La jouissance de Dieu
L’économie du fantasme s’articule avant tout dans un effet de brume comme interprétation imaginaire i($<>@) c est a dire que le fantasme, folie partielle, ouvre sur un rapport à l’autre à la fois radical et en même temps contenu par une projection. Le sujet perçoit le semblant de son désir incarné dans un leurre qui prend volontiers l’allure des conventions érotiques du temps, quitte à bien sûr trouver que l’affaire, si elle induit un bonheur n’est quand même pas très satisfaisante, et comme l’appareil fantasmatique est toujours disponible il va offrir l’autre rencontre qui... Etc... Résignation face au relatif ou quête numérique à la fois chiffre et virtuel, en tout cas la possibilité de réaliser quelque inadéquation surtout dans un monde balisé par des rencontres de niveau, bien sûr la mondialisation du plaisir libère une étendue qui écarte la question. Question qui est nécessairement celle d’une chambre qui permette d’interroger en soi le fantasme puisque l’autre se distinguerait du semblant imaginaire pour offrir une place Autre radicale hors imaginaire. Autant l’hystérique s’y agite cherchant à maintenir le jeu imaginaire de l’amour autant l’obsessionnel pourrait s’y trouver à l’aise dès lors qu’il serait justement hors imaginaire et livré à une forme de délice solitaire spéculatif, mais l’imaginaire revient par l’amical de la présence , comment faire face à ce double qui écoute même cette turpitude noyée dans la droiture , cette torsion de l’âme . Ainsi la chambre se referme de toute façon sur cette présence Autre qui semble s’intéresser à ces secrets fantasmatiques selon une invite infinie qui exige en silence autant qu’elle supporte le leurre du monotone.
Que veut cette Autre si bizarrement incarné sinon asseoir la loi morale sur un rapport purement objectal, loin des protestations amoureuses une instrumentation infinie. Il est donc intéressant de noter en quoi la spéculation formelle interroge aussitôt cette jouissance Autre que connait le/la mystique; cette joie et cette souffrance, ce ne pas mourir, ce ne pouvoir qu’en mourir, qui tend à éponger une jouissance sans fin où l’Autre viendrait à s’effacer. Autant le recul asymptotique de cet Autre peut satisfaire l’indécision, autant cette part de jouissance sans borne déborde le tranquille.