L’aspirateur de Ben Laden
Laborit racontait du temps où le neuro cognitivisme n’était pas encore la doctrine du management cette histoire d’un rat qui parce qu’il peut se battre avec un autre ne développe pas les effets somatiques de son enfermement électrisé, à savoir qu’il est coïncé dans une cage qui lui envoie des décharges aléatoires
Ainsi le prisonnier du 11 septembre pouvait-il fabriquer un aspirateur entre deux séances d’immersion, ainsi Sadam pouvait-il cultiver ses tomates en attendant la mort, c’est ainsi que le tortionnaire maintient hors folie son prisonnier
Cette vision moderne du monde de Kafka interroge après tout sur les modalités qui nous sont offertes vis à vis de l’insupportable invention personnelle de survie ou mieux ce dispositif de compensation, en même temps que la contrainte, ouvre des perspectives ratistes pour les managers mais aussi pour la gestion des espaces privés: finie la névrose puisque l’ennui et la frustration trouveraient aussitôt la réponse locale, en quelque sorte la thérapie à la source sauf bien sûr s’il apparaît que conserver un sujet qui peut décompenser ne présente aucun intérêt; il faudrait effectivement alors revenir aux fondamentaux du capitalisme définis par les inventeurs de la croissance infinie sans friction