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L institution psychanalytique , un mal nécessaire

L’institution psychanalytique , un mal nécessaire

 

le psychanalyste ne s’autorise que de lui même et de quelques autres, voilà la fameuse sourate souvent amputée des quelques autres sauf au titre de la millerisation de la psychanalyse sous le titre de la passe précisément. Même si les lacaniens n’aiment pas beaucoup les historiens, les ethnologues, les sociologues , mais aussi les philosophes... il y a un historique de l’institution psychanalytique, depuis Freud distributeur de bagues jusqu’à Lacan hérétique. Une histoire de formation qui passe par Fliess et aboutit à l’ego psychology, et ce que lit Anzieu de l’auto-analyse vient échouer sur les leçons du séminaire de Lacan consacrées au rêve fondateur de l’injection faite à Irma. Désormais la psychanalyse vise une structure au delà des enjeux dits imaginaires. Exit l’imaginaire qui reviendra noué au réel et au symbolique cependant. Il n’y a pas le psychanalyste, ce que contredisent les AME et AE de l’institution. Il y a en tout cas l’acte qui se soutient d’une pratique, elle même définie par un type de discours qui institue du de-lien social. Ici l’objet @ est au coeur de la division du sujet , cette coupure qui ne se soutient plus d’un fantasme imaginarisé mais de sa traduction logique. C’est en ce point minimaliste, à quoi renvoie l’insu de l’interprétation, que s’effectue l’insu que sait de l’inconscient à savoir ce que le refoulement aménage d’un lieu Autre à la fois pacifié, viable et vide, puisque le symbolique échoue comme l’imaginaire à circonscrire le réel. C’est en ce point que la position freudienne de fin d’analyse se redouble du moi divisé. C’est aussi là que peut se poser la question du passage à l’analyste dont l’Institut assumait l’existence grâce à un processus d’habilitation qui mettait en jeu un ensemble d’éléments, structure du candidat, formation de type universitaire, assiette professionnelle et sociale. Ces études avaient de ce fait les caractéristiques d’un diplôme et offrait une certaine garantie, mais laissaient parfaitement dans l’ombre le désir du psychanalyste. La théorie vague du moi fort de l’analyste laissait entendre une sorte de clonification positive. Lacan se trouve précipité dans la bataille de la formation dès lors qu’il s’efforce de rendre intelligible des questions qui demeuraient dans un cadre d’accord tacite. La fondation de l’Ecole vint aggraver les choses et rapidement la proposition du psychanalyste à l’Ecole entraîna un premier type de scission qui pourrait servir de prototype pour la suite, dès la fin de l’Ecole freudienne qui se clive entre milleriens et anti-milleriens selon un dispositif de clivage de divan et de petits souliers. Par la suite si les anti établirent divers groupes plus ou moins viables les jamistes en vinrent à découdre à leur tour mais selon l’axe pur dont la passe demeure un signe distinctif, selon l’idée que l’échec de la passe à l’Ecole demandait une contre expérience. A  cette distinction par la passe, il convient d’adjoindre le rapport problématique aux sciences connexes (sans parler des mathématiques et pour poser un champ de savoir, Levi Strauss, Bourdieu, Deleuze, Derrida, Foucault, Levinas, ... ). De même le corpus strict est confronté au texte de Freud (dont l’établissement des OC en français semble cause perdue) , à celui de Lacan (ce séminaire documenté dont il n’y aurait que la réécriture de JAM (sans aucun appareil critique) à l’encontre du minimum que l’on peut attendre d’une édition à l’heure actuelle), tout autant le fouillis des publications dites psychanalytiques (montagnes de revues où le meilleur croise le pire sans aucune indexation possible, le tout aggravé par la poubellisation internet, séminaires phares qui ne sont sans doute pas si nombreux et qui peuvent servir d’indication, celui de Charles Melman (en cours d’établissement), celui de JAM (en publication interne externe variable), celui de Colette Soller (qui suit le rythme à année passée de son énonciation)...Le psychanalyste n’est pas sans savoir, même si ce savoir est sans cesse ce qui vient à échouer du réel. Autre point la référence topologique et sans doute est-ce un bon critère de distinction, à mettre en parallèle avec la référence clinique ( il est à noter que la psychiatrie se trouve comme la psychologie désinvestie par la psychanalyse ou inversement, divers facteurs de développement du capitalisme viennent ici se joindre à une dogmatisation universitaire où les dsmistes rejoignent l’aclinique jamiste, on comprend d’autant plus le caractère irremplaçable du texte de Schreber ou celui du journal de l’homme aux rats face à ces discours dans lesquels il est bien difficile de savoir de quoi ils parlent)

"Le sujet supposé savoir n'est pas tout le monde, ni personne. Il n'est pas tout sujet, mais pas non plus un sujet nommable. Il est quelque sujet. C'est le visiteur du soir, ou mieux, il est de la nature du signe tracé d'une main d'ange sur la porte. Plus assuré d'exister de n'être pas ontologique, et à venir d'on ne sait zou"

Jacques Lacan, Séminaire du 15/4/80

 

 magnifique définition qui n’introduit pas quelque lourdeur à une question qui n’en a pas besoin et Darmon rapproche de Pessah, passer au dessus, boïter, sauter, épargner, un signe qui à la fois épargne et marque de l’exécration. Cette légèreté tragique...En ce point où justement inconsiste logiquement ce qui soutenait l’interprétation du fantasme, comme signification, donc un dispositif d’offrande à un récit fondateur de légitimité au prix d’un sacrifice, se faire l’@ d’un nouage . C’est en ce point de dévoilement que s’introduit la souplesse de structure qui prédispose à entendre ce qui d’un autre cherche adresse. Point vacillant propice à ce vouer à pire au nom cette fois de la vérité vraie, face à cette détresse d’un rien que l’angoisse même ne vient plus soutenir. Point aussi où rendre compte  renvoie nécessairement à ce leurre de position qui voudrait avoir passé. Comment éviter la prothèse fantasmatique de la passe instituée? Un savoir dire sa passe pourrait bien ici venir se boucler sur le savoir d’un jury dogmatique, d’autant plus qu’appuyé sur l’autorité d’une vérité sans cesse affirmée comme vide de sens. Ce qui n’enlève rien (ou tout) au dispositif de passe, dès lors qu’il s’agit quand même de sortir de la situation de la psychanalyse en 56. D’ailleurs la phase lyrique de traversée du fantasme pour retrouver les accents du desêtre déjà chanté par Jean de La Croix, sur fond donc d’extase mystique pour le mieux , cette phase demande révision au titre de ce qui serait sinthome de l’analyste justement. Le développement topologique des surfaces s’il permet de sortir de l’écrasement du schéma optique n’en demeure pas moins captif d’un imaginaire icônique qui rustine du réel de l’objet ce qui ferait la norme schrébérienne. Faut-il remplacer la traversée par un retournement du noeud torique, retournement trivial d’ailleurs, au cours duquel le symbolique viendrait clore la jonction ouverte d’RSI. Ce n’est guère satisfaisant, à moins que ce processus soit une étape d’un mouvement «sans fin» puisque toute consistance symbolique mérite un gödelisation de ses axiomes, tranche ou passe donc? Aucun dogmatisme là dedans sinon la nécessité de rester sur la brèche, celle ouverte par le coup du premier signifiant de la demande qui constitue l’Autre et le lieu du retour très partiel d’un réel. C’est la question d’une nomination qui n’est pas imaginaire, ni symbolique, mais réelle et de fait nullement instituable

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