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kuroi ame

 

Shohei Imamura

 

 

1989 : Pluie noire (, Kuroi ame)

Avec une delicatesse infinie, Imamura brosse ici les conditions de survie et de mort consécutives à l’agression américaine, la profonde humanité des personnages au delà des notes relatives aux croyances de la nuit des temps à propos des ancêtres, souligne une question effrayante, celle de la légende américaine relative à la justification de leur agression, la vie voudrait continuer avec le rituel des noces mais c’est devenu impossible, à cause de l’éclair qui réclame toujours plus de cadavres, à cause des blessures de la mémoire, avoir traversé Hiroshima brulante, la douleur est retenue, policée, la carpe saute comme un délire, les fantômes rodent, les esprits parlent et la proximité de tous ces simples gens est évidente culminant dans un couple hypothétique et vrai, un traumatisé de guerre poursuivi par les moteurs de char et une jeune femme détruite par la pluie noire

 

Le 6 août 1945, ridicule de l’espèce prise à la croyance au symbolique alors que le capital vient de rayer tout ça dans l’épaisseur des corps, après il ne s’agira plus que de la danse des fantômes, c’est à dire le descriptif ethnographique, ce dont sans doute le montage témoigne, mais peut être au titre du dispositif du home japonais, l’incessant mouvement des parois de papier.

 

Le vieux monde est mort et pourtant le monde n’est que le vieux monde, le rituel n’a plus de sens puisqu’il a été évacué par la terreur, mais il est le dernier sens du monde, en somme le signifiant coulé par le signe surnage par l’inapparent du formel qui se met à contenir l’intension contre l’extension du semblant. Et ce sera à Yasuko de contenir l’effroi mais la perdurance de la parole. Elle part mourir et pourtant ne meurt pas comme le lui répète et son amant fou et son oncle qui étrangement semble échapper à la mort, témoin certes de l’immuable des mondes disparus mais tout autant de l’articulation de cet immuable avec le réel

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