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nous n irons plus au bois...

nous n’irons plus au bois...

 

La question Kiefer est dans le fond une impasse qui sans doute lui est propre et qui reprend sans doute la sentence d’Adorno en la niant, comme avait pu le faire Celan avant lui, c’est après tout une tentative de prendre en charge encore et toujours la figure au delà de son traitement énergique et définitif par le XXième siècle, comment trouver encore une image ou même un signe après? tout a filé dans la part d’ombre, ce qui reste est ou une célébration du souvenir ou le surf élégant et ludique à la surface du semblant qui masque les ruines d’une couleur irisée. A quoi bon lutter contre ce qui s’efface? le flux d’images a recouvert la réalité qu’il ne faut pas regarder ou alors uniquement en tant qu’image. La fille d’en face est sur le web , et le clochard qui crève dans la rue au journal du soir si le politique peut en faire bon usage. Le jour artificiel a chassé la nuit et les maigres bêtes de Lovecraft. Le sol gelé a livré, en fondant, ses derniers charniers. Le coloriste a recopié le tableau en rajoutant quelques dinosaures qui broutent l’herbe grasse revenue par magie sur le dépotoir radio-actif. Une lampe, à l’horizon imite à la perfection le soleil naissant sur une nature apaisée. Là des personnages bronzées de frais regardent la scène comme à l’étage supérieur de Metropolis . Ils écrivent des poèmes sublimes où la fragilité de l’être tremble sur la gamme des sensations. La solitude a fui puisque les effets de coupure sont effacés et que le cadre est reporté à l’horizon, recouvrant les franges du monde dépassé c’est à dire inadapté à l’avenir radieux du progrès. Les replis de l’âme ont pris des allures de cervelle de mouton . Le monde est une fête bien propre et d’ailleurs Isidore ferme son atelier, avec force jambon, vin et crevettes. Quant à Oscar il invite à rester un moment avec lui, le temps de la fin du monde. 

comment pourrait-on écrire encore des choses pareilles?

Schneebett

Augen, weltblind, im Sterbegeklüft: Ich komm,

Hartwuchs im Herzen

Ich komm

et le vent tape la souvenance des enfants endormis, il n’est point de refuge que la berge lisse et le ciel noir aux corbeaux immobiles comme le sang

L’objet est toujours proche, gracile et souple, en attente

le modèle n’est qu’une image reproduite à l’infini, sans aucun ciel que ce bleu uniforme, stupide et bronzant

Hände, die dorn-

unworbene Wunde, es läutet,

Hände, das Nichts, seine Meere, 

Hände, im Ginsterlicht, das

Blutsegel

hält auf dich zu

La pâle incandescence ponctue l’affront de la solitude pour un mourir porteur des douves

un trait bien droit sur la feuille trop blanche découpe une zone de lecture sans rebond, alors des formes bien dessinées se souviennent d’une perfection ennuyeuse et angélique, tout est calme et organisé

In der Eulenflucht, beim versteinerten Aussatz

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