Eklablog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

L exaltation de la langue parfaite

 

L’exaltation de la langue parfaite

 

Le parlêtre est sans doute disposé à accepter ce qui pourrait le soulager des limitations de son inconscient au sens où son ex-istence lapsuse son discours et le soumet à un rapport à la fantaisie d’un Autre dont l’arbitraire logique n’est nullement conforme à sa fantaisie. Cela tient à diverses entraves dont son origine langagière n’est pas la moindre. Certes il peut essayer de parler une autre langue non pas en traduction mais dans le tremblement littéraire de son génie propre, mais il demeurera le sujet d’une seule langue, sauf si peut être cette lettre étrangère se met à fonctionner comme purement opératoire, c’est à dire un pur système de signes qui pourrait le soulager du nom. Sans aucun doute que la langue anglaise peut avoir ce pouvoir étant accrochée à un rapport au monde où les objets n’ont plus de référence symbolique, de sorte qu’ils n’ont plus aucune équivocité, qu’ils sont offerts directement à un usage transitoire plus ou moins vitualisé. Second life peut ainsi envahir le monde comme une étoffe de semblant sans faille, et sans doute qu’au centre du système qui ne cesse de progresser toujours dans ce sens règle un rapport manique qui n’est pas uniquement l’effet d’une cocaïnation des esprits. Il y a là les composantes d’un dispositif maniaque social qui échappe à ce qui était spéculation sur le sens ou calcul sur le destin. Le sujet moderne est à l’exemple emporté par une chaîne sans fin dans une polyvalence orgiaque qui dévore corps et esprit au service d’une vie qui loin d’un monotone quotidien repose sur la fête incessante à la manière d’une parole sans inhibition. Puisque le sujet n’a pas à se supporter en tant qu’inscrit dans une histoire, une lignée, il se trouve brusquement livré aux dieux dont il parle la langue exacte supposée pragmatique réelle, sans cesse la course maintient le sujet hors de l’angoisse qui le précipiterait vers l’absence radicale de cet objet qu’on lui offre et qui n’ex-iste en aucun point sauf qu’il semble courir toujours devant dans une promesse nullement paradisiaque mais concrète, actuelle. Le sujet moderne dans cette exaltation festive faustienne dans le fond ne peut plus construire avec l’autre qu’un rapport d’usage intensif dont le meurtre est la composante la plus ordinaire. Sans parler bien sûr du nouveau monde amoureux, il s’agit à l’ordinaire de la jouissance des biens dont la disposition suppose la mort de l’autre quelque part. On comprend peut être pourquoi le héros moderne Batman ou psychopathe soit mélancolique d’être la vérité d’une détumescence désormais impossible. Il serait celui qui enfin serait dans la jouissance parfaite d’un deuil sans fin. Le désir ne saurait plus être que celui proposé à l’instant par le système en une perte de soi comme l’envers de la possession. Voilà le sujet voué aux mécanismes de régulation comportementale ou sectaire, le prix à payer d’être devenu l’autre enfin, un autre sans intérieur qui serait la dynamique spéculaire en accélérée. Ce sera une langue sans ponctuation autre que de vagues poses  , mais peut-on encore parler de texte soumis à la guerre des établissements corrects, traduction et transcription , puisqu’il ne s’agit plus que de manuels d’utilisation traduits depuis une langue en toute langue par un robot.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article