desir d’amour, amour du désir
Il serait peut être question de nouer, dénouer cette question selon la logique d’un après coup qui rendrait opératoire une sorte de désiramour qui ne serait dans la logique forclusive pas plus d’ailleurs que dans l’assomption de l’Autre plus ou moins masqué. Autrement est-il possible d’envisager l’amour comme sinthome dès lors que la traversée du fantasme pourrait se comprendre comme réécriture nodale au prix du désêtre structurel
$<>i(@) amour, ce en quoi le sujet se confronte à son désir dans la semblance d’un objet imaginaire
$<>@ fantasme, ce en quoi l’amour réglé c’est à dire conséquent à la logique du transfert , tout en démasquant l’imaginaire de l’objet, le ramène à son essence réelle et objectale; en somme le fantasme se défait et défait la structure au point extrème de sa logique ; la question est de savoir comment cette affaire se developpe topologiquement , y compris du côté d’une réécriture qui produise autre chose qu’une sorte de pessimisme averti et/ou d’assomption en Autre plus ou moins religieux , psychanalytique au besoin
c’est toute la question des chaînes comme solutions au fantasme
Avant d’avoir trouver le temps de s’attaquer, le temps et peut être surtout le courage, au corps du problème, je lis dans le train l’ouvrage de Rosario “l’irrésistible ascension du pervers entre littérature et psychiatrie” et donc envoie un petit mot à son traducteur, mot qui résume une impression
-I-
La psychanalyse prétend s’interesser à la structure, à lui conférer une portée plastique, un changement de sorte que le symptôme dans son détermisme minimal ,l’angoisse, puisse s’y trouvé comme recomposé, modifié dès lors que le désir pourrait se lire sans la défense organisée qui le tient au titre de ce symptôme. Dès lors hors d’une perspective normative, on ne voit pas comment cette sorte de libération du flux du désir pourrait se contenir dans les rives d’une vie amoureuse ravalée au titre d’une conformité aux lois non de la structure mais des symptômes. Question ouverte d’ailleurs sur ce qu’il faudrait entendre par structure après cure analytique. Question d’ailleurs tout autant impliquée dans le transfert lui même dont la tiédeur serait bien à la mesure d’un barrage au désir dont l’analyste serait l’agent.
On ne changerait pas grand chose à remplacer un amour de transfert normé par un désir de transfert énergétique sans risquer justement un jungisme basal , si nous n’établissons pas fermement en quoi le désir est avant tout une question de langage. C’est après tout la même chose que de se défaire du sentimentalisme de la cure. Et sans doute que le poème est le lieu où cette question se formule en les termes les plus vifs soit que nous soyons côté illustratifs soit que nous risquions la défaite du mot à désigner et le désir et ce qu’il vise la chose derrière les choses.
Tout désir portant sur un objet, du moins son tenant lieu, ne peut viser qu’à en posséder la présence afin d’en tirer quelque chose , de l’ordre du plaisir, ce à quoi peut s’opposer ou non quelque position éthique . L’hédonisme est-il moral? Encore faut-il justement s’entendre sur la nature de l’objet du désir , et du moins pouvoir distinguer un certain fond d’une certaine forme, morale pratique s’entend, au sens kantien sur quoi peut se poser le fondement de la question. Or justement s’il est possible de s’entendre sur un certain niveau de tempérance pratique, qui s’entend selon le classique usage des plaisirs, et qui est un jeu entre le moi et les contingences , il n’en est plus de même lorsque se pose le rapport non plus à une modulation possible du plaisir mais à un extrémisme désirant . Aristote désigne comme bestialité ce point où la raison trouve un maître obscur et radical, maître obscur à quoi le maître ne peut répondre que d’un renvoi dans les abîmes extérieurs, c’est à dire hors de la cîté. De maître à maïtrise il y a là l’épaisseur justement de la volonté qui s’inverse de la volonté du désir au désir de la volonté.
