le champ immanent du désir
il nous est très difficile de nous déprendre des passions tristes, de ne pas développer ce qui serait une religion ordinaire de la mort, d’ailleurs politiquement tout y contribue, à la fois le lavage des cervelles déjà virtualisées à des fins de passivité d’élevage et dans la mise en spectacle des meurtres réguliers à grande échelle. La Syrie c’est la crise. On peut même en venir à poser dans la structure un point fondamental d’inertie, un instinct de mort qui drive in fine le vivant et articule le pathos fondamental du parlêtre , son goût mélancolique. C’est une question freudolacanienne, l’invention freudienne structurée qui vient buter sur un fixisme dogmatique plus ou moins traversé par une opération qui pourrait retourner tout ça, c’est du moins ce qu’un vain peuple compulsif entretient. Comment refuser la religion de la mort? Faut-il remettre en question la notion de manque au coeur du désir, c’est à dire questionner l’inertie apathique d’une structure centrée d’une excentricité qui l’anime mais en la rongeant? Tout dépend du lieu de la coupure, est-elle constitutive d’un entre deux signifiants, intrinséque à la parole et donc vouant cette parole à un défilement infini et perdu d’avance? Finalement une parlotte qui n’attend que le moment de se conjoindre avec sa raison interne et s’effacer une bonne fois. Un peu de plaisir qui bien sûr est déficitaire par rapport au désir et puis c’est fini. L’envers de ce chaos est toujours une inertie basale, et donc l’horizon du parlêtre, son désêtre, est fatalement mélancolique. Si nous étions un peu spinozien, nous dirions que la mort est toujours du dehors, qu’elle est un accident, un empoisonnement, qu’elle prend la forme d’un jeu à la petite semaine , un peu de plaisir en attendant la mort, le plaisir de la petite mort donc qui donne un avant goût de la finale. Donc des draps noirs tout de suite et un rituel de nuit qui se met en boule sur une surface givrée, le fond continu étant celui d’un vaste silence , pas du tout quelque chose comme un plan d’immanence continu qui serait celui du désir et du vivant. La clinique est triste bien sûr puisqu’elle repose sur la dépression de vivre. Et donc cette plainte va rencontrer ses prêtres distributeur de Dieux lugubres, et le séducteur devient le Kierkegaard de l’angoisse. Nous sommes à des années lumières de l’amour courtois, et de son actuel masochiste qui repousse sans cesse l’invite sadique orgasmique, ce qui est la pathologie même, ce refus de normer selon la loi qui est bien sadienne absolument. Ici pas question de sortir des lignes, d’emprunter une ligne de fuite, une ligne qui passe entre les choses et évite les mauvaises rencontres, celles qui épuisent le vivre et transforment l’agencement signifiant en un impératif bouclé. On comprend qu’il soit si difficile alors de dénouer une structure. Ce qu’on peut faire au mieux c’est de la réanimation, mieux de l’accompagnement de fin de vie ou de vie sans fin. Deleuze faisait remarquer que les progrès de la médecine ont réussi à reproduire le coup de la paralysie générale, rendre le parlêtre à son état larvaire de survie, un montage monstrueux d’organes maintenus en vie sans aucune cohérence interne autre qu’un principe transcendant. Nietzsche proposait une philosophie des intensités , un logos des affects. Le système le regarde finir, toujours, toujours
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