui viendrait au lieu même de ce premier fragment, l’apparition porte en lui même le pouvoir de son effacement, de structure et d’intension
l’impatience du saut vise à en effacer l’incise, la parole distingue dans l’horizon naturel le mot qui définit, fusse un autre terme, à chaque fragment engendré
après tout, le vieux texte raconte déjà l’expérience, tohu et bohu et l’esprit flotte au dessus de l’abîme jusqu’à la distinction des termes qui annule la toute puissance de l’indistinct, du confus, du continu; seul est le nom de la parole
au bord du sombre, du confus, du retenu, dans l’absence de l’avie, contre la réalité qui plombe l’imaginaire d’une évidence construite, il y a des histoires innombrables , illimitées, inouïes et faites de fragments déjà chantés par tout homme conséquent à la folie extatique de chaque mot, chaque mot qui tient le réel et l’expose, un même mouvement, un même risque, aucun mot ne dit le réel mais il n’est de réel qu’au prix de chaque mot, le vif argent de la langue se rit du pédantisme du discours, encore un mot pour advenir au vivre, encore un mot pour le sommeil, l’attente d’un mot comme don mais existe-t-il un auteur du don, ou encore faut -il pour voir une toile blanche le déchaînement des couleurs
le risque du poème , qui n’est plus de mise puisque la langue est devenue entièrement opératoire et vide, le risque du poème est ce vide d’un vocable qui tourne sur lui même puisqu’il ne désigne rien, sans doute peut-il inférer quelque chose d’avec une autre consistance mais c’est un travail considérable qui nécessite une invention dont l’âge éloigne à chaque pas, Rimbaud ou rien, après il ne s’agit plus que de cigogne larmoyante et la rencontre de Celan et Kiefer a eu lieu, peut être, la langue porte le deuil de son ratage, l’invention vient sans doute hors des espaces convenus, la voie possible de la lalangue est prise au rythme gatique du répété, la porte est ouverte pour des chants nullement bachiques qui se heurtent sur les ruines ensablées, des murmures qui useraient de tous les artifices du semblant pour que demeure le souvenir, juste le souvenir d’une lutte désormais oubliée, nous sommes sans doute toujours sur un rivage, là où Virginia repose de toute sa route, si longue, si lourde, épuisée, et le ressac ne porte point la face d’Ursula sur cette grève grise des temps accomplis, the last one disait le texte qui soulignait l’échec redoublé, bien sûr toujours quelques fragments surnagent au dessiné, ce tactile de la présence , cet orgueil
alors l’originaire prendrait la forme d’un mythe qui se soutiendrait d’une correspondance de qualité à qualité, de sensation à sensation, l’aventure du parler ne pourrait se soutenir que d’un même, non pas écho mais échange de substance, étrangement la distinction viendrait alimenter le même , le disjoindre du différent, et pourtant la parole ne procède pas de l’égalité mais de la pure différence, d’un avec l’autre, d’un signifiant l’autre, comment surmonter cet effroi qui demeure celui d’être en retrait de soi même, sinon l’éveil de la tuché vire au sommeil
le poème ne sait d’où il part, ne sait où il demeure, où il va, il cherche au delà de l’imaginaire qu’il implique, il cherche un écho qui n’en serait pas un, une compréhension qui n’en serait pas une, il se supporte de lui même, Rimbaud, Celan ne s’adressent à personne, ils parlent, tant pis pour le lecteur qui s’y risque; l’exigence du poème est sans mesure , il se rit de l’épuisement opératoire de la langue, de la croyance en sa mort annoncée, lui qui invente ce que la langue cache sans le savoir, encore faut-il être indifférent aux illusions colorées
la langue est pauvre dans le répété, elle se glisse dans la finitude des choses comme pure matière sans raison, elle se fait forme achevée, mais plus loin elle ne fait que risquer l’échappée de l’image, le représenté tout autant convenu, rare est le vocable qui peut rompre le silence articulé, rare est le poème car la parole est découpée du souffle, réduite au filet des échos et des fièvres, petites avancées inutiles dans l’inconnu visible, hésitation frileuse en retrait de l’être, le vocable souvent s’appuie d’un paysage pour mesurer la brume et non point s’y risquer, supposant un pathos de la destinée, un repli sur des franges sans horizon, une lente vibration, un rythme monte des choses, appelle des couleurs sombres, lourdes, cela ne peut s’originer que d’une lande, là où le père de Kierkegaard hurle contre Dieu, cela fonde une solide assise comme la fumée des camps, pour l’instant aucun soleil, une femme hurle à se briser la voix, elle annonce le jour effrayant après ces temps obscurs, elle exige que cela parle sans bord, on est toujours aux portes de Thèbes ou d’Argos, toujours, Auschwitz, Buchenwald, Dachau, Manthausen, Chelmno, Treblinka, toujours, le poème puise en l’extrème, il impose et l’image dessillée et l’écriture formelle du nombre