L’opération cartésienne mettant entre parenthèse l’Autre dans son expérimentation du réel , il en va de même au niveau de la morale où cet Autre va alors quitter son opacité , sa compacité aristotélicienne pour s’ouvrir à une dialectique qui, à parmi de Spinoza, va permettre d’interroger la question du désir dans son rapport à un Autre , non plus strictement divin, mais attesté dans la structure même du langage . Il y a là des questions relatives au transfert dans la psychose , érotomanie divine qui vient soutenir mais aussi paralyser le transfert à l’analyste.
La psychanalyse apporte ici un point d’appui qui est celui de l’analyse du fantasme, expression langagière qui signe dans le psychisme humain la présence du désir et sa détermination dans le langage. Le fantasme apparaît bien ici comme justement un rapport grammatical à l’objet. Entendons que le parlêtre dans son rapport à l’objet ne connaît que la médiation du langage, langage qui ne communique aucun signe mais du signifiant qui n’est pas saisible en lui même mais comme pure différence . L’image de l’objet fait signe de quelque chose non en soi , pris dans un jeu de présence-absence de la chose où se reconnait l’appel de la Chose même dans les choses. C’est à ce signifiant de la pure différence que répond l’articulation du fantasme qui va lui donner une forme imaginaire où quelque chose pourrait fonctionner en fétiche de l’objet.
Avant même d’ailleurs de parler de pure différence logique, on peut noter la question, déjà notée par Freud, du jeu des oppositions qui trouve au lieu du code leur point lexical, à partir de quoi quelque chose d’une grammaire pratique pourra sécrire. La voix de la femme aimée n’exerce son attrait que de cette voix en l’Autre qui en assure le déploiement langagier, énamoration brouillée des circonstances où se joue le rapport amoureux et où bien sûr se perd le minimal passionnel dont l’exploration rigoureuse irait du côté de cette bestialité d’Aristote, la dissection de l’organe phoniatrique, pour imager cette opposition entre l’énamoration du transfert et son analyse minimale, le passage de ce tout de la langue pour dire l’amour à ce rien du jeu minimal des signifiants, question ouverte d’ailleurs sur l’au delà de la traversée du fantasme.
Le phénomène de rétroaction topique qui confère un sens dans l’après coup incessant du dire, ce qui peut conférer ou non un sens énamoré à une phrase, demeure inaperçu hors de la scanssion qui en met la progression en suspens et en rend alors possible la perception et donc ouvre sur une sorte d’usure de la langue de l’Autre à dire ce qui demeure hors langage mais pris dans le langage. On sent bien qu’il y a là place pour théoriser une sorte d’hédonisme moderne hors langage, dont les conséquences demeurent à entendre. Peut être songer alors à ce temps incessant de fin de cure comme a-venir de la cure.
Dans l’évolution du désir humain, il est manifeste que dès le stade du bébé il y a prise de ce qui peut faire signe de l’enfant par le désir de l’Autre maternel qui l’interpréte, du moins en principe, c’est à dire de travers, du moins au sens où le besoin ne trouve jamais ici la complétude ou l’incomplétude de la réponse, sur quoi se structure dès l’origine l’insatisfaction structurelle de la demande et dont la perte de l’objet en tant que répondant à l’exactitude de sa supposition.
