dialogue d’un psychanalyste et d’un moribond
Le texte de Sade est de 1782. On en connaît la conclusion, le triomphe du moribond qui se refuse à admettre l’existence de Dieu au point de convaincre le prêtre de se livrer au libertinage afin de devenir« un homme corrompu par la nature, pour n’avoir pas su expliquer ce que c’était que la nature corrompue. ». La parabole nous intéresse à plus d’un titre, ne serait ce que parce qu’elle offre matière au paradoxe d’un retournement bien dans le style du Kant avec Sade, mais là il s’agirait par exemple de noter quelque conversion finale du psychanalyste à la loi du sujet moderne, ou plus exactement que cette apparence d’une victoire du sujet acéphale du capitalisme ne va pas sans le rire de Démocrite qui conclut la scène.
«Ces ténèbres, de plus en plus denses de page en page, jusqu'à un ultime balbutiement inarticulé, consternent comme le râle d'un moribond, et le sont en effet. Elles nous attirent comme attirent les gouffres, mais en même temps elles nous flouent de quelque chose qui devait être dit et ne l'a pas été, et donc elles nous frustrent et nous repoussent. Je pense, quant à moi, que le poète Celan doit bien plutôt être médité et pris en compassion qu'imité. Si son message est un message, celui-ci se perd dans le “bruit” : il n'est pas une communication, il n'est pas un langage, tout au plus est-il un langage obscur et manchot, tel celui de qui va mourir, seul comme nous le serons tous à l'agonie.»
Primo Levi, Le métier des autres.
et l’on peut sans doute filer au lugubre en notant l’incurie du monde, se faire le psychanalyste de son agonie, sans remarquer d’ailleurs la profonde bêtise de ce texte de Levi qui croit sans doute qu’un vers de Celan se mesure au pont Mirabeau, ce qui est faire peu de cas de la leçon du Stagirite
il s’agit sans doute de tout autre chose puisque nous devons parler et de la fusion de la clinique dans la Maladie unique et donc soumise au Traitement universel qui signe et la disparition du langage et l’universel de l’addiction en particulier chimique. Il s’agit d’aborder localement la question clinique prise aux effets de réduction, de confusion, de frénésie d’une urgence dans la destruction ou du moins le déplacement du symptôme.
Il s’agit tout autant d’une ligne de résistance de la pensée comme issue des Lumières, d’Aristote et de Freud, du retour de la méthode expérimentale dans le champ de la Parole et de son refoulement moderne au profit d’une adaptation technique à la loi de la plus value .La psychanalyse elle même mérite d’être examinée à la dimension de la fermeture de l’inconscient selon l’amour universel .
Il est donc fortement utile d’engager l’affaire au titre de ce problème XXX que nous a laissé notre cher péripatéticien