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le pousse hystérique à l?interprétation imaginaire

le pousse hystérique à l’interprétation imaginaire

 

Monsieur K aimait beaucoup son analyste, il était venu de voir après avoir lu un article de sa part où de très fins mécanismes psychiques étaient décrits, mécanismes qui trouvaient sous cette plume rigoureuse des explications qui l’avaient ravis, en un mélange de soulagement et certitude qu’il y avait là moyen de tenir encore ainsi pas mal temps. Aussi se plia-t-il avec une bonne volonté évidente à la règle fondamentale, un tout dire où la succession de ses pensées les plus farfelues pouvait trouver un terroir d’intérêt constant.Il remarqua très vite que son analyste manifestait plus d’intérêt à cette forme de pensée lourde qui l’encombrait vraiment, mais, comme pour  le remercier (voire!) de sa patience, il lui offrait parfois quelque glissement signifiant dont le caractère léger ne le soulageait à vrai dire que peu dès lors qu’il laissait entrevoir un espace ludique dont il avait toujours détesté les manifestations chez les autres, en particulier chez les femmes qui, ainsi, échappaient à la dichotomie mère-putain qui animait son système binaire et plat. Mais bon dès qu’on parle...il aimait bien à l’encontre cette sorte d’écriture de propositions (il écoutait le stylo courir sur la feuille derrière lui) à quoi semblait être ramené ses compulsions, il pouvait ainsi en retour déchiffrer ses pensées qui prenaient du sens, cela ne soulager guère que durant la durée des séances, mais c’était bien ainsi, il pouvait d’ailleurs amener tout un tas de matériel qui passait ainsi à la moulinette oedipienne. Il sentait bien que l’explication des propositions demeurait en deçà d’une forme logique qui demeurait et supposait des couches de négations emboîtées qui n’avaient pas beaucoup de liens avec cet effet imaginaire. Il découvrait ainsi en quoi une horrible impulsion suicidaire n’était que le retour sur lui même de l’animosité qu’il éprouvait pour un autre, la vieille mère de son épouse en Jocaste menacée, c’était parfait. Il suffisait de réécrire les propositions traduites dans l’autre sens. C’était très fort. Pas au point de lever le fond d’un acte qui ne serait pas simplement un jeu dans les couples d’opposition, mais bien ce qui viendrait tirer à quelque conséquence, là ça n’allait pas du tout, un acte fondateur en quelque sorte, il pouvait toujours se dire qu’il était en dette de ce superacte et donc y appliquer son système. S’il craignait qu’il arrive quelque malheur à sa femme, c’était bien sûr à l’inverse qu’il pouvait le souhaiter. L’explication universelle en quelque sorte. Son rapport aux lettres et aux nombres n’était sans doute pas aussi facile à lire, il s’agissait qu’il n’y ait pas de trou par où pourrait s’inscrire une pensée contraire, mais mieux que surgisse dans la logique des nombres le zéro qui venait sans cesse faire éclipse dans l’exactitude du nombre. Son analyste semblait se prendre de quelque intérêt pour la mathématique et ils en vinrent à évoquer les fondements de cette science, ce qui menaçait son indépendance vis à vis de l’Autre. Heureusement qu’il n’arrivait pas bien à comprendre et qu’il pouvait toujours essayer d’interroger l’exactitude de telle ou telle phrase entendue, si on lui avait bien dit qu’entre les nombres et les lettres il y avait la place nécessaire d’une pause. Monsieur K s’inscrivit à un certificat de logique .Il restait quand même et bizarrement la question de son père, ce par quoi il se devait à des faits de génération, de vieilles histoires.

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