A Dieu
J'attendrai un messager pour vous faire savoir s’il faut me mettre en route pour la France. Adieu, mon cousin. Nous nous reverrons au souper. » — (Maurice Druon, Les Rois maudits, tome 1, « Le Roi de fer »)
La caravane ne s'ébranla qu'après d'interminables adieux: ceux qui restaient priaient Allah d'accorder sa bénédiction aux voyageurs. — (Out-el-Kouloub, Zariffa, dans "Trois contes de l'Amour et de la Mort", 1940)
Vers la tombée du jour, le poète, ayant pris son parapluie, baisa galamment les mains de Mme Mirondeau et lui fit ses adieux. — (Louis Pergaud, La Disparition mystérieuse, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
http://www.youtube.com/watch?v=n7vYo6l06lo
etc etc
Cela se recourbe toujours de soi même à soi même, ce qui se fait, malgré soi, comme texte, encore un texte alors qu’il y a , il y aurait, il y aurait eu tellement à faire du côté des images, tellement et c’est d’autant plus étrange que justement les images semblent recouvrir toutes les paroles, le dessin sauf, oui ce trait d’aveugle que signale justement Derrida, alors il se fait nécessaire, peut être, de recourber la lecture, très vite, 27 décembre 1995 pour la disparition de Levinas, désarmé par la peine, être dans cette nudité d’une parole qui se saurait se tenir à hauteur de ce qui devrait se dire, au moins souligner alors que cet adieu serait d’autant plus paradoxal qu’il porte une certitude affirmative , d’être lié au sens où aucun déliaison n’y peut rien, hors cependant ce qui devrait s’en défaire au signe du passage des fantômes de chacun à chacun, sauf que, c’est du visage dressé dans le face à face que rien ne vient d’un signe de fermeture, puisque mémoire emporte cette leçon grave, qu’il demeure de l’autre la présence qui franchit le voile de la pudeur, toujours, attester qu’il n’est point de fin que le jeu triste des départs relatifs, autant qu’à soi mémoire restitue la présence, ce donc qui signe une survivance qui pourrait prendre le visage de l’entre deux morts justement pour ne pas signer la distance infiniment proche qui dit l’autre dans sa radicalité, ce par quoi il me faudra prendre charge désormais de cette mémoire au titre de ce qu’elle s’est constituée dans une radicalité qui échappe aux jeux de l’imaginaire, posée là comme cette pierre immobile , ces fragments de l’autre qui nous constituent et dont on voudrait ne pas assumer la responsabilité, ne pas répondre non pas à l’autre, mais de l’autre, ce par quoi l’autre est de l’Autre le visage, en son absence même qui renvoie à ce que l’autre pourrait signer, certes affirmer la fin de l’Autre relève d’une théologie négative bien circonspecte de se suffire en écho à ce creux que l’effacement imaginaire du visage de l’autre apporte comme présence radicale, que rien ne peut soutenir d’une illusion spéculaire, comme si justement , au miroir, son propre visage pouvait pointer ce réel qu’il supporte en ses grimaces les plus épuisées, adieu donc qui vient attester certes cet adieu à moi même nécessaire dans l’acte et cette gratuité parfaite de n’être qu’en ce lieu d’absence redoublée, à chaque instant va s’y loger l’attente non d’un retour qui serait le lent effacement vers l’origine et non vers l’ouvert de ce qui vient, peut être, ouvert qui va donc déborder la capacité de mon contenant, m’obliger à compter avec le débordement comme seul indice d’être, loin du silence refermé du contenu, et donc tel Fregoli, retrouver en chacun le visage de l’adieu, celui qui débouche de toute rencontre, qui renvoie au possible d’un autre type d’origine qui fut déposée avec la parole, dans l’ivresse du cri, ce jeté à la face de l’autre dans l’infini variété de son recul, ce qui sera le signe d’un envoi plutôt éteint au seuil du possible, s’arracher à ce débornement de l’accueil du cri, comme destin, et retrouver inlassablement les visages qui s’épuisent à soutenir l’appel au delà du scandale de la fermeture, cela doit répondre malgré la frilosité de l’imaginaire qui parle d’amour plutôt que réel, cette place du tiers qui se plie dans le langage et à défaut dans l’éternelle approche sur la table, la confection de l’icône qui impose justement les conséquences éthiques du face à face, l’hospitalité absolue, à quoi il faut bien un recueillement pour qu’il puisse y avoir accueil , le paradoxe étant justement cet ouvert qui vient ici défaire le plan de l’ordre, celui qui voudrait hiérarchiser le désir et l’éros au titre du convenable, du convenu, ce débordement en l’autre de ce qui peut se rencontrer non dans la trivialité des coupures transcendantes mais selon l’immanence d’un champ ouvert, sinon comment poser le différent au coeur du vraisemblable? cette séparation qui définit ; aucune neutralité possible, cette exposition absolue à la parole de l’autre par delà son intention , soit ce qui faire l’hôtage de l’affaire, sans défense hiérarchisée qui s’efforce de consommer encore et encore, afin que vive la mort, ce qui est dans l’ordre du temps justement, éviter l’autre, étrange assomption en principe collectif du péché moïque, kadosh, ce qui lie le séparé à la présence, le scandale du xenos au coeur de la cité qu’il y soit physiquement ou dans le flux de l’image virtualisée cette fois, par delà les frontières qui grondent, à l’exemple le souvenir vite oublié de ces femmes et de ces enfants morts de soif au désert alors qu’ils montaient vers le froid des villes sans âmes, porteur dans leur agonie du monde qui vient , le seul possible, à moins de songer que le rideau est tiré devant ce qui va clore , l’universel qui conditionne le possible d’un ouvert est sans condition justement, ce par quoi je m’efface en gommant le reflet de l’autre en moi, ce par quoi l’autre aurait déjà le visage de la guerre où je m’efface chaque jour, l’autre comme spectralité inquiétante qui éveille mon silence , l’abîme du refus du refuge, tous présents au Sinaï qui signe justement le zim zoum de l’Autre, l’absolu de l’autre et in fine les mur murs d’Auschwitz