le plus difficile à penser demeure le nombre, mais il ne peut se penser en lui même, on connaît le destin de Cantor, Gallois, Gödel, le nombre implique de penser la lettre, l’image, comme un nouage, un même différent, écrivons différant ou différ@nt, soit la voie du sinthome, la question du nom, le sinthome Joyce, Pessoa, Celine, et sans doute Lacan, il est donc question de moments exemplaires et de pratique, il n’est pas sûr par exemple que l’exemple Kiefer, Barcelo, Leroy soit le plus adéquat mais en tout cas il est conforme à l’exemple Holderlin, Celan, de ce point de vue toute pratique va se trouver confrontée à une nécessité de nouage, ce qu’évoque sans doute un mode d’expression sensible qui pourrait tenir compte et de l’écriture, et de la peinture, et de la musique et du cinéma, Lynch dans le souvenir de Gance, l’opéra sans doute dans l’optique d’un Cassiers, chaque mot devrait garder le souffle, la déferlance des substances, autant de quasi concepts à définir, qu’est ce qu’une substance? en regard du signifiant, du corps des signifiants, quelle est la qualité d’un effroi? son rang dans le champ des affects, un indice? un leurre? un souvenir qui puise dans l’effacement toujours tenté des cendres mêmes du souvenir, autrement dit et en ponctuation tout poème se doit de pouvoir se confronter à la question développée musicalement par Berg dans Wozzeck, tout vocable se doit de pouvoir soutenir la douleur acoustique du si, ce dont Jouve et Fano essaient de rendre compte “ doucement, très doucement, par un cor en sourdine à la voix moyenne, le si, qui paraît désagréable. Successivement entrent les uns après les autres les instruments tenant la note si et enflant la note de façon continue, du pianissimo au point d’orgue sur fortissimo. A la cinquième mesure prolongée par le point d’orgue, le son est insoutenable. Il touche franchement à la douleur. On a dénommé ce son, onde hurlante. La vibration de l’onde hurlante est brisée net par un accord de tout l’orchestre, accord mat et comparable à une explosion. Après une pause l’onde hurlante reprend, “aggravée par la batterie”. Comme la première fois, le son doit arriver au degré de douleur acoustique... la note absolue constitue une des choses effrayante que la musique d’Alban Berg parvient à réaliser, et la plus effrayante sans doute que la musique ait voulu saisir dans la simplicité absolue. Lorsqu’elle se fait onde hurlante, la note prend sa signification totale. La note si est devenue meurtre, mort agie... c’est le meurtre en tant que “conscience du meurtre” qui est musicalement hurlé devant nous et en nous... nous avons devant nous le conglomérat de terreur élémentaire, dans quoi rien ne se distingue plus entre tabou, conscience du meurtre et accusation, agressivité justicière, cri de la victime. Nous subissons la grande terreur du meurtrier, contrainte qui ne porte pas de nom”, c’est sans doute ce que tant Mouawad avec ses Femmes de Sophocle, en frontal d’une toile de Kiefer.
la participation du parlêtre au tactile de la langue supposerait un même fleuve, lac ou rivage, le tactile des mots surnage à l’étendue, d’un singulier se forge dans la perte de l’autre, l’hypothèse de l’onde commune dans laquelle trempe la commune distance d’avec les choses, Virginia toujours recommencée, une branche est-elle le jeu de la surface, l’image possible d’un sens, le signe d’une illusion nécessaire et dès lors complète
liquider le transfert
La métaphore Fukushima servira l’envoi à une tentative de réflexion sur la question du transfert dans sa double acception, celle de la clinique et celle de l’inscription du discours psychanalytique dans la modernité. Nous partirons ainsi du concept de fin de la cure chez Freud, non sans interroger la pratique des cinq psychanalyses, et le destin des élèves (Fliess, Jung, Ferenczi, Rank..). L’enseignement de Lacan introduit dans ce champ, qui est aussi celui de la violence de l’interprétation, le jeu d’un concept, celui de la passe qui veut rendre distinct fin de cure et passage à l’analyste, non sans qu’une série de concepts adjoints viennent interférer (traversée du fantasme, désêtre, sinthome). En un temps où le neuro-cognitivisme vient objectiver la clinique comme instrument de la violence ordinaire , il n’est pas inutile d’évoquer alors les querelles byzantines des fins de l’Empire.
L’énergie atomique est propre, la civile du moins, mais la bombe n’est jamais qu’un réacteur hors contrôle, autrement dit c’est une histoire ponctuée d’essais, d’explosions et d’accidents, sans compter les débris d’activité dont on ne sait quoi faire, donc une énergie contrôlée sauf accident auquel cas il convient de faire appel au liquidateur qui risque sa peau, mais bien sûr il s’agit d’un incident rare , ce que à quoi viendrait s’opposer la compulsion de la cure ritualisée et l’extrème dès lors du transfert passionnel dont Aimée n’est pas la forme réglée
Pour Freud, l’analyse vient buter sur un final lié à la castration c’est à dire l’inscription du parlêtre dans la chaîne symbolique, ce qui pose la coupure d’avec le lieu de sa jouissance, la logique du fantasme déployait l’arrière fond de cette scène structurante, à ceci vient converger d’une part les cas (Dora et la jeune homosexuelle, trop père dit Freud qui per-vertit le fantasme
Hans, et la passage spectaculaire musical
les deux hommes aux rats et aux loups, l’un meurt à la guerre guéri et l’autre forcé à la scène primitive, use des psychanalystes qui le salarient
Schreber, certes hors divan mais incontestablement peu résolu par l’écriture)
d’autre part les élèves (en fait les scissions, Fleiss, Jung, Rank, Ferenczi)
Lacan, depuis la phase maniaque de Balint, cherche à partir d’une topo-logie à construire une articulation de la fin de cure et du passage à l’analyste, topologie d’ailleurs dont l’acception fait clivage au même titre que les aléas de la passe, répétition ici de l’institution freudienne, sa diaspora et son orthodoxie
à chaque fois la question du transfert selon les structures et donc les modalités de nouage-dénouage, nomination et sinthome, au delà de Joyce pour qui il ne s’agit que de réparation ouverte
la situation de la psychanalyse ressemble par ailleurs face à la face neuro-cognitiviste du capitalisme dans la position des luttes iconoclastiques face aux troupes de Mahomet II
