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Joyce

 

Introduction  de Joyce

 

 

Nous allons ouvrir cette affaire du sinthome par quelques divergences . donc en intro de l’intro, un texte de Derrida à propos de la traduction. Comment traduire? Comment amener d’une langue l’autre le signifiant qui fait sujet? Im-possible puisqu’il n’est de sujet que d’une langue, il n’est de structure que dans une langue. Idée délirant, joycienne, de parler en langues, de parler la langue adamique. C’est sur ce fond théorique que peut se déployer tout questionnement de la structure. Il s’agit donc finalement de beaucoup de points autre qu’un sorte de théorie troisième de la psychose chez Lacan.

le mot “relevant” flotte donc “ il représenterait l’un des exemples de mots dont l’usage flotte entre plusieurs langues”, non pas sous le coup d’une langue devenue l’UNE langue mais une langue qui n’est d’aucune et de chacune cependant. Ni français, ni anglais, ni allemand. De sorte que ce qui semblait interlinguistique devient en quelque sorte intralinguistique. Il y aurait donc des sujets inter et intra linguistiques, des structures de passage dès lors , ce qui repositionne la question de la fin de cure et de la passe. Il est donc important de suivre Derrida qui s’interroge alors sur l’équivalence, selon la loi, d’une livre de chair et d’une somme d’argent. Il y a alors une traduction possible sous le coup d’un nom. Ce qui pose sans doute la question du nom du traducteur possible. Mais bien d’avantage “ ce qui arrive à la chair du texte, au corps, au corps parlé et au corps traduit, quand on s’endeuille de la lettre pour sauver le sens”. Il y aurait un prix à payer pour cette traduction relevante, un prix d’une livre de chair pour le traducteur qui sauverait le sens contre la lettre. “ by my soul J swear, there is no power in the trongue of man, to alter me, J stay here on my bond” je le jure  sur mon âme, il n’est au pouvoir d’aucune langue humaine de m’ébranler, de me faire changer, de m’altérer, je m’en tiens au contrat qui me lie”. Il n’est donc que traduction comme parjure, comme manquement à la loi du père de la langue. Aucune traduction possible . Autre que  d’un NOM qui de facto serait barré de toute reférence à une langue, un lieu qui ne tient d’aucun Père. Un NOM barré qui renvoie tout parlêtre à l’étrangeté de son lieu, qui le rend étranger, de manière inquiétante, le voici relevé de son appartenance au prix d’un errance face à l’objet qui le lie. Ceci donc “ whien mercy seasons justice”, quand quelque chose se surprend à un goût autre , s’y enrichit d’un plus , donc s’y élève, en s’effaçant, devient proprement soumis au concept intraduisible hégélien sauf au prix de cet intersignifiant Aufhebung, à la fois donc la mémoire et le nouveau, l’effacement de la mémoire dans le nouveau, la seule possibilité d’existence de la mémoire comme nouveau, la traduction même intralinguistique du parlêtre, se traduire sa langue à soi même, le passage par la langue de l’autre sur quoi advient donc la barre sur l’Autre référentiel.

 

Voilà nous plongeons directement dans le Finnegans Wake, illisible, si lisible, le seul texte possible, impossible, qui ne cesse de se traduire en lui même, inter et intralangagier absolument, donnant cet étrange retour d’une traduction l’autre, il y en a peu, celle de Philippe Lavergne ou le fragment de la fin de Philippe Sollers et Stephen Hearth, indifférence dans le fond au changement de langue, à la fois le miroitement de l’effet de sens et la perte du sens, une parfaite maîtrise du jeu signifiant et une perte dans ce même jeu, la structure sans fin qui se déploie, une traduction jouissante qui n’a aucun bord du nom, lecture à voix haute, rythmée, le sens perdu retrouvé au bout de la voix, sa voix, après l’épaisseur, le grouillement d’Ulysse, impossible de commencer la lecture, impossible de l’interrompre, texte fou, sans ponctuation, qui raconte en même temps toutes les histoires du monde, les comédies, les tragédies, doom is the faste, done is the fast, dawn fasr, done is the feast, fin du jeûne, approche de l’aube, fin de la fête, jugement dernier, parmi les jeunes filles de Proust ou de Schreber , toutes les religions donc, dans leurs textes, entassement sans fin, recherche donc de la consistance originaire, approche entre chaque mot du réel qu’ils recouvrent, et donc rebondissements sans fin, ne pas avoir peur de chercher dans la boue la lettre du book of kells, dissimulé précieux, letter, litter, il y a certainement une lettre très jolie, magnifique, précieuse, perdue, retrouvée, et les enfants sont scatologiques, de nature, chier par l’oreille donc, on est dans l’espace du rêve, dans le texte informé, qui demande traduction relevante, les histoires de Godard comme illustration minimale, reprise déjà contenu dans le livre de Kells, livre des morts de l’Irlande, image et lettre nouées

 

La folie de Joyce nous indique ce mouvement étrange d’effacement de l’anglais comme effet de l’élangues qui ne cesse de franchir les portes du rêve, selon un texte instable qui le rend illisible dans une langue, faisant jouer à plein le jeu des différences. Sa folie résiste à la sirène de Jung qui aime tend la psychose, même si Lucia y est sacrifiée, loi de la JUNGle, et dans le mouvement même de la schizophrénie assumée, le refus paranoÏaque de Woolf ce qui signe sans doute son échec mélancolique

écoeurant étudiant qui gratte ses boutons

livre inculte et grossier, d’un manoeuvre autodidacte, et nous savons combien ces gens sont déprimants! égoïstes, insistants rudimentaires, stupéfiants et pour finir dégoûtants

ratage

galopin d’école primaire

égoïste

poseur, braillard, mal élevé

on souhaite que ça lui passe, mais comme Joyce a quarante ans, cela paraît bien impossible

dévidoir d’indécences

assumer sa psychose, c’est donc suivre cette forme étrange de rapport au néologisme

SINSE, c’est à dire since, depuis, sense, sens et sin, péché

il suffit de faire tourner depuis qu’il y a du sens il y a du péché, depuis qu’il y a du péché, il y a du sens, depuis qu’il y a du temps, expulsion du paradis dans le langage, quelle blague! plutôt que rien le witz du néologisme plein de sens

c’est la trfid tongue, terrific et trifle, une terrible moquerie

ça commence par RIVERRUN et ça finit par THE

the river run, le cours de la rivière comme three ver un , trois vers un, pas l’un sans l’autre

encore faut il savoir lire c’est à dire pouvoir jouer de la voix, des voix qui parcourent le texte de manière démultipliée par rapport à Ulysse

Joyce parle en langue, obscène, historique, mythique, jouissante, le rire qui recouvre tous ces jeux croisés

il y a sans doute une solution pas triste à l’oedipe

 

Il n’y a pas de langue anglaise, il n’y a plus de langue anglais dès qu’elle en vient à se dissoudre dans la langue des signes, aveugle au signifiant. Cette opération de sécularisation de la langue soft dans l’acception marchandisée qui impose un glissement progressif recouvre une opération bien plus redoutable , et il faut être psychotique comme Joyce pour tenter de redonner au nom sa présence signifiante dans la langue. Tout autre sujet vivra dans l’exil de sa langue sans pouvoir faire autrement que vivre en même temps le désarrimage aux terres, à savoir la perte progressive de tout un référentiel symbolique qui ne tient pas au relativisme sociologique ou historique mais bien à ce que la langue est ce par quoi la Loi du Père demeure au principe de la différence des noms
Derrida (les yeux de la langue, Toronto 1987) médite sur les termes d’une lettre de Gershom Scholem à Franz Rosenzweig, lettre de 1926 dans laquelle il est question du passage forcé de la langue sacrée à la langue séculaire, lettre en allemand que Derrida commente donc en anglais. Il y est question d’un refoulement du signifiant, comme ce qui atteste que la langue demeure un déchaîné-enchaîné à la surface du monde phénoménal, ce qui suppose un usage mesuré et respectueux de l’origine structurel de la langue sous le risque d’assister individuellement ou collectivement aux effets volcaniques de l’appel d’un nom à rendre compte du sens en soit du nom. Malgré l’usage séculaire de la langue, un certain glissement des signifiants s’opère , aux limites de la néolangue statistique. Le sujet psychotique d’ailleurs est un usager précieux de ce dérisoire du langage. Il pratique l’humour de la langue selon un pôle relativement asémiotique, quitte à venir butter sur un signifiant comme S1 vis à vis duquel il doit rendre un compte exact, de fait néological. Pour dire autrement tout sujet psychotique risque de virer au Schreber sur chaque erre sémantique. Le tissage incessant rsique de la langue se fait toujours au prix d’un ouvert lorsque la langue vient à passer du nombre à la couleur selon RS et non pas selon ISR qui livre l’ordinaire psychotique asymptomatique à la semblance de la réalité psychique. De fait le sujet psychotique est relativement bien adapté au monde moderne, beaucoup mieux que le sujet névrosé en tout cas qui s’tient à la tradition de sa langue. Le névrosé demeure dés lors pris entre ce qu’il en serait d’une folie collective (économie de guerre) et ce qu’il en est d’une fixation hératique à quelque objet addictif (dans l’indifférence marchand des objets, il lui est toujours possible de s’accrocher à quelque fétiche qui n’existe d’ailleurs plus que comme semblant pervers, en fait toxique)

D’où l’importance de cette lettre soulignée par Derrida qui nous permet de mesurer sans doute l’impact du S1 comme nom imprononçable puisqu’il serait alors la tautotologie du signifiant. 

“ dans cette langue avilie et spectrale, la force du sacré semble souvent nous parler”. Certes le fond jungien de l’affaire, comme toujours, là où risque de se prendre l’Heidegger de service, sauf qu’il n’y a guère que l’Heidegger pour y aller voir. “dans cette langue de signes où glisse encore l’ombre du signifiant, le réel troumatique livre encore au poème l’érotique du mot”. Il est sans doute possible de traduire ainsi. C’est à dire essayer de rester au plus près de ce qui demeurer la difficulté de parole comme Unheimlichkeit, tout ce qui tient au macabre, au funèbre, c’est à dire à l’inquiétant, étrange, ce qui trahit le sans fond de la langue. 

La langue du sujet statistique est une langue d’information, ce qui suppose l’Aktualisierung, l’actualisation de la langue, l’opération politique d’effacement de tout ce qui pourrait de près ou de loin signer une formation de l’inconscient. La guerre totale est donc avant tout guerre à la langue. Cependant “Es beherbergt die Sprache”, la langue continue à bouillir d’être prise à la passion de son origine réelle. Cependant étant de facto à questionner puisque l’aveuglement sans retour est le prix payé par les fils à un ordre nouveau des pères qui porte justement sur la Verwerfung du Nom. Le sujet statistique demeure aveugle à la phénoménologie du monde. Ou encore “Sprache ist Namen”. Ceci ne peut encore se questionner que s’il subsiste un souvenir de ce qui a pu faire nom. Il faut là reprendre la problématique de l’identité comme référée à l’identification RSI. Dans la néolangue, il n’y a plus de trace sémantique du Namen. Il faudrait donc pouvoir questionner depuis une autre langue, alors minoritaire et donc terroriste. Joyce injecte du minoritaire dans la langue anglaise. Il croit à l’existence de l’Autre et donc en soutient l’absence comme Schreber. Spinoza, en ce sens plus proche de la structure, réfute l’impasse du sens du sens pour sans doute le non sens du signe, ce en quoi il n’est pas du tout religieux. Il y a une différence fondamentale à jouer des négations de surface et à sortir des effets de sens pour une topologie pratique qui tient à l’incise du trait.

En tout cas tout refus du caractère abyssal de toute langue rend l’apocalypse actuelle, cet effet de bord qui est ou l’enthousiasme de l’invention ou le lugubre de l’usage. Il y a un temps de la néolangue totale qui n’est plus que néologismes c’est à dire hors de la polysémie dont la culture de la langue est dépositaire. Il est question d’une responsabilité du sujet de l’inconscient qui sait et le don sans retour du S1 et la dette du S2 , dette dont l’Autre se trouve lavé puisque lui même barré. C’est sans doute en ce point que diverge le philosophème derridien, malgré Spinoza qu’il connaît... trop bien. Le philosophème croit au sacrifice d’Abraham, mais en même temps on ne peut pas ne pas penser au sacrifice d’Abraham, c’est à dire à la logique du crime et du châtiment. Il s’agit tout à la fois de se garder du spectre et d’écouter le souffle de ce spectre, mais la volapück demeure ce que le sujet moderne parle, se doit de parler s’il veut s’inscrire pleinement dans le mouvement des choses, loin donc de ce que son fantasme pourrait lui indiquer quant au réel

 

Le nouage du sacré et du séculaire, du théologique et de l’obscène est complexe, car il mobilise un espace de références immense, croisé, souvent confus, noyé dans la réécriture, l’interprétation. Joyce essaie de s’y retrouver depuis son point particulier de structure ce qui n’arrange pas forcément les choses pour nous . Il est possible de partir de la question catholique, c’est à dire ce en quoi l’obscène y est sacralisé au titre de ce que l’incarnation vient s’faire l’corps païen. C’est une idée qui est sans doute chez Bataille. Il y a donc un vaste chantier à ouvrir, pour l’instant un peu obscur, des voies à tracer, ce serait le chantier d’Ulysse, qui est donc le chantier de la subjectivité de Joyce et le chantier de Joyce dans le siècle et de l’actualité de Joyce pour nous. 

“ En majesté, dodu, Buck Mulligan émergea de l’escalier, porteur d’un bol de mousse à raser sur lequel un miroir et un rasoir reposaient en croix. Tiède, l’air matinal soulevait doucement derrière l’homme une robe de chambre jaune dénouée à la taille. Elevant haut le bol, il entonna:

Introibo as altare Dei”

d’abord ça et puis plus tard:

“et puis il m’a demandé si je voulais oui de dire oui ma fleur de la montagne et d’abord je l’ai entouré de mes bras oui et je l’ai attiré tout contre moi comme ça il pouvait sentir tout mes seins mon odeur oui et son coeur battait comme un fou et oui j’ai dit oui je veux Oui”

et donc entre les deux quelque chose qui serait une lettre à Nora

“ J’ai fait comme tu me disais, ma sale petite fille, et je me suis branlé deux fois en lisant ta lettre.Je suis ravi de voir que tu aimes être foutue par le cul... ça a été la baise la plus dégueulasse que je t’ai jamais faite... Tu avais un cul plein de pets cette nuit là, chérie, des petits craquant gai rapide et tout un tas de petits minuscules polissons de pets qui se terminaient en une longue coulée jaillissant de ton trou... Dis moi les plus petites choses sur toi pour autant qu’elles sont obscènes et secrètes et dégoûtantes. N’écris rien d’autre”

sans doute le rire de Joyce à propos de tout ça, surtout du commentaire érudit parce qu’il est de toute façon déjà au niveau du commentaire du commentaire. Il demeure que Saint Thomas permet de traiter de l’hérésie, la question du Nom, et pratiquement de la rencontre avec le cul du diable, tandis qu’Ulysse ouvre à la fois sur l’errance antique et sur la messe parodique face à la mer.

“ Est-ce que la mer n’est pas, comme le dit Algy, une mère grande et douce? La mer vert-morve. La mer serre-burettes. Epi oinopa ponton. Ah, Dedalus, les Grecs. Il faut que je t’apprenne. Il faut que tu les lises dans l’original. Thalatta! Thalatta! C’est notre grande et douce mère. Viens voir”

et l’autre aussitôt:” Tu aurais pu te mettre à genoux, sacrebleu, Kinch, quand ta mère mourante te l’a demandé, fit Buck Mulligan. Je suis hyperboréen tout comme toi. Mais quand on pense que ta mère t’a supplié dans son dernier souffle de t’agenouiller et de prier pour elle. Et que tu as refusé. Tu as quelque chose de sinistre”

Nous ne sommes pas à Thèbes, du moins dans l’histoire freudienne, ce serait plutôt quelque chose comme ce qu’est Contention pour La Dispute, donc plutôt Médée, Pasolini, Callas, ou encore Bataille, ma mère, et encore Huppert

 

il s’agit ainsi de la naissance du Phallus, depuis l’onde marine, après Chronos donc , Zeus

.mais le cadavre pourrissant est celui de la mère en position de Commandeur qui parle un mélange d’hébreu et de gaélique. Il s’agit certes de faire de la chirurgie nodale mais , non sans rire, au prix d’arriver à rendre sensible cette présence du phallus incarné, quitte à se faire Christ

 

Saint Thomas est sans doute un support ferme sur la question de la sexualité féminine, sans quoi la réalité psychique suffit au nouage et donc rend inintelligible une jouissance non bornée. Ce qui revient à dire qu’on ne peut rien dire de l’hérésie hors d’un catholicisme rigoureux. 

