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la forclusion de l?ombilic

la forclusion de l’ombilic

 

La psychanalyse freudienne n’est pas linéaire, elle ne se développe nullement comme une ligne dont il faudrait re-construire l’origine, même s’il peut être nécessaire de déployer l’RSI du parlêtre, c’est à dire les divers paramètres du parlêtre. La chaîne signifiante est inscrite dans une temporalité qui est aussi rythme. Lorsqu’elle se prétend scientifique, la psychanalyse ignore le temps et détemporalise la clinique pratique, c’est pour cela que c’est le nouage borroméen qui tente de retemporaliser ce qu’un siècle de pratique a réduit à l’état d’une matière soit imaginaire, soir faussement réelle. La réduction de la chaîne signifiante à une ligne de discours achoppe à produire autre chose qu’une succession hors simultanéité, alors qu’un dispositif en schémas et diagrammes permet de «tirer un parti plus ou moins heureux de l’étendue en surface pour figurer des rapports et des liens systématiques difficiles à démêler dans l’enchaînement du discours» (la phrase est de Cournot cité par Bourdieu). L’interprétation qu’elle soit imaginaire dans sa version classique, causale traumatique, fut elle une lettre de Leclaire, qu’elle soit de soit disant pure scansion (dite réelle en fait purement obsessionnelle), c’est à dire une mécanique fondant la mystique d’un nombre réel et singulier ( sur le mode d’ailleurs des calculs de Lacan) tend à localiser une cartographie où se promène la fantaisie d’un semblant comme réalité sidérée.
Charles il y a maintenant plus de vingt ans nous invitait à relire le souvenir du pré aux fleurs jaunes que Freud nous proposa et à travers lequel il avance en repoussant comme dans le rêve d’Irma les multiples semblants qui viendraient boucler sa marche. Il est question de la mémoire dans ses divers aspects d’enfance mais dont finalement, comme dans un rêve, l’important est indiqué par l’étrangeté colorée qui porte un affect qui va bien au delà des diverses combinatoires biographiques. Bien sûr Freud est dans un rapport problématique à son père question réussite sociale, mais bien d’avantage il ne saurait se leurrer de la jeune cousine qui réparerait les erreurs de fortune au prix des délices d’un conjuguo auquel il lui faudrait sacrifier sa pensée, cette rencontre avec la bouche d’or qui lui démontre la disjonction du désir, avec ce trio à blabla de Martha et Minna, cette banalité de l’arrangement avec le destin. Bref il ne cède pas à l’égarement sexuel dont il garde une nostalgie avertie à la recherche montagnarde d’un pré trop vert, d’une Katharina embarrassée, le rêve le pousse plus loin que ses histoires de famille, plus loin que les jeunes filles en fleur, le rêve questionne sa propre sexuation, la dimension d’impossible que marque la rencontre avec la satisfaction impossible de structure.

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