de manière un peu plus formelle, le boro à trois est sans double improbable d'être idéal comme la trinité, en tout cas l'idée est le nouage RSI, aucun primat d'une consistance, aucune continuité comme dans le noeud de trèfle,
qui soutient aussi bien le Moi que la paranoïa
dans le type de présentation dit noeud du fantasme qui est sans doute le plus adéquat pour décrire la névrose il y a continuité de deux consistances RI par exemple, l'imaginaire est réel , le symbolique venant maintenir une distinction,(et en même temps le fantasme pourrait faire tenir une structure de fait plus moderne sans Autre, l’universel pervers) mais le défaut symbolique implique aussitôt une libération RI , automatisme pervers, d'où la nécessité d'une chirurgie nodale, la réparation type Joyce étant partielle, on peut d'ailleurs penser que le nom de Joyce est en fait polyphonique d'où le texte final "illisible", d'où alors l'idée du boro à 4, une nomination nodale. on voit donc la nécessité d’une meilleure pratique du noeud, en particulier ce qui se passe au niveau des espaces complémentaires en cas de rupture de consistance, car après tout le complémentaire contient le noeud et s’en déforme d’autant, on peut mesurer cette difficulté imaginaire par l’exemple du trivial dans R3, sa rupture déforme l’espace environnant , ainsi le plan du trou fait nappe
autrement dit il y a plusieurs modalités de rupture que la clinique atteste, le Cottard n’a pas la même structuration que la schizophrénie, comment s’effectue la chirurgie du Cottard en noeud de trèfle sinon par le jeu des complémentaires, c’est sans doute la question de la communauté inavouable
Psychanalyse et télépathie
effraction du langage
Rapport préliminaire (1921)
commençons donc par le texte de Freud. Ou plutôt notons une proposition d’analysante de bien vouloir inclure la télépathie au champ des formations de l’inconscient. Sans qu’il soit possible de décrire les détails de ce questionnement. Le moindre fragment, comme toujours, invite à rompre non seulement avec le secret mais pire impose l’extrème du style comme mode du texte total. Donc reprenons.
Freud note la montée de l’occulte dans les préoccupations ordinaires, occulte qui vient rajouter sa marque à l’opérateur Jung ou Adler. Il s’agit de mettre en pratique ce qui serait soit de l’ordre d’une puissance autre, soit de l’ordre d’une propriété inouïe. Freud note le lien à établir avec la perte du charme du monde “naturel” et même de son interprétation scientifique. Le monde réel est effrayant , incompréhensible et la science incapable de restituer de l’intelligible, DONC rejet et tentative de mettre dans un même sac les divers aspects d’autres interprétations du monde. La difficulté est que la psychanalyse n’est pas sans être scientifique, c’est à dire qu’elle ne participe en rien à une croyance, position frontière, en tout cas certainement pas religieuse. Comme en 1921, le monde actuel offre cette étrange visage d’une technoscience aveugle et d’un religieux assassin. La raison est ailleurs.
La psychanalyse ne récuse point tout phénomène observable mais sans oublier que son attention lui impose une conduite flottante dans l’écoute des manifestations du signifiant. Le religieux va toujours penser que si je lui accorde intérêt, c’est que j’adhère à son système. Mieux , le religieux va y puiser la force d’un accouplement à la christian science faisant fondre l’esprit critique au passage, ouvrant la voie à un contact légitimé et immédiat à ce qui serait l’essence naturelle des choses.
Après ces réserves dogmatiques, Freud en vient à des cas cliniques, deux ou trois pas plus d’ailleurs
Le premier cas rapporté est celui d’un jeune homme souffrant d’inhibition psychique en rapport avec un amour incestueux pour sa soeur, non sans qu’un beau frère ne survienne. Le souhait de mort quasi conscient mais qui n’est pas sans trouver une sorte de réalisation en montagne, mais ce n’est pas ce qui intéresse Freud. Il s’agit d’une prédiction d’une voyante qui sur la base d’une date de naissance du dit beau frère lui prédit une mort par intoxication aux écrevisses, cette mort très précise s’avère recouvrir un fait moins brutal mais réel. Comme cette information surgit de manière subite, le patient et surtout Freud en concluent à une transmission directe du vœu de mort par télépathie. Il y a de la transmission de pensée, dit Freud, fondant d’ailleurs ceci sur un témoignage extérieur. Freud suspend son jugement critique au dire du patient puisqu’il n’y lit aucun mobile, sauf que le vœu de mort qu’il avait explicité apparaît ici dans l’euphorie d’un universel téléporté
Le deuxième cas est celui d’une femme atteinte de névrose compulsive suite à divers facteurs familiaux dont une mère sévère et un père tendre mais impuissant en affaire, circonstances qui l’amène à épouser un homme riche mais qui se révèle incapable d’engendrement. La scène rapportée est celle d’une prédiction à posteriori satisfaisant l’idée d’un mariage fécond, l’attention de Freud est là encore attiré par la satisfaction sans rapport avec une prédiction fausse, or les chiffres indiqués dans ce futur supposé sont rapportables très exactement à la propre mère de la patiente. Là encore c’est un fait rapporté dans un contexte de réalisation fantasmatique d’un désir.
Le texte de Freud fait alors transition à propos d’une observation égarée et d’un graphologue un peu occulte puis reprend sur un autre exemple qui met en scène un jeune homme en prise avec une courtisane objet d’un déplacement amoureux. L’occulte dans l’affaire porte sur le système de double consultation, l’avis de Freud, l’avis du graphologue qui n’a guère besoin d’être grand psychologue pour deviner ce que souhaite le jeune homme.
