L’enseignement de la psychanalyse
une telle entreprise se heurte à divers obstacles , d’une part l’idée de pouvoir transmettre un savoir comme appareil logique, symbolique,... c’est à dire de pouvoir établir un champ universitaire qui serait dépositaire de ce savoir, Freud multiplia des textes d’introduction, des essais cliniques, des fragments de sorcière, mais il ne posa aucunement le dogme de cette pratique, laissant à la cure son pouvoir d’enseignement. De sorte que toute interrogation va porter alors sur la mise en place d’une théorie qui viendrait clore le lieu de cette pratique. Dans ses réflexions sur la question du don, Bourdieu précise «la structure temporelle de la pratique fonctionne ici comme un écran empêchant la totalisation : instrument de dénégation, l’intervalle interposé entre le don et le contre don est ce qui permet de faire coexister, dans l’expérience individuelle comme dans le jugement commun, une vérité subjective et une vérité objective tout à fait antinomiques» Il ne saurait être question d’un structuralisme qui viendrait produit des entités idéales en lieu et place de mouvements locaux dont la dynamique vise tout autre chose que la ritournelle d’un réel épinglé. Le passage universitaire est la réalisation d’une opération de clôture qui tend à produire le mathème du sujet, renforcé par l’inscription du jeu des discours. Il convient de se souvenir de l’influence du cours de Kojeve sur Hegel, la bouche d’or enseignante dès lors de quelque effluve de l’être, c’est à dire l’arrière fond ontologique qui grignote la matérialité de la langue. La psychanalyse si elle doit être avertie de la théologie ne devrait pas y substituer une abstraction formelle qui réduit au silence tout questionnement. Il y a peu pour que l’analyste qui ne supporte pas après tout son destin de mort plus ou moins gémissant, vise au maître qu’appelle l’hystérique, c’est à dire celui qui pourrait la soulager de la castration au prix d’une sublime jouissance du discours. Le temps a effectivement changé depuis celui des premiers analystes, des correspondances freudiennes, nous sommes passés au temps du nombre, ceux qui m’aiment encore, au mille, etc... foule innombrable de textes qui ne laissent aucune trace que le bruit des imprimantes.