finesse
comme on pouvait si attendre le cours de Jam (celui de 2008-2009) qui est presque en ligne (pourquoi celui ci en particulier?) n’est pas sans intérêt, d’une lecture dans le fond assez fluide, bref tout ceci, à l’évidence, est une grande pagaille, les lecteurs d’un même texte, ennemis tandis que le monderoule, roule
la cure devient expérience à cause du thérapeutique qui suppose la santé mentale alors que le sinthome signe l’incurable, ce qui n’est pas symptôme, lui même sans doute plus volatil, reste à savoir les conséquences d’énoncer quelques vérités qui ne font pas vraiment consister l’apparence instituée des choses, car au delà de la jouissance de secte, il y a l’impossible de constituer une expérience réelle attestée, une expérience des réels en passe d’une singularité ordonnée, il faut dire que le goût de la formalisation ne va pas très loin, pourtant à lire même les mathèmes qui ne sont pas totalité de ce réel, on constate qu’il y a horripilation entre le discours du maître et celui de l’analyste, et qu’il n’y a de thérapeutique que de maîtrise, il convient donc de tirer les conséquences d’un réel hors symbolique et pourtant noué à l’imaginaire et au symbolique, par exemple que l’analyste est excentrique au réel , au bord d’une stricte opération financière, ce qui est sans doute tout autant cette millerisation dont nous parlions sans écho, dans la structure s’entend
reste la clinique qui demeure celle du détail, de la finesse, du tact, qui est voie du mathème rendu opératoire, que l’on songe aux nouages toriques des géométries non commutatives, finesse aussi qui suppose non pas d’être en règle avec l’inconscient mais au contraire au risque de ses manifestations inventives, donc aucune clôture de la doctrine mais un nuage de points qui miment une structure, qui demeure articulée au non rapport , ce qui implique l’effacement de toute fin, de toute norme, l’érotisme étant la finesse du non rapport, invention singulière d’une jouissance particulière, il ne saurait y avoir aucune application psychanalytique, radicalement, aucun lieu pour y jouer le semblant qui n’est que comédie entre discours du maître et discours du capitaliste, donc pas de psychothérapie institutionnelle, pas de psychanalyse politique, puisqu’il y a suspension de toute demande, et que ce qui s’y manifeste au mieux c’est un montage impur mais réel, pas plus d’ailleurs qu’il ne peut y avoir un désir d’être psychanalyste, pas de cursus, l’expérience ouverte sur des rythmes variables, donc pas de standard accéléré par le capital, et de groupe toujours centré sur cette impossible à dire insu, en savoir un peu plus n’en même pas loin, sans doute au pire
vous voyez le Jam coule de source, c’est plutôt drôle dans le fond, est-ce provoquant c’est à dire dans le fond rappeler que toute cette agitation est du blanc, y compris et surtout les pseudo du groupe qui neuroleptisent à mort et coupent menu le temps jusqu’à plus le temps même de s’asseoir
est ce qu’il y a compatibilité entre psychiatrie et psychanalyse, ce n’est pas forcément l’avis de Freud qui est plus du côté de l’inconscient c’est à dire d’un questionnement infini qui va à l’encontre de l’installation dans le semblant de l’institution, fusse au détour d’une logique qui ne craindrait pas d’avancer l’absurdité d’une localisation du refoulement primaire, qui va de pair avec l’enthousiasme de la vérité close, la part de Dieu au final, soit le retournement idéalisé de la perte comme plein, soit le triomphe de l’amour comme déréalisation de l’objet , d’autant que notre temps est bien celui de l’enthousiasme consommateur, JAM cherche l’affect de l’analyste, apathie, blasement, écoeurement, ce que tu me plais, froideur, indifférence, insensibilité, flegme, il en vient au détachement, celui du guerrier appliqué, à distance des passions, à distance donc des variantes de la négation, puisque tout signifiant est positif, cette distance de structure entre signifiant et signifié, aucune clôture de jouis-sens, mais la métonymie du désir qui glisse entre les mots, entre désir et jouissance, l’inconscient ne touche au réel que dans un type de discours, qui écarte et la thérapie, et le savoir colmatant et la maladie, toujours ce signifiant en trop qui vient raturer la compacité, et JAM cherche alors la fonction de la pierre chez Freud, dans son histoire de finesse à lui, à qui, pourquoi, les couches de l’interprétation, un trop beau cadeau, un pour soi, finalement un pour la compagne refoulée de la fille, mais ce n’est jamais cela, car il s’agit après tout de lire à travers ça l’impossible du semblant de l’amour comme acte tout autant, le signifiant en trop est toujours celui qui désigne le non rapport, celui dont une femme n’est pas dupe, forclose en elle même du rapport
il n’y a pas l’interprétation mais les séquences qui y visent, cette inconsistance même au coeur du psychisme, le suspend vivant du principe de non contradiction, la finesse sera à chaque fois ce qui fait défaut à la clôture du sens, du concept, à l’échévement de l’intelligible puisque le mental y survit comme suppuration centrale, ce que la machine ne peut saisir, il est intéressant de rapprocher ici la question du sujet statistique et l’irréductible d’un réel qui n’y entre pas, réel qui vise une vérité toujours mi-dite, une vérité qui ne tient que comme mensonge d’un dire, l’interprétance qui excise le réel offre la chemin redondant d’une flamme hystérique à quoi fait suite l’infini de la compulsion, le réel ne peut que mentir pour tout parlêtre surtout si une solide paranoïa l’anime, un pas de plus et la distinction névrose-psychose s’efface au titre d’un sinthome qui noue la structure, tout comme le symptôme et le fantasme s’y trouvent renvoyer au no man’s land de l’inter-dit, le transfert vise à l’inconscient, hors de la pulsion qui suppose une jouissance hors sens, qui donc ne peut des semblants asseoir la vérité, donc une clinique psychanalytique qui ne tient plus à ses formulations antérieures, psychiatriques, freudiennes, lacaniennes, à partir de la logique des noeuds l’ouvert d’une autre clinique est en jeu
la question qui vient alors peut être serait toujours celle qui porterait sur un point d’indéfini où à force de rejeter les errances de l’imaginaire, l’incomplétude du symbolique, les difficultés propres aux disciplines formelles, il ne resterait que des effluves , après le départ des dieux