le mépris
le cinema se met en boule,
Lang filme l’odyssée dans la villa de Malaparte et Brigitte traîne sa diction dans cette très intense dérive d’une femme pour un homme, un homme qui défait le dire d’une femme d’un mot, d’un geste, d’un soupçon , non qu’elle le trompe mais qu’il fasse tout pour qu’elle le fasse, à moins qu’il ne s’agisse tout simplement de l’amour
qui se brise sur les rochers, sombre et lumière, la salle de projection, le lit, et le soleil qui écrase les corps, et les voix qui se perdent, la bande son les recouvre, à moins que ce ne soit les bruits de la rue, avec ce micro que l’on voit et qui se perd ,
et puis il y a la ville fantôme du cinema et puis il y a cette histoire, anglais, allemand, français, et puis il y a le texte de Moravia,« Ça a été un drame parce que Jean-Luc a été obligé de retourner un certain nombre de plans pour que les Américains finissent de payer le dernier versement et c'est Alain Levent qui les a tournés parce que moi j'étais sur un autre film à ce moment-là. Cela s'est passé complètement à la fin,
c'est-à-dire qu'on avait fait l'étalonnage du film. On avait envoyé le film à Sam Levine et ensuite il a dit : Non, non, ça ne va pas, je veux voir le c.. de Bardot. »bien sûr les producteurs veulent le corps nu de Brigitte, ce que n’avait pas prévu Godard. Et puis il y a bien sûr Homère et cette idée de l’inconstance nécessaire de l’épouse, et le risque de tuer les prétendants et puis il meurt de toute façon, et puis il y a Rossellini, et L’Avventura, mais aussi plus près du spectateur ce brouillage narratif puisque la statut de la bande son et de la bande visuel est un phénomène soumis non à l’imaginaire mais à la logique signifiante, d’où le caractère mécanique inexorable du drame, l’homme n’est pas phallique et la femme est sans arrimage, le destin est de pure logique indifférent aux déterminants ordinaires qu’ils soient psychologiques ou sociologiques, le montage comme la lumière dérivent du semblant, le corps de Brigitte décrit jusqu’au bout des seins est dans cette pénombre du désir, alors il va bien falloir rajouter tout ça au travail du séminaire