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Rimbaud

Rimbaud

 

 

nous parlons sur le texte de Sollers qui est voix ouverte sur son roman Studio

rajouter que ce texte est assez mauvais et que le choix des lectures de Sollers est quand même assez peu honnète, au sens où il ne cherche que l’effet, il est très malin

 

l’hotel de son père à côté de la mairie

il faudrait faire la démonstration polysémique, la mise en scène du texte possible du séminaire

 

acheminement vers la parole

Heidegger

nous parlons sans cesse même lorsque nous ne faisons que lire... ne rien dire... 

la parole par nature

le vivant

Novarina

chemin vers la parole

Novalis

elle parle solitairement avec elle même

elle ne se soucit que d’elle même

 

la poésie nous est devenue étrangère

 

la poésie s’éloigne de nous

 

 

nous ne voulons plus nous entendre parler, ne plus être parlêtre

 

cette hantologie qui ne se fonde justement que du fantome poétique qui creuse le sans Cause, qui creuse justement l’absence de l’Autre justement l’Anonyme qui fait le semblant de l’aparole moderne

 

à quoi bon des poétes au temps de détresse

 

évocation des morts plus vivants que les vivants

 

ces fantomes qui parlent, Holderlin, Celan, Rimbaud

 

afflux des voix qui viennent parler dans le monde des morts vivants des 642

 

les femmes de Rimbaud

 

le journal de Vitalie Rimbaud à Londres

 

le British

 

évocation de Marx et de Freud, fantomes du fantome

et petite note romanesque Rimbaud agent britannique pour occuper un peu l’espace africain

 

Vitalie va mourir, synovite comme Arthur

 

Vitalie chante, Arthur joue du piano

le maître Louis Letrange

 

Rimbaud en très belle jeune fille

les maux de tête

se faire raser le crâne

 

il voyage

 

 

mouvement d’illumination

 

Arthur se meurt de la même synovite veillé par Isabelle , saint en seconde main 

 

le poéte nous précède d’une voix atonale, c’est cela la voix, sans timbre, l’objet @ comme pulsion invocante

 

l’interprétation atonale

 

le traffic des cadavres

 

ainsi la voix atonale du fantome

le traffic des cadavres

les marranes plasticiens, horribles travailleurs

nous

 

Madame Rimbaud mère

 

la mère d’Holderlin, je n’y reviens pas

juste un mot sur le final

 

 

le corps de Vitalie

le corps de son père

le tombeau de la mère

 

le texte d’Isabelle vaut surtout pour son côté nécro, quand elle écrit à son frère sur l’amputation puis à sa mère sur l’agonie, par la suite c’est du pur délire

le texte de la mère est remarquable, les questions à propos de hugo, la lettre à verlaine, celle à rimbaud, puis l’enquète sur le fiancé d’isabelle, enfin la vision et les cadavres

 

le dernier acte est sanglant quelle que soit la comédie

 

les horribles travailleurs

 

 

la voix de l’écrit

 

l’être humain croit lire et n’entend pas ce qu’il lit

ceci va croissant

détresse des temps

 

là où le péril croit, croit aussi ce qui sauve, Holderlin

 

le cri de la voix

la coupure de la poésie

 

Rimbaud arrête d’écrire

 

 

improvisation agonique sous morphine

 

l’écrit pour rien à quoi ne répond que le silence de la voix

 

la poésie ne parle qu’à peu

la foule est plutôt signe justement de cette opération d’occultation de la parole même

 

l’intime de la parole s’efface , clôture dans l’énoncé même de l’énonciation, non mais déjà comme sens, pas de sens

 

le plus proche lointain

 

la peinture se tait

 

encore des peintres

 

plutôt des décorateurs

 

parler à qui, à cet Autre qui serait là pour entendre 

 

le silence redoublé de l’analyste

l’analyse n’est plus

 

sollers Beaufret Lacan Heidegger, à propos des ecrits, qu’est ce qu’il a dit? le psychiatre aurait bien besoin d’un psychiatre

 