Une femme n’est pas toute dans la langue, et donc il n’y a pas de sexualité naturelle. Il faut être un peu psychotique pour tenir à cela . Il faut alors écouter Madame Joyce. A propos de Gide “quand on a été la femme du plus grand écrivain, on ne peut pas s’occuper des petits”. C’est dire que Nora est conséquente à cette expérience très concrète du non rapport sexuel.

Alors il faut sans doute accepter de lire un peu plus près les questions de scolastique, se dire que chez Duns Scot, Albert le Grand, il y a des trucs qui donnent un peu d’éclat à la grisaille contemporaine de la pensée. Cela permet sans doute de se tenir à une forme de délire érudit qui laisse les yeux ouverts sur le langage, cette position d’ “obsexé”, d’obsession sexuelle quasi necrophilique, ce que raconte Molinier à propos du cadavre de sa soeur, mais qui va au delà de toute scénographie, dans l’érotisation même du langage. 

 

 

Joyce est donc illisible, scandaleusement illisible, à la fois pour des questions de forme et des questions et sans doute encore plus parce qu’il ne fait aucune différence entre la forme et le fond. Son rapport hyperbolique avec le signifiant loin de lui attirer l’admiration que l’on devrait porter légitiment à un explorateur des confins du monde entraîne un refus qui ne peut porter directement sur la matière linguistique  et donc va trouver raison sur d’autres aspects déjà indiqués, la sacralisation ironique de la langue secularisée, la tension maintenue entre obscénité et religion. La conséquence est la critique très directe que Joyce reçoit de son vivant. Quant à l’effacement par l’usage, il convient d’interroger notre monde actuel là dessus. Il convient de citer un certain nombre d’auteurs qui dans leur opposition à Joyce traduisent bien le réel de l’affaire

D’abord Karl Radek à Moscou en 1934 “ tas de fumier grouillant de vers, photographié par une caméra à travers un microscope”

Puis Frois-Wittman qui serait psychanalyste, en 1929, dans La Révolution Surréaliste” Les Chants de Maldoror, par exemple, ont pour thème le Héros en lutte contre Dieu (le père) qu’il veut vaincre. Mais à la différence des mythes ou drames classiques sur de tels sujets, Lautréamont nous a donné une véritable Bible de l’inconscient, tant il le livre avec tout son symbolisme, au contraire de James Joyce avec ses méthodes de pensée associative, et avec toutes ses complications”

Cette fois c’est Aragon, en 1931, “ Il y aurait lieu de souhaiter qu’une édition critique des œuvres de Lewis Caroll rappelle aux traducteurs la nécessité de respecter le non-sens. Il y a peu de chances que nous voyions effectuer ce travail sérieux. Nos contemporains sont tellement occupés par James Joyce, imaginez-vous, que jusqu’au ton de ses traducteurs se retrouve chez les traducteurs de Carroll”

Ils sont bien vu où se trouve le danger, d’ailleurs Breton lui même avait noté tout ça en 1953 “ l’expérience de l’écriture automatique a montré qu’y passaient fort peu de néologismes et qu’il n’entraînait ni démembrement syntaxique ni désintégration du vocabulaire”

Il n’y a plus qu’à faire ami ami, exclure Soupault qui fréquente Joyce et s’inscrire au PCF. C’est Artaud qui fera les frais d’une note , valable dans le fond pour Joyce “Il y a longtemps que nous voulions le confondre, persuadés qu’une véritable bestialité l’animait. Qu’il ne voulait voir dans la Révolution qu’une métamorphose des conditions intérieures de l’âme, ce qui est le propre des débiles mentaux, des impuissants et des lâches... Cette canaille, aujourd’hui, nous l’avons vomie. Nous ne voyons pas pourquoi cette charogne tarderait plus longtemps à se convertir, ou, comme sans doute elle dirait, à se déclarer chrétienne”

 

Un tableur de correspondance permet une première approche de la mécanique d’Ulysse entre le texte d’Homère, la ville de Dublin , le corps... il y a là une découpe évidente du séminaire, du texte de Lacan. Produire tout autant le texte multimédia du séminaire

 introduction, une traduction “relevante”, Télémaque, nestor, protée

18 novembre 1975, calypso

 9 decembre 1975, lotophages

 16 decembre 1975, hadès

 13 janvier 1976, vérités premières, éole

 20 janvier 1976, remerciements à J. Aubert, lestrygons

 10 fevrier 1976, les embrouilles du vrai, charybde et scylla

 17 fevrier 1976, paroles imposées, rochers errants

 9 mars 1976, intervention aux conférences du champ freudien, sirènes

 16 mars 1976, bouts de réel, cyclope, nausicaa

 13 avril 1976, le réel est sans loi, boeufs du soleil, circé

 11 mai 1976, l’ego de Joyce, eumée, ithaque, pénélope

 

Toute langue est étrangère. Le phénomène en découvre l’absence de fondement réel. L’épiphanie mesure ce tremblement du réel dans la chose avant le sens. Ainsi l’objet apparaît avant tout comme lui même absurde , porteur de non sens, résistant à toute prise en mot, pure extériorité qui pourrait chercher sa marque signifiante au moins localisée au monde qui alors s’y engendre par le jeu d’une certaine conscience de ce monde relatif. Point ici de moyen d’accès à quelque absolu, mais le monde relatif d’une singularité peut être communicante, c’est à dire com-prise malgré le xénos structurel de la langue. Nous sommes encore dans un monde néo-kantien où Monsieur Hegel peut prendre quelque vacance

 

Il ne s’agit pas de faire monde mais de faire surgir des mondes du rien des choses, des conversations les plus ordinaires, les plus aléatoires, s’arrêter sur l’instant qui contient tous les sens et les non-sens possibles, et donc s’en saisir comme rien mais en son nom qui fait wake, sillage dans le phénomène, il n’y a pas non plus, au contraire à tourner le dos à  la narration mais au contraire la laisser exploser en figures multiples, et donc il va falloir mettre à l’oeuvre tous les appareils symboliques possibles, multiplier les noms, les noms dans le nom, multiplier les sens qui n’arrivent plus à se boucler sur quelque chose de stable, d’achevé, superposer les sens, rapide et joyeux. Il y a du Nom quelque part qui ne peut d’aucune façon faire tenir la structure autrement qu’en relevant le défit de tous les noms dans ce Nom. Ainsi si la mère est méduse, ce sera une découverte “géomatrique” formidable , c’est à dire “j’ai haut ma trique”. Brassage des langues en fusion, quarente au moins, entre les frontières . Le Wake est un warping process qui voile le chemin en sorte qu’il n’y a plus une seule voies mais une infinité de voies chaotiques qui se jouent d’un universel éventuel et pourtant radicalement différé. mieux la langue anglaise s’y fond peu à peu “agglaggagglomeratively assaspenking”. La matière signifiante s’y déploie rigoureusement comme un rêve, mais un rêve qui ne peut ni être interprété, localisé au sens justement de l’exploration exhaustive des séquences, ni soumis à l’arrière fond boueux du Sens. Ce dernier point renvoie au délire de Jung sur Ulysses qui le récuse selon sa pente dégénérative naturelle pour mieux en faire l’éloge mystique . Il est comique de le voir pour ça s’appuyer sur la rêverie masturbatoire finale du texte. 

 

Un des vrais scandales est sans doute l’usage du banal comme essence de l’héroïsme, mieux il s’agit de mettre en scène ce banal dans sa forme la plus triviale, le grouillement ordinaire de l’espèce. Notre contexte normatif et statistique, chrypto-fasciste s’applique ici parfaitement, “ un homme de peu de vertu, enclin à l’extravagance et à l’alcoolisme” pouvait dire Jung. Nous suivrons donc volontiers Joyce au pub pour y croiser ces petites gens, en faits les duchesses de Proust que Swann y a  conduit. 

 

C’est en ce lieu festif que nous rencontrons donc le père dont nous ne pouvons que supposer l’importance forclusive même si ces bruits et fureurs d’Irlande d’alors se résument très bien au texte de James “étudiant en médecine, rameur, ténor, acteur amateur, politicien tonitruant, petit propriétaire, petit capitaliste, buveur, joyeux drille, conteur d’histoires, secrétaire, quelque chose dans une distillerie, percepteur, banqueroutier et présentement laudateur de son propre passé”

 

Donc nous pourrions entendre Joyce du point de vue du tremblement des choses, la présence du réel dans le sensible. Le pathos psychotique comme drame, celui qu’implique le visage du père, s’y trouve pris en échec. Certes il y a la lourde langue de Paul Celan mais bien d’avantage le dialogue de Monet et de Bonnard, le soir qui tombe sur le jardin.

 

tout d’une même main, Bacon à l’aube à l’atelier

 

16 juin 1904, il est très rare que l’on puisse attester aussi précisément de la disparition d’une langue, à l’heure près puisqu’à trois heures du matin la chose est faite. Ce n’est pas aussi tous les jours qu’un psychotique soit obligé d’effectuer ce type d’opération pour pouvoir tenir sa langue, c’est à dire qu’elle ne lui file pas entre les doigts, entre les deux pôles magnifiquement relevés par Marguerite Duras, le non sens absolu qui réduit la langue à sa pure fonction simiesque opératoire millerienne et une fonction pythique jungienne qui déchaîne le sens dans tous les sens. Il n’est pas pour rien que ce qui serait la clinique psychiatrique de nos jours puisse ne plus pouvoir distinguer que des variations de l’humeur sans texte et sans structure justement. Il n’est pas sûr dès lors que le nouage du sinthome soit tout à fait adéquat puisqu’il suppose une monstruosité telle que seule une catatonie du signifiant puisse y répondre pratiquement. Si Joyce ne cède jamais sur son projet de construction de langue, s’il babélise au delà de la Loi, qui est la Loi d’un Père dans une langue, c’est qu’il suppose pratiquement le possible des Noms du Père. L’Ego de Joyce est ce qui s’effectue à l’aube, mais le travail dans le xenos de la langue porte sur l’espace complémentaire du nœud. Puisque la langue anglaise n’offre aucune résistance aux langues, elle peut supporter aussi bien la réinscription de toutes les langues, c’est à dire d’être soulagé de la coupure qu’opère le choix des phonèmes d’une langue. Pour le coup on pourrait tout simplement retomber sur la non distinction signifiante à partir de quoi un S1 quelconque fait appel à un S2 en l’Autre... Ceci n’est pas qu’un jeu spirituel mais bien ce par quoi il serait possible de parler d’une psychanalyse des psychoses non schreberienne. Le point de mort du sujet

n’est pas nécessairement un pousse au semblant phallique comme transsexualisme

 

Peut être convient il d’affiner les choses en parlant des deux temps cliniques de la Verwerfung, le temps de dépression atypique et le moment mélancolique parce qu’il y a toujours deux signifiants fusent-ils holophrasiques. 

 

Englué dans l’imaginaire, c’est à ce titre que Lacan aborde Joyce, s’faire à la croix. Donc quelque chose qui cherche un fil dans le sainthomadaquin qui ne soit pas pris à l’érudition , au discours universitaire. A moins qu’il s’agisse d’unis vers Cythère et donc d’un Verlaine averti

 

Un pavillon à claires-voies

 Abrite doucement nos joies

 Qu'éventent des rosiers amis ;

 

L'odeur des roses, faible, grâce

 Au vent léger d'été qui passe,

 Se mêle aux parfums qu'elle a mis ;

 

Comme ses yeux l'avaient promis,

 Son courage est grand et sa lèvre

 Communique une exquise fièvre ;

 

Et l'Amour comblant tout, hormis

 La faim, sorbets et confitures

 Nous préservent des courbatures.

..

N’oublions point Watteau puisqu’il fut question de la langue française parfaitement claire et articulée. Après tout Beckett choisit le français.

 

Si nous devions traiter des modalités de la Verwerfung, il conviendrait de reprendre les termes de la négation et donc de la question de la négation portant sur le fantasme. L’espérance de la folie , pour le parlêtre, est de l’ordre de son fantasme. La folie du parlêtre est la réalité de son fantasme. La paranoïa se mesure au style qui demeure para-névrotique. Schreber écrit comme Krafft Ebing. La néolangue est de l’ordre de l’archaïque, elle est sans doute de l’ordre de la dépression atypique. A ce moment le fantasme est une allusion. L’allusion devient réelle dans le transfert à Fleischig. C’est là que la cartographie schréberienne se met en place. L’espace hyperbolique du signifiant demeure arrimé aux terres. (Je renvoie ici à deux termes du dictionnaire “épuisement” et “essoufflé” que j’interpréte à la suite). L’espace joycien n’arrive pas à faire monde. Il suppose des mondes. Il est du côté de Leibniz, non de Hegel. 

Le lieu phobique manifeste la présence de la chose sous l’angle d’une localisation horrifique, d’un signifiant venant attester d’un nomination possible de la chose S1/i(@), ce à quoi le pervers pourrait répondre d’un impératif du fantasme S1/i($<>@). Mais il s’agit de tout autre chose, il s’agit du lieu vide , du lieu sans nom, imprononçable, ce cri du Dieu, ce cri de Dieu que le prêtre hurle dans le silence du naos, lorsque le Phallus s’efface de la représentation, S1/ (    ). Ce qui fait Nom est l’écriture de ce signe qui leurre le jeu de la chaîne signifiante du poids d’un point défini. La métaphore délirante redonne un Nom au point de fuite, y posant la scénographie monstrueuse de l’origine, selon un S2 nouveau auquel Joyce répond d’un rire dont Schreber est bien sûr incapable. Il est vrai que le fumier du garden n’est pas celui du pub.

 

En guise d’introduction à la question de la négation portant sur le signifiant (dénégation, déni, forclusion)  un terme peu usité, ce que nous dit Lacan dans sa leçon du 3 fevrier 1960, il y indique que la Chose est soumise à une verdrangung dans l’art, une verschiebung dans la religion et une verwerfung dans la science. refoulement, épuisement, décoloration, amourachement et finalement forclusion de la Chose. Il nous dit que la science pose la Chose et n’en fait pas état, de sorte qu’in fine c’est bien la Chose elle même qui vient occuper le devant énigmatique de la Théorie, en physique donc; ce point  semble homogène, analogique au sens iconique à ce qu’implique la théorie du signifiant, cette présence de la Chose comme stigmate de l’être , et donc il y aurait à pousser plus avant les conséquences d’une inscription homogène de la théorie du signifiant et de la théorie physique quant au réel, quant à des notions de localisation topologique, mais aussi de dynamique des structures en cause puisque nous sommes au point où il semblerait nécessaire de pouvoir avancer sur le plan de la modélisation forte au delà du point où Lacan a pu nous laisser, à savoir la nécessité de faire enfin converger la théorie des surfaces et la théorie des nœuds comme dynamique des surfaces “plastiques”. Croisement donc ici avec la cinecure. Et donc cette notion qui n’est ni Verdrangung esthétique, ni Verwerfung réel mais quelque chose, verschiebung qui  rapproche  la religion non  du refoulement névrotique, l’énamouration, ou de la forclusion passionnelle;mais de la courtoisie  amoureuse

 

 un concept donc, celui de vorstellungrepräsentant verschiebung, 

verschieb, décalage déplacement manoeuvre ajournement aternoiement

faire coulisser, faire le trafic clandestin, reculer, retarder, remettre à plus tard

ce verschiebung du signifiant  demande à être dialectisé avec verwerfung, verneinung, verlungung, 

le terme d’erschiebben (que nous propose Jean Claude Tartas) nécessairement interfère pour une oreille allemande, fusiller, passer par les armes ,se bruler la cervelle

il y a visiblement quelque chose en intension qui doit se croiser avec l’extension 

 

 

Le verbe  est:ERSCHIESSEN ou ERSCHIEBEN où B=SS et erschieben est plutôt du coté du glissement ,ce qui est aussi une notion intéressante ,notamment du coté du glissement de sens,qui est une des formes des phénomènes qui établissent le langage en permanence c'est toujours en train de se faire. Il est vrai que la méthode la plus radicale et la plus courante est la coupure, notamment de la terminaison du mot ,ainsi ce qui reste des déclinaisons latines dans le français et ceci très précocement.

