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Quelques remarques

 

 

 

Quelques remarques

 

La mise en scène des particules d’Houellebecq par Julien Gosselin nous projette dans un monde en fait moral, selon la ligue descriptive de la traversée d’un monde , biographie supposée au fil du vivre avec sa part réaliste de fiction et de ruine, car si l’adaptation tendance d’un texte à la scène demeure toujours aussi casse gueule, surtout si le texte ne manque pas de faiblesses, de lourdeurs, de facilités , ici étrangement l’hétérogène, tant des moments que de la mise en scène nous revient comme de l’intérieur puisque ce qui est montré est homogène au réel de notre vie errante de mythe et rêve, d’expérience plus ou moins catastrophique en instants de bonheur où le fantasme s’effondre dans cette saisie

Ce qui nous agace c’est d’être là dans ces cris et cette lumière et cette fausse fumée 

Et pourtant il n’est pas question d’une histoire de la pensée, d’une histoire politique, les choses sont prises du côté des essais les plus basaux de satisfaction , la vie de chacun loin des lumières de modèles qui s’y disloquent 

Le final utopique vers le non humain est d’un réalisme froid dont nous avons évoque déjà les symptômes biologiques 

Le maître moderne thanatolien est ici d’une présence triomphale avec son goût huxlenien pour une régulation préventive des tentions et donc la mort ici se retire, révérence  comique finale dans le fond

Ce dernier espoir se dissout dans son exposition même , il ne reste au parlêtre moderne, c’est à dire comportemental esthétique et chimique, à noter ces sortes de progrès qui sans cesse surgissent sur les lignes numériques ( ebola, califat, dette, réforme, greffe,..) dans la proximité des sous hommes contenus par la police , pour le coup le passé est effacé par son exposition même boutonneuse ou diabolique selon et le futur indifférent 

 

Marcel Duchamp la peinture même; est-il nécessaire de réviser cette œuvre dans le sens d’une intégration forcée à une sorte de filiation qui ex-iste justement au procès. Certes Marcel savait peindre, il savait aussi ce que peindre implique comme métier, or il pense son objet et ne cherche nullement à produire autre chose que ce qui se trouve au coin de la rue, car l’époque de la reproduction mécanique est aussi celle d’un monde clos sur des objets dérisoires et distants, obsolètes malgré la fétichisation muséale. L’excédent qui se pense comme le rapport esthétique au réel se trouve ainsi rabattu sur le semblant de la forme et aussi selon le minimal conceptuel . Il produit le vide de l’art comme réel, ce qui nécessite un minimum d’attention et donc un rapport à l’autre ludique et transparent . Le nu descendant un escalier réussit à achever le processus cubiste mais en y joignant une cinétique, mais cela nécessite cette maîtrise picturale qui semble légitimer depuis toujours le métier de peintre. De quoi occuper entièrement une activité qui , soumise à la théorisation de Benjamin se doit de produire un concept en acte. Ceci  exige non pas une voie d’abstraction  mais bien le jeu ludique de la forme. Tandis qu’il parcourt les maîtres de son temps, Duchamp se confronte à l’idée du peindre tendu vers ce grand verre énigmatique qui n'a sans doute pas plus de place muséale que le moindre ready made.

 

Niki de Saint Phalle, au delà d'une poubellisation redondante où des grosses nana dansent dans la lumière d’un jardin idéal, multipliées par leur réduction marchande , poursuit l’expression sauvage d’ un versant non bachofenien du maternel. Elle est dans l’affect de Louise Bourgeois qui sait que le meurtre du père est toujours à reprendre puisqu’il n’est que la pantomime de la figure maternelle qui elle ne plaisante pas. Cette dernière est toujours à prendre le thé avec des sœurs de carnage en assistant au dépeçage ordinaire des humains. C’est sans doute une conséquence singulière et pratique de l’effacement du père qui livre le monde à la boucherie du biologique marchand. 

 

 

 

 

Passim de François Tanguy (théâtre du radeau ) est sans doute à prendre au second degré comme la preuve pratique d’un miroir réaliste d’un narcissisme confusionnel . Quitte à aller à l’encontre d’un éloge convergeant, il semble que nous assistons à une sorte de collage panique d’acteurs à la diction française, réduits à proférer des fragments de textes dans des langues variées, à déplacer sans cesse les débris d’un décor en ruines, jouant de costumes choisis au  hasard pour servir un propos vide de tout sens et direction . Hors le soutien musical qui parfois rend cette agitation supportable, nous sommes otages dans une obscurité constante et un chevauchement de voix qui la plupart du temps démarrent de concert des propos sans rapport. Certes le monde est multihagard et le gamin dans sa poussette aux portes du théâtre avec son père ivre et ses copains alcooliques indique bien le peu de espoir qui demeure dans cette belle journée d’été aux portes de l’hiver

 

Le Perugin enfin nous fait signe à l’orée d’une mutation stylistique et conceptuelle arrachant une bonne fois la représentation ancienne à sa frontalité pour faire surgir des paysages, des corps nouveaux, des attitudes qui viennent s’extraire de l’impératif religieux. N’est ce point cela qu’a vu la belle Isabelle quand surgit sur son mur les jeux étranges batailles des amours. Mais après tout qui a peint l’attribution à Perugin? Nul dans le fond ne le sait en ce temps des ateliers multiples où le brillant Raphaël ne se distingue pas toujours de celui qui ne fut même pas son maître. Il faudrait reprendre quelques toiles pour préciser tout cela. Pourquoi pas ce Bernardin dans le temps second de sa canonisation qui vient guérir du ciel ou au sol selon la règle du pontife. Peut importe puisque ce qui compte vraiment ce sont les jeux de perspective qui s’ouvrent sur cette nature sans Dieu. L’annonciation elle aussi bascule dans un horizon où l’enfermement orthodoxe des formes est toujours menacé par la vibration lointaine des frondaisons.

 

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