Je suis désolée
Bien sûr , comme je vous comprends, comme c’est gentil de votre part d’intervenir ainsi et d’atténuer, d’essayer du moins d’atténuer ce sentiment de sauvage séparation d’avec cet objet qui miroite dans les yeux et qui s’efface aussi pour faire place au lac d’ombre sans reflet, soumise au desolare, au ravage sans aucune consolation; le désir se trouve ainsi sans recourt, en tout cas certainement ce qui serait son aménagement qui pourrait le neutraliser. Après tout si l’imaginaire domine et n’a de légitimité que du point d’incidence réelle qui l’anime, alors la revendication sera de soumettre le symbolique à ce qui semble faire loi, le maître devra s’y plier sans doute alors que lui même est d’avantage travaillé par ce paradoxe d’être sans imaginaire et donc écrasé par un symbolique qui parle réel et ne cesse de lui dicter l’impératif d’un désir qui le veut sujet, mais dont il détourne le je au profit d’une proposition négative manipulable à l’infini et c’est bien cet infini qui renvoie sans limite l’impératif à sa présence insoluble. L’obsessionnel sera sans doute ce héros malheureux qui ne peut que subir le sort d’une loi qui voue le langage à son incomplétude , loin de l’immédiate sanction de la langue en chaque terme; il va chercher à contourner cet effet ponctuel incessant par un renvoi propositionnel en bout de bande en quelque sorte, vaine tentative pour une compacité close où le réel serait tenu par la langage , d’où ces images de sacs bouchés par l’anal, qui prendrait l’allure d’un truc pseudo phallique. Souffrance donc de vivre en tout point l’illogisme de la parole entre l’impératif et l’impossible. Parler est donc un danger immédiat qui indexe l énonce sur l’énonciation