 

Erschieben donc plus exactement, glissement, glissement du signifiant, laisser glisser ou couper? localiser la lettre, objectiver un sens, mettre un terme à ce qui ne cesse cependant de ne pas finir, un terme cependant vient où le signifiant du manque en l’Autre vient à ponctuer le sujet supposé savoir, le clore, sinon le forclore, desêtre alors sans aucun doute qui ouvre à la mélancolie du semblant de @. Notons que cette ponctuation pourrait être consistante à la découpe du tore qui le défait, ce qui n’est pas la même chose que le passage à la bouteille de Klein où s’active un tout autre réel qui n’est plus l’automaton du désenchantement. Question alors de topologie et de pratique de l’interprétation, quelle est l’écriture nodale de cette passe?Posons en tout cas la verschiebung comme l’opération signifiante qui pourrait y être associée

Si nous posons la question phobique du côté de Mélanie Klein, nous aurions alors à situer un versant Verlungung côté névrose et un versant Verschiebung côté psychose

 

 

Le signifiant est insu au risque d’une présence qui coupe le souffle face à une représentation occlusive, soufflage donc du sujet par forclusion du réel, $ soufflé, perdre le souffle, expirer, une sorte de pneumatologie, science imaginaire, science de l’imaginaire, et Lacan dit qu’il n’y a point de coupure du respir, il dit cela malgré l’asthme, malgré le chant, d’abord l’évocation du commandeur, qui va nous rassurer question impératif, regard de pierre, être pétrifié, tête de Méduse donc, devenir l’image phallique, ce qui du Nom ombre le réel, le rendant supportable, Celan donc appelé comme témoin, lui ophalle, pierre au fond de Seine, sous le pont Mirabeau, faut il qu’il m’en souvienne, cette obsession de Fedida pour cet arrêt sur image qu’il inverse en arrêt sur le langage, porte ouverte de l’image dans le manque à dire, le leurre du sujet spéculaire redoublé, il y aurait un mode pour dépasser le défaut du signifiant par l’imaginaire, à travers l’image et selon l’accentuation de la tonalité, façon de ponctuer chantante, poétique, la voix entre imaginaire et symbolique en ses errances de bord, non sans le réel où il tisse cependant sa nature toute Autre, mais non pas comme Femme mais bien comme la barre sur le LA peut signer de pure présence où ni imaginaire, ni symbolique ne font lit, le thérapeute, à bout de souffle, ponctue d’une ultime expiration, Deleuze se noie en fumée et saute prendre au vol une dernière bouffée d’air,

 même en cet ultime le physiologique ne fait point leçon, il n’y a aucune continuité des consistances même en l’ultime léthal, la parole ne saurait se réduire à sa phonation, et donc l’air n’est point portance du signifiant, cet embarras où le corps se fait organisme, où le dit vient se noyer dans un dire articulé fut-il à la parole de Levinas qui bascule tout ceci vers le sublime exil en l’autre où l’être vient trouver sa leçon, pourquoi pas Binswanger qui n’entendit pas grand chose à Warburg malgré tout, le parlêtre se fait entendre d’un dit qui écrit l’inconscient de signifiants, certes le dit est un dire mais sans aucun psychologisme de présence, aucune doublure vers quelque moi profond, ce dit traduit la coupure qui fait le sujet, au prix d’un dire méconnu qui défaille au symbolique comme réel, Benjamin doutait-il de l’asthme de Marcel, sans doute puisqu’il ne s’agissait que du corps, ces points où la structure parlait sans reprendre souffle, la phrase non ponctuée, Swann avait failli entendre la présence d’Odette, un bref instant de son respir, l’air n’existe pas, cette croyance en l’organisme, en tout cas l’air n’a de lien qu’avec la phonation qui n’est pas la parole, nul étonnement dès lors si le souffle fait couleur, comment écraser la parole dans l’imaginaire, ce qui découpe le poétique radicalement, ne point pouvoir faire image , nul étonnement alors que la topologie lacanienne soit traitée d’hyper-symbolicité, au profit de chôra, là aussi parenthèse à propos de Derrida, sans doute le point vif qui jungise chez le philosophe, on y reviendra, il faudra sans doute avant que Michel Abrial nous instruise un peu plus pour distinguer très nettement la question de la composition musicale comme travail matériel sur le signifiant, quelque chose cherche à figurer  par delà l’agitation gestuelle, figurer ce qui échappe à la figure, point mort au sens pourtant d’un $ point mort justement, la mort du sujet signe l’élémentaire à partir de quoi peut se réécrire la topologie tordue d’un don sans portance du signifiant, il faudrait tenir pourtant à du représentable, de présentation point, ou alors comme chez Charcot, tenir la pose où l’on peut voir même l’aura du corps, le pas de la Gravida fixe l’hypothèse très klossowskienne d’un fantasme dessiné,

 et Pierre s’épuise dans les grands dessins de couleur à essayer ce qu’il avait pourtant indiqué au bain de Diane, hystérisation du deuil, hystérisation du respir, le sexuel orgasmique, voilà Reich et l’orgone, bleue bien sûr, lui aussi a pris la photo, et maintenant Freud dans un mouvement ferenczien qui pousse le signifiant à travers la fumée, ni métaphore, ni métonymie mais des mouvements de l’air, le respir de Freud qui ne dit plus un mot visible, il suffit d’écarter la prothèse avec une pince à linge pour pouvoir coincer le cigare, en deçà, au delà, comment faire revenir l’Autre à sa consistance, comment entendre encore et toujours le souffle de Dieu, son apparition vocalisée, comment comprendre d’ailleurs ce corrélât avec le geste, le geste comme souffle, esprit dans le corps, toujours la Salpétrière et ses fantômes, même et surtout si on fait appel à Rilke “remonter depuis la profondeur des temps”. Toujours la chosification de Chronos, c’est à dire la croyance au récit héroïque, celui de la mère de la mère, Warburg est explicite là dessus, il rêve de la pose qui viendrait saisir le sens faute de la signifiance qui glisse entre les gestes, l’image arrêtée, comme pouvoir écrire une esthétique post structuraliste qui ne soit pas simplement le frémissement perdu du pré-structuralisme, et là encore vient la confusion onirique, certes “la parole manque l’image du rêve” mais pas comme le dit Fédida parce que “la parole restitue toujours la surface d’une mémoire lisible, une fois que les images ont vu puis oublié” mais bien parce que le rêve est toujours rêve du manque et que la parole n’est pas parole malheureuse du rêve oublié, mais parole qui constitue l’image du rêve dans la rétroaction de son énonciation, il faut reprendre ici la divergence radicale entre Lacan et Anzieu à propos du rêve d’Irma, l’arrière fond est la parole de l’Autre, Aimée donc, et l’appel au poète n’a rien à voir avec “comprendre la visualité” mais rendre le signifiant distinct de sorte que l’image se cinétise au moins, là aussi tout le travail suspendu à propos de Deleuze et Godard, et d’ailleurs l’exemple magnifique du sonido negro dit-il autre chose que le mouvement même de la signifiance qu’imaginarise sans doute alors l’art comme multiple et non pas focalisé par l’icône, plus loin surgit le rapport des surfaces à l’air qui les déploie et donc “de même que les “corps” ne vont jamais sans l’âme qui les meut et les émeut”, sombre paradoxe qui croit à l’existence d’un espace temps de référence alors qu’il n’y a de surface que dans son rapport à son espace connexe de présentation, et que bien sûr le corps ne consiste pas d’avantage à quelque âme mais bien comme la lalangue signifiant l’organisme, le biologisme métaphysique si évident chez Changeux trouve ici son complément esthètique, et donc à la suite voilà le marbre, le geste posée de la mort, le souffle coupé, l’$-soufflé, bien sûr la langue est magnifique, l’ancêtre qui se lève dans la parole, superbe, et même l’aveu du “signifiant soufflé par l’image passagèrement moulée, modelée ou modulée dans le matériau réminiscent”, plus de signifiant du tout d’ailleurs, au nom de l’absence énigmatique, car il s’agit à la fois de se défaire de la matérialité du signifiant (Sachvorstellung) et de son inscription symbolique (Wortvostellung), pourquoi pas , mais au nom de l’inévitable océanique qui amusait tellement Freud  “il s’agissait d’arracher à l’image sa dernière ressemblance: en faire la sépulture sensorielle de l’absence”, contact donc avec la substance même de l’ancêtre, précisons, “une sorte d’image capable de porter, comme un souffle indistinct, la matière maternelle de l’absence”, revoilà Bachofen dont Klossowski faisait ses délices.

IN DIE Rillen, 

der Himmelsmünze im Türspalt

prebt du das Wort

dem ich entrollte

(tu presses le mot d’où j’ai roulé)

als ich mit bedenden Faüsten

das Dach ûber uns

abtrug, Schiefer um Schiefer,

(poings tremblants, je démontais le toit au dessus de nous, ardoise après ardoise)

Silbe um Silbe, dem Kupfer-

schimmer der Bettel-

schale dort oben

zulieb

(syllabe après syllabe, pour l’amour de la lueur cuivreuse d’une sébile de mendiant)

L’ouvert d’une témoigne de l’inconsistance de l’Autre, brillance matérielle cependant de tout objet porteur

 

sie stezt

Wundgelesenes über

(il traduit du lu à vif)

 

comment taire l’es-soufflé?

cet illisible qui gronde toujours d’un dit l’autre, d’un texte l’autre , recouvrement d’une lettre par l’autre, troublant le style d’un obscur qui fait nocturne, qui pose l’extrème minuscule où il faudrait pourtant se poser afin de faire surgir, de maintenir l’ouvert qui sourit comme l’ange, un ange ignorant, distrait, qui ne prend même peine d’une lecture première, puisqu’une sorte de théorie oniroïde se fissurant à chaque mot, se surprend encore à dire plus avant, encore un mot qui s’avance vers le trois au départ négligé .

L’iIlisible suppose une réponse qui bien sûr ne peut pas venir, aucune adresse, puisqu’aucun Autre posé dans la semblance de son voile.Le commentaire d’essoufflé  est nécessairement sinthomatique, même s’il peut être intéressant d’écouter le sinthome qui parle de lui même, entre psychose , psycho-somatique, perversion, névrose, le forçage narratif qui passe par la réalité des trois moires est sans doute une tentative de mettre un fantasme en interface

Pour ponctuer d’un mot, la Verschiebung du signifiant chez Joyce nécessite un psychanalyse pour le moins essoufflé à le suivre

 

Joyce fut-il un enfant? Une biographie propose des séquences probables, peur de l’orage et des chiens, sur fond catholique, présence donc de l’enfer qui vient se redoubler d’un jeu de théâtre, éducation jésuite selon la fortune du père que Joyce traduit ainsi “j’ai appris à arranger les choses de telle sorte qu’elles deviennent faciles à embrasser et à juger”, dureté d’un internat précoce avec ses brimades mais aussi très tôt ce qui s’y forge, un intérêt aigu pour le détail descriptif. Joyce n’oublie rien et range ainsi les petites scènes, les menus faits, les chansons pour en faire matière littéraire dans son texte où rien n’est refusé. Tout ceci est pris dans l’histoire politique tumultueuse et en écho un drame familial d’orgueil et de déchéance.

 

La ruine du signifiant signe tout autant l’effondrement de la subjectivité (supposée bien que Joyce semble plutôt d’origine une sorte de super ego qui dévore le tout du monde...) que celle du monde phénoménal, culturel. La langue anglaise envahit le monde, dévore les langues qui en déplacent les signifiants jusqu’à créer des langues secrètes dans l’une langue, c’est cela l’élangues de la langue, comme après tout conséquente à la lalangue. Le fond de ruine effectue alors une rupture dans la répétition, non somme dans l’espace potentiel de la reprise. La ruine de la lettre et donc sa reprise (non pas comme reprise de maille mais bien comme structure ouverte dès lors qu’il n’y a plus en l’Autre d’auteur de la langue). Le jeu opaque des signifiants dissimulé sous le sens du monde (à entendre aussi bien le jeu ici de la lettre, la langue parfaite, que l’unité picturale, que l’harmonie musicale, que la science achevée...). Freud découvre l’inconscient, c’est à dire l’ouvert, le non sens du sens, ce qui ne l’empéche pas de construire une topique unitaire, une , deux, une infinité de topiques... sur fond de méta-topique. Le signifiant n’est pas ordonné sauf au titre du S1 qui ne renvoie qu’à l’absence qui est la structure. Bach construit le monde de la continuité du son, et Beethoven donc sourd à l’harmonie file au Wagner, au Schoenberg dès lors que l’harmonie est désormais perdue et l’ouvert au principe de la lisibilité du monde. 

 

Joyce demeure un collégien distant et brillant, secret, curieux de langues et de littérature vis à vis de laquelle il demeure d’un systématisme qui demeure strictement parallèle à sa “collection” de situations, de mots. Tout noter, ne rien oublier, toujours un peu lointain dans cette saisie des choses. Il semble mélancolique mais surtout ironique , cherchant sans doute des figures tutélaires, soucieux de se former à la rudesse jésuite , même si sa croyance s’efface peu à peu vers une cherche d’une sorte de “perfection profane de l’humanité”. Cet univers scolaire n’évite la rencontre amoureuse entre platonisme et prostituée honteuse. Sans doute que la sexualité va produire une dernière flamme pieuse, un peu forcée et visible, ce qui n’est guère son genre. “chaque pensée, chaque parole, chaque action, chaque manifestation de sa conscience portaient leur vibration rayonnante dans les cieux”. L’épisode biographique ne parvient jamais pur, toujours déplacé, dérisoire. La position de Joyce demeure secrète et sans doute y a t il plus à penser de cette remarque selon laquelle le nom de son ami Sherhy tenait au she et au he, mais qu’en savoir de plus à l’époque? Il va se guérir de son catholicisme grâce à la beauté aigre rebelle virile d’Ibsen.

 

JOyce est sans contexte du côté d’une sorte d’encyclopédisme littéraire, saturation par le S2 et recherche d’un champ référentiel abstrait qui puisse positionner le concept, d’où l’intérêt pour Bruno et sa conciliation des oppositions, she and he, Shem and Shaun, pour Saint Thomas dont l’esthétique sensualiste lui plaît. Il est irlandais, suppose pouvoir continuer à y vivre et dont s’essaie à apprendre la langue mais le professeur est anglophone et de facto stupide. Aucun sujet ne le rebutte , aussi écrit il des poèmes d’amour “ un poète ne doit jamais écrire sur une émotion présente”. La formule défensive est aussi celle d’une distanciation infinie. Il se veut moderne et soutient Yeats ou Ibsen contre toute référence plus ancienne, dépassement du théâtre mythique par le drame actuel. “ acceptons la vie comme nous la voyons, les hommes et les femmes comme nous les rencontrons en réalité et non comme nous les imaginons dans un monde de féerie.”

 

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Joyce est un passionné de littérature, il lit tout ce qui s’écrit à son époque, entraîné à lire dans les langues autres pour pouvoir saisir ce qui s’invente alors dans la lettre. Il lit Ibsen en danois-norvégien. Pour lire Hauptmann il se met à l’allemand. Bien sûr Verlaine en français qu’il traduit. Il cherche le contact avec les célébrités du moment pour entreprendre avec elles des relations plutôt difficiles. Il écrit un drame à sa façon “une brillante carrière” qu’il a détruit par la suite , pièce qu’Archer critique de la bonne façon, soulignant le caractère illisible de l’intrigue perdue parmi des personnages multiples. Si Joyce semble reculer c’est pour mieux aggraver cette affaire dans ses textes ultérieurs. Il écrit de nombreux mauvais vers. Là aussi l’acceuil est plutôt froid. Là aussi  la réponse enkyste quelque chose qui est l’installation du phénomène élémentaire comme épiphanie “révélation de la quiddité (whatness) d’une chose”, le moment où “l’âme de l’objet le plus commun nous paraît s’irradier”. Il s’agit de saisir des moments quelconques mais hautement spirituels dès lors qu’ils sont suspendus dans l’indétermination triviale de leur expression. C’est un point essentiel en effet  le statut de telles séquences s’inscrit entre un effet technique (suspendre un effet), l’inscription d’un élémentaire (selon les phrases schreberiennes suspendues) et la modernité de l’écriture entendue comme ce qui depuis Flaubert se construit à partir non plus d’un récit mais d’un trace langagière sur laquelle un récit multiple et improbable hésite à faire forme achevée. L’écriture comme ce qui manifeste un creux dans le narratif, une crevasse où va basculer la béance du personnage. Ce creux est un moteur du récit intérieur qui indique l’errance onirique comme portée par le fantasme, en lui même hors réalité et la scène du bal d’Emma devient strictement celle de Lol, éjection du sujet devant l’irréalité de l’objet du rêve.