Le conclusion de Freud qui n’en est pas une est une remarque toujours relative à la tentation du monde enchanté, transfert de pensée, continuité de la pensée, disjonction entre un mode opératoire du langage et une fusion amoureuse hypnotique
“Peut-être le problème du transfert de pensée vous semble-t-il bien insignifiant comparé au vaste monde enchanté de l'occulte. Mais réfléchissez seulement aux lourdes conséquences du pas que nous ferions au-delà de notre point de vue actuel en acceptant cette seule supposition. Ce que le gardien de Saint Denis avait coutume d'ajouter au récit du martyre du saint reste vrai. Après qu'on lui eut coupé la tête, saint Denis l'aurait ramassée et aurait encore parcouru un bout de chemin en la portant sous son bras. Et le gardien ajoutait : « Dans des cas pareils, ce n'est que le premier pas qui coûte ». Après, cela va tout seul.”
La question n’a guère bougé depuis Freud hors peut être des considérations quantiques mais là il faudrait vraiment pouvoir traiter du quantique du signifiant. Bien sûr il ne faut négliger le champ ouvert par l’abandon où se trouvent beaucoup de sujets face aux troubles psychiques décompensés par l’agression moderne, les seules réponses offertes ou presque étant chimiques, neuro-cognitives ou occultes-sectaires. Nous sommes dans le domaine dit paranormal entre mystique et “inquiétante étrangeté”, (ce terme n’implique bien sûr rien d’occulte chez Freud), sans oublier bien sûr ce que Freud nomme le flot noir, c’est à dire cet irrationnel échevelé qui débarrassé du roc de la raison peut livrer le monde à ses fantaisies imaginaires. D’ailleurs plus sérieusement c’est bien à une certaine difficulté clinique que Freud est confronté parce qu'ici se formule aussi les élémentaires de la psychose
Rêve et télépathie
(1922)
Freud note aussitôt qu’il s’agit d’espaces disjoints quoique ce qu’un vain peuple pense. Mieux, Freud a peu de matériel et surtout pas de rêve télépathique propre. Premier point, les rêves, les pressentiments sont des phénomènes réguliers mais, à l’analyse, sont hors réalité et signent des “attentes purement subjectives”. Là dessus Freud évoque le rêve de son fils mort à la guerre mais le fils n’y meurt point, d’ailleurs il est le skieur accidenté qu’il fut et Freud songe à sa propre chute par gourmandise. De même pour l’annonce du final de la vieille belle soeur. Aucune suite réelle, reste toujours l’ombre des désirs. Et puis il y a la longue expérience analytique qui n’apporte aucun matériel en ce sens.
Freud parle alors d’un correspondant qui lui offre un rêve télépathique formé au moment où sa fille lointaine accouche avant terme de jumeaux, sa femme actuelle accouche de jumeaux dans le rêve. Lorsque Freud demande quelques associations, le matériel diffuse vers la mère défunte de la jeune fille, la contraception de son couple par l’abstinence, la mort d’un frère télépathiquement annoncé, bref tout un matériel dans lequel diffracte le fragment supposé de réalité transmise
De sorte que déjà, il apparaît que ce type de phénomène annoncé s’inscrit dans le champ très riche de la paramnésie centrée sur le récit en devenir de la scène fondatrice. Et dans le cas présent, la télépathie éventuelle ne fait que se joindre au souhait du rêveur, ma fille qui serait en meilleure place que ma seconde épouse pense à moi en accouchant et me télépathe son amour.
“Le message télépathique - si tant est qu'on doive en reconnaître la réalité - ne peut donc rien changer à la formation du rêve, la télépathie n'a rien à voir avec l'essence du rêve.” Et Freud rajoute qu’il convient de distinguer rêve et activité oniroïde à quoi il rajoute l’étape de remondelage préconscient. Freud réserve d’ailleurs une place pour une sorte de projection nocturne soit d’une réalité traumatique, soit d’une réalité fantasmatique consciente (ce qui inviterait d’ailleurs à reposer nettement la question “qu’est ce qu’un rêve?”)
L’exemple suivant proposé par Freud est assez complexe car il s’agit d’une transmission écrite qui évoque un rêve insistant de naissance répétitif vis à vis duquel les éléments oedipiens (et transférentiels) sont amplement suffisants, mais il y a avec de nombreuses indications oniroïdes, décrivant un univers psychique où se manifestent régulièrement des prémonitions. Sans qu’il s’agisse de mettre en doute la bonne volonté de la personne, rien ne permet d’asseoir une certitude temporelle d’antériorité, et tout porte au contraire à souligner le caractère étrangement remaniable de la mémoire. De sorte qu’il n’y a strictement rien à attendre de l’introduction de notion comme une sorte de flux télépathique, dès lors que les phénomènes rapportés comme tels sont analysables comme n’importe quel phénomène psychique, en ajoutant que c’est la qualité particulière de l’énonciation qui vaut ici comme indice particulier.
Je ne dispose pas malheureusement du texte de l’intervention de Derrida à propos de la télépathie mais il semble jouer du littéraire pour en faire vibrer la présence, il s’agit d’ailleurs d’un élément parmi tous ceux qui portent atteinte au sentiment de réalité, l’étrangeté du réel, ce en quoi la position de Freud n’est sans doute pas uniquement une position doctrinale, il lui manque sans doute un champ conceptuel qui lui permette de penser vraiment la psychose, non pas la paranoïaque sujet de raison, mais la schizophrénique comme la fille de Joyce qu’il pensait télépathe et qu’il voulait faire soigner par Jung. C’est une affaire historique qui met en jeu quelques antagonistes mais qui va revenir dans les marges de la névrose, que ce soit le bornage phobique ou le fameux désêtre. Bien sûr il y a du performatif dans le prédicatif beaucoup plus que l’effroi abyssal d’un réseau irrationnel ou plutôt souvent d’un dispositif sectaire. Disons que sans doute là encore ces questions de Derrida vont mettre en oeuvre plutôt ce que Derrida commerce avec la psychanalyse, à savoir la zone du primordial, comme d’habitude.
