3 fev 15
le bris des vases, cette brutalité accidentelle au matin qui matérialise le tsimsum de l’Ein-Sof, cette rétraction de l’infini indifférencié comme Téhiru, le vide créateur d’où procède le possible du moins si la ténébre est alors visitée par l’Hitpashtut, l’expansion de lumière qui n’est pas sans briser tout ou partie des vases de réception, Shebirat kelim
les aveugles errant dans leur nudité morte ce par quoi ils sont réduits à cette disjonction radicale entre l’esprit qui veille et le corps affaissé , ce scandale de survie s’il n’est justifié par quelque invention qui tienne
au cours de dessin ce portrait terrible de Poussin, auto portrait de 1630, c’est le troisième, sans doute après l’attaque de Monte Cavallo, la bouche et le regard terribles portés sur le temps
le Maître porte le fer doucement sur le triple mouvement du projet, de la technique et du milieu, le premier ne tenant que de l’extériorité des deux autres qui in situ renvoie tant à la parésie de la main qu’à l’inculture réelle qu’à ce qu’il faut entendre comme petits souliers de cet espace ci
Poussin inépuisable sans aucun doute
la peinture est une imitation faite avec lignes et couleurs, en quelque superficie, de tout ce qui se voit sous le soleil. Sa fin est la délectation. Il ne se donne point de visible sans lumière, sans forme, sans couleur, sans distance, sans instrument. Pour ce qui est de la matière (du sujet), elle doit être noble ; et pour donner lieu au peintre de montrer son esprit, il faut la rendre capable de recevoir la plus excellente forme. Il faut commencer par la disposition, puis par l'ornement, le décor, la beauté, la grâce, la vivacité, le costume, la vraisemblance et le jugement partout ; ces dernières parties sont du peintre, et ne peuvent s'enseigner.
Retiens tes larmes pieuses, dans cette tombe Poussin vit
Il avait donné la vie sans savoir lui même mourir
Il se tait ici mais, si tu veux l'entendre parler,
il est surprenant comme il vit et il parle dans ses tableaux
voilà, c’est radical, la décoration tout au plus pour chacun, soi
inscrit au marbre derrière l’autoportrait, point de larmes d’un futur vide sinon en ce présent d’un manque d’être
se soumettre à l’art d’un Jean Pesne, graver l’autoportrait en miroir
tout le reste épuisé à tenir droit
reflet de reflet
sans un vecteur d’adresse, cet effacement en soi
et un texte de Marc Strauss sur le silence de l’analyste qu’il ne découvre point, laissant cet arrière fond apolitique comme araison pratique
le tout sur fond barthien de fragments dont la seule raison est la micro clinique
et les dessins de Michel Ange à Florence dans la cave où il trouve refuge contre un pape de guerre, sûr d’y mourir et donc traçant les ombres de son génie
et Tareq Oubrou répondant à un Juppé opportuniste comme oecuménique politique, sauf au titre de ce que serait une vrai position laïque à savoir la distinction du privé et du public et le rappel philosophique minimal , place libre pour la théocratie comme réponse à l’impasse du capitalisme
mais nous ne sommes ni chez Spinoza ni chez Machiavel, un réalisme ubuesque trivial tout au plus
un genre de flocon de rêve
étanché dans la soif de rire
quand l’imprévu d’une parenthèse
ouvre les creusets
insoupçonnés
un nom porte à ce pleur
branche ouverte pour qui sait lire
aucun souci de la vérité et de la puissance de son âme au profit de la richesse accumulée
Personne ne peut faire ainsi l’abandon de ses droits naturels et de la faculté qui est en lui de raisonner librement et de juger librement des choses ; personne n’y peut être contraint. Voilà donc pourquoi on considère comme violent un gouvernement qui étend son autorité jusque sur les esprits
J’accorde bien que l’État a le droit de gouverner avec la plus excessive violence, et d’envoyer, pour les causes les plus légères, les citoyens à la mort ; mais tout le monde niera qu’un gouvernement qui prend conseil de la saine raison puisse accomplir de pareils actes.
l’État n’a pas pour fin de transformer les hommes d’êtres raisonnables en animaux ou en automates, mais bien de faire en sorte que les citoyens développent en sécurité leur corps et leur esprit, fassent librement usage de leur raison, ne rivalisent point entre eux de haine, de fureur et de ruse, et ne se considèrent point d’un œil jaloux et injuste. La fin de l’État, c’est donc véritablement la liberté.
sacré Baruch!