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natsu kusa ya

 

natsu kusa ya

 

herbes de l’été qu’on pourrait traduire aussi bien désastre de l’amour, lorsque Mixhaël Ferrier ponctue son récit sur Fukushima par un poème de Bashô

natsu kusa ya

tsuwamono domo ga

yume no ato

il traduit

herbes de l’été

des valeureux guerriers

la trace d’un rêve

Bashô évoque bien sûr les ruines de Hiraizumi, la disparition de la famille Fujiwara, et donc l’herbe sur ces ruines, mais il faut l’ignorance narcissique de Yourcenar pour traduire

les herbes de l’été voici tout ce qui reste des rêves des guerriers morts, car Bashô répond à travers le temps à DuFu le poète chinois qui évoquait la puissance du vivre

le pays est ruiné, mais les rivières et les montagnes sont toujours là. Quand le printemps arrive, l’herbe reverdit sur les ruines du château

Mais il y a un troisième temps à l’interprétation, après le tsunami, la radioactivité, l’herbe est porteuse de mort, comme l’air, comme l’eau

Fukushima ouvre l’ère du royaume actuel des morts vivants

Scilicet tu peux savoir, tu peux savoir que le moteur de l’amour est désir mais que désir disjoint la logique d’amour parce qu’il vise le singulier de l’objet@ et que cet objet échappe à la logique de la langue qui voudrait faire raison qu’elle soit symbolique ou imaginaire. L’éveil du parlêtre serait justement de prendre mesure radicale de son inscription dans une représentation qui implique et des agencements intrinséques et des dispositifs anthropologiques pratiques, le réel de la structure comme pratique. Il pourrait voir comme Macbeth à table la longue filiation qui l’emporte, tel homme dans l’enchaînement des femmes identiques dans leur forme et leur discours, malgré ce qu’il crut être sa liberté d’un choix, voire de choix multiples. L’Autre dont il mesurera la consistance semblera changer de voix mais ce sera toujours le même rythmos auquel est accroché son sang. Le réveil printanier de l’autre de l’amour pour peu qu’il vienne aux rives sauvages du désir saura lui laisser au coeur le désastre de son éclair, il reste le sublime ou le flot incessant  du possible déchaîné

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