La rencontre avec tout autre est dès l’origine soumis à une présentification de l’Autre comme présence/ absence , selon un style que nous avions indiqué comme portance du signifiant, ce sur quoi va s’inscrire le jeu de la chaîne signifiante qui demeure seconde dans cette dialectique de la montée du langage. Ce phénomène demeure dans l’imaginaire surmoïque comme cette interrogation d’un Autre , in fine barré, qui questionne sur la légitimité de l’articulation, et donc du fondement du langage dans toute proposition. Toute rencontre avec un autre se pose comme doublement de l’imaginaire par un tenant lieu en l’autre de l’axe inconscient de l’Autre à l’objet @, c’est à dire comme ce qui creuse dans le continu imaginaire d’un à l’autre le discontinu d’une présence sans doute d’un Autre symbolique qui conditionne l’échange et le rend imaginairement impossible, mais tout autant d’un réel qui n’advient qu’au point où ce réel atteste de l’incomplétude de cet Autre. Si la question d’un à l’autre vient de l’Autre, elle vient non pas d’un Autre divin mais bien d’un Autre sans voix, sans regard. Pour dire autrement, puisque c’est in fine de l’amour dont il s’agit, et donc d’un à l’autre fondé sur le leurre de la différence sexuée (qui là encore est représenté par l’ordinaire de la différence des sexes) , il y a place pour l’amour imaginaire d’un à l’autre, speculaire et donc moïque et donc paranoïaque, pour l’amour symbolique sous garentie théologique de l’Autre, et pour l’amour réel dont l’objet @ est le ressort nu. L’expérience la plus ordinaire, la plus commune qu’elle s’organise en privilégiant l’un ou l’autre aspect des choses va se trouver de toute façon amenée à se trouver prise à ce signe d’angoisse dans l’expérience amoureuse où le réel du désir se découvre comme justement incommensurable au contenant de l’expérience, par exemple le jeu persécutif du tiers dans la relation imaginaire, le silence de l’Autre dans l’expérience mystique, le fond masochiste de la passion.
Selon l’optique imaginaire du schema optique, il est possible de retrouver cette place du réel dans cette forme de description de la cure comme modèle de la relation à l’Autre mais en tenant compte du caractère imaginairement aliéné du schema optique même.
Même si nous essayons de dégager trois modalités d’expérience, aucune n’est strictement distinguable comme telle hors de la capture imaginaire spéculaire qui est le fondement de l’ex-istence du parlêtre , et qui va faire référence , au niveau inconscient, à l’appareil fantasmatique dont la grammaire peut sans doute admettre plusieurs écritures sur la base minimale $<>@, soit i($<>@) , $<> i(@), $<>A(@). Il y a sans doute d’autres modalités d’écriture, mais à chaque fois il s’agit, pour toute structure, de préserver une forme spéculaire comme opération contre la detresse de l’être. Comme le dit Lacan , perversion, déviation, voire délire sont ici matière clinique de cette défense.
Dès lors tout parlêtre se trouve à la merci de ce langage qu’il voudrait bien habillé de son fantasme quelle qu’en soit la forme ou le niveau d’élaboration , merci qui ne peut que le rendre dépendant de la symptomatologie ordinaire de la langue qui lapsuse au coeur de la meilleure articulation, soit que l’aimé, Dieu ou l’amante , du mot change du regitre attendu pour se manifester dans l’horreur d’une présence incongrue. Au coeur de l’amour, du mystique, de la passion, gît l’infondé du langage, qui peut se dire comme la mort là encore relative à la structure embarquée.
Parler de la mort au coeur de l’intersubjectivité est sans doute projetter un voile par trop romantique sur un espace qui pourrait se lire en termes plus géométriques, à savoir ce qu’il présentifie d’un manque à l’être , le phallus, signifiant manquant, à entendre lui aussi comme quelque chose qui n’est en l’Autre et de ce fait l’incomplète, ce qui se dit manque en l’Autre, tout autant que ce signe , ce défaut dans l’image de l’aimé, tout autant que cette pure différence qui est la définition même du signifiant, ce qui est différent de lui même . Le parlêtre cherche de fait en l’autre ce qui pourrait de soulager de ce manque, ce qui pourrait répondre à l’exactitude grammatical de son fantasme, ce qui pourrait se manifester comme phallus en l’autre, bref le décompléter de la castration. La banalisation du langage comme instrument va ici fonctionner comme perversion du langage au sens où une sorte de garentie en un Autre anonyme va dire qu’il y a toujours réponse à cette question pourvu qu’on renonce et à l’autre, et à l’Autre divin qui en est l’écriture croisée.