Il est sans doute plus utile de suivre Lacan qui nous rappelle au début des non dupes errent en quoi le repère clinique est trine, c’est à dire selon ce qu’avance Freud symbolique et imaginaire mais aussi réel, soit encore ce qui fait proprement structure, l’étrange, la télépathie sont toujours du côté de ce réel irréductible aux deux autres catégories, du côté où elles sont (entre autres) aux avants postes d’une défense de la religion, c’est à dire la symbolisation de l’imaginaire sans reste. Mais cette opération est sans cesse minée de l’intérieur par la mystique et puis par l’hystérie, c’est à dire par la revendication absolue d’un désir non chiffrable, excédent le calcul de la raison. On comprend que ceci soit à la fois au coeur de la découverte de Freud par le transfert dont l’analyse se construit comme celle des résistances à dire. L’hypnose écartée revient comme occulte, forte d’un refoulement culturel de l’initiation, en particulier portant sur les techniques corporelles, techniques de la jouissance du corps
Ceci d’ailleurs nous renvoie tout autant à la question du fait clinique, de la rigueur du fait, comment être à la hauteur après tout d’un dire?Avant même de chercher freudainement quelque piste, comment établir exactement ce qui s’énonce? C’est le premier enseignement de la psychose, la distinction , par exemple dans les divers régistres de la voix sur un plan strictement formel. Et après tout il y a sans doute à entendre quelque chose de la télépathie comme énoncé dès lors qu’on pourrait être sensible à une distinction formelle entre une parole d’échange plus ou moins suspecte et une certitude interne de vérité. Auquel cas à l’évidence ce second régime serait celui de l’authentique, d’un lieu où disparaîtrait l’embarras ordinaire avec l’autre. Seulement voilà dès que l’on cherche à évoquer la voix seconde de l’amour, on la biaise vers le bornage phallique, c’est à dire qu’on la fait rentrer dans les affres de la sexuation. On quitte le sens pour la signification, c’est à dire que l’on quitte la notion d’un rapport au juste objet à juste un rapport à un objet.
Télépathie, prémonition, psychokinèse, clairvoyance, médiumnité....
il existe un certain nombre de termes qui surgissent de manière plus ou moins régulière dans l’espace de la cure, recouvrant des expériences variables peu réglées. Ils surgissent dans le champ du transfert comme phénomènes parasites, résistants, peu malléables, offrant un irréductible abandonné et crypté faute d’écho. Ceci relève du champ confus para-psy qui ne s’embarrasse guère du moindre souci clinique puisque l’universel de forces indistinctes en accompagne la pseudo raison. La science rejette tout ceci et la psychanalyse répète une vulgate assez peu claire, quelques textes de Freud dans l’ombre de Jung et Ferenczi, un séminaire de Lacan, un texte de Granoff. Il faudrait peut être avant tout effectuer une séméiologie, repérer une intuition phénoménale qui saisit un sujet dans un lieu où un événement dramatique s’est produit jadis sans qu’il en ait eu une connaissance antérieure avec ce sentiment d’imminence quasi actuelle, une prémonition qui surgit comme une pure réception d’information sans affect, une expression télépathique qui se révèle telle sans qu’aucune volonté en ait pu induire l’émission ou la réception... autant de phénomènes élémentaires qui méritent une attention fine avant d’essayer d’en poser la logique dans une zone psychotique ou hystérique mais bien sûr sous transfert. Rappelons qu’un phénomène élémentaire n’est nullement spécifique à une structure, ainsi l’automatisme mental est l’ordinaire du parlêtre. Seule compte de fait la distinction néologicale, et non pas la dérive imaginaire de tel ou tel phénomène. Lucia Joyce était-elle télépathe? La traversée fameuse du fantasme n’implique t elle pas le foisonnement phénoménale d’élémentaires joints dans la confusion moïque?
peut on avancer quelque peu, en essayant de partir du nouage dénouage borroméen non trivial c’est à dire sans coupure, au niveau des espaces connexes, nous sommes au carrefour des espaces phobiques, psycho-somatiques et psychotiques, l’objet comme présence réelle, l’élémentaire comme imaginaire pur, donc sans parole, (descritif pur comme dans le nouveau roman) hors symbolique, c’est le transfert qui assure le nouage RIS, le dispositif est lisible depuis la cure nevrotique , mais aussi depuis les autres structures
Nous manquons sans doute d’une sémiologie fine qui permettrait de poursuivre l’établissement d’un exposé raisonné des structures, mais peut être que ce défaut d’une sémiologie fine est identique à l’effet de réduction opéré par l’interprétation linéaire puis moebienne de la lettre 52. Le quantique du signifiant implique une indétermination locale. Le cogito qui établit l’équation du donc présuppose au “je pense” une consistance fragmentée autour de séquences singulières dont il faudrait décrire la forme et le fond logique. Le “je pense à” ouvre un mode RSI de saisie entre ce qui serait la rêverie fantasmatique, l’imposition télépathique du réciproque (variante sans doute de la première), la réception abrupte d’une coïncidence attestée en fragment qui se détache du flou global du fantasme retenu.