Rimbaud en Abyssinie

 

gagner l’existence

le monde est immense

ne plus bouger

le genou immobile de fait

ne plus marcher sur le corps étendu de la mère

 

je recommence à béquiller

 

je ne suis plus qu’un tronçon immobile

 

je n’aime pas les femmes

 

il ne reste que froid dédain

les bonnes camarades

 

la débauche est bête

 

mon seul pied 

 

vous casser la seconde pate

 

la suite au prochain numéro

avec tous mes souhaits

 

même froideur clinique

 

à une raison

 

 

 

 

L’espace des idéalités mathématiques est-il consistant au réel? La topologie du signifiant présente-t-elle ce même réel? Et dès lors quel type de rapports entretiennent ces deux champs conceptuels? Quelle esthètique serait -elle induite de ce point de départ? La réponse est sans doute formelle et se joue d’un figurable qui n’en finit pas de se dire. Mais aussi à entendre du côté de ce qui ferait vocalisation du signifiant, la voix blanche, celle qui fait silence après le poème. Donc le silence d’Holderlin, celui de Rimbaud. La lettre inscrite de leur labeur raisonne en la vocalisation muette de lecture. Parle à qui peut encore entendre le fantome du vréel. L’hantologie recherche les singularités qui témoignent de cette pointe extrème de la parole qui est le signifiant non localisé, aniconique, silencieux, celui qui fait la matière du rêve avant que sa mise en récit descriptif n’en positionne sa semblance d’origine. Nous ne savons, comme le romance Sollers, ce que faisait Rimbaud au British Museum, ni s’il y croisait Marx ou Freud ou l’Intelligence Service, nous connaissons plus la rencontre avec Holderlin “Comme Sa Sainteté voudra. ecrirai-je sur la Grèce, le Printemps, l’Esprit du temps? Je demandai “ L’Esprit du Temps”. L’oeil brillant d’un feu juvénile, il gagna son pupitre, prit une grande feuille...”Ironie superbe de Scardanelli. Rimbaud tout autant en ces noces mystiques avec sa soeur Isabelle. Rimbaud en beau jeune homme entouré des femmes de la maison, mère et soeurs, tous si méticuleux pour décrire le corps qui pourrit puis le cadavre qui se démonte “ je suis très mal très mal je suis réduit à l’état de squelette par cette maladie de ma jambe gauche on m’a coupé la jambe il y a huit jours mais que veux tu dire avec tes histoires d’enterrement quelle nouvelle horreur me racontez vous je recommence donc à béquiller on ricane à vous voir sautiller l’insomnie perpétuelle la matinée encore plus triste que la veille la suite au prochain numéro il est très maigre ses yeux sont enfoncés et cerclés de noir on le traite comme un condamné à mort il se met à me raconter des choses invraisemblables son bras droit complétement inerte s’enfle, son bras gauche dont il souffre atrocément et aux trois quarts paralysé est décharné d’une façon effrayante le cercueil était ouvert j’en ai retiré tous les os et toutes les chairs pourries ce qu’on nomme cendres  aucun os n’est cassé le crâne est tout à fait intact encore recouvert de la peau encore recouvert de la peau gâtée j’ai voulu le visiter encore une fois pour voir s’il ne restait rien à faire les ouvriers m’ont fait glisser tout doucement jusqu’au fond du caveau...  “ Les maranes futurs gardent en mémoire la trâce du poème inachevé. Le désert croit. Valère hurle, sa voix ne passe pas “ Même si les corps ont disparu, la tombe répond toujours encore à nos questions et nous lisons encore les pierres des noms chutés des sphères et les sons des tombés. ... Chair trompée, ici je suis:pour n’avoir pas plus longtemps supporté d’avoir parlé la tête avec...J’ai gési, je gisais, gésissais, je geu, ja pas gési non plus, ô doux être, reviens-moi... Mais elle ne peut pas car nous sommes nous-mêmes... ni crâne dedans, ni de tibia, ni d’os par ma bouche:mais dans ma tête remplie de rien qu’une seule pensée qui pense à rien...”

 

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