La sapienza
Eugène Green vient ici croiser et prolonger une réflexion dont un des éléments récents fut l’utile séance de cinecure consacrée à Gehry mais qui était en attente urbitale depuis nos lointaines études sur la perspective . Un voyage récent à Casablanca consacré à la mémoire de la ville rêvée par Lyautey et depuis livrée aux ambitions urbaines de la Haute finance permettait de croiser tout ceci au titre des affres du sujet moderne statistique et mélancolique et un peu tiers mondiste . Qu’il apparaisse en chemin que la Chartes d’Athènes ait été rédigé dans une officine pétainiste et qu’ainsi Le Corbusier rejoigne un certain nombre des papes de la modernité, Heidegger Heisenberg ou Céline, a de quoi donner quelque épaisseur à un questionnement qui doit rendre intelligible les variantes d’une clinique que Charles Melman notait comme propre à un homme sans qualité , sans gravité tout autant.
C’est là que le film de Green apparaît comme utile, lui qui se construit en bord de tout genre selon une froideur distanciée des cadrages et des intonations . Ici pas de mouvement de caméra autre que des élévations vers une colombe de fait disparue . Champ contre champ suivent un dialogue toujours à la limite de la comédie. L’errance sans espoir des personnages suit des lignes formelles qui pleurent face à l’infinie distance du lac Majeur ou de Rome. Il sera tout autant convenu que ce n’est qu’une comédie et que la guérison de l’hystérique freudienne participera du miracle élévatoire tout autant que l’amour du couple rétabli par l’orée de la juste science des harmonies baroques. Le film nous renvoie donc à ce qui ne peut se dire qu’en langue italienne , la beauté . Mais c’est tout autant un éloignement de notre propos de départ . La perspective urbitale qui occupe la chambre du jeune homme est donc bien soumise à la pluie de feu de la modernité nucléaire. Rideau . Le voyage potentiel contient son terme.