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dévoilement

dévoilement

 

il convient sans doute de préciser ce terme comme bien sûr attaché à la clinique du fétichisme mais qui permet, grâce à la lumière ponctuelle d’un singulier, d’interroger la structure. Pour cela il convient de renvoyer à plusieurs notions dont celle du Naos vide comme secret de l’Autre, à savoir son incomplétude, son inexistence, secret dont le prétre garde le dévoilement pour des raisons pratiques politiques mais bien d’avantage comme necessité symbolique ( le très beau texte de Dostoievski sur le grand Inquisiteur ne parle que de ça). Le secret ne peut pas être dévoilé sans risque majeur, celui du désêtre et non pas celui du triomphe de la vérité, mi dite, entrevue. Certes il est question de la Vérité, de la vérité du moins du réel qui n’est pas alors une révélation, le vréel. On y opposera le semblant, avec son indexation éthique, cette necessité de dé-couvrir ce qui est caché. Un semblant imaginaire à quoi renvoie la semblance de l’image, son côté trompeur. Pureté de l’iconoclastie dans son rapport pur à la Parole, la Parole de l’Autre s’entend, un Autre révelé, qui dévoile le Texte de la Vérité, Parole de Dieu reprise par les vertueux Saint Just de la Politique de la Cité. il nous est sans doute difficile , nous qui sommes dans un monde d’images invisibles, d’interpréter une image comme cette re-présentation limite de ce qui échappe à toute représentation mais ne peut se manifester qu’à travers l’im-perfection de l’image. L’Ego psychology ne prenait pas les choses ainsi et posait le Moi et donc l’autre dans un rapport d’exactitude, d’interprétation correcte, d’identification à l’autre comme en quelque sorte normé, c’est à dire débarrassé du fantasme comme semblance imaginaire. Le travail de Lacan fut donc de critiquer ce point de vue conformiste au nom d’une articulation symbolique langagière, d’un sujet  qui n’est pas ce Moi satisfait de lui même, mais ce parlêtre animé d’un désir phallé pas en soi, comme si le Phallus venait estampiller une maturation subjective (quitte à trembler comme Jones de quelque aphanisis) mais parce qu’il y a conjonction structurelle entre le fait que le sujet est être de parole et que son rapport au langage est ce par quoi le réel lui demeure absent. Actéon donc découvre la nudité de la déesse et dans le même mouvement se trouve dévoré au lieu même de son désir, tout comme Hamlet qui différe l’heure de son travail qui le tue. Nous avons sans doute quelque mal à remarquer que le sujet moderne est plus frère d’Hamlet que d’Oedipe puisqu’il n’y a plus de Dieu pour pouvoir prédire le destin de l’homme mais une prédication structurelle et quasi algébrique à travers laquelle la marionnette s’essaie à produire des lignes de fuite, selon l’articulation qu’il essaie de donner à son fantasme, soit qu’il en délire le possible, soit qu’il en instrumente l’activité, soit qu’il demeure sidéré au point de fuite, soit qu’il joue entre interdit, insatisfaction ou impossible. Spinoza nous avait indiqué déjà que l’Ethique tient au réel et que loin de fonder l’existence sur la consistance de l’Etre et donc le malheur, il y avait place, sans Autre, de fonder l’Ethique du réel dont l’image pose la forme topologique. La béatitude disait-il, notion que nous avions un peu mieux comprise , grâce à Deleuze.

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