nous sommes dans un espace de torsion, c’est à dire qu’il s’agirait de ne pas perdre le fil clinique, clinique avant tout car le théorique n’a qu’à s’adapter, la sorcière alimente l’universitaire tout au plus, une clinique poétique serait sans doute un terme plus exact et on peut toujours penser qu’une phrase de Celan ou de Holderlin ne sera jamais achevée par tout un séminaire de Heidegger. C’était une ambition ultime de Lacan de construire une langue vraiment clinique, une seule langue et non pas deux langues qui se recouvrent sans vraiment se toucher, une langue qui ne serait pas thanatique et qui ne serait pas simplement une transcription obscure d’un émoi imaginaire, même si l’émoi touche au réel, il s’agit de demeurer au plus près d’une articulation, sans ce confondre avec cette articulation, le même mot qui serait en l’occurrence télépathique est toujours dans l’écart d’un réel irréductible, d’ailleurs que répondre à la littérature, sinon la littérature elle même, d’où l’importance de Barthes qui achève son cursus par une longue médiation sur la préparation du roman. La théorie pourrait alors rejoindre cette image topologique d’une opération non triviale c’est à dire justement sans scalpel, comme un glissement dans les plis naturels du langage, aucune extériorité que l’intériorité qui l’anime. Interroger l’exposition de la langue en elle même suppose d’éviter tout autant l’à priori enfermant des catégories qui ne sont pertinentes que parce qu’elles fluctuent sans cesse, ainsi de cette idée des élémentaires qui ne sont rapportables à des structures que selon des variations d’intensité. Un imaginaire qui ne serait pas du semblant pourrait s’entendre alors comme ne craignant pas les limites de l’expérience. Après tout le triomphe des neuro-sciences, la marchandisation totalisée des échanges humains libèrent le concept de sa nécessité d’exposition, ce qui n’est quand même pas une nouvelle triste
nous percevons le monde depuis un appareil sensoriel animé par le langage, voir, entendre, sentir, goûter, toucher mais aussi cenesthésie manifeste un rapport au monde structuré par une topologie souvent réduite à une physiologie plus ou moins déficitaire, la surface monadique décline une typologie variable qui peut être hyperbolique localement. Hors du couple névrose/ psychose, la clinique décrit des phénomènes localisés en quelque sorte plus fins et intermédiaires,soit négatifs dans la psycho-somatique soit positifs dans les structures sinthomales, ainsi s’il y a de l’hallucination comme perception sans objet, de la fausse reconnaissance, peut-on parler de présence symbolique pour des manifestations qui n’ont ni la caractéristique de la flambée imaginaire, ni celle réelle d’une expulsion originaire de l’objet? La question entre dans le différentiel d’un corps RSI
transfert
Il est question de structure et à ce titre de quelque chose qui pourrait sortir d’un simple effet de surface pour aller voir du côté de l’obturateur de surface, à savoir l’objet @. Comment situer cet objet s’il demeure excentrique à la structure tout en étant la structure même, sinon à se défaire du discontinu des consistances grâce à une mise en trèfle?
Il est possible d’essayer d’entendre la question du transfert comme une “rencontre nodale” (nous avions essayé de traiter ça à propos d’un cas d’enfant, mais sans “conviction”..). On peut entendre le discours de l’analyste comme RSI d’une parole libérée des effets symptômatiques à quoi s’oppose le nouage en trèfle de la personnalité névrotique
c’est après tout quelque chose du nouage central du borro, une psychose localisée et donc RSI masqué
Ceci pose la question tout de suite de la nature du signifiant RSI, sans doute indistinction chez l’analysant mais distinct dans son énonciation, de sorte qu’il est dans le don du signifiant dont il va faire fibre au sens de corde quantique ou non. L’idée d’une mise en continuité des deux types de nouage est plaisante mais sans doute formelle. Après tout l’analyste, s’il est indifférent au signifiant de l’autre, inscrit ce signifiant à l’erreur insue de sa localisation relative . le temps premier de l’interprétation est avant toute expression RSI, passage de l’insu que sait au sait de l’insuccès, affaire de style donc dont l’écriture nodale rend sinon compte du moins informe, l’en forme du transfert
une sorte de matérialité se met en place, une paranoïa à deux, autisme à deux... mais si le rond comme rien est triomphe ordinaire du semblant, l’autre nouage demande toujours une réponse du côté de l’élémentaire (qu’est ce qu’une corde signifiante?) et du côté des espaces conjoints et des surfaces d’équivalence
Sur la question d’un continu pris au sérieux d’un disjoint noué , il y a au moins représentation mais de même que la greffe des noeuds est à priori de même on ne voit pas comment l’analyse peut ne pas durer à l’infini puisqu’il n’y a plus qu’un brin
Certes l’indéfini du signifiant se met en mots librement, prenant le risque d’une coupure de chaîne, inconsistant l’inentamable de l’Autre, il y a un inévitable de l’enchaînement jusqu’au bout de la lettre qui n’est plus significative puisque dotée d’un sens selon un hors sens absolu. L’écoute du paranoïaque l’apaise sans pour autant qu’il puisse lâcher prise puisque le tout fait sens demeure certes articulable mais externe au hors sens de l’inter-dit signifiant
en fait faute d’une dynamique du nouage, la première écriture de “fusion” nodale suppose qu’en même temps le borro de l’analyste demeure extrinséque pour permettre l’interprétation qui ouvre le trèfle au trine RSI du signifiant
Il y a une difficulté à présenter l’interprétation entre sens et signification, car elle devrait être RSI sous peine de conduire à la formule Leclaire (tentative de rabattre la perspective symbolique sur LA lettre) ou à la formule Miller (tentative de rabattre la perspective réelle sur LE nombre), quant à l’imaginaire il suppose le second tour du séminaire de Lacan, nodal. Séance du 11 mars abyssale, la structure se défait, se renoue de la réalité psychique freudienne pour mieux s’en passer, de sorte le noeud bo peut s’entendre , s’écrire, se voir... en rapport avec son espace complémentaire. C’est sans doute ceci que l’on pourrait noter comme l’ex-istence du cross cap, au titre de quoi les processus topologiques ne sont plus distincts des effets langagiers, et les faces du signifiant lettre, nombre, couleur retrouve le sensible de la découverte freudienne, ceci bien sûr dans l’acte puisque le sinthome vient aussitôt refaire réalité psychique
Si l’interprétation RSI découpe la structure, elle en défait la consistance, un peu comme essayer de secourir le noeud à un brin de la paranoïa dirigée. Il faudrait donc inventer un signifiant nouveau , sans doute quelconque, qui permettre d’opérer comme le proposait Morin lors du retournement non trivial de la sphère. . Le travail topologique du psychanalyste devrait aller dans ce sens, ce qui pose la question de l’enseignement de la topologie et de l’exercice de cet enseignement en cartel, séminaire , association.
