ma ta mort
le signifiant est aporétique, «ma mort»/ma mort, il signe l’impossible saisie par le sens, l’insensé qui astreint la langue à sa course, Derrida soutient la question des frontières et donc le terme d’apories qui vient situer le seuil dans et à travers la langue, le grec dit aporia, difficulté de passer, c’est intéressant que ce soit pris dans l’anabase de Xenophon justement, manque de ressources, privation, indigence, embarras, anxiété, incertitude, dans poreuo il y a l’idée de chemin, de marche , donc ça ne passe pas, d’où cette dimension du doute comme défense locale mais aussi en soi , insoluble, si la langue échoue au réel, on conçoit que ceci favorise de fait la parlotte et qu’après tout la position obsessionnelle soit dans la nature de la pensée elle même, sur fond de logique binaire, le poème est tout autant néological puisqu’il ouvre le signifiant à l’insu, le passage du signifiant est ainsi délusif en soi, l’hors sens arrache le sujet au semblant du signe, donc en venir (mais comment) au delà des limites, du moins se tenir dans les zones frontières où la langue perd le sens, où le parlêtre se lit comme mort trop tôt , cette immaturité fondamentale contre quoi il se croit un temps protégé d’être inscrit en raison dans son rapport au monde, trop tôt alors qu’il commence à voir, voire vivre, alors qu’il est déjà trop tard pour s’en soucier, résistant au passage des langues, ce qui , de fait, bouscule le champ sémantique réducteur de la langue matrice, la langue de matrice pour ce qui ne se dit, s’articule dans la langue justement, être traduit d’une langue l’autre, le passage, la passe où se défait d’autant l’articulation de la structure, être traduit dans sa propre langue comme différent de soi même, sa propre altérité transcrite dans sa langue même comme différent, de sorte que se contenait la langue comme articulation de propositions se trouve mis à mal dans ce qui alors se déchaîne dans le non frayé, non frayé qui alors redouble l’ordinaire de sa propre présence noyée dans l’appel implicite à un arrière fond du sens, ce que Derrida reprend du vulgaire contre l’élitisme d’un Heidegger, ce qui interroge, à travers la singularité absolue de la mort où le «ma» désigne cet irréductible, la formule de Sein und Zeit, «la possibilité de l’impossibilité pure et simple pour le Dasein», nul à la même place et dans cette adresse à l’autre se croise bien sûr le texte de Blanchot «l’heure de ma mort», bref de ce point devenir l’arrivant absolu, celui qui est en attente de désignation puisqu’il vient qu’il franchit l’aporie et donc bouleverse « tous les signes distinctifs d’une identité préalable, à commencer par la frontière même qui délimitait un chez soi légitime et assurait les filiations, les noms et la langue»
à quoi répond d’abord un ponctuel qui croise, dans un frôlement, un gisant fleuri et sans doute la trace possible (carte forcée toujours de l’instantané!) d’un rêve
Enveloppe de drap comme un moine un peu en désordre, danser avec cette fille, corps collés de dos
Une autre est démon, du moins son corps cache un démon effrayant, comme dans un temple, elle cache le sexuel dont il est chargé
le nouveau est en attente de ce franchissement de frontière, il porte trace d’une terre foulée par la cohorte des familiers mais il n’en sera fait qu’usage éloigné, du moins serait-il nécessaire que le familier vienne à l’universel, ainsi Boltanski qui travaille le S21, la mémoire tient la fixité des choses, sans le distant du nouveau, l’image est défaite comme un ancien, on entend Benjamin qui connaît l’aventure mais reste en rade à la frontière, captif de son identification à son texte , texte de fureur et de nuit qui ne rêvalite pas puisque la terre jusqu’au possible supposé est souillée, faut-il y puiser la glèbe qui ne serait point source de quelque monstrueux golem, l’imaginaire bloqué sur ces formes enterrées, transrêver peut être comme au Baroque où les os dansent aux murs, mais les os aussi ont été brûlé
donc le bonhomme a perdu ses lorgnons, ce qui lui permet de voir que le sexe de la femme est toujours en place,zwicker zwicken; pulsion du voir, tel les oeils de Lucie sur un plateau, si on ne peut plus tranquillement vérifier alors c’est l’horreur, il faut remettre tout ça en ordre mais puisque le réel du regard est ainsi détaché du même de l’objet sensible, alors il y a coupure et fascination dès lors que la pulsion cherche justement à faire coupure, l’ordre intitulé va se faire anonyme pour essayer de neutraliser la différence et le désir que la compulsion recouvre en désignant, voilà qu’il y a une issue au baratin incessant de l’Autre, et donc un tiers qui limite le petit jeu pervers avec maman, un tiers qui est présent dès la succession infinie des plus et des moins identiques, un jeu d’écriture, qui loin de cette fuite sans borne suppose l’autre rive du différent, et donc le regard se voit voir, et l’étron animé dans la chanson maternelle s’évacue comme l’objet où gît le manque