pudeur et obscénité
faux couple d’opposition auquel appartient érotisme et pornographie, ou sadisme et masochisme, un terme semble renvoyer à l’autre depuis une base sexuelle commune, ce qui autoriserait certains développements comme indices par exemple du discours economico-politique obscène et pornographique, ce qui renvoie d’ailleurs à l’origine des termes
Bloch et Wartburg, pour pudeur renvoie à pudor et pour obscène à obscoenus, donc Gaffiot , pudor, honte, réserve, retenue au sens d’honneur, et pour obscoenus, de mauvaise augure, sinistre, mais aussi indécent, dégoutant, immonde, hideux , tout de suite le champ sémantique s’ouvre, déplaçant le sens sexuel auquel nous renvoie Freud vers un positionnement de la personne sensible à ce qu’il peut en être de l’honneur et de l’avertissement de l’oracle
la pudeur est un sentiment interne externe qui capte un fait de discours qui institue le privé comme réglé, là joue l’espace autoritaire qui pose les règles de dévoilement comme contrôle, mais ceci ne va pas sans l’appel implicite à un jeu de volupté, on ne grillage la talibane que d’avoir érotisé le regard
la parole prend appui de l’inter-dit et le fétiche parle la chose, la parole même se fait fétiche qui leurre le texte d’un miroitement musical
la pudeur s’écarte cependant entre deux pôles, l’un qui s’autorise de la pulsion scopique comme jeu, l’autre qui y saisit l’ouvert sans nom d’un réel
là s’ouvre l’obscène non comme caricature obsessionnelle du désir mais bien du côté de Méduse dévoilée, Freud y lit l’effroi du sexe féminin, sans doute, mais en deçà une jouissance Autre, non tenue par le sens ou le semblant phallique
En ce point la question ouverte par Courbet ne peut se clore d’un dessin de Masson, car bien loin d’une fixité de l’image c’est bien de la capture d’une jouissance dont il s’agit, le peintre peut-il franchir ce seuil, telle est la question