Il est donc question de la mise à plat de la structure qui permet de l’écrire, de la lire au prix d’en perdre la dynamique, donc tentative de donner bord au trou, question ouverte, qu’est ce qu’un trou dans Rn?même question, quel est le statut lacanien de l’image? comment réécrire le second tour de l’imaginaire, c’est à dire ne pas en rester aux vignettes illustratives de la topologie molle?
IL y a deux temps, ou plutôt trois, le temps préliminaire qui est celui de la bonne orientation qui permet le nouage borro-trèfle, la question demande à être déployer comme don de/à l’Autre SsS d’un signifiant (un peu comme dans la cure de l’autiste errant avec un signifiant en poche, nombre, lettre, image, chiffrer le monde pour l’un, une voiture pour l’autre, le regard pour l’autre..) Puis le trèfle du moi vient “bouffer” le borro de l’analyste, paranoïa orientée par l’inscription de l’analyste au lieu tiers de son exposition théorique, auquel participe le signifiant nouveau pour l’analysant. Ainsi (matérialisé par le contrôle) ex-iste le miroir de la cure et donc le possible retournement non trivial
très honoré monsieur le professeur
pour une psychanalyse spielreinienne
une hystérie cas grave malade depuis six ans voit son père frapper son frère aîné sur le postérieur nu forcée de penser qu’elle a déféqué sur les mains de son père déféquer sur ses propres pieds déféquer empêcher retient deux semaines sentiment voluptueux de frisson onanisme violent
étudiante les personnes incultes sont pour l’instant bien trop peu transparentes pour nous histoire de défécation jolie fixation infantile de la libido sur le père auto érotisme anal ordonnée avare butée sublimation de l’érotisme anal perversion refoulée
Spielrein revient.. toujours, transfert et champ de morts, partout, de l’hystérie passionnelle au massacre, Jung et Freud, Cronenberg et la passion Lacan, qu’est qu’un amour de transfert qui vire à la passion? qu’est ce qu’un amour de transfert qui ne vire pas à la passion? un amour de transfert sans désir, c’est à dire sans que le fantasme $<>@ soit actif dans son jeu RSI. La position socratique atopique est-elle à même de passionner l’hystérisation de l’analysant? est-ce un effet de la subversion de l’amour par un réel comme passe du transfert? et sémiologiquement par le surgissement du champ télépathique? questions aussi sur la psychose hystérique, le transfert contre, le carrefour phobique, la faille symbolique
Cette question traverse non seulement la direction de la cure mais encore l’institution psychanalytique elle même, peuple de sauvages passionnés ou endormis mais la sauvagerie obsessionnelle n’est pas moindre
Spielrein revient depuis ce 27 juillet 1942 où elle est assassinée avec ses deux filles par l’einsatzgruppe
Freud donne conseil à Jung à son sujet, la liaison analytique Jung-Spielrein produit de l’analyste, en tout cas Freud est pris dans cette histoire, question du contrôle tout autant. Si Jung semble avoir parler de psychose hystérique lorsque Sabina arrive au Bürghölzli, le champ est ouvert avec la première impression clinique de Freud par correspondance pour faire entrer ceci dans les miracles de guérison de la psychose dès lors qu’elle n’est pas de structure. Elle reste deux ans à la clinique et en sort guérie en tout cas assez pour finir des études de médecine ponctuées d’un diplôme textué par "le contenu psychologique d'un cas de schizophrénie".
L’idée de gravité accompagne toujours l’évocation du cas sans que le terme ne semble s’adresser à autre chose qu’à la structure, quelque chose de grave, un poids, une lourdeur, une inscription et les éléments de la résistance à la théorie freudienne, ce qui semble excéder la prise du langage, du symbolique, il y aurait à suivre le fil dogmatique de ces résistances jusqu’au réel à tout faire du champ lacanoïde
la question de fond qui est l’errance érotique du champ du transfert demeure brouillée depuis l’origine par le fond de scandale dskien de nos jours de fausse vertu, surenchère dénégative de Jung, de Freud lui même , c’est bien sûr là dessus que se fonde la romance qui alimente une filmographie en progrès
my name was Sabina Spelrein, prendimi l’anima, a dangerous method, la patiente réclame quelque chose, un enfant? une vérité? Jung dit n’y avoir exploré que sa tendance polygame, protestant de sa fidélité conjugale, difficile d’examiner le cas objectivement
Jung concède sur l’impasse de l’amitié "je me suis finalement senti pratiquement obligé moralement de lui accorder largement mon amitié; jusqu'au jour où j'ai vu qu'un rouage était par là involontairement mis en mouvement, raison pour laquelle j'ai enfin rompu" . Après tout alors, Breuer bis, et Freud qui reste ferme de son côté, paternel ironique qui refuse de recevoir Sabina, il est sans doute question de l’unité de la horde avant tout, mais que veut Sabina?
