quelques ombres en guise de printemps
Sans aucun souffle que cet air qui vibre presque par défit, et les violences feutrées de la ville noire de suie, sur la face rendue livide par cette lumière trop forte pour la saison, il y a , montant du fleuve, une puissance noire , discrète, l’appel envahit les formes autour, nul de se souvient jamais de ce qui pouvait advenir, ce brouillard sur les choses du passé, presque aucun souvenir ou alors un quelconque pris au hasard des voix, pourquoi pas cette tempête en Kabylie, les fenêtres non closes et le vent et la pluie qui aggravent la misère ordonnée par le pouvoir qui ne pardonne pas à ces gens d’avoir engendré la révolte, ce temps désormais perdu et clos, douleur au creux de hanche qui porte au loin l’infinie souffrance des paroles suspendues, être ange et voir au dessus des choses , se porter au dessus du jardin qui flambe, lointain, dans un autre espace temps, défunt de cette étrange remontée du souffle , presque rien que l’interprétation toujours excessive qui suppose un sens aux bruits du monde
Ils brûlent des DVD, des cassettes vidéo et des magnétoscopes à l'extérieur de la mosquée Rouge, vendredi 6 avril, à Islamabad. Ainsi l’a voulut le mollah Abdul Aziz, imam de la mosquée Lal. Il s’agit d’imposer la vertu à l’aide des attaques-suicides
Dans les épaisseurs de l’oubli, il doit y avoir une forme possible, mais l’esprit doit se livrer à un effort terrible pour arriver à poser ceci dans la clarté, la jeune femme se rit de ce monde brutal et sidéré dans ses rites, elle cherche à produire du sens nouveau mais se perd dans un autre reflet, elle est hors du monde qui passe, prise dès l’enfance au jeu pervers des désirs épuisés, ce rire qui accompagne presque à l’échafaud son refus du fixe et du sérieux
Frivolité de la raison, déjà le monde passe sur les couleurs du siècle et rien ne demeure désormais de ce qui fut dans l’épaisseur du temps, la bêtise monte à l’horizon du bon sens économique, l’érotisme s’achève comme les vins perdus eux aussi dans la science de leur analyse nue. Il ne faut plus chercher devant une signification puisque ce monde est perdu avec la montée de la vertu révolutionnaire. La parole vire au signe et les rares compagnons du verbe finissent dans la plus radicale aphasie
Le candidat Poutine s’exprime désormais librement sur sa vision du monde, il est dans Philosophie Magazine avec Onfray. Il penche, le voilà au bord de dire la règle universelle " incliner à penser qu'on naît pédophile... Et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions pas soigner cette pathologie ". Magnifique! La génétique compatissante," il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés mais parce que génétiquement ils avaient une fragilité, une douleur préalable ".quelle différence entre Bush et Bodein?
c’est sûr qu’il y a de quoi rigoler! alors on doit reprendre la route vers le lointain des choses, traverser ce dépôt d’ordures en essayant de ne pas se faire repérer par les satellites, se fondre dans la montagne , Massoud
Quelque chose manque, vient à manquer, sens perdu, ne pas savoir, sans cesse, une place possible qui pourrait indiquer, il faudrait se laisser à raconter des histoires sans fin, ce manque d’application pour des choses sûres, c’est la phrase qui manque, ne plus dire faute du mot
Le temps s’éclaire d’un mouvement sépia, immobile du ciel qui s’ouvre selon la pente des yeux, de la voix, le vol est désormais silencieux, dans ce temps suspendu
la pure présence refermée sur des zones absentes de promeneurs qui parfois surgissent pour rien
ce sont toujours des bras debout, un peu emphatiques, un peu dénotés
tout ce temps perdu, ce chagrin du séparé,
parfois surgit le souvenir d’une ville possible
le temps cesse d’être colmaté ou refoulé, le corps clivé entre les deux versants de l’oedipe, ce hurlement du corps pris au bascule des jouissances
le vieux maître reprend le texte du mort pour l’approfondir, apporter enfin une réponse à une question que tout le monde a oublié, ce qu’a pu raconté l’ami au mari avant sa mort , a-t-il ou non confessé la perversion de l’épouse, rajoutant le délice de ce savoir à celui de l’agonie
elle est donc liée, l’homme s’appuie sur elle lourdement, renforcé par la présence physique du cinéaste, son regard la plupart du temps se perd, parfois elle trouve un direct, puis se perd à nouveau tandis qu’elle écoute la leçon
ils se mettent à parler bien plus tard, le décor bourgeois masque la pacotille réelle d’une pizzeria de banlieue, tandis qu’il demeure un peu pris dans le shining du bar, il faut l’effort décoratif pour donner un peu de tenu à toute cette scène qui tient mal à l’image autrement qu’en figeant la lettre dans les craquelures du maquillage
ils se regardent maintenant pour la première fois, ils se voient enfin sans masque, ce sérieux de leurs regards est presque comique, il y a un côté proustien dans l’affaire, prendre le poids de cette jouissance là, l’Autrejouir n’est supportable qu’au prix justement de la réminiscence, c’est cela le poids de la littérature, ce qui la distingue de la poésie qui va devant pour le gouffre, ouvrir de nouvelles possibilités de jouissance, entre ces deux bornes le territoire du concept, à quoi participe l’esthétique
der Tod ist ein Meister aus Deutschland
this Death is a master from Deutschland
le voyage qui ramène toujours au lieu premier dernier, là où s’arrête définitivement l’espèce, son but, son recueil, là où le silence s’installe comme témoignage ultime de toute pensée, là où se lit le fond de toute pensée, le souvenir de la possibilité de l’homme, et le creux du révolté qui ne cède jamais à la montée légitime des maîtres et meurt sans cesse, mais meurt de sa mort à lui
mourir de la main de son frère toujours, sur les murs de Thèbes toujours
la scène qui survit à tout ce sang malgré le vent dans les feuillages toujours, Margarete, tes cheveux noirs, tes cheveux d’or
dein goldenes Haar Margarete
dein aschenes Haar Sulamith
le chemin devient plus facile vers la fin, il n’y a plus d’obstacle lourd, de mémoire vive,
le paracclésion, la barque des morts