-II-
Dans la réalité de son rapport à l’autre, hors de la cure qui permet en principe de mettre en lumière l’articulé du désir, tout parlêtre demeure parfaitement opaque à ce qui se déploie, même s’il peut, érotomane instruit, se prévaloir de quelque savoir partiel sur le maniement de l’autre . Même le pervers, qui n’est pas en reste dans cette connaissance demeure, in fine , le jouet de son fantasme comme chacun, même si , là encore, le chant général du monde le porterait comme normalité. Mais la cure ne peut prétendre à un exact descriptif de son procès, fusse dans l’après coup, sous peine justement de remettre en circuit un lieu de Savoir Absolu où l’Autre pourrait trouvé un refuge d’autant plus efficace que nié dans le discours. Il y a là une sorte de convergence entre certaines dérives de la psychanalyse et le mouvement général du lien social qui ne peut s’entendre que comme triomphe du discours du capitaliste sur le discours psychanalytique. Et même si ce savoir tranquille demeure, de structure, incomplet et supposé. Le totalitarisme de la pensée a ses propres modes de déploiement. Ramener le langage à un instrument de communication revient à traiter la question d’une sorte d’objectivité opératoire des signes, éventuellement perturbée, sous l’angle d’une réduction univoque du signe, ce qui permet de le traiter alors comme pure expression du besoin. Il y a là le ressort du succès mondial et des théories de la communication, et du neuro-comportementalisme. Le langage disparait dans son instrumentation comme pris au signifiant par lequel le besoin se dialectise au désir. D’ailleurs il n’y a plus alors de désir, mais la mise en conformité d’un sujet avec un objet de la marchandise, objet bien sûr aussi volatile que l’objet du capitalisme, c’est le discours de la drogue. On comprend alors que dans ce monde du pur besoin mécaniquement insatisfait, puisque l’objet saisi court un peu plus loin, ressurgisse massivement une pensée magique qui n’est après tout que le retour de cet aspect énigmatique du signifiant, sous forme d’un plein de sens qui alors ne peut qu’être l’énigme à révéler d’intentions infantiles d’un Autre tout aussi totalitaire que l’Autre anonyme du capitalisme. Il n’est pas exclu de penser que la psychanalyse si elle ne veut déserter son éthique se doit de reprendre cet espace , comme chez Platon entre cheval blanc et noir, entre pure théorie (la poursuite de la question topologique, ce qui la situe au coeur de la question de la science) et erotologie de l’amour humain .
Il y a tout autant à redonner tout son dynamisme à ce qui fonde l’expérience très concrète des premières relations mère-enfant non pas ramenées à quelque ethologie ou quelque naturalité mais bien soutenues, articulées très finement au balancement du symbole qui donne son aspect signifiant à tous les jeux qui s’y livrent alors. La nostalgie énamorée qui en résulte va se deployer sur fond d’absence, livrant le parlêtre à un commerce avec l’autre soutenu des impasses structurelles de la langue, sensibles dès la moindre énonciation rapportée à l’autoreflexion ou au dia-logue, ainsi de ce “je pense donc je suis” qui confond les deux places du je, ou ce “je t’aime” propre à soutenir une confusion des places , tout ceci étant sans doute à mesurer au lieu du caractère évident de ces formules qui embarqueraient la décision d’une formule ramassée. Car c’est le sujet qui ici s’y ramasse au titre de croire par là même ce qu’il dit, croyant que la réponse qu’il implique est intelligible, ce qu’il en est de son être, que l’autre/l’Autre lui veut.
D’un tout autre prix signifiant serait de supposer une histoire d’amour qui ne ferait pas risette de la question d’Abélard et d’Héloïse, quant au phallus justement, car de n’être plus de l’organe encombré quoi de l’amour se tissse? question certes bien proche de celle posée par la cure. Du désir donc la face nue.
Pourtant cette face nue du désir n’est pas si simple que cela à percevoir dès lors qu’il est sensible que ceci recouvre sans y être contenu la pantomine sexuelle. L’homme erre dans son existence fantomatique qu’il prend pour sa vie tandis que sur l’autre scène le rêve y demeure énigmatique dans sa précipitation narrative. Image du rêve, rêve de l’image. Ici le passage par la texture cinematographique permettrait sans doute d’éclairer cette question, mais c’est aussi une rude tâche qui n’est pas de critique ou d’illustration complémentaire mais de sémiologie commune, entre signifiant, lettre et icône.
Freud commence son exposition pratiquement par un rêve celui de l’injection faite à Irma, dont Lacan a poursuivi la lecture jusqu’à y voir, au delà du point d’horreur désubjective, l’exposition quasi algébrique de la structure. Il demeure que si désir il y a , il demeure aussi peu explicite que celui qui serait impliqué dans la formule adressée à une femme “je vous désire” , qui, s’il se suspend ou s’indiffére, non au sens d’un mépris, d’une abstinence , d’une négligence, mais au sens que ce n’est pas cela, laisse l’affaire dans un champ qui, hors de la situation normée de la cure, ne peut qu’impliquer un certain embarras chez l’autre, pour peu que cette formule l’implique comme @ dans ce qui n’est plus alors que l’exacte formulation $<>@, fantasme fondamental où, pour la coup la dame des pensées, se trouve mise au pied du mur. Au pied du mur de quoi? et bien justement de quelque chose qui ne serait pas du semblant, c’est à dire qui n’aurait pas besoin de se noyer dans quelque symptôme conjugual, quelque chose que pour l’instant nous nommerons sinthome. Pour dire autrement dire à une femme “je vous désire” serait certes “je veux coucher avec vous” mais surtout “vous êtes mon sinthome”. On sait bien que aussi bien le jeu hystérique que le lien social évite de se retrouver en de telles extrémités inventives.
-III-
-- Donc nous sommes dans un monde moderne, enfin débarrassé des horreurs archaïques, des convulsions du vieux siècle. Et lorsque l’on entend les autrichiens qui n’ont guère été dénazifié vouloir qu’un néo-nazi participe au gouvernement, on ne peut qu’être révolté au nom justement de cette schoa, point limite de la pensée, du possible. Pourtant cet individu certes dangereux n’est qu’un symptome de brouillard de l’actuel. Notre monde numérisé n’a plus besoin des méthodes de restructuration de la crise de 29. Il fait beaucoup mieux , du moins au centre du système. Voyez l’Amérique, plein emploi, prosperité, puritanisme, prisons, langue de bois. C’est pas parfait mais avec les biotechnologies, le futur ne peut être que radieux. Bref pendant qu’on crie au nazi, on perde les moyens d’analyse de l’actuel, et ce d’autant plus que la social-democratie brouille joyeusement les pistes. La langue nouvelle, propre et efficace, progresse chaque jour, sans désir. --
Le parlêtre adresse sa demande à l’autre par le jeu du langage, c’est à dire à l’aide du système signifiant, ce qui, comme chacun le constate, en général n’aboutit pas à grand chose, du moins de l’ordre de ce que le langage suppose du côté du désir. Tout au plus une réponse du côté de l’avoir, pas du côté de l’être. Le sujet reste en plan, pour un moi qui pourrait y trouver le sommeil, voilà justement le paradoxe, le moi s’entend et le sujet rêve, il rêve de quoi sinon d’une liberté de jeu du désir, hors symptôme, au point que ça le réveille, de n’être plus unitaire, et ça recommence. Je vous désire, je vous baise , je m’endors, je rêve, je désire... Le parlêtre est dans le jeu du signifiant qui va conférer au mot un sens relatif à l’interpréteur fantasmatique fondamental, association singulière plus ou moins attestée, en tout cas équivocité de la langue qui erre à se boucler sur un sens qui serait univoque. La parler dit ordinaire se joue d’ailleurs sans cesse de ces glissements métaboliques. Et l’érotique de la langue surgit au singleton du mot, sans forcément répondre à quelque universel publicitaire. Il n’y a pas de clef universelle du texte comme de clef universelle des songes. Un certain reflexe érotique fonctionne chez le sujet primatisé moderne, mais certainement pas le désir, mais il est vrai que le désir n’est pas consommateur, il est plutôt consummateur. Il s’articule au signifiant qui circule ou se refoule comme représentant. C’est ce signifiant refoulé qui anime le rêve qui n’est image que dans l’après coup du récit, et dès lors affecté. A proprement parlé, il n’y a d’affect que du moi, affect qui traduit la présence du signifiant refoulé, refoulé en même temps que le désir . L’image dans le rêve doit s’entendre comme un phénomène hallucinatoire, c’est à dire quelque chose qui se matérialise selon la caratéristique même de l’imaginaire, ce par quoi le jeu signifiant peut advenir au monde de la sensation, selon d’ailleurs le jeu originaire chez l’enfant, ou encore chez le psychotique (pour lequel d’ailleurs le visuel est conséquence d’une articulation verbale).
Dès lors l’interprétation d’un rêve ne peut se contenir dans quelque rapport à l’imaginaire narratif ( on pourrait dire d’ailleurs qu’un film ne peut nous interesser que dans la mesure où il ne se réduit pas à cette linéarité et qu’il parle d’autre chose) , c’est à dire à quelque chose qui fonctionnerait dans la saturation (un peu comme l’aveu du désir se réduirait dans la sexualité) , mais plutôt la mise en jeu du signifiant en tant qu’il se manifeste comme manque, c’est à dire encore comme ce qui ne se désigne qu’en s’effaçant dans cette désignation même. On mesure en quoi l’image du rêve peut alors être en elle même une interprétance, une mise au silence du signifiant. Le rêve idéal est alors le rêve sans image, réduit à ce qui viendrait à s’associer justement sur cette absence.
Si Freud rêve de son père mort mais qui ne le sait pas, il rêve certes d’une mort qui n’a pas eu lieu, d’un soin infantil de mort, voire d’un souhait plus actuel lors de la maladie du père, mais il rêve surtout du signifiant paternel comme présence absence, c’est à dire qu’il rêve du phallus, dont la structure le pousse à écrire justement la psychanalyse, qui est cette tentative de dégager le système signifiant du monde des sensations, des images, des leurres du désir. Désir de mort, mort du désir. Tout autant cet interdit du père portant sur le désir du fils. Cet Un Désir qui serait celui du Père dévorateur. Passer sa vie à écrire à propos de cette mort du père, de ce père comme mort qui gît au coeur de l’être. Ponctuation mélancolique de la question même du désir. Tradition certes tout autant, surtout dans ce rapport passionné au père mort. En tout cas logique qui ne saurait trouver solution que dans cette hypothèse qui se passerait du nom du père.
-IV-
Dans la recherche de l’objet, celui ci semble fuir pour mieux apparaître (être à part sans doute) dès lors qu’on laisse justement l’esprit en repos. Le trait à peine saisi fuit. Acteon . Ce qui ici fait image , mirage de l’expérience la plus commune, amoureuse par exemple où l’être désiré se dérobe, soit effectivement, soit en soi même pour peu que l’on soit attentif à ce qui se produit vraiment au delà de l’abrutissement du sommeil. Et bien ce qui est vrai sur ce terrain imaginaire , l’est aussi du côté réel, dès lors que la pulsion , dont l’essence demeure sans doute là encore d’après coup, la pulsion donc , dans sa seule existence à travers lalangue produit cette floculation qui est le signifiant, son représentant, à la fois comme ce qui représente son but et ce qui signe la nature objectale réelle de ce but, le représentant signe alors le bord pulsionnel de l’objet, et on comprend que ce corps réel puisse alors se rabattre sur le corps imaginaire, orifices du corps. Toute articulation fantasmatique met en jeu un trou du corps , mais en même temps sa non concrétude puisque le plaisir au niveau du trou du corps demeure distant du trou dans le symbolique. C’est ceci qui fait refoulement originaire , sur quoi vient se conjoindre le refoulement secondaire qui y est appelé imaginairement . Et donc la question topologique posée est relative à la réécriture nodale aux limites du processus primaire.
L’aliénation du parlêtre se mesure dans cette disjonction entre ce qui relève du processus primaire, le signifiant et ce qui relève du processus secondaire, la satisfaction du besoin. L’instrumentation du parlêtre rabat bien sûr l’un sur l’autre et imagine le toxicon pour rendre ceci pas trop douloureux , pourquoi pas d’ailleurs en modelant la réalité sur l’hallucination, voire Cronemberg. Le circuit du langage qui place le phallus comme objet du désir, objet halluciné, modèle le pulsionnel, l’instinct sur un représentant disