Manet un crayon à la main
Le paradoxe du cours de Bourdieu, dont l’objectif inachevé, objectivement inachevable, est de montrer comment se construit le champ pictural moderne en prenant appui du champ littéraire constitué, c’est à dire de lire Manet depuis Flaubert, et ce en préservant la place même de Bourdieu comme révolutionnaire symbolique . Le paradoxe donc est au delà justement de considérations très précises sur le milieu, la naissance de la critique depuis l’augmentation du nombre des peintres jusqu’à l'invention de la peinture en tube, depuis le leurre politique de Courbet et donc le mythe de la Commune jusqu'à ce réel qui n'est pas du côté du narratif, et même de sa lecture freudienne, mais bien ce qui constitue en propre le champ pictural comme relevant d’un acte spécifique . Il est sans doute notable que la logique du nombre marchand a bouleversé le possible d’une certaine dialectique des champs, du moins si les agents paradigmatiques de coupure ne sont pas complètement élucidés . Le héros, qui supporte la coupure symbolique est à la fois nécessaire et indifférent. Aucune incarnation d’un tel opérateur, qui n’a que la consistance de cette fiction nécessaire qui recouvre l’analyse structurelle des champs, ce par quoi l’imaginaire de la fiction fait advenir le réel qu’inscrit la structure. Manet n’existe en tant que tel que parce qu’il est culturellement informé et économiquement indépendant. Sa subjectivité se moule dans un jeu de présence lucide à son temps doublé d’un rapport purement pictural à son acte. Alors que ses compagnons d’in-fortune sont pris dans des fantasmes politiques comme Courbet ou conventionnels comme Monet. On ne peut vouloir une peinture d’intention politique ou d’esquisse académique qui serait novatrice sans poser avant le primat de l’actuel dans l’historique réel du champ en transformation structurelle. La question demeure valable dans l’espace scientifique, ce qui devrait permettre de relire le cas Galilée, Cantor, Gödel mais tout autant permettre de rompre avec une histoire héroïque de la psychanalyse, Lacan reprenant la saga freudienne au jeu de l'excommunication, tout en supposant promouvoir une invention institutionnelle inouïe c’est à dire par essence religieuse. La méditation finale sur le Moïse qui vient croiser le séminaire abortif du nom du père pourrait aider à y voir plus clair, pourvu que ceci soit croisé avec une sociologie de la psychanalyse qui serait la vraie réponse à cette vieille histoire reichienne, psychanalyse et politique
Ceci ne dispensant pas de lire Manet le crayon à la main
Ce que voir veut dire
elle nous regarde frontale et le miroir improbable nous projette dans un commerce latéral à ce reflet où ne sommes pas
position improbable tout autant, par dessus la très belle nature morte, sans profondeur, là où Monet se prend les pieds, il pourra tenter l’impression des meules, c’est fini pour lui
toujours frontale mais ce n’est Titiano que pour la route qui sera longue jusqu’à Richter
Curse of the démon est de 57, Tourneur y est toujours aussi efficace, sauf bien sûr ce démon figuré qui casse avec la structure d’effroi qui joue de rien, de nous, il s’agit après tout de la présence de l’ombre derrière la soit disant raison, l’image cinétique sait qu’il ne faut pas trop croire à la propagande académique . C’est un effet de modernité, cette disparition du tableau dans sa cinétique, et donc tout l’intérêt du film noir avant sa propre ruine dans l’universel de la propagande, ce qui pose de tous autres problèmes.