Ôte moi d un doute
La science compulsive
Monsieur K était scientifique , expérimental d ailleurs c est a dire qu’il était amené à vérifier le caractère reproductible et universel de certaines lois physiques, enfin, jusqu’aux termes de la quantique qui ne permettaient pas le même type de localisation mais après tout le principe d’Heisenberg n’interdisait pas le calcul! Il aurait voulu pouvoir constituer une science du singulier qui aurait pu obéir elle aussi à des lois extrinsèques mais son auto observation perturbait l’objet de son étude et rendait sa psychologie plutôt irrégulière, incertaine. Il lui semblait bien que cette répétition sensible dans sa vie pouvait renvoyer à quelque articulation repérable mais ce n’était jamais clos et loin d’obtenir de lui même comme de ses semblables des réponses régulées, c’était toujours des jeux de négation qui surgissaient dont les modalités lui semblaient instables, en tout cas non régulières . Il cherchait à forcer l’incertain d’une affirmation et aussitôt un démon venait inverser la proposition. De plus il tenait à inclure dans cette science de l'esprit toute une série de phénomènes parapsychiques auxquels il ne pouvait que croire, tel signe, telle rencontre, telle présence, anticipation, le tout mélangé à cette certitude d’une action de sa pensée sur la réalité, sorte d’influence télépathique difficilement vérifiable mais certaine sur le cours du monde et les actions de ses proches. Tout ceci baignait dans un arrière fond théocentré assez fumeux où l’énigme des infinis métaphysique pouvait se livrer en spéculation sans fin, l’origine, la mort, le souvenir. Loin de croire au miracle, il avait compris que dans une séquence, la suite dépendait de l’avant, de sorte que le système même énigmatique était fermé à toute raison externe, extrinséque, inouïe. Le déterminisme psychique prenait des allures prédicative et par conséquence rien ne pouvait inférer que le coup de ce jeu ne soit justement exact, mais il se gardait bien d’aller jusqu’à un acte qui l’aurait renvoyé à l’incertain , à quelque chose qui serait le flux du temps dans son inconséquence, ce qui serait l’oeuvre d’un Chronos sur lequel il n’aurait aucune prise. Juste penser, sans bouger d’un cil. Quitte à venir rompre le rythme biologique qui lui semblait de fait assez suspect. La propriété caractéristique d'une chaîne de Markov : la prédiction du futur à partir du présent n'est pas rendue plus précise par des éléments d'information supplémentaires concernant le passé, car toute l'information utile pour la prédiction du futur est contenue dans l'état présent du processus. Donc pas de passé, et il suffit d’être dans l’immobile du présent pour prédire le futur, mais prédire c’est se déplacer de l’instant présent et donc être dans le passé de ce présent.....