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ether

 

L’étourdit participe à sa manière à une représentation négative de l’imaginaire, c’est à dire à un déni de la jonction de l’imaginaire et du réel. Cette pente iconoclaste à lourde tradition mérite d’être soulignée une fois de plus alors que le flux d’images tendrait à prouver au contraire que nous serions dans une civilisation de l’image. Ceci ne permet pas de lire efficacement les caractéristiques de l’imaginaire, d’abord le centrage de la représentation au point phobique qui est un réel, ce par quoi se lit justement le défaut à rendre compte du discontinu et de l’inscription de la forme dans la n-dimension. Le masquage du point réel (sauf chez le phobique) va de pair avec la difficulté à se représenter un objet géométrique dans R3 , encore plus dans R4. Il en va de même dans l’imaginarisation d’un trou dans R3 puisque nous ne concevons que le trou d’une feuille de papier. Il n’est pas non plus possible de sortir de ces difficultés en passant par le symbolique, ce serait faire l’économie justement de l’ouvert propre à l’imaginaire et que le peintre dans le meilleur des cas affronte. Notre perception semble nous inviter à supposer du continu dans les choses. Ce en quoi l’horreur du vide apparait comme une composante spontanée. Il nous est difficile de concevoir le discontinu, la droite réelle est infinie localement, même si le nombre est une coupure, ainsi en ira t il du vide supposé toujours un brin consistant , l’expérience de l’air atteste d’une sorte de substance dans laquelle baigne les objets physiques et en particulier cette part de nous mêmes qui est notre esprit, notre pensée. L’âme est sans doute ce qui assure le continu d’espace temps, la puissance de l’image construit des êtres et des mondes et l’esprit flotte sans limite. La puissance de notre désir subvertit la monade et fait surgir la présence de l’être aimé, à la limite d’une pensée unique qui viendrait attester d’un continuum qui rendrait obsolète notre rejet solitaire dans le monde phénoménal. 

L’expérience de l’air se sublime en ether qui s’en distingue, Platon y voit quelque pureté qui jouxte les dieux, cinquième élément, il en sublime l’imperfection matérielle de l’air, de l’eau, de la terre et même du feu, ainsi s’isole une zone intermédiaire démonique, angélique qui pourrait presque se passer des dieux, d’ailleurs les pythagoriciens vont fabriquer des distinctions animées à travers lesquels l’essence des éléments va se disjoindre sans pour autant se diviniser, l’éther sera chaud, froid ou dense, il se localise , ce qui suppose une nature unique au delà du relatif des apparences. On ne sait pas trop ce que s’est mais c’est un arrière fond des choses nécessaire aussi bien à la métaphysique qu’à la physique. Aristote va d’ailleurs fabriquer une mécanique compacte du contact d’une inévitable immobilité. 

Si Descartes essaie de sortir Dieu de la représentation, il ne l’évacue pas puisqu’il ne peut concevoir le mouvement des planètes que comme l’effet de tourbillons d’éther, et même Newton, malgré le calcul gravitationnel, ne peut se résoudre à la force dans le vide, et voilà l’éther subtil qui pénètre les corps solides, nécessaire, inconsistant aux lois physiques, il est vrai que l’espace est sensorium Dei. 

la conception brumeuse de Newton ne quitte pas la physique moins du côté matériel que du côté lumineux, l’onde lumineuse se supporte de l’éther dont on arrive pas à établir la moindre propriété sinon qu’il est d’une rigidité infinie pour transmettre la lumière d’étoile et d’une résistance nulle au déplacement satellitaire, cette substance est donc immobile par rapport à la matière, étrange concept dont on ne peut se déprendre et qui demeure inintelligible, et disparaît dans l’expérience de Michelson et Morley, disparaît est un grand mot, car comment renoncer à un référentiel absolu mécaniquement inerte, Lorentz , Poincaré... bref à côté de l’histoire des sciences il y a l’intrication de l’histoire du désir et de l’idéologie, que le temps puisse être relatif n’est pas loin. La riemannisasion de l’espace, la relativité s’achèvent en grand retour

« L'éther de la théorie de la relativité générale est un milieu privé de toutes les propriétés mécaniques et cinématiques, mais qui détermine les phénomènes mécaniques (et électromagnétiques). » dit Albert Einstein, impossible de dégager l’arrière fond des choses, tout est après tout conséquent 

le monde pré-quantique demeure aristotélicien, d’ailleurs la logique aristotélicienne est valable au moins jusqu’à Gödel

On est dans les années 30, le fascisme s’installe, Ravel commence à aller mal et Zwicky détecte dans un groupe de galaxies une masse dynamique 400 fois supérieure à la masse lumineuse, mais il y a des incertitudes de mesure, un défaut de distinction des naines et des trou noirs.La question d’une masse entre les galaxies comme le pense Smith demeure sans intérêt devant l’expansion de l’univers, la bombe, la guerre... la question ne reprend que quarante ans plus tard , toujours cette différence entre la masse de présence lumineuse dans l’infrarouge et la masse dynamique gravitationnelle, les lois de Kepler semblent en défaut, il semble exister une dark matter inobservée, du moins jusqu’en 2006, de mystérieuses particules wimps de masse importante et capables de traverser la matière comme un neutrino. Des sortes de filaments invisibles irradient l’univers et servent de support à la condensation primordiale de matière, comme on ignore de quoi il s’agit la question non résolue de la fluctuation primordiale se perd dans cet invisible présent et se soutient des distinctions entre black chaud et black froid, l’une étant métagalaxique, l’autre microstellaire

la représentation se disloque

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