 

 

Il s’agit donc d’écrire à lettre ouverte dans la trame même du texte, en une opération quasi de broderie qui oscille entre l’extrème précision du terme et l’inconséquence d’une rupture brutale d’un terme l’autre. Ainsi en sera t il de l’épiphanie de la mort du frère George “ ils dorment tous je vais monter      il repose sur mon lit où je reposais la nuit dernière ils l’ont couvert d’un drap et lui ont tenu les yeux fermés avec des pièces de monnaie     pauvre petit   nous avons si souvent ri ensemble  son corps avait tant de légéreté    j’ai tant de chagrin qu’il soit mort   je ne puis prier pour lui comme font les autres   pauvre petit    tout le reste est si incertain”

Joyce refuse de travailler chez Guinness, il sera médecin. Entre temps, il rencontre Yeats, “je n’ai jamais vu tant de prétention avec un talent aussi lilliputien”. Loin de témoigner de l’admiration pour le poète, Joyce l’agresse sur sa culture, sur son style bref “nous nous sommes rencontrés trop tard, vous êtes trop vieux pour que j’aie la moindre influence sur vous”. L’effet est surprenant puisque Yeats se met très gentiment à sa disposition. Il l’a reconnu ! Quant à la médecine, elle ne fonctionne guère puisque les matières enseignées ne l’interessent pas. En fait il veut aller étudier tout cela à Paris. Tel Dante exilé de Florence, Dante auquel il s’identifie aussi. 

 

Cette formation assez hétéroclite et encyclopédique demeure structurée par l’enseignement jésuite, c’est à dire par la question théologique catholique posée comme un minimum structurel sans quoi on parle vraiment dans le vide. Il n’est pas religieux mais considère qu’hors de cette pensée “oubliée” il n’y a pas de “progrès” possible de la littérature, ce qui rajoute au moins Saint Thomas, Duns Scott au bagage intellectuel minimal nécessaire au voyage joycien. Une phrase relevée par Houdebine semble alors essentielle, elle se trouve dans le Finnegans Wake “What can’t be coded can be decorded if an ear aye size what no eye ere grieved for”, ce qu’il traduit “ ce qui ne peut être codé (chiffrré) peut (néanmoins) être décoeurtique( déchiffré) si une oreille à jamais ( à jamoeil!) voit (to seize) ce dont nul oeil ne s’était encore mis en peine”. Il s’agit donc de la question des choses visibles et invisibles, de fait du signifié et du signifiant. Et donc de ce rapport structurel qui vise le sens dans l’ab-sens. Il s’agit d’une expérience esthétique du côté de l’inspiration de l’Autre, sauf que pour Joyce il n’y a pas d’Autre justement. Joyce prend appui de la Religion pour faire advenir la langue puis l’élangues. Donc le mystére de l’incarnation qui passe par la carne de Molly “la chair qui dit toujours oui”. Il ne s’agit nullement de rabattre la Trinité sur quelque Marie maternelle à souhait mais bien de travailler en langue la conséquence de cette Trinité dans le non rapport. Joyce n’a aucun rapport avec Jung, ce qui est un paradoxe sur lequel nous aurons à revenir. Plutôt Jung contre Freud dès lors que ce dernier demeure dans une certaine dénégation de l’avancée logique comme théo-logie.

Ce qui comporte effectivement le rire vivant de l’Esprit sur les choses. Ce sera en quelque sorte grâce à l’obscénité de Molly que Joyce va pouvoir retraverser cette inscription première au langage quasi depuis le monologue intérieur d’une femme. Il s’agit bien d’écrire l’incarnation depuis Ithaque et Penélope, en un vaste mouvement qui reprend “tous les éléments transformés en leurs équivalents cosmiques, physiques, psychiques (par exemple  --- c’est Joyce qui écrit--- Bloom dégringolant l’escalier, tirant de l’eau au robinet, la miction dans le jardin, le cône d’encens, le cierge allumé et la statue) pour que le lecteur sache tout, et de la façon la plus nue et la plus froide, si bien qu’ainsi Bloom et Stephen deviennent des corps célestes, vagabonds comme les étoiles qu’ils contemplent”. la jouissance multiforme de Molly est ce par quoi s’effectue ce passage, disons la passe de Joyce de la langue à l’élangues, d’Ulysse à Finnegans Wake. Molly est du côté de l’énonciation, d’une voix qui fait advenir un corps et non l’inverse. Il y a là une opération topologique qui ne correspond guère à la réparation sainthomatique du moins qui ne porte pas sur un renouage symbolique, une doublure du nom, mais un passage par l’ouvert de l’Autrejouir.

La question demeure de toute façon celle de l’enjeu spéculaire de cette opération, à savoir une sortie dans l’élangues qui ne soit paranoïaque. statut de l’illisible. Le travail du rêve chez Joyce n’est nullement l’effet imaginaire du texte, mais bien quelque chose dun discours vraiment intérieur, celui d’une femme. Ici Augustin est de quelque intérêt “ le verbe humain est une sorte de similitude où nous pouvoir quelque peu, comme en énigme, le Verbe de Dieu”. Entendons la structure comme Autre. Joyce est consciemment du côté de Dante ou de Jean de la Croix, la nuit obscure, l’obscène comme questionnant la sexualité de l’être parlant

 

 

 

Lors de ce premier séjour parisien Joyce ne rencontre pas la médecine, beaucoup de livres, des écrits refusés et une certaine misère. “ Paris s’éveille débraillé, une lumière crue dans ses rues citrons”. Les rencontres ménagés à son avantage sont des catastrophes. Symons note “un curieux mélange de génie sinistre et de talent incertain”. Bloc discutant sans réplique, critique féroce. La mère se meurt. Il rentre

 

Il y a un abîme  qui s’ouvre entre les mots, une faille hurlante qui surgit dans ce qui serait un récit conforme à une éventuelle origine et un récit qui échappe à toute logique dès lors qu’il est relevé par chaque mot comme origine possible, d’où la  nécessité d’apaiser ce grouillement par la prolifération verbale. La scène originaire demeure hypothétique et dans le fond parfaitement inutile sinon pour fixer l’imaginaire. Le bruissement des choses surgit des objets venant suturer le phénomène au point d’essayer de bloquer tout récit possible. De ce point de vue n’importe quel fragment emprunté peut parfaitement convenir pour répondre d’une forme orginaire, sorte de greffe qui surgit de nulle part et qui va, un temps, donner une consistance à l’ensemble. 

 

Joyce ne cède point à la supplique maternelle qui cherche à le pousser la religon au nom de la bile verte qui lui arrache le corps, attitude froide qui scandalise selon l’homogène névrotique. Joyce se met à boire tandis qu’il polémique un peu avec l’admiratif Stanislaus. Il erre tandis que la mère se meurt, vivant d’expédiants parmi les ombres. Scène terrible du père ivre devant la mourante. Et les pauvres traces du couple, lettres échangées, partent en fumée. “ Silencieusement, elle lui était apparue en rêve, son corps ravagé vêtu de ses amples vêtements mortuaires”. Joyce lit beaucoup, se livrant au critique. La froideur tombe sur les choses, entre les êtres. 

 

Dans cet univers il n’y a pas d’oppositions, ni de contradictions, juste un jeu de flottements ironiques qui n’impliquent de fait aucune progression. Il ne s’agit que du hurlement des fragments qui peuvent se précipiter dans la montée de la forme. Les personnages cessent de soutenir le semblant du monde pour n’être que des ordinaires élémentaires de la matière même de la langue qui se déploie dans le texte. Le sujet n’a plus aucune responsabilité d’existence que celle d’assumer sa propre disparition, ce qui ne va pas sans quelques instants d’apparition , le temps de demeurer pour un lecteur l’unité qu’il ne peut que chercher. 

 

Le père continue à boire, la famine gronde ainsi que l’inactivité et Joyce rédige le portrait de l’artiste, c’est à dire le récit potentiel sur lequel construit l’oeuvre à venir, forme en abîme où c’est justement l’absence d’oeuvre qui est le creusé de ce qui ne cessera plus de s’écrire.De plus il chante. Et rencontre Nora en une fixation subite et totale. Depuis sa tour, le voyage commence.

 

 

 

Ich bin des Fleish der Stets bejaht

 

 

           L’affaire se pose en termes de cavité, c’est à dire comment organiser le trou du monde qui est aussi ce dont parle Molly, entre Graal et pot de chambre, parodie certes mais sainthomatique évidemment. La trivialité prend appui de l’Autre pour errer sans Père afin qu’advienne le sensible réel des choses loin de toute religion. Une transsubstantiation s’opère entre les signifiants dès lors, ce qui fait équivaloir et la mousse à raser, et le sang du Christ, et la bile de la mère agonisante et le sperme, et le sang menstruel... boire tout autant, circulation d’une eau pure pour autant qu’une femme en accepte de dire l’insu. Sur la question freudienne “que veut une femme?” Lacan répond t il mieux de Joyce?

         L’histoire peut se raconter autrement. Kant disait qu’il n’était point à même de traire le bouc d’un tamis, il savait bien que la question d’une morale de la science est une stupidité, qu’il n’est d’éthique que du réel et lorsque Joyce fait passer au tamis (vin blanc s’entend) les admirateurs du génie qui l’accompagnent ce 27 juin 1929 en Vallée de Chevreuse, un certain nombre passe à la trappe

 

 

          il ne demeure que ceux à même de traduire Anna Livia Plurabelle, la liberté absolue du signifiant n’est pas académique, même si quelque chose de la consistance numérique de l’Autre demeure, écran certes devant le comment taire infini du texte, car il s’agit d’en finir avec le discours vaguement éternel du roman, faute de superviser un film, un western par exemple ou une petite histoire mondaine. La hauteur glaciale derrière les verres fumés n’empêche point la danse avinée sur la table du souper des dieux.

 

       Joyce quasi aveugle se fait faire lecture d’Anna Karénine et de Madame Bovary. Sa somatisation ophtalmique se traduit par des opérations multiples sans anesthésie... comme Freud. Au dessus le ciel kantien invisible et derrière la loupe, le mot qui se sauve et qu’il faut pousser sur son extrémité signifiante. Plus tard en venir à la séquence de lecture, après le travail sans alcool , sous le coup du premier verre de Neuchatel. Ascèse de travail comme Bacon. La lettre posée s’autorise de la voix. John Sullivan interprète Guillaume Tell. Le Texte contient le Tout du Monde phénoménal, comme farce, ce qui autorise la parodie du Nom, Ulysse déjà vacille in fine, dans la bouche de Molly, vers le Finnegans Wake, le théâtre d’ombres explose la narration du père mort vers l’incertitude de l’élangues. La scène oedipien erre  depuis l’aberration trinitaire d’un Père de la Loi à l’impert de La Mère. Mais ce n’est point le sans œuvre asilaire qui advient , plutôt la naissance problématique du Texte qui s’fait Nom, hors perversion cependant. Le pur jeu de la langue qui flotte dans la mascarade familiale “Je ne sais pas de quoi aura l’air le langage quand j’aurai fini. Mais après avoir déclaré la guerre, j’irai jusqu’au bout”. Dès lors un autre monde est possible d’un bien dire articulé.

 

   Dans le labyrinthe du monde il y a des clés, des circuits, des portes à franchir, en tout cas une première porte et puis une autre et puis une dernière qui est celle de départ, le chemin se reboucle sur lui même mais, dans le mouvement d’éversion, déploie la structure sans pour autant l’hyperboliser. Le sinthome voue le parlêtre au jeu du non dupe

.

     Il s’agit d’imploser l’anglais en élangues et tel Ulysse chercher la langue mère, non pas quelque langue originaire bien aryenne ou adamique mais ce qui peut permettre de dire enfin autre chose que l’éternelle répétition du malheur, donc une langue d’exil, celle du retour éternellement différé car il ne faudra pas faire de l’hébreu ou du grec la vraie langue, parler katharevoussa , ce pur qui permet enfin de nommer Moonye ou Agapomounidis surtout , amateur donc du centre chaotique improbable

 

    Amalia Popper, Martha Fleischmann supportent le réel du rapport à une femme, non pas La Femme du fantasme musical, hors texte, mais le tenant lieu d’une présence de la question qui ne peut qu’être réellement soutenue sauf à errer de lieu en lieu, dans l’exil même de toute origine qui n’existe pour un parcours totalisant et perdu des textes. Dévorer la langue sur les corps distants de ces femmes couleur. Le texte n’est pas en attente , il est dans les marges de son établissement, métaphorique de la version pilonnée. Il n’est de texte que ce Scribbledehobble qui peut se “lire” comme Ur-workbook for Finnegans Wake. L’interprétation efface la possibilité du texte même, puisque les silences viennent dévorer les mots eux mêmes pris à la répétition des phonèmes. Le grand fleuve traverse l’étendue et abandonne quelques bribes sur le rivage. Il ne reste rien de Troie, malgré Schilemann, rien que le roman pornographique qui plombe l’écriture, l’intime avec Nora “je me suis branlé deux fois en lisant ta lettre”. L’intime est l’être. Aucun rapport naturaliste, tout est note pour le texte, mère mourante comprise surtout , “mes mots dans son esprit: froides pierres polies qui s’enfoncent dans un marais”. A la limite une sorte de tapisserie comme reprise du déjà ironique Livre de Kells, histoire de l’écriture, livre en construction qui raconte tous les livres mais ne se contient pas lui même, traduction incessante qui efface le texte d’origine et cherche à faire encre des restes du cadavre à quoi le monde réduit l’homme, pourriture ou bûcher, les deux sans doute

 donc une femme comète pour glisser sur la pente jungienne qui est bien évidemment la mise en sens du texte selon l’universitaire. L’archéologue non seulement tombe sur le leurre de l’or mais n’est pas sans y joindre quelque collage hindouiste. La liste de tels objets dérive rapidement vers l’horreur muséale.

 

     La réduction phénoménologique de l’écriture tente de formuler une structure propre à contenir ce qui déborde de fait l’organisation de la langue  mise en forme de. Rabelais, Artaud, Novarina... “ Mais a propos, passoit entre les deux tropicques, six blans vers le zenith et maille par autant que les mons Rhiphées avoient eu celle année grande sterilité de happelourdes, moyennant une sedition de Ballivernes meue entre les Barragouyns et les Accourciers pour la rebellion des Souyces, qui s’estoyent assemblez jusques au nombre de bon bies pour aller à l’aiguillaneuf le premier trou de l’an que l’on livre la souppe aux boeufs et la clef du charbon aux filles pour donner de l’avoine aux chiens” ou encore “ le vendredi 22 novembre à dix heures avant minuit les imbéciles fieffés e daiskinorpa decondo daiskinorpa ramadido revinrent quand, physiquement, j’étais à bout, et dirent: niaisement dirent-ils, devant le té”nébreux sur-”encore “ quand il fut une chose en seul, mon cadavre était une ombre chutée duy sol; du nombre de laquelle quelqu’un tomba sans gloire, venant finir toute sa vie à mes pieds. Écartelez-moi maintenant mes deux hémisphesses de mes têtes de moitié et uniez-moi les pariétaux!... Message de Jean d’Action aux têtes des basses navigatrices :” Têtes des bêtes scissipatrices d’ici, prenez cela qui est, car ce sont lui d’ici!”etc etc,  c’est sans fin. Une cinétique se développe détachée de signification médiate, l’accumulation factuelle se rit d’un mouvement incessant où l’unité ne peut qu’être la propre dérision de sa constitution. La parole est aberrante et la forme prend mode de pensée. Discontinu tératologique de la parole au service d’un jeu grammatical diffluent. La charpente ne cesse de se joindre et disjoindre . La course folle de la langue babille dangereusement au risque d’y perdre jusqu’au démiurge du cadre qui s’efforce d’en rire, faute d’en tenir l’étendue. L’universitaire essaie de son côté à dramatiser l’affaire, sans y parvenir d’ailleurs autrement qu’en terme de note absorbée par la prolifération du texte. Aucun ordre nouveau à attendre. Le texte doit se lire avec l’intonation d’Artaud selon ce que raconte Pantagruel “ C’est abus dire que ayons languaige naturel”

 

      Le texte se déplie sans se lire, il fait le pari d’une exposition de la structure sans parole, pente jungienne de la psychanalyse qui métaphyse l’ex-istence à l’autre pôle d’un rapport purement organique à la langue. De la lecture, il ne reste rien, ce qui est aussi le vrai, sinon la vérité de la dite structure. D’un autre côté Joyce fait de même , mais il ne prend pas les choses depuis une réduction architecturale. Il procède depuis le fragment aléatoire du monde phénoménal, sans doute aussi parce que son rapport au symbolique n’est pas encombré par la réduction maternelle. Il demeure dans la polylangue, il parle Babel, rare privilège de la psychose qui ne coagule pas pour autant dans la langue une, la langue matrice justement. Il demeure très charnel, ce qui n’est pas le cas de Lacan, du moins nous ne savons pas trop comment développer ce qui serait une esthétique du texte lacanien, une érotique du signifiant. L’arencontre avec Chomsky fait sinthome . Il s’agit de trouver un positionnement antipodique entre une excentricité du signifiant et sa matérialité la plus radicale. Après tout l’écart entre Platon et Aristote. Le don du signifiant par l’Autre hypothétique n’a nul besoin d’une incarnation puisque la structure n’existe qu’à l’interprétation. C’est le regret de Czermak quand il propose l’homme aux paroles imposées à Lacan. Le type se norme à l’entretien, il déploie sa structure et s’y prend alors les pieds. Il y a là aussi toute la pente interprétante de la psychanalyse qui produit la clinique depuis Freud et son homme aux loups cette fois, le type après, il est le sujet de la psychanalyse. Freud invente l’inconscient. Et l’inconscient disparaît avec le dernier psychanalyste. Autour de cette parenthèse d’un côté Mesmer et de l’autre Miller/Sollers. Le sujet se norme à la présentation. C’est ce qui le fait advenir comme structure, c’est à dire comme forme platonicienne à priori. Joyce résiste à la psychanalyse, il télépathe, il télémaque, il rigole, il garde sa liberté dans sa structure, il ne norme pas l’hyperbole, il s’y balade, certes avec quelques bavures psychosomatiques , le corps finit au mourir, de toute façon. La tentation structurale est celle de l’automaton mais il y a un prestidigitateur qui rend le hasard ordonné en schéma L. Joyce rend possible une clinique qui ne soit pas du semblant, c’est à dire un mode d’interprétation qui ne fige point les choses sur une mythologie d’origine. Sur ce point, de toute façon, toute l’oeuvre de Derrida témoigne non d’une impasse mais de l’un passe de cette opération. 

