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DUFOUR (Bonnard 2)

 

DUFOUR (Bonnard 2)

 

Bien plus tard Dufour va suivre la même voie, photographie, peinture

 

Il marche dans la ville, écoutant donc la leçon sur Flaubert, est-ce les essais à propos de Bonnard, en plein chaleur, noyé de soleil, est-ce le clos des orifices sonores par l’appareil ambulant, presque puisque demeurent les bruits des moteurs, les formes des femmes semblent surgir de manière détachée de tout contexte, en soi, la vulgarité ordinaire de la plupart tranche d’autant, de sorte que quelques fragments entre la douceur triste de Bonnard et la rudesse désespérée de Dufour, quelques... dans l’éclat du trait possible et déjà perdu , vues les circonstances.

Il y a chez Flaubert une difficulté à écrire infinie dès lors qu’il ne peut se tenir à la place narrative classique puisqu’il est partout et nulle part, dans l’épaisseur des choses, dans et hors les subjectivités, d’origine et même après la mort, d’abord un nous infantile qui anticipe le récit puis cette une femme qui est l’auteur et plus tard quelqu’un qui parle d’ailleurs, hors de ce champ, aucune linéarité, là aussi un tremblement face aux choses qui montent depuis l’horizon informe

 

Il y a d’abord quelque chose entre impossible et interdit, ne pas se lancer dans le graphe, la main meurtrie au fil des phrases qui se refuse, est refusée à tracer la forme nécessaire, presque naturelle, se retenir du geste, après avoir appris à dessiner sur son épaule. Lui, il recopie Georges de la Tour, Le Greco, Le Tintoret, Michel Ange...c’est déjà fait, on gagne du temps mais aussi quelque obligation à laquelle on fera fil de se soumettre

il s’agit de forcer l’intime, de pousser  la logique  de l’atelier à son évidence d’exhibition froide

 

Le voyage en Italie

 

mais il ne s’agit nullement du voyage classique, tout au plus l’art de la conversation, maintenant que le visible est rendu à sa texture non représentable

Ici s’inscrit sans doute quelque originaire qui n’est jamais que le tenant lieu freudien d’une in-forme présence, celle de l’Autre barré

“je me demande si la découverte dans mon atelier le 16 mai 1953 du corps d’Anne, vêtu, mort et sanglant, sur le lit, et à terre du pistolet tombé de sa main droite -- Anne , connue en 1948 à Cagnes sur Mer et aussitôt épousée à Paris -- ne constitue pas, sans que j’en ai eu conscience très longtemps, le fondement même de ma vie de peintre, d’artiste”

première meurtre que ne comble aucune image

“ j’ai toujours peint ces figures de femme aimée, possédée, adulée, sous l’empire de qui je vis, ou tente de vivre?  et dont je meurs un peu chaque fois, dans des situations d’excès amoureux, d’amour, et de désir, dans des états de crise:passion, jalousie, abandon, solitude, folie de possession... avant la catastrophe”

 

d’abord sa propre nudité

 

puis sa nudité à elle

 

un déplacement de formes identiques, détails de corps qui cherchent une cohérence sur un fond variable, cru, retrouver l’une, l’autre, leur perte essentielle dans leur présence redoublée par la mort

“ j’ai donc décidé de figurer des formes sexuelles non pas à travers des fantasmes conceptuels, mais à travers le réel de modèles que je me suis mis à draguer dans les rues à partir de 1959”

le ciseau des cuisses, au fond de la grotte, très au loin le regard, supporter cette confrontation d’une photographie qui tente la distance qui tient du couteau

“je meurtris la femme dont je montre le con en le nommant”

le regard s’impose , dans la logique de l’autoportrait depuis le point phobique où l’entraîne le dissimulé osseux et prostitutionnel

tout de suite après l’inclusion du monde phénoménal

retrouver son propre visage sur la toile

 

donc tête et sexe toujours jusqu’au dernier coup de pinceau, celui qui recouvre le nom de Bonnard

dans les ténèbres de la maison les séries immobiles qui glissent l’éternel de la présence morte, invisible rendu à la lumière

les ténèbres protègent au delà du camp, des meurtres répétitifs de masse

 

donc le couple problématique , dans cette distance de la face et du contour

 

une affirmation en déséquilibre

 

 l’effet de foule

 

 

face à Cezanne “il y a dans la peinture de Cézanne une démesure monstrueuse, une totale absence d’autocensure, un formidable orgueil qui lui interdit de considérer les autres artistes même distraitement, une séparation délibérée et totale de la société” La boucle existentielle

 

 

les contours de l’unique

 

 

le visage s’efface enfin, aller vers Kiefer....

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