12 novembre 14
Cette fois nous sommes au quasi Vietnam, hôtel limite que nous avions déjà croisé, élevage de chiens de bouffe, haut parleur matinal, musique et propagande, après le coq qui se ferait assez discret, un hot dog répondrait bien à ce mélange discontinu de pleurs et d’aboiements
Le tableau sera donc à lecture multiple sans aucune focalisation de sens
Huit jours pour être dans le fil du temps
La construction du tableau entre récits du meurtres, de masse architecture du chaos, assemblage de fragments de choses, cadrage des surfaces, peut être des visages mais ceux ci sont dominés par le photo maton khmer et russe
Namnoy bridge
Rencontre ethnique transport collectif croisement avec l’invasion viet et les filles qui tracent la route au bout du monde, là où la route s’arrête
La bouche d’or road movie
Remontée un temps vers une école, vers Phongsali depuis le carrefour puis nuit à Oudomxai, route en tôle ondulée pour rejointe cette ville ouverte sur la Chine
Einsenstein a échoué tout autant à filmer le travail, personne ne le sait, il y va autant du travail, cette intimité à l’intérieur des images
elle se regarde maintenant dans la vidéo, elle surprend son image qui chante, elle sourit à nouveau, une main sur la nuque souple, encore si belle, au bord de la chute, le chant, la tête qui se détourne, les yeux dans les yeux, toujours,
la nudité se noie, il regarde, le son soutient son dire mais il reste suspendu et, exceptionnel, il pleure, c’est brusquement la nuit qui tombe, une femme qui passe, vite, il ne sait plus où il va, il neige maintenant,
cela tient à un couteau qui frappe inutilement , tandis que la camera dérive vers le ciel d’un bleu sans faille, la ville est prise, livrée aux justes, une enfant se sauve vers la rivière, sans doute, l’esclave cherche à fuir, superbe, sans haine, Marx se soutient encore de cela, une passion sauvage, folle, malgré la musique symphonique, contre elle, pas sans le maître qui espère un savoir, tous les conquérants sont stupides, pétrifiés dès que s’impose la beauté, la pause au milieu d’un mot demeure d’une grande force, ils vont donc finir par se battre face à la lumière, malgré les fusils, profil sec du prince qui regarde au loin
cette fois, l’histoire est vraiment comique, dénudée de tout récit, la première fois monte aux berges du fleuve, comme chez Renoir, malgré les cris de l’homme de colère, elle s’offre à l’apaisement, il a presque honte de son attente tranquille, le mot d’adieu est sans pathos, le temps nouveau qui ruine tout ce passé, les différences de fond semblent des plaisanteries, des nuages, le rituel efface la couleur rouge attendue