 

 

être ange sujet 

Le rêve demeure confus jusqu’à se mettre en paroles, le voici sur la table de dissection du texte, il file jusqu’à son terme, pure matrice nombrée, l’image se focalise sur un tableau enfin, l’oeil s’accommode au texte...

 

l’image demeure confuse dans l’interprétation polysémique, chaque signifiant équivoque la structure. Le sinthomadaquin connaît la logique comme Rabelais. 

L’unheimlich pousse à l’être ange enfin, de sorte que pourrait se fonder sur un Autre anonyme, selon la théologie négative, un fondement de l’Unverdrangt dans la réalité. Scène donc primitive à quoi viendrait se vouer la structure, dès lors originaire, ce qui aboutit à confondre l’originaire imaginaire et le primaire symbolique. Tout signifiant est S1 et tout défaut du signifiant signe le manque certes à être, surtout à paraître autre que le faussaire, faux erre, que l’imaginaire pose sur le réel. L’être ange fait le genre de cette affaire , à savoir la réduction de la jouissance au plaisir d’organe. Le différent sexuel achevé est non plus découverte mais couverte de l’inconscient, avec l’effet thanatique massive qui en découle. Tout signifiant est cendre. Freud achève son travail à Auschwitz, et le witz lacanien n’y peut rien. Il nous a laissé avec le mythe ultime de la structure nombrée, et l’idée qu’il serait utile d’écrire le possible d’une nouvelle père version, ce que, pour l’instant, nous indiquerons comme structure ouverte sur l’équivoque structurelle de tout signifiant. Donc Lacan pas sans Joyce. 

 

Donc Lacan aux USA, avec un public plutôt bavard, dans un style qui n’est pas celui du séminaire, qui semble moins signifiant, de sorte que ça blablate beaucoup plus. Il est ainsi remarquable de voir comment une question de Lacan sur le devenir analyste va venir s’enliser dans des considérations sur la scientificité de la psychanalyse, en queue de médecine, affublée d’une linguisterie, voire d’une esthétique Donc le 24 novembre 1975, Yale University. Une indication précieuse: Joyce travaille le mot mais pas la grammaire. Il ne se repose pas, parce qu’il cherche à atteindre un minimum de rigueur, ce en quoi il est psychotique. il y a quelque chose de psychotique dans l’écriture, elle même prise entre le mathème et le style puisqu’après la position névrotique n’en vient pas aussi loin. La névrose se pose la question donc du bonheur, en suivant un certain dire, en posant un certain ordre sur un récit de rêve, de vie, selon un rapport moebien ponctuel au langage, un dit pris au dire jusqu’au seuil de cette effroi qu’est le surgissement du parlêtre au langage, effroi d’être sexué, fractionné, être Hans justement pas du tout ange, et puis y venir, par la musique qui est une part insu, indit de ce qui serait une autre façon fantasmatique d’articuler cette affaire du parlêtre second puisque de primaire, il n’y a bien que ce truc qui ne cesse de ne pas s’écrire

 

Au passage une petite contextualisation du séminaire de Lacan

Foucault fait son cours sur “il faut défendre la société”

Barthes, une seconde année sur “le discours amoureux”

Deleuze sur “Nietzsche et les sophistes”

Derrida publie Economimesis et Archéologie du frivole

Levi Strauss La voie des masques, Bourdieu, les intellectuels et l’idéologie dominante, le fétichisme de la langue

quelle belle année!!

 

Donc Joyce écrit en anglais, avant la fin mais déjà dans la fin de la langue anglaise, après le capitalisme, après ses guerres, ses meurtres, tout comme Godard écrit histoire(s) du cinema après la mise en vidéo du cinema, après sa mort. Mais si Histoire(s) du cinema est l’image filmé de Finnegans Wake, il y a aussi là l’expression d’un auprès . Godard travaille la masse filmée comme quelque chose qu’on accélère, qu’on ralentit, qu’on arrête, qu’on prive du son, qu’on sous-tire, surimprime. Des couches visibles, audibles. A tombe ouverte puisqu’ici il est question aussi de résurrection, de recyclage inventif de fragments. Il s’agit d’inventer les formes d’après le capitalisme maintenant qu’il a mis en signes l’ensemble des activités humaines, d’un bout à l’autre de la planète. Godard n’est pas dans la citation érudite, ou alors il s’agit de citation historiquement défini.. Lang cite Renoir, se cite lui même, Godard cite plutôt la citation elle même comme matériel signifiant non narratif, substance onirique avant dépôt, porteuse de toutes les histoires, y compris la sienne propre qui ne se comprend elle même. Il n’y a pas de métafilm, de métarécit. Il n’y a que le film, récit, singuliers de chaque parlêtre qui rêve l’ombilic de la structure

 

 

Puisque les lectures sont parfois assez parallèles, il est à noter un texte de Roudinesco d’une stupidité rare dans laquelle elle montre une méconnaissance crasse et de la psychose (le réel serait composé de mots forclos qui font délirer, elle a l’air de croire que l’inconscient est fou et qu’il convient de s’écarter de tout ce que ce réel évoque, en vrac “ la pulsion, le crime, le délire, l’hallucination, la jouissance, l’acte à l’état brut..), et de Joyce, et de Lacan, et elle écrit quand même plutôt du côté de la folie de Lacan qui “projette sur Joyce son propre roman familial”. Quant au travail de Miller , elle note qu’il “a fort bien établi la version orale de ce séminaire en le simplifiant, ce qui la rend lisible”. 

 

Le dossier de presse dont ce texte est extrait contient d’autres éléments plus instructifs, les revendications de Stephen James Joyce auquel il ne reste guère que le droit d’aller parler à son grand père sur sa tombe à Zurich. Mais aussi des éléments pour un voyage à Dublin, un 16 juin, sur les traces des dix sept déménagements de la déchéance du père et de diverses étapes culin aires nécessaires

rognons frits chez Fitzgerald’s, 11 Sandycove Road

café et petit pain collant aux cerises confites chez Bewleys, Westmoreland Street

sandwiches au gorgonzola arrosés de bourgogne chez Davy Byrnes, Duke Street

consommé à la tête de veau et feuilletés à la confiture chez Harrisons’s Restaurant

Gravediggers’Pub après l’hommage à Paddy Dignam au cimetière de Glasnevin

... odeurs et goûts présents dans le texte

 

Mais aussitôt la sarabande recommence, Joyce n’est plus à Dublin, ni à Paris, Trieste... Pessoa est sans doute plus à Lisbonne, Celine à Meudon et Cézanne à Aix, il est dans le mouvement même des lignes, d’un personnage l’autre, tellement Molly justement, tellement Shakespeare ou le vieil Aristote, théologien ivrogne, et prostituée lyrique, tandis que l’ensemble des activités humaines explosent de toutes parts, Il s’agit d’essayer de voir si on peut reprendre tout ça autrement mais l’universitaire, le stalinien surveillent cet humour ravageur, cette histoire pas claire de juif grec et de grec juif , sur fond de démasquage d’une mère dévoreuse de cadavres, voilà les femmes d’Holderlin, de Nietzsche qui rappliquent, voilà Artaud à la conquête de l’Irlande, tout se tient, le versant euphorique du monde, aucune manie là dedans

 

16 decembre 1975

 

Comment sortir de la psychologie? c’est à dire comment opérer dans un espace signifiant? Il conviendrait sans doute de lâcher beaucoup de points qui font Culture comme somme d’artifices pour s’essayer à ce qui résiste vraiment, sous peine de se livrer à l’illustration , ce qui n’est d’ailleurs, pas toujours si négatif que cela. Donc Lacan tricote, il s’essaie à nouer de borro issu de trois noeud à trois, faire donc consister le trois à partir du nouage de singularités extrêmes, trois puis quatre, non sans passer pour ce tissage par des effets de tresse, de constitution d’un tissu par ouverture en quelque sorte sur l’infini de chaque noeud à trois.Un de aspects de ceci portera alors sur la constitution de groupes restreints, sur la pensée qui ne peut advenir à ce qui importe qu’à au moins deux, entre donc un excès d’imaginaire ou sa plus radicale mise en sommeil. Car il s’agit de mettre en sommeil ce qui du corps fait inhibition, la présence imaginaire de la Chose. Sous peine justement de ne pouvoir faire autrement que du tricot prévisible, aucun effet de surface certainement. Il y a actuellement à la Base Sous marine, une plasticienne qui s’efforce de faire robe à partir du plan, de prendre l’enveloppe du corps dans cette mise à plat, donc il est question de repassage. On a pu se prendre à rêver d’un groupe qui s’intéresserait vraiment à la topologie. C’est sans doute impossible et peut être n’existe t il pas de résultat topologique universel. 

 

La question de pose alors de l’existence même du noeud à trois, c’est à dire de ce nouage qui rendrait consistante RSI mais surtout qui pourrait s’autoengendrer de soutenir la consistance imaginaire, le trou symbolique et l’existence réelle. 

 

Dès lors chaque consistance apparaît bien dans l’impasse de sa “nature” d’être de trèfle justement, ce qui implique qu’il faut bien un quatrième pour qu’aucune de puisse réduire les deux autres à quelques idéalités secondes. 

 

L’espace des jouissances vient recouper cette question puisqu’il ne saurait y avoir de localisation de l’Autrejouir sauf à faire revenir l’Autre défait du réel et donc à établir  une équivalence de la jouissance pénienne et phallique qui équivaut à évacuer le réel d’une emprise imaginaire. On pourrait dire que la jouissance pénienne est la mise en sens de la phallique sous l’effet d’un Autre qui l’ordonne. Peut être alors que le borro à trois est un fantasme après tout trinitaire qui produit du sujet théologique pervers de la bonne façon. Disons encore que le Vivre ensemble que cherche Barthes suppose qu’il n’y aurait de sujet qu’à quatre. 

 

Appuyé sur sa canne Joyce cherche le rocher d’où pourrait sourdre l’eau du langage originaire, non bien sûr sans en rire, car c’est bien d’un Siegfried ironique dont il s’agit, Moïse aussi qui franchit le seuil de la terre promise, le héros universel bien évidemment, celui a et est le phallus, pas sans l’être, pas sans l’avoir puisqu’il n’est point d’Autre ici relevé. Jouir donc puisqu’il n’y a pas d’effet de sens, l’affaire se joue aux deux bornes du réel. Il y a donc un ouvert du côté de l’imaginaire, c’est à dire du côté du prévisible. La parole est d’une certaine façon incarnée et la pisse du héros sur le monde  permet l’afflux des différences dans la phrase , le linéaire suit

 

Le ça-voir de Joyce sur la Gesamtkunstwerk

 

           En ce temps où la figure d’Eva Peron

 semble constituer le modèle d’une gauche épuisée face au libéralisme totalisé, incapable de formuler autre chose qu’un populisme dont la droite a toujours fait le lit de sa stupidité, travail, famille, patrie, ou travail, famille, sécurité, en ce temps donc qui rêve de tenir le réel (l’effectif du discours politique) du point de vue du chiffre (loin du nombre du sujet), selon la loi statistique, la réécriture du vocable selon une variante de la néolangue ( management, populisme et sms se partagent cette tentative orwellienne ), en ce temps il est réconfortant de voir Winch Only 

le dernier opus de Chritoph Marthaler qui propose un actuel baroque où les atrides , façon Hugo Claus, sont des talents sans intérêt qui revivent le Couronnement de Poppée de Monteverdi.

 Il s’agit d’une démarche proche de celle de Kiefer puisqu’il faut assumer parfaitement l’actuel de la Gesamtkunstwerk, reprendre la formule de Wagner malgré tout, selon le point de vue de Harald Szeemann. Il est possible de faire du théâtre réellement. Christoph Marthaler propose une relecture de la culture où rien n’est rejeté, Monteverdi vient croiser Pessoa qui essaie d’écrire Faust, sans doute plus à même de ne pas l’achever, de ce point de vue moins classique que Joyce qui, lui, achève Ulysse selon la double règle du baroque, l’ouvert et le flou. 

          pourquoi en sommes nous réduit à constater la montée de la confusion du concept? pourquoi donc ne trouvons nous point la forme d’expression propre à maintenir ouvert ce qui ne cesse de se refermer avec la chosification du parlêtre? 

Selon le docteur Catherine Solano, sexologue à l'hôpital Cochin, le Viagra est une " psychothérapie en comprimé " : " Avant le Viagra, il fallait entamer une démarche longue et incertaine pour trouver les causes profondes des troubles. Désormais, on peut faire redémarrer la machine d'un seul coup. Des patients viennent me voir parce qu'ils veulent comprendre pourquoi ils n'ont pas de bonnes érections. Je leur réponds que s'ils prennent du Viagra le problème cessera d'exister, et donc on n'aura plus besoin de le comprendre. Parfois, la psychothérapie reste indispensable, mais si le patient prend du Viagra en parallèle, elle se déroule dans une ambiance plus apaisée et sera plus efficace. "

 

Second Life est-il un simple jeu, à l'image de Word of Warcraft qui fanatise des millions d'adolescents devant leurs écrans ? Pas seulement. " Même si la grande majorité des personnes viennent encore pour jouer, le profil des utilisateurs, en moyenne des trentenaires, est de plus en plus large, avec notamment l'arrivée de projets d'entreprises ", note l'Italien Giulio Prisco, consultant ès mondes virtuels avec sa société Uvvy. " Il n'y a pas un but ludique unique dans Second Life comme un monstre à tuer, précisent Dan Benzakein et Nicolas Barrial qui préparent avec leur société Extralab la version française, c'est avant tout un nouvel espace de communication et de navigation en trois dimensions. "

 

Voici venu enfin le temps des méthodes efficaces et de la technologie de santé appliquée au psychisme. Premier degré, on nous propose une association musclée entre une thérapie comportementale intensive, une thérapie cognitive et des antidépresseurs. Nous voilà loin des premières affirmations triomphales des comportementalistes nous décrivant des guérisons quasi miraculeuses en quelques séances, type Orange mécanique. L'intérêt de ce document est de nous révéler que rien de tout cela ne marche sans antidépresseurs. Personne n'a d'ailleurs pu montrer que ces médicaments agissaient sur les mécanismes causant les obsessions, mais tout donne à penser qu'ils sont devenus indispensables aux comportementalistes, tellement les patients risquent de se déprimer gravement, si on s'emploie ainsi à raboter sauvagement leur symptôme, sans les accompagner dans une reconnaissance profonde de leur être. Il a été démontré scientifiquement que les prescriptions d'antidépresseur créent une véritable toxicomanie, tant ils entraînent très rapidement une dépendance physique et psychique générant un syndrome de sevrage.

 

Mais c'est une bonne nouvelle qu'on veut nous annoncer : les patients réfractaires, ces " sujets TOC " qui ont le culot de résister n'ont encore rien vu. Nos savants ont fait une longue revue de la littérature mondiale et nous annoncent avec délectation qu'on va pouvoir les opérer en neurochirurgie. Sans craindre le ridicule, emportés sans doute par l'aveuglement de leur volonté de puissance, ils nous annoncent un florilège de techniques, les unes plus mutilantes que les autres. Ils ne savent même pas si l'on doit faire une " capsulotomie antérieure, une cingulotomie antérieure, une tractomie subcaudée ou une leucotomie bilimbique ", c'est au petit bonheur la chance qu'on opère

 

         Sans doute parce nous résistons nous même au réel et finalement célébrons un Dieu obscur donneur d’ordres négatifs., c’est à dire que nous en venons à admettre qu’il y a du rapport sexuel et que dès lors il n’y a plus besoin de penser quoi que ce soit y compris donc que de rapport il puisse ne pas y en avoir justement. Ceci vise au pas de sens qui est ce qui s’exclue de l’imaginaire et du symbolique , où ils fondent leur erre. Il est évident que la défaite de la langue ouvre la porte à une continuité entre l’imaginaire et le symbolique, c’est l’objet de la second life. Tout autre serait de tenir à la topologie, c’est à dire d’aller au bord de l’imaginaire de la forme, là où ça consiste comme corde, c’est à dire là où l’esthétique se défait au lieu de l’éthique qui mathémise le beau. C’est d’ailleurs en ce point que vient la lettre qui tient l’imaginaire du réel. La lettre qui tient au nom, sans doute du père sauf au nom quelconque dont l’autiste se saisit pour advenir malgré sa mère, sauf si elle se surprend à rêver du thérapeute de son fils comme un-possible. Joyce écrit au bord de ça, pas plus loin, il aurait sans doute pu calmer plus facilement tout ça grâce à la musique, mais là il n’était pas très fort, alors il erre non dupe...