Jung avoue une manoeuvre auprès de la mère de Sabina pour qu’elle la débarrasse de sa fille, il avoue sa peur, sa lâcheté mais n’analyse rien, le contrôleur semble ne pas vouloir en savoir d’avantage
mais quelque chose demeure, la question de Sabina, et la télépathie sur le bateau qui part en Amérique et les troubles hystériformes de Freud. Freud avait dit inexpérience à propos de la confusion imaginaire évidente à propos de l’amour, cette réciprocité qui cherche en l’autre la confirmation du sentiment, c’est après tout la forme romantique de l’egopsychology, une idéalisation de l’âme commune, sinon des corps, en tout cas un riche matériel assez ferenczien qui semble volcanique et donc inabordable en tant que matériel, d’où la nécessité de laisser tomber la créature, signifiant après tout délusif par excellence, source d’@f-folle-ment où gît les signifiants de l’amour éternel dont la volonté de pousse au psychiatre du côté de Jung, le sujet supposé savoir est non seulement sachant mais récepteur du savoir qu’elle engendre, la convergence imaginaire aa’ introduit une réciprocité et un recouvrement $A, le réel diffuse dans le continu, "Je pouvais lire les pensées du Dr Jung, en sa présence ou à distance, et lui, les miennes" Ce que veut Sabina c’est aussi que Freud fasse tiers de cet affolement, mais là personne ne répond, mais Freud aurait-il put répondre quelque chose? sinon au titre d’une sorte de passe? la passe de Freud?
dès lors Jung et Spielrein se retrouvent dans une sorte d’enclos de soit disant formation, transfert non pas de mais en travail ponctué d’un rendez vous manqué avec Jung lors de la naissance d’un enfant, l’autre femme accouche, s’en suit un bref épisode d’allure hallucinatoire, suivi d’une rencontre symbiotique
“il ne m'a que trop clairement montré son amour" où le fait même de l’échange verbal ne peut qu’alimenter la jouissance spéculaire, sans doute réciproque, Jung est sans doute fasciné par cette relation cachée, mentie à Freud, cette complicité intellectuelle, cette présence de l’invasion imaginaire qui dispense du symbolique, mouvement passionnel où finalement c’est Sabina qui pense, et à quoi? à thanatos, elle pense à la structure spéculaire, elle cross cap l’impasse, thanatos devient une idée délirant que Jung veut lui voler, signifiant du réel qui surgit depuis le miroir et atteste de la passion névrotique et de son retournement en savoir, ce signifiant que Jung bien sûr ne supporte pas , qui ne le supporte plus, la chute du sujet sachant, supposé au savoir de l’amour absolu, traversée de l’érotomanie névrotique. Ainsi Spielrein laisse tomber Jung pour Freud et ramène, dans ses bagages, thanatos le signifiant de sa cure, passe donc incluse, conséquences pour Freud? pour Jung? question d’une fin de cure comme liée à un réel articulé, peut-il y avoir analyse autrement? Il semblerait que Freud n’en veut toujours rien savoir, il semble dans le même mouvement ne pas vouloir savoir grand chose de Jung.
peut être est-ce parce que thanatos le ronge lui même et quand il en viendra plus tard à reprocher à Sabina son toujours attachement à Jung , ce sera comme l’invite indirecte, puisqu’il ferme sa porte, à retourner au point de départ ce qu’atteste une nouvelle correspondance enflammée avec Jung. D’où le surgissement d’un nouveau signifiant Siegfried fruit des oeuvres jungiennes dont elle atteste du caractère réel et pour cause mais que les deux hommes ne vont faire qu’enkyster d’interprétance, que ce soit un symbole abstrait ou la traduction d’un fantasme imaginaire. S’occuper d’enfants en Russie est peut être le métabolisme de ce malentendu radical jusqu’à la mort violente que l’on trouve sur cette terre après bien sûr l’interdiction soviétique de la psychanalyse.
bien sûr s’interroge ici la pratique de Jung dont le passage à l’acte amoureux possible n’est qu’une composante, à quoi renvoie une question diagnostic qui noterait de toute façon un élément nodal psychotique dont nous avons interrogé justement la pertinence dès lors que dans le ménage à trois le signifiant thanatos n’est interprété que comme terme délirant ou imaginaire, sans aucune portée conceptuelle, ramenant la psychanalyse à un processus de répétition sans aucune invention dès lors que le réel des cures demeure des singularités perdues. Peut être faudra t il que Freud éprouve ce réel dans sa chair pour qu’il lui accorde une place.
Place de la passion analytique donc comme composante niant la réalité et menaçant la personne, mais tout autant pousse à l’extrème d’un logique imaginaire jusqu’au terme d’un épuisement du symbolique jusqu’au S1, la voie plus médiane étant sans doute la sidération mutique hors symbolique. Sans doute que Jung dans son errance imaginaire qui va le pousser vers la voie religieuse exerce une pression interprétative qui est plutôt une invite à élaborer des contenants programmatiques comme signifiants de l’amour, ce qui serait pratique commune dès lors que l’espace de la cure est envahi par l’institution, surtout si celle ci a le goût de la cause juste, entre militantisme sectaire et avidité pour une collection mortifère de réels singuliers