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ce n est pas moi qui vaincrai, c est le discours que je sers

 

ce n’est pas moi qui vaincrai, c’est le discours que je sers

 

Dans cet étrange combat qui fera cause in fine, la volonté de réduire l’imaginaire prend des allures lyriques, même et surtout si cela semble s’articuler sur une base hyperlogique, l’encombrement de la psyché par un humain trop humain, antihumanisme structurel ou structuraliste peut être. L’échec du mathème comme substitution du poème ouvre sur une manipulation nodale dont le singulier demeure illustratif au moins de ne pas pouvoir dénouer le concept.

Terence McDonagh est un anti héros, policier toxico, il poursuit enquète et vie privée avec un mélange d’astuce, de chance, de folie( Bad Lieutenant: Port of Call New Orleans), il erre vraiment dans un univers implacable et stupide où la vie ne compte pas et pourtant une sorte d’ombre éthique l’accompagne, sans doute le remake d’Abel Ferrara est-il pris dans un effet hallucinatoire de marécage où des bestioles d’un autre âge accompagne une enquête elle aussi sans but. Les relectures sont toujours intéressantes et sans doute un des moteurs critiques du cinema, ici toute vision christique a disparu, aucun rachat sinon les modalités instinctives de survie, que donnerait Kant au pays des dinosaures?« His soul is still dancing » bien sûr le maffieux danse toujours au dessus de son corps mort et les iguanes poursuivent leur service qui est de rendre indestructible ce personnage finalement chanceux et convulsif qui ne cède sur rien en particulier sur la scène de racket-viol qui est un de ses moteurs fantasmatiques avec le rêve des poissons, les seuls amis possibles et le héros demeure dans l’onirisme suspendu du vivant

Donc il faut lire Lacan comme victorieux, anticipant au présent le futur d’une certitude, comme un horizon radieux où se recycle tout ce qui a pu faire l’horizon de la pensée postguerre, une rupture s’est opérée dont le côté messianique demeure présent, même s’il s’agit de lever l’imposture métaphysique, non au titre d’une vérité nouvelle mais de la rencontre avec un savoir, lui même étant la preuve en acte de la rupture des apparences . L’usage d’un vocabulaire de style heideggerien est toujours proche jusqu’à ce qu’opère le silence du mathème, l’ombre s’estompe, la présence se situe au lieu d’un étant qui dissipe l’ordre confus de l’être, les fantômes du mi-dit surgissent comme Gradiva, l’exact certitude du séparé dans le désir, après tout suivons Badiou et cette idée selon laquelle le mi-dit de la vérité nuit, il y a un mi-nuit du réel qui s’épuise à produire des propositions enfin exactes et inutiles, en ce mouvement de balancier entre le recel de l’être et sa clarté comme savoir, ceci autour de la destitution du sujet supposé savoir qui permettrait qu’advienne le n’importe qui d’un savoir insu, il suffit de rapprocher ça de la bouffissure des petits souliers pour mesurer le paradoxe de la réalité de la dite cause. Certes depuis toujours les psychanalystes ne savent guère s’il convient de demeurer bouchés ou illusionnés quant aux mathématiques.

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