        Faute du père, il est en exil de ne pouvoir situer une femme comme sienne

 

         Plus théoriquement, il y a une question difficile du côté de la notion d’ouvert puisqu’il semble difficile de pouvoir maintenir, sans risque de fonder la démonstration de la fermeture de l’inconscient, maintenir la logique du flou et l’équivocité du signifiant. Le langage vise le réel polysémique, c’est après tout le propre du langage poétique tel que Celan nous en a indiqué la voie. Mais ceci n’a rien à voir avec l’inquiétude du scientifique quant au langage qui n’arriverait pas à saisir le réel sous le concept puisqu’aussitôt un champ flou apparaît qui renvoie soit à la pulvérisation disciplinaire soit à la construction d’un système d’opérateurs de flou. L’espace conceptuel quantique n’implique nulle possibilité de construire du linéaire, du continu malgré tout. On ne peut pas apaiser la logique de l’ouvert, on ne peut qu’en suivre les développements selon l’errance nodale du langage. Ce n’est pas parce Joyce est psychotique qu’il faut essayer de le réduire au délire du président Schreber.

         Dans un numéro récent de Pour la Science se lit cette sorte d’angoisse du scientifique dans le flou des limites, mais l’insistance va se faire du côté comme par hasard de l’hermaphrodite et du queer. Pourtant il y a derrière tout ça une évidente question sur l’épuisement du concept scientifique actuel pour rendre compte du réel, la cosmologie déborde de partout de la noirceur (!) de la matière. Le numéro s’achève sur une très intéressante opération byzantine de séparation chirurgicale de siamois dont un est déjà mort. 

         Joyce au banquet d’Atlante, le testament des choses (in)sues, l’in- éfacé du dit, aucune ruine, il n’y a pas de mémoire tracée, pas d’Autre de l’Autre, il n’y a pas d’orthodoxie lacanienne, par contre il y a une orthodoxie freudienne, c’est le passage de l’invention à la fondation puisqu’il y a du réel, RSI n’est pas une topique sauf comme imaginaire du noeud, la topique freudienne est une depuis la lettre 52 qui en fonde la logique avant les variantes supposées, Lacan construit une topique comme lecture de celle de Freud (schéma optique, graphes, surfaces... toujours selon le commentaire de la lettre 52) puis une topologie. Il n’y a d’hétérodoxie que jungienne, Miller est jungien, toujours lac question de l’origine, le total de la langue comme métalangue, le réel s’y oppose comme RSI, l’objet a demeure dans la poubelle de l’autre, au lieu S2 de l’analyste. Parfois un parlêtre réussit à symboliser a au prix de sa psychose (Cantor, Joyce...). 

           @ demeure excentrique comme le réel mis au tapis , le réel n’est rien que ce que le symbolique peut en extraire depuis l’imaginaire qui est continu. La distinction différentielle du symbolique fait monde. La religion préserve le symbolique puisque la théologie est discours de l’UN qui demeure excentrique à sa création, à la différence de la science qui lit le monde sans reste, quitte à ne garder qu’une équation sur sa table tandis que sa poubelle regorge de ce qu’elle doit éliminer. Le monde d’Aristote était compact de ne rien pouvoir distinguer dans le monde et donc de ne pouvoir que construire une logique des pensées, à la différence de la science qui exclut tout ce qui brouille sa lecture. La techno-science statistique biologique s’efforce de réduire le réel à une semblance imaginaire ordonnée, elle doit donc rejeter les sujets qui l’encombre de leur objet @, c’est la logique de la shoa devenue le meilleur des mondes consommables/ L’évacuation du père comme point de capiton laisse un symptôme moderne comme dysthymie agitée compulsive, moléculaire puisque le corps est organisme drogué, entièrement intelligible. Il n’y a plus de parlêtre que le parre-être animal statistique, moléculaire et comportemental. L’inconscient est refermé, sauf au prix d’une interprétation qui est quelconque. A toute question sur l’oedipe répond l’énigme du renard.

 

 

 

 

Nora lui allait comme un gant

 

Nora donc élue par Joyce comme celle qui le serre plutôt que celle qui lui serre

Nora Barnacle Joyce Bloom le mariage au pas de course

Joyce a donc eu deux ans et une famille

il a eu ce père excessif et ce frère dévoué et puis donc étudiant

et puis Nora Barnacle

l’errance de l’écriture, non dupe de la nécessité de Nora comme contenant phallique, selon le modèle sans doute de la reine Christine, mais Joyce n’est pas Descartes, encore faudrait-il revoir cette histoire du rêve.

Il commence par poser la base des choses, les Gens de Dublin, petites gens et jeu des morts, les bases du situationnisme de position

Joyce donc tel que l’écriture le forme

 

la famille suit l’errance de la lettre

Joyce selon la folie de la lettre, celle qui participe de la coupure du réel, qui arrache du réel, s’en arrache, au prix d’une inscription qui vise au sens, grâce à l’imaginaire qui, lui, est un continu ouvert sur le reflet du pas de sens dans le symbolique. Joyce menace la scène narrative de l’élangues, de la folie de l’élangues, il demeure dans l’ouvert du rêve. Ce n’est pas le cas de Descartes, mais ce dernier n’est pas sans surgir en raison du rêve même.

“Après s’être endormi, son imagination se sentit frappée de la représentation de quelques fantômes qui se présentèrent à lui, et qui l’épouvantérent de telle sorte, que croyant marcher par les rues, il étoit obligé de se renverser sur le côté gauche pour pouvoir avancer au lieu où il vouloit aller, parce qu’il sentait une grande foiblesse au côté droit dont il ne pouvoit se soutenir...”

quelque ombre menaçante l’incline, le courbe, menaçant le phallus ordonné, le foudroit puis lui ouvre le livre du savoir à la bonne page

“... Etant honteux de marcher de la sorte, il fit un effort pour se redresser : mais il sentit un vent impétueux qui l’emportant dans une espèce de tourbillon lui fit faire trois ou quatre tours sur le pied gauche. Ce ne fut pas encore ce qui l’épouvanta....”

 

 

Ecrire sur  Joyce vient se heurter à des questions internes et externes, internes puisqu’il s’agit  de jouissance, ce qui pose le singulier, mais aussi externe puisque l’écriture de Joyce se complexifie de l’arencontre avec Benjamin, Godard... il est question d’un écrit plus ou moins lisible qui émerge d’une masse illisible, tant qu’un texte n’advient au lecteur il demeure dans l’indistinct de la lettre privée de sens, le sens qui est toujours phallique, freudien, dans le plaisir du vrai qui nie la jouissance, qui vise un réel dont personne ne veut et dont la dialectique phallique est le semblant nécessaire. Faute d’un père qui transmet la place symbolique, il faut faire place , se faire un père, un nom, mais le champ forclusif est à distinguer puisqu’il y a un champ des psychoses dans les coordonnées sont à définir, mélancolie, transsexualisme, frigoli...autre point relatif au masochisme qui borne et centre la question du fantasme puisque son franchissement est mélancolique, de sorte de le sujet alors averti est joycien au mieux, schreberien au pire, la distinction porte alors sur la place de l’Autre, soit sainthomatique, formel, le scripteur de Dieu, soit Autrifiant, en direct. La position de La Femme est alors différente et après tout il y a une clinique des psychoses qui est clinique des conjoints. Une femme qui sert à rien de n’être que serrage, ce à quoi elle se satisfait de n’être point notée du côté d’un ouvert. L’embarras phallique positivé hystérique ou négativé compulsif demeure le lieu du non rapport possible. Le point de bascule phobique mesure en quoi l’espace psychotique est alors celui du rapport hors sexualité s’entend. 

 

l’affliction de Nora à l ‘@joysens

 

      Il y a une clinique de la jouissance qui ne convient pas puisque la cure vise, pratiquement, au sens , au vrai, quitte à éviter le réel. Elle dit qu’elle ne jouit point, poussant son analyste à faire aveu de sa jouissance à lui ou mieux à retenir ce qu’il pourrait en être pour elle pour éviter d’en venir à un ouvert qui n’est point phallique. Après tout, le montage fantasmatique vise, transfert ou pas, à ce que justement cette jouissance ne soit qu’à l’horizon, sous peine d’advenir à quelque éversion de la structure, dont la passe vise à tenir les serres, d’une nomination qui viendrait soutenir le parlêtre dénommé du père plus ou moins vacillant de sa lignée. La jouissance de l’homme aux rats notée par Freud est également dans le transfert, c’est à dire dans quelque chose qui repose avant tout sur le plaisir proustien. Benjamin nous a appris à rencontrer un enfant qui n’attend guère la venue de sa mère le soir mais regarde du même lieu hyperbourgeois la rue où passe certainement le train du petit Hans. L’au delà du principe de plaisir ouvre au réel, soit à la présence de l’objet . Tout fantasme est structurellement masochiste dès lors qu’il s’incarne comme découpe. Il y a tout autant une clinique du dit de la jouissance. L’obsessionnel voudrait concevoir la jouissance comme ce temps de l’expulsion retenue sur un mode anal, d’où cette scatologie objectale qui envahit jusqu’au champ scopique, mais il évite alors la question du bord de la lettre ou de l’image qui est l’hors sens de la jouissance. Le semblant phallique organise le non rapport qui renvoie chacun à son rapport singulier à l’absence de l’Autre. Le sens du jouis vient au réel par le symbolique mais la lettre n’en peut éviter l’incomplétude vers donc un ouvert . L’Autrejouir défait la structure, le corps s’en trouve disjoint.

Joyce n’est point soumis à ce qu’il en serait d’une jouissance inter-dite, il oeuvre justement pour saturer l’inter-dit d’une polysémie babelienne. Il ne demande à Nora que de le serrer de près ce qui évite qu’il se désarrime aux terres

.il tient à Nora comme une femme tient à un homme, qu’elle le soulage de sa jouissance

 

         Que peut on entendre par recherche en psychanalyse dès lors qu’il s’agit toujours d’@science, de quelque chose qui est antagoniste à tout processus programmatique de recherche, à savoir que l’interprétation fait savoir sur la vérité toujours dans l’après coup réécrit, de sorte que la sorcière est toujours en retard , en scène primitive par rapport au moment de la coupure, de sorte que l’intime est antagoniste à toute opération de savoir collectivité par l’énoncé universitaire de l’enseignement. Le concept est toujours un semblant sur le réel  et l’hollzwege a toujours un fond jungien de re-connaissance de la vérité d’une mère, imaginaire du symbolique. A moins que cette recherche soit l’objet de ce plus un qui fait cartel, mais là encore la masse de travail supposé produit plus du politique qu’autre chose. D’ailleurs le modèle du nouage des petits trèfles laisse un peu dubitatif sur le savoir alors déployé

          Le noeud n’est pas chaîne, c’est ce qui déconsiste le moi, le semblant des consistances. Ainsi réparer le noeud n’a pas la même consistance que réparer une chaîne. Il y a deux types de trivialité du moi celle du trèfle, celle du rond. La réparation du noeud disjoint par le moindre lapsus aboutit à une paranoïa locale figée. Le noeud de la chaîne à trois demeure une localisation hors consistance, menacé par la moindre présence de R, S ou I. 

            La parole est imposée au parlêtre et il n’est pas sans y réfléchir, au point du risque d’une pensée volée, télépathe émetteur selon la psychose qui doit être toujours selon la chaîne disjointe et non selon le trèfle névrotique. La question posée est celle de la folie à deux Joyce-Lucia. Versant imposition, versant télépathie. A deux comme la psychanalyse. L’entre deux de l’écriture qui tient l’élation de l’élangues. Vient aussi la question télépathique à reprendre depuis Freud et le nom du père.

         Le lapsus trivialise le noeud , rarement se recouvrant au lieu même, peut être pas sans risque délusif , le pas de sens fait sens de facto. La réparation du noeud simple à trois leurre sur une possible indifférence quant au lieu réparatif, ce n’est plus le cas pour un noeud autre. Il n’y a pas équivalence, ce qui autorise Lacan à développer un peu la question du non rapport, si une femme est sinthome pour un homme, un homme pour une femme est une affliction. 

         Question annexe, si nous tenons que chaque consistance RSI est rond, il peut s’entendre comme trèfle dénoué, trois trèfles qui font nouage borroméen possible, ce qui rejoint un paradoxe de trois paranos qui norment le concept, la voie étrange de trois fous pour faire leçon écrite, Joyce-Nora-Lucia?

 

       Sans doute que l’affliction de Nora à l’@joysens répond à ce que Nora lui allait comme un gant, car elle ne lui sert à rien de n’être là que pour le serrer, elle est là pour que le corps de Joyce justement ne foute pas le camp, c’est à dire tienne au sens du cadre qui soutient l’image et donc la lettre qui vient s’y inscrire. D’abord l’image pariétale cadrée par la paroi et qui permet l’inscription de la lettre, ce qui n’a rien à voir avec le passage secondaire de l’image à la lettre. La première lettre , celle qui écrit la première face est illisible, elle tient au premier nom imprononçable. Il n’y a pas chez Joyce d’imaginaire de l’autre, simplement le cadre topologique de la condition de l’imaginaire d’où peut advenir la lettre qui , ne tenant pas à un Nom qui fonde le Phallus d’une langue, demeure dans une errance qui pulvérise le signifiant dans l’élangues.

      Il est cependant possible de borner ce pur effet d’ab-sens de fragments fantasmatiques qui sont en partie dans la semblance phallique entraînée par le processus de serrage, mais ce sont des sortes de montages cartographiques, comme des étrangetés récoltées auprès des 6/4/2. Il est intéressant de s’appuyer alors sur le très intéressant texte de Muriel Drazien (Septembre 2005) pour essayer de préciser cette cartographie qui ne peut de toute façon jamais tenir la structure narrative. Il s’agit donc de l’exil du parlêtre qui met en scène un dispositif dans lequel la blessure jouissante du héros se fonde sur l’infidélité de l’épouse avec son meilleur ami. Mais ce n’est pas un jeu pervers névrotique, ni un jeu pervers comme chez la Roberte de Klossowski. Ce qui est en jeu n’est pas oedipien , c’est la question de pouvoir ménager une ouverture grâce à un artifice langagier. Fonder après tout la stabilité du bornage phallique de l’ordre d’un récit, mais ça ne marche que localement puisque l’adultère est originaire, antérieur à la rencontre. Nora sans doute se plie à cette sorte de proposition perverse avec la réticence ordinaire de vouloir avec une parole d’amour, mais Joyce n’est pas pervers, il cherche à fonder un sens pour ce qui n’est pas de l’ordre d’une plaie masochiste, mais ce qu’il pourrait en être d’une possibilité qu’il y ait une scène masochiste. Lorsqu’il est battu , c’est au niveau de l’effacement périphérique que cela agi. Jusque là Joyce est hors imaginaire, il n’a pas de corps, là le corps advient comme hyperbolique. Il faut le refermer dans un peau de langue. Il s’agit d’une opération topologique qui pose le désir humain comme impossible, excentrique. Nora ne peut être cet objet @ pour Joyce qu’au titre du semblant où elle peut s’inscrire, soit quelque père version de l’ordre , par exemple, d’être la femme de deux hommes. En tout cas Lucia est folle, ce qui prouve bien que l’opération nomination /serrage de Joyce échoue à faire Nom, ce qu’atteste la dérive signifiante bornée. La question plastique cependant ouverte demandera développement , par exemple à partir de Lynch. 

 

      Lorsque Marcel Czermak reprend le cas plus ou moins présenté et commenté par Lacan, il souligne tout de suite une série de difficultés qui résistent tout autant à la présentation (ponctuelle ) et à la théorisation (fulgurante mais laissant hors champ la complexité du phénomène psychotique au profit d’un trait structural difficile à généraliser dans le champ uniforme des psychoses) . En tout cas s’oppose quelque chose qui serait normé par le semblant névrotique de la paranoïa et ce qui n’y tient qu’en éclipse instable. Il n’est pas sûr que l’interrogatoire soit normatif, en tout cas pas plus que le système délirant lui même dans sa marche ordinaire. Fleischer ne s’adresse pas à Schreber, tout au plus pour prendre le thé, mais il parle à sa femme. Le transfert est la plupart du temps massif et partiel, cela tient peut être à la mise en jeu de l’imaginaire du psy., ce qui rejoint peut être la place de Nora, serrer le dire. L’auto perception de l’automatisme mental se génère au seuil d’un processus qui part d’un contact sensible, un phénomène qui engendre la parole imposée, par bouffées d’élangues, sans rapport autre que le complément de la phrase qui ne stabilise guère le système, c’est à dire ne peut lever l’énigme, énoncés flous pour une énonciation toujours ouverte. La langue de l’Autre demeure divine, absolue. La thématique est celle du viol, du meurtre, au locuteur impersonnel, posant la pente transsexuelle mais selon le mode schreberien originaire, celui de la beauté qui fascine en une jouissance horrible du voir, d’autant que tous ces processus internes sont universellement connus, de sorte qu’il n’y a plus d’intime, télépathie émettrice mondialisée. Il n’y a de jouissance que de l’Autre. Il y a une tentative de construire à partir de là un monde imaginaire mais celui ci demeure sans bord, hyperbolique, d’où un travail sans fin vers le paradoxe de la langue une paranoïaque. Le nom qui s’ébauche est ainsi disjonctif d’un nouage, l’ouvert est maintenu. La remarque porte sur la qualification du nom RSI. Il est notable que la question ici reposée , le trio Pessoa, Joyce , Celine rejoint ici la question clinique, dès lors que le passage par l’écriture oriente ce qui ne peut être vectorisé de même dans la clinique ordinaire; l’art psychopathologique demeure brut, le nom dans le commun du dossier. 

 

 

         La question revient chez Cathelineau à propos de la notion de suppléance, autour finalement du trait du cas. Il serait question de dédoublement des consistances , ce qui complique quelque peu l’écriture proposée par Lacan. Ce serait ce point trine qui ferait suppléance dans les psychoses. Si le descriptif de deux versants l’hors sens de l’imposition et le sens de la réflexion s’articule autour de conjonctions “subjectives” , nous demeurons dans une sorte d’écriture moebienne inscrite sur une nappe hyperbolique  (modèle suspendu en attente d’explicitation mais dont la nature ambiguë demeure préférable à une forme par nature fautive) et la notion des noms demeure du côté du modèle joycien. Le sujet psychotique demeure suspendu à chaque mot, aucune intimité n’y surgit puisque l’objet demeure dans la chaîne parlée et de fait la jouissance est toute Autre. Si le sinthome langagier double le symbolique déchaîné, il semblerait que la conjonction fasse ici écriture, mais la lettre est peut être sensitive et donc ouvre à l’imposition, réflexive, etc... de sorte que ce dédoublement sans capiton va contaminer les autres consistances et donc rajouter à imposé/réfléchi dans le symbolique, senti/imaginé dans l’imaginaire... ce qui est sans doute général, laissant en question pour l’instant le dédoublement réel, en tout cas la question Bacon trouve ici toute sa pertinence. On pourrait ici évoquer l’ébauche d’un autre trio Bacon, actionniste, minimaliste. La réponse spéculaire au champ langagier est ici patente, la belle oiselle au miroir .

         Cathelineau reprend la question de la croyance chez Joyce, le paradoxe d’une incroyance radicale , il n’y a pas d’Autre mais aucune formule sur l’Autre de l’Autre . Comment se faire un nom s’il n’y a pas de non sur le Nom? la verwerfung du nom est de facto une verlengnung. D’où la pseudo-perversion qui accompagne l’errance, la dépendance économique aux autres, y compris toute la littérature, du moins pour Joyce, car Celine finit par visser sa plaque et Pessoa , vif, marche d’un café l’autre à Lisbonne, ce qui prouve sans doute que tout dépend du premier point de dédoublement/ suppléance, selon qu’il porte sur R, S ou I. La question dédoublement du réel ne saurait sans doute s’entendre en soi, (à moins de situer ici justement la psychanalyse des psychoses) sauf que d’une certaine façon Joyce fasse monde, la question étant celle de la dimension d’universel dans cette affaire finalement très locale mais expansive.

          Là se trouve la portée de suppléance propre à l’invention du sinthome, à entendre alors comme Joyce, Bacon, Lacan

 

        Melman va essayer de reprendre cette question de suppléance et donc d’invention dans la psychose à partir de la paranoïa, c’est à dire à partir du défaut phallique qui lui vaut d’être exclu (exilé) du monde comme représentation, et en particulier être le tenant lieu de cette exclusion, et donc d’être malgré tout cet un qui le fait advenir au monde de manière en quelque sorte illégitime. En tout cas il va se trouver confronter à l’autre comme avant tout xénos, étranger, nullement ordonné selon le regard d’un père, pure spécularité, c’est à dire un autre qui va “exiger” de lui qu’il apparaisse comme la part ombrée de l’un, soit l’une, pousse à la femme qui va para métrer aussitôt son rapport spéculaire horrifique, d’être justement le déchet d’un monde, ce qui le prédispose à être imposé, sonorisé par tout ce que ce monde peut contenir de paroles de déchet, au point d’en venir à incarner, du moins dans cette parole qui le traverse, le flux immonde de l’humanité, Le discours de Le Pen est ici d’une exemplarité parfaite, offrant comme Petain son corps à la Patrie, virilité opaque qui masque la profonde féminité du personnage politique fasciste. Mais c’est une sorte d’autoengendrement du Père qui s’effectue alors, un Père sévère qui ne tolère justement aucune père-version, celle-ci demeurant du domaine de l’organisation du champ phallique. De sorte encore que d’être d’abord le déchet de la représentation en l’autre, il devient l’Autre absolu de la représentation pour l’autre qu’il suppose, imposant qu’il soit à l’identique de cette supposition, un pur semblable. Et donc un pur sujet d’un monarque omniscient, sujet prompt au sacrifice que la défense et l’hommage de cet Un impose. Bien entendu cette clinique que Melman souligne de nouveau tient au nouage de trèfle par sa mise en continuité des consistances, et ne peut résumer à elle seule le champ des psychoses qui demande justement autre chose comme cette difficile topologie du dédoublement des consistances. Faisons en tout cas l’hypothèse que le pousse à la paranoïa dans la psychanalyse des psychoses tient à cet effort de mise en paroles articulées de l’erre signifiante . C’est la place de Céline avec ses conséquences littéraires à savoir la pulvérisation du discours fragmenté sans cesse de la présence déchaînée du réel.

 

 

 

 

 

 

 

Le dénouement n’est pas toute

 

Ils dansent dans le souvenir de l’éclair aveugle, silence entre les paroles , les mots qui supportent tous le nom de la bombe

 

un couple encore après cela...improbable, sur fond originaire mythique, longue série d’empreintes répétées d’un éclair enfoui

 

 

la toujours vague ébauche du un, malgré l’impossible

le parlêtre phallé cependant, ce que disent les formules d’encore

 

l’hystérique parle de cet impossible, elle livre ce corps à l’impossible du dire après l’impossible du faire

 

Freud échoue non pas relativement au transfert mais peut être structurellement, Lacan tout autant de signer d’un discours ce dire qui vient se défaire comme le reste sur le signe, retour à Charcot et même en deça

la scène se répète à l’infini, elle passe sur la scène théâtrale, elle demeure suspendue dans le souvenir, comme un oubli

encerclés donc, ensphérés, c’est ce que dit le miroir, l’identique, mais il y a des surfaces droite et gauche entre lesquels glisse une présence opaque, étrange. Comment passer d’une surface l’autre? sans déchirure, par plongement de la sphère dans R4, ce qui permet de croiser les nappes

sans pour autant réduire complètement le boudin équatorial qui tend à quelque écrasement, l’apparente opération précédente vient à nouveau se heurter à quelque chose qui masque la torsion derrière une apparente symétrie maintenue. Il faut donc prendre les choses autrement et noter en quoi la sphère est une réduction imaginaire du cross cap, c’est à dire en quoi chaque point de cette surface est une bande de Moebius, de sorte que le retournement de la sphère va en fait mettre en oeuvre un retournement torique

 

il y a ainsi une certaine idée de la sphère qui tente à réduire l’@sphère à son semblant

 

c’est à dire à supposer qu’il y a du Tout, de l’Un en l’Autre, et donc que l’Autre vienne garantir cette idée du Un , c’est une représentation du nombre qui ignore bien sûr le zéro. L’hystérique soutient le phallus de tout son corps afin, en tout cas, que tout ceci ait du sens, quitte à risquer un bout de réel comme ivresse de chair, pente nymphomaniaque. Acharnement à donner quelque sens à l’autre, un sens qui, porté par le fantasme, en supposerait cependant l’extraction. 

 

 

 

 

ne pas s’faire à Miller

 

 

voilà donc la figure de l’amour, l’un-deux qui fait la fallace d’être lourd de sens, justement d’un hors sens qui est hors jouis-sens, c’est cela le non rapport

le passage au trois qui dit bien que “ce n’est pas tout ça mais...”. La monstruosité de l’androgyne

 

ici fait retour tout autant la couleur de la forme, couleur donc

“la  couleur n’a aucun sens....la notion de couple colorié est là pour suggérer que, dans le sexe, il n’y a rien de plus que, dirai je, l’être de la couleur, ce qui suggère en soi qu’il peut y avoir femme couleur d’homme, ou homme couleur de femme” question laissée en suspens (pas pour rien donc ) pas Lacan et petit dossier en souffrance qui sait qu’il faut passer par Goethe et par Wittgenstein, au moment privé où la terre recouvre progressivement les couleurs, mur vertical de la fresque qui poudre, puis se stabilise lentement.

Comment rendre compte de la présence du réel qui est nécessairement troumatique puisque hors imaginaire, hors symbolique, non localisé, hors sens. Le parlêtre se constitue d’un redoublement du signe sur lui même qui efface toute stabilité, tout continu, mais cette opération même introduit un lieu tiers dans son expression même et donc l’idée soit d’une arrière monde soit d’une logique non duelle. La théologie est la longue histoire du trois et le monde moderne se construit sur des singularités qui oscille entre déni et forclusion. Ne devient pas fou qui veut, par contre chacun peut être confronté à des formes averties de perversion, en effet loin d’un obscur montage à la Krafft Ebing, il s’agit bien de pouvoir pousser le contradictoire dans ses replis. Denise n’est pas Roberte, Denise , avant de rencontrer Pierre, passe par Ravensbrück, alors la contingence de couple est soulignée, l’amour de la mère de Pierre pour Rilke, l’installation de la fille Frédérique avec Balthus... elle est avec Pierre, avec cette distance de ceux qui savent, non pas tant l’horreur politique que le fond fantasmatique d’une femme

 

 

il serait sans doute tout autant question des démons, c’est à dire des visages non humains de l’autre, ce par quoi vient se défaire le rapport continu à soi

 

Le démon est au principe du signifiant, il pose la différence irréductible de l’homme à la femme, irréductible car il n’y a aucune complémentarité, uniquement des zones de semblant mises en commun. C’est ce territoire du genre dont il convient de pouvoir signer la ruine au nom de la marchandise, le droit transsexuel venant achever l’individualisation radicale de la modane.

 

Une femme est ainsi xenopathique du parlêtre, c’est dans le fond une des leçons de la pièce de Gorki “les Barbares” , même si celle ci demeure en grande partie une machine antistalinienne puisqu’elle fonctionne en miroir, chacun est le sauvage de l’autre et l’ingénieur ,loin de jouer avec le primitif, y apparaît comme constitutif de la même forme, à moins qu’il ne faille y lire simplement la rencontre avec les démons d’une nature endormie, les jeux des couples dans ce contexte retrouvent la violence du réalisme de Marivaux, les structures se déploient avec clarté entre deux personnages forts, l’hystérique du village et la Lolita de la Toundra.

 

L’indication du sensé suppose de poser un sens possible à l’hors sens, soit ce qui ne cesse de plus avoir de sens aussitôt, destin de l’interprétation dont la structure est celle du signifiant, plus exactement sa ponctuation, dont l’essence n’est qu’en partie relevée par Derrida à propos du “et”, le <> est alors à la fois et et ou, mais surtout < ou > soit un ouvert undesens. C’est d’ailleurs à ce titre que Joyce est @freud parce qu’il ne permet aucune présentation qui le tiendrait comme exception du côté du semblant du rapport. Aucune réduction de la psychose au champ névrotique, voire presque la particularité inverse, du moins la nécessité de penser tout ceci Autrement, se rompre à la polysémie . Joyce permet de s’orienter autrement qu’en terme achevable. Il ouvre dans un rire la porte au bruit du monde, le souffle nullement romantique et brûlant du réel. Joyce indique un possible de la nomination qui ne serait pas sinthomatique c’est à dire paranoïaque. C’est en tout cas la borne minimale pour notre orientation. On ne peut sortir de l’impératif catholique qu’en s’essayant à  compter au moins jusqu’à six.

L’espace de Calabi Yau suppose ainsi un imaginaire qui ne serait pas du semblant, second tour de la structure après le point mélancolique. Il y va d’une sorte d’autotraversée topologique , ce qui suppose au moins un autre rapport au temps. Ceci passe toujours par une certaine torsion de la langue selon le poème, ce à quoi peut répondre une certaine algèbre. Mais le jeu de lettres ne fait pas dogme, il ne devrait permettre que d’exclure certains discours. Les formules de la sexuation algébrise la phrase dénégative “il n’y a pas de rapport sexuel”, car il n’est pas sans y en avoir dès lors qu’il peut être dit qu’il n’y en a pas. Car il s’agit de fuir l’impensable, même pour Joyce qui pourtant n’est pas gêné par l’interlangue. La pente jungienne du Sens du non sens est toujours là, le récit demeure un songe et le réel file par le trou du souffleur. 

Après tout la version de Dario Argento du fantôme de l’opéra est sans doute la meilleure de souligner que la réponse à l’hypnose, c’est à dire au fantasme phallique masculin est plutôt chirurgical

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

c’cigare tordu est réel

 

Une présentation impossible puisqu’elle tient au réel, c’est à dire une présentation qui ne serait pas sans risque justement , celui d’un ouvert, fréquentation douteuse, à quoi on va préférer sans doute un peu plus de sens, distinction du signe in infinitum, c’est à dire in fine quelque chose comme une analogie qui tient à la capture imaginaire, au bord de l’éversion du réel, soit une bonne vieille métaphore qui jouit sens, du sens phallique s’entend. Au besoin, faute de mots, faire l’amour, pas la guerre bien sûr, écrire donc des romans d’amour. Ceci doit bien un peu pacifier le réel , l’orienter dans le sens d’une découverte, pas du côté des modalités thanatiques du pas de sens. La question est bien de savoir s’il y a encore le temps. Pour échapper à la cité, le héros hors fantasme, revenu de sa localisation père-verse dans le manuel de Krafft Ebing, prend ses génitoires tranchées et part vers l’Est, sur les pas d’Alexandre vers le Bouddha , géographe orienté sans résistance dans le fouillie des langues. 

 

Il n’y a pas d’Autre de l’Autre, fut-il négativé, comme il n’y a pas de rapport sexuel ou plus exactement il n’est pas sans ne pas y en avoir, le phallus demeure ce point dans le signifiant qui ordonne  le fantasme entre imaginaire et réel, entre (-phi) et @. 

 

Vérifier que je sais ce que je dis passe par cet entendu d’au moins un qui en témoigne en inventant quelque chose qui puisse me servir. Il s’agit donc de vérifier quelque chose de l’inconscient qui ne soit pas simplement la spécularisation en l’autre, mais ce que l’autre atteste d’un même rapport au réel dont l’infinie singularité passe  par une écriture réelle.

En contre point notre bafouille picturale, le réveil de Hegel, dans le style Valdemar, il est vrai. La pensée du signe est certes peu dialectique et le populisme actualise le rapport crépusculaire au monde.

 

 

L’invention en cause, freudienne, est une écriture, borroméenne s’entend, métaphore cependant, re-présentation, un réel comme nombre, qui n’est que chiffre, le trait unaire comme un élémentaire tracé à l’os.

La science se risque à manipuler des nombres, d’où la question des constantes, une série de nombres réels entre les lettres, ça commence avec la quadrature du cercle, c’est toujours pareil, mais la quadrature échoue non pas relativement mais absolument. Le théorème Gödel est absolu, l’axiomatique formelle ne se complète pas fusse de son centre-exemple à l’infini.

Gödel établit donc que toute théorie formelle M non contradictoire des mathématiques contient des propositions indécidables. La piste d’un affranchissement physique de l’incomplétude est récusée par Leonid Levin qui s’appuie qur la théorie algorithmique d’Andréi Kolmogorov. Dans le cadre d’un système formel, il est toujours possible d’établir un programme qui mécanise l’obtention des résultats. Bien sûr cela repose déjà sur la notion de non contradiction de la démonstration. Gödel établit (il raisonne sur le symbolisme de l’arithmétique de Peano sur les nombres entiers) qu’il existe une formule F non démontrable, pas plus démontrable que sa négation d’ailleurs, ce qui établit une sorte de trou dans le système. En fait ce que Gödel établit c’est que F peut être simplement l’énoncé “M n’est pas contradictoire”. C’est parce que M est non contradictoire que M est calculable, mais dès lors il est incomplet. D’où l’idée de construire un système plus vaste qui inclut F dans son axiomatique, un métasystème. on peut songer à la question des parallèles dans l’espace euclidien. En somme GÔdel peut-il être récusé par la simple opération M+F? il semble que non dès lors que l’application de Gödel demeure possible et établit un indécidable F’, etc..;pourtant à l’infini le système semble complet, sauf que la modalité de construction exclut tout procédé mécanique de test, mais la mécanique quantique permet d’envisager de construire des objets non calculables, on pourrait donc imaginer un système à axiomes infinis iM soumis à une sorte d’algorithme probabiliste de calcul. Levin sort de cette contradiction grâce à la théorie de l’information. iM qui ne laisse aucun trou devrait impliquer une information infinie sur la solution du problème de l’arrêt d’un programme. Il faut passer par la théorie de la complexité de Kolmogorov. Le contenu en information d’un objet (sa complexité) est la taille en bits du plus petit programme capable d’engendrer l’objet. Plus petit programme veut dire contenu incompressible d’information. On peut comparer ainsi deux objets en comparant leurs quantités d’information. Turing a démontré qu’il est impossible de déterminer si un programme va s’arrêter ou non. De sorte que le théorème de Gödel est absolu. Le réel demeure excentrique.

 

Donc Freud ne fait que métaphoriser le psychisme dans la métathéorie comme science, comme topique.Lacan dit qu’il y invente quelque chose. Le boro est hors sens, le parlêtre y chafouille malgré la voie qui dépasse la remémoration de la lettre perdue, volée, forclose. Dépasser l’Esquisse, il s’agit donc d’écrire au delà du jeu des lettres S1S2 qui écrivent, elles, la réalité, non le réel

Lacan nous demande prendre son invention et d’y faire retour d’une invention, de repartir de son invention  nodale, de son sinthome qui signe son réel, il s’agit bien d’arriver à parler l’élangues qui passe par le freudien, puis le lacanien

sortir donc du spéculaire qui énonce le deux, qui y joue un symptôme , ce qui revient toujours à réussir à penser à trois, bon exercice que celui dit des trois corps qui ménage des chemins de faible énergie dans l’espace d’allure chaotique car newtonien. Le champ gravitationnel engendré par plus de deux corps est fort complexe et à la régularité des orbites il convient de substituer une toile mouvante marquée par des points de stabilité relative dits de Lagrange qui sont en fait des points de bifurcation progressive d’attraction, ainsi dans le cas d’une faible masse entre terre et soleil. Il faut plus exactement suivre l’idée de Poincaré en six dimensions d’espace et de vitesse. Cette notion de chaos déterministe est certes applicable à d’autres situations de manière plus ou moins analogique. On peut construire sans doute quelque chose comme une carte du tendre autour de ces notions.

 

 

qu’est ce que la mémoire? qu’en dire? qu’ai-je à en dire? que dois-je en dire? qu’est ce que je fabrique à le dire? à ne pas le faire? dire la mémoire du rêve qui est la lalangue, celle qui ne peut se dire, d’être polyphonique, aphonique, refouler ainsi la lalangue, celle que je ne parle pas sans la parole cependant, ne poser la langue que de la perdre puisque ne cessant de l’inventer. Toute parole est hantée de cette perte, de cette invention, soit un réel que je dis malgré les mots

Swann dit qu’il se souvient d’Odette, c’était sans doute après l’avoir revu sans doute en rêve, ou même avant quand il pensait qu’il la voyait parce qu’il croyait en être épris et qu’à ce titre il la fréquentait, il se souvient d’Odette dans l’évocation des souvenirs, des fragments narratifs qu’il se plaisait à faire circuler dans son esprit, y puisant la forme de faire ressurgir la présence d’Odette au hasard des rencontres, empruntant l’entre vu d’une femme qui passe pour y localiser la silhouette qui ne quittait pas son esprit et ce d’autant moins qu’il associait ses souvenirs à des douleurs locales que l’attitude d’Odette ne cessait d’induire, volontairement ou non, car il savait tout autant qu’elle ne se souvenait jamais très bien que ce qui avait pu éventuellement se passer entre eux tel ou tel jour, il était donc le dépositaire imaginaire d’une mémoire qui ne renvoyait à rien sauf au possible de son esprit de rendre réel ce qu’il évoquait , et ce malgré le temps qui pourtant semblait immobile à la surface de tout cela, il se rendait compte que le fil des mois transformait cette évocation en une forme précise mais vide , comme le renvoi à une photographie dont on connait tous les détails sans pouvoir jamais savoir de qui il s’agit, autant avait-il pu se dire qu’il n’oublierait jamais dans l’espoir de la revoir, autant il en venait à craindre de la revoir dans l’obsession creuse de son souvenir

il ne savait rien dans le fond de l’existence d’Odette pendant qu’il la voyait et encore moins par la suite, et il savait qu’il n’avait jamais voulu rien en savoir dès lors qu’une trop grande localisation n’aurait pu que la poser dans l’espace -temps dans la douleur de l’instant qui n’existe jamais, défait qu’il est des mots nécessaires pour le faire advenir comme présence, mots qui construisent aussitôt la semblance du souvenir qui est le leurre du présent

aller au delà de ce leurre c’est prendre le risque passionnel , c’est errer dans l’espace hyperbolique des amours fous, là où coule le sang rouge des insomnies sauvages, la pure présence des choses dans leur ironie de langue inouïe, insecte sans paroles qui s’amusent d’être combattus, pure mélancolie du je ne peux, je ne peux plus me souvenir d’Odette, il dit cela, au lieu de solitude, loin des regards soit disant aimables qui l’observe comme le petit animal honteux qu’il est devenu

 

 

la vérité peut être d’un amour de transfert sincère, absolu et donc désespéré

ce trouble, un instant, où il serait possible d’être là, mais rien que la colère de savoir justement l’effacement d’Odette en sa présence, cette effacement donc de soi puisqu’elle n’en éprouve aucun réel, toujours au bord de la consistance, avec cette illusion de pouvoir changer à se fondre en un amour réel, cette pure tension du transfert, que rien ne peut actualiser, même pas le couteau qui découpe la chair, justement d’ailleurs, ce body art relance le trouble mémoire, 

je vois des choses

j’entends des choses

je ne sais pas qui je suis

langue pendante

pensée bloquée

 

tombe une neige noire

 

 

ceci mesure très exactement l’hors sans du réel, ce nouage qui rend possible le IS parce qu’il y a R, toujours à la limite de l’inter RI, cet ouvert qui tient le semblant de l’Autre

 

La psychanalyse découvre un champ clinique au titre du transfert qui fonde cette clinique d’un discours, dès lors se forge pour Freud une topique, pour Lacan une énergétique, c’est à dire un savoir dont la transmission repose sur un impossible puisque ce savoir est le singulier d’un réel qui ne cesse de ne pas s’écrire. Cependant le discours analytique demeure articulé aux autres discours qui s’en nourrissent, ainsi de l’universitaire.

Il est possible de reporter les quatre discours sur le schéma L pour remarquer que le DA au lieu de l’Autre pose l’inter-dit symbolique au lieu du sujet qui s’en défausse du côté du maître pour faire advenir donc l’imaginaire de l’universitaire. 

 

La question de la science psychanalytique suit le déplacement du S2 qui n’existe qu’au titre d’un Autre consistant, dont la définition est bien sûr qu’il n’y a pas d’Autre de l’Autre, et donc implique des opérations formelles dont l’énergétique est l’arrière fond mystérieux qui ne peut que soutenir le semblant de réalité. C’est d’ailleurs le destin de la science elle même perdue dans son énergétique noire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

adieu monsieur Joyce

 

Le signifiant engendre une structure déterministe au sens du chaos déterministe, c’est à dire une structure dont les points de localisation sont analogiques aux points de Lagrange des espaces de Poincaré. L’imaginaire en a-perçoit l’a-forme au prix d’une précipitation dans un type d’image stable et dès lors vectorisée selon la logique père-spectiviste. Ce type de réduction clinique, qui suppose de fait une vectorisation du temps entre origine et narration, est dialectiquement faible en regard à la virtualisation clinique opérée par le Kapital. C’est le même problème que celui de la politique en regard de l’Economie Généralisée. 

Cette question peut également être traitée au titre de l’écriture hypertextuelle ouverte. L’élaboration d’un dispositif conceptuel ne peut plus se concevoir comme la mise en cause clinique d’un à priori systémique philosophique. Il y a nécessité de soumettre la phénoménologie clinique fragmentaire à un mode d’exposition qui n’aurait pas besoin de point de vue métathéorique autre qu’un certain état non complet. Cet abord godëlien du concept suppose de pouvoir se doter d’instruments d’exposition à la fois rigoureux et collectif. Le modèle des encyclopédies ouvertes sur Internet est un modèle positif sauf que l’ouvert l’est au titre de soumettre la régulation à l’arbitraire d’un quiconque . Cette distinction recouverte celle entre développement intrinséque et extrinséque du concept, ce en rapport avec un champ clinique. Lorsque Lacan relit Freud, il le fait au titre d’une théorie du sujet qu’il élabore comme une série d’Ecrits dont le rassemblement supposerait une possible réécriture que Miller dans le fond articule en appendice au rassemblement d’ailleurs partiel des textes. Une théorie “achevée” vient ainsi dogmatiser une élaboration qui ne cesse de questionner la forme de son savoir. Le réel s’en trouve d’autant évacué. La notion même de concept devrait pouvoir suivre celle du signifiant, si l’on tient au caractère réel de l’opération. De ce point de vue le travail de Joyce pourrait servir à modéliser quelque chose qui ne serait pas sans être une élaboration théorique de la psychose.

 

Quel rapport donc s’ouvre entre réellement entre l’écriture nodale et le sujet? qu’est ce qui vient ici dépasser la simple illustration, l’explication, pour permettre de disposer d’un instrument un peu opératoire? Rien moins de sûr là dedans, soit en demeurer au passage de la lettre au schéma, faire schema-tic, soit pas grand chose, sauf à supposer que le passage par l’écriture borroméenne permet de penser ce qui se mobilise là, ce qui ne pourrait se penser sans y passer par ce noeud, penser avec la manipulation du noeud. 

Il y a sans doute un clivage à opérer sur la question de l’écriture entre écriture nodale du signifiant (lacanienne) et précipitation du signifiant dans l’écrit (derridienne). Cette distinction n’a rien d’évident et demanderait un peu d’études pratiques, d’une part par la pratique croisée des textes, d’autre part par la clinique de l’écrit chez l’enfant (le passage à l’écriture chez l’autiste est bien sûr très différente), enfin par l’histoire des écritures et de leur déchiffrement (la question de l’écriture de l’Indus dans son rapport potentiel aux langues dravidiennes est essentiel, d’autant que la phoménatisation hiéroglyphique demeure question ouverte)

 

le dire de Derrida erre sur une origine matérielle de la lettre, voire de sa fusion, sa cendre, les deux temps d’une écriture, mais cet aspect imaginaire tient après tout en l’encoche représentative, la réduisant au chiffre de la bête tuée, ne posant nullement la question de la droite que le trait unaire entraîne. Après tout pour qui erre au prix du symbolique, c’est à dire qui demeure dans une excentricité du réel, l’écriture fonctionne bien comme ce qui se joue d’un recouvrement du trou par la lettre, autrement ça s’écrit tout seul comme ça parle, il n’y a pas besoin d’assurer à chaque lettre son assise, c’est d’ailleurs ça qui va distinguer l’écriture névrotique de l’écriture psychotique; dans le second cas, le tout est toujours dans le détail de la lettre. Il serait de la plus grande importance de pouvoir traiter du style psychotique.

Il est du plus haut intérêt d’essayer de se retrouver dans la présentation d’un corps, c’est à dire de ce sac troué d’orifices pulsionnels plus ou moins freudiens car rapportés à une anatomie spéculaire, sauf qu’effectivement c’est d’un tout autre corps que parle le rapport amoureux en ses montages, dont parle également le corps psychotique qui n’est que faiblement arrimé au schéma R. CE dont Joyce témoigne c’est qu’il a le sentiment non pas d’amour un corps inconnu mais un corps étrange, étrangement corporé

c’est une question importante cette sensation du détachement de l’imaginaire au lieu de la jouissance masochiste, qui nécessite donc cette nomination par la lettre

avec cette autre conséquence qu’il y a nécessairement trois types de nouage de ce type selon I, S, R, avec ses conséquences du côté des jouissances, ce qui implique aussi que l’idée d’une trinité de la lettre ne résiste pas trop à l’examen et qu’il convient plutôt de supposer un autre type de trinité para-joycienne

RS (I) détachement de l’imaginaire, nomination symbolique (lettre)

R(S)I détachement du symbolique, nomination imaginaire (icône)

(R)SI détachement du réel, nomination réelle (drogue)

ce qui devrait avoir quelques conséquences pratiques, à condition de noter que le trine Joyce, Celine, Pessoa est quand même SRI, ce qui suppose sans doute une économie de la lettre accentuée, s’faire un Nom, s’faire un nom, s’faire des noms. Reste à exemplifier alors les noms de l’icône et les noms de la drogue. De plus il faut toujours tenir compte des espaces d’immersion du noeud 

 

RSI n’est pas articulable comme I, puis S puis R, selon la réalité freudienne ISR ou selon l’ordre du séminaire, RSI n’est pas non plus l’ordre des consistances, même si le séminaire de ce nom atteste de l’opération de lecture rendue enfin possible. Les consistances sont identiques et différentes. Elles portent la nature même du signifiant. On peut donc dire qu’il y aurait d’abord S comme traumatisme originaire de la langue. Ce n’est que dans l’après coup de la mise en place ou non du nouage RSI qu’il est possible de désigner R, I ou S. Le réel est complet. 

 

Un premier trou advient qui est l’ex-istence de l’objet @, qui est bien une opération “spatiale” puisqu’il y a une premier pliure de l’espace connexe. 

 

On pourrait dire que c’est le trait unaire qui donc incomplète le réel d’un manque et donc fait advenir en l’Autre depuis ce S1  un S2 qui porte la matrice de la lalangue, qui va impliquer l’incomplétude de l’Autre

 

 Une seconde pliure de l’espace des consistances s’opère alors qui produit l’@sphère du pré-spéculaire qui est un ouvert topologique autour justement de ce qui est identification imaginaire cette fois, dont la conséquence est l’enfermement dans l’imaginaire du langage comme monde de signes, séparation d’avec l’hyperbole des signifiants (pour un sujet névrosé), inversion du mode d’ex-istence puisque c’est de l’imaginaire que le monde désormais se conçoit, donc selon ISR. Ce n’est que par l’analyse des composés imaginaires et symboliques du symptôme du parlêtre que la coupure réelle peut advenir comme véritable nouage borroméen des consistances. La question alors d’une solution sinthomatique reste ouverte de facto. Cela pose la question différentielle des nominations. Nomination symbolique chez Joyce. Nomination imaginaire chez Pessoa. Nomination réelle chez Lacan. Il est vrai que la question du noeud à quatre demeure difficile à positionner pour l’instant, hors d’un tricotage imaginaire qui ignore les conséquences pour l’espace connexe de l’existence même du noeud.

 

 

Si le corps justement ne tient comme Moi qu’au pris d’une père-version , d’un montage d’amour pour un père, la question se pose aussitôt du mode de lien qui viendrait porter témoignage à la fois de cette inconsistance de la perversion et de la facticité spéculaire. Il conviendrait d’en écrire le possible. Soit encore soutenir qu’une père-version n’y est plus nécessaire, mais c’est aussi à entendre selon le glissement d’une nomination autre.

 

il est donc toujours question de la géométrie et du corps, de la résistance de l’imaginaire à la présentation de la structure et de l’impossibilité de construire quelque chose qui ne passerait pas par l’imaginaire, à moins de justement supposer un sujet joycien soit dépecé, vide et donc uniquement réduit à essayer de transcrire le monde comme hallucination généralisée. Il est tout autant question du trou comme ce qui signe la structure entre la rondelle bien trop visible et le trou dans R4 parfaitement indéterminable . Il est tout autant question d’un irréductible de structure lié à ce que permet une structure comme re-présentation

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