16 janv 15
la toile vaguement tendue blanc sale et la main comme prise au linceul sous le gris souris et la précipitation sécuritaire et la manipulation des peuples au nom de la liberté d’entreprendre entre économisme et culturalisme. On aurait l’impression que l’enseignement s’est perdu dans une bouillie débile, livrant aux poubelles les séminaires perdus dans la fuite du temps.
Persona est donc entre la lutte de survie de Bergman et ce qui alimente sa course «que veut une femme?», des fragments d’enfance nous conduit vers une sorte de cas clinique qui pourrait bien être celui du psychanalyste, c’est à dire de ce parlêtre au silence actif non pour quelque éloge de la frustration mais parce que le réel se disjoint de la jouis-sens. Certes ici une femme pourrait être l’autre, celle qui soigne, parle tandis que la mutique note, devenue cas clinique elle hystérise son amour, entre désir de mort et rapport sexuel, portant le transfert au champ de la projection interprétante qui sait, croit savoir ce que l’analyste cache in fine de commun, aux extrémités de l’imaginaire là où chute la per-version du fantasme
la position de Bergman à ce moment, de ses représentations, des influences, des divers niveaux de lecture, car l’arrière fond métaphysique et politique est autant présent que l’aspect psychanalytique, au niveau de la forme les plans rapprochés sur les visages constituent une forme de tension de la relation, mais il y a aussi ces séquences soit d’actualité, le gosse deVarsovie, le bonze qui brûle, les morts , les scènes burlesques, la pellicule qui brûle, l’actrice est donc hystérique mutique et son infirmière bavarde, la malade exerce un tel attrait pour la cause du désir que l’autre s’y engouffre, actualisant sur ce corps un fantasmagorie sexuelle qui va fonctionner en acmé dès lors qu’il apparaît que la malade l’observe froidement comme elle fait de tout d’ailleurs, la confusion des personnes ouvre sur un aspect d’identification incarnée, un bascule d’un thérapeute l’autre, quant à la supposée solution finale elle demeure très potentielle
il s’agit bien de mettre en tension la position érotique comme voisine avec la mort, ce par quoi la peinture n’est en prise qu’avec la mort si elle n’est pas illustrative, ce que veut le spectacle bien sûr
le noiseuse en boucle toujours
Les sourires d’une nuit d’été nous embarquent dans un univers de comédie entre la règle du jeu et Marivaux, ici le fait social couvre le senti qui demeure très opératoire et réaliste. Pour le coup nous retrouver cette ici économique du rapport.
comédie donc qui se veut légère et donc sérieuse absolument, intrigue de farce qui se déplie et s’achève sur une règle connue, seul le désir dénoue l’imaginaire, un père a une jeune épouse vierge, un fils pasteur, une maîtresse actrice, l’épouse aime le pasteur, le pasteur la bonne, l’actrice le père mais elle un amant militaire, jaloux, menteur, menaçant, la mère de l’actrice réunit tout le monde y compris la femme du militaire qui semble très bien supporter l’infidélité systématique de son époux, la mère propose un vin de vérité qui est le filtre de l’été, celui qui frappe du désir tout semblant, peu importe les recompositions finales de la comédie, ce n’est qu’étapes dans la course de chacun vers le rien, autant en rire dans l’explosion de l’été