L’ex position fictionnelle
Il n’est sans doute pas souhaitable de déterrer une fiction picturale même si Kiefer a pu en légitimer la pratique et sans doute que dans ce cas la toile en terre est toujours une toile active. Il n’en est plus de même de la toile morte dès lors qu’elle ne représente plus l’investissement d’alors et qu’elle ne constitue nullement un voile de refoulement sur lequel serait lisible une archéologie psychique. Au contraire son détachement de la chaîne signifiante la prédispose à n’être qu’une sorte de dépôt porteur du vague souvenir de son investissement. Il en sera de même d’une série prise dans la nécessité de mener avec plus ou moins de bonheur à terme un dévoilement-recouvrement d’un réel. La reprise ne peut plus être alors qu’une démarche automuséale qui bloque l’actuel de la création pour une prise de position parfaitement extérieure. Il n’y a sans doute pas grande différence avec l’écriture comme réécriture d’un texte déjà obsolète puisqu’achevé par le mouvement même de son arrêt. Le fantasme cherche dans la toile une modalité de visibilité qui ne pourrait être que dans la nature du tableau de Frenhofer
En s’approchant, ils aperçurent dans un coin de la toile le bout d’un pied nu qui sortait de ce chaos de couleurs, de tons, de nuances indécises, espèce de brouillard sans forme ; mais un pied délicieux, un pied vivant ! Ils restèrent pétrifiés d’admiration devant ce fragment échappé à une incroyable, à une lente et progressive destruction. Ce pied apparaissait là comme le torse de quelque Vénus en marbre de Paros qui surgirait parmi les décombres d’une ville incendiée.
La rencontre de Poussin et de Picasso via Balzac fait ici leçon .
Il y a dans l’autoportrait de Poussin une piste, un tableau dans le tableau,
des tableaux retournés sauf un où on entrevoit un visage de profil en attente de quelque étreinte dont le diadème porte un oeil supplémentaire.
est-ce à dire qu’une série pourrait s’éteindre avant même son effacement pigmantique? certainement si elle n’est pas tenue par un actuel qui ne serait bien sûr pas de miroir mais l’angle divers de perception d’un même réel. Ce qui suppose la dialectique de l’installation.
et plus avant ce qu’il advient schématiquement des toiles effacées dans cet ouvert