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Spellbound

Spellbound 

c’est à dire envouté ce qui bien sûr n’a rien à voir avec ce titre curieux: La maison du docteur

Edwardes 

 

 

Il est donc question d’un faux psy qui prend la place d’un autre, faux psy sur qui se fixe l’amour de l’héroïne qui va oeuvrer pour que la psychanalyse dalienne vienne dérefouler une scène infantile qui venait se coller dans l’intrigue de situation. Constance soigne pas amour ce qui est magique dans le fond. Elle cherche à réparer la figure idéale, lui redonner une innocence d’avant le semblant.Il y a là un enjeu très américain de réparation absolue et un contexte de bonne nouvelle qui recouvre la peste freudienne, mais Hitchcock est toujours au second degré dans ce qu’il déploie avec la complaisance d’époque pour le traitement.

 "Des jeunes mariés il n'y a rien de plus beau : pas encore de psychose, d'agressivité, de complexe …Ayez des "babies" et pas de phobies…. Les femmes sont les meilleures psychanalystes jusqu'au moment où elles aiment, après, elles sont les meilleures patientes…. Une femme amoureuse est au plus bas de son niveau intellectuel… " ce qui après tout est une remarque juste sur la position de l’analyste en général. Hors cette analyse des personnages en abîme Hitchcock voulait traduire quelque chose de réel dans le traitement des rêves, point de vue là aussi nullement illustratifs d’un onirisme jungien.

Hitchcock a également voulu la collaboration avec Salvador Dali.

"Quand nous sommes arrivés aux séquences de rêve, j'ai voulu absolument rompre avec la tradition des rêves de cinéma qui sont habituellement brumeux et confus, avec l'écran qui tremble, etc. J'ai demandé à Selznick de s'assurer la collaboration de Salvador Dali . Selznick a accepté mais je suis convaincu qu'il a pensé que je voulais Dali à cause de la publicité que cela nous ferait. La seule raison était ma volonté d'obtenir des rêves très visuels avec des traits aigus et clairs, dans une image plus claire que celle du film justement. Je voulais Dali à cause de l'aspect aigu de son architecture - Chirico est très semblable - les longues ombres, l'infini des distances, les lignes qui convergent vers la perspective… les visages sans forme…
Naturellement, Dali a inventé des choses assez étranges qu'il n'a pas été possible de réaliser.. J'étais anxieux parce que la production ne voulait pas faire certaines dépenses. J'aurais voulu tourner les rêves de Dali en extérieurs afin que tout soit inondé de lumière et devienne terriblement aigu, mais on m'a refusé cela et j'ai du tourner en studio."

Le recul permet de dépasser quelque chose qui serait la chute de l’artifice dans le progrès supposé des techniques. Ce qui fonctionne un peu daté dans le rêve trouve dans une scène comme celle de la décente en ski une puissance onirique et réelle pour peu qu’on cesse d’y voir un réalisme filmé, car ces deux personnages de fait glissent dans le blanc plus ou moins grillé vers ce point du désir qui se voudrait curatif mais de fait ne peut qu’aboutir à la chute de l’amour qui demeure le dernier barrage à la vérité qui n’est pas simplement le retour du refoulé mais l’inscription de ce refoulé dans la dimension structurel du non rapport. C’est donc bien l’exact répons à la scène de montée de l’exaltation amoureuse, le coup de défoudre , la neige lumière sur l’excitation nocturne. 

Il demeure que les médecins de manière général, en dehors du maître de Bergman, associent des pratiques fumeuses à des discours robotisés, que la bluette amoureuse de la psychanalyste qui serait très professionnelle est du niveau de l’étrange pathologie de Peck dont l’amnésie substitutive est merveilleusement emboîtée au récit du rêve unique et résolutif à la fois de la cause traumatique redoublée et de la scène de crime, et l’on comprend d’autant moins la subtilité de cette femme aveuglée par son fantasme. 

Il semble ainsi que le film , c’est ce qui fait sa durée, ait trouvé par son écriture même une assise structurelle qui défait les risques historisés du récit. 

 

parmi les curiosité il y a le méchant médecin qui tient la roue molle qui serait pistolet

la scène fratricide qui brusquement devient accidentelle

le ravissement d’Ingrid devant un sandwich au pâté

l’ouverture des portes sur le plan de la passion qui est aussi la couleur du meurtre

la descente en ski qui suppose le revécu en situation cathartique, car l’amnésique  est dans un automatisme meurtrier  répétitif et hypnotique avec perte de connaissance mais pas à chaque fois qui fait un peu plus schizo qu’hystérique

les psychiatres joyeusement chirurgiens

il y a heureusement sir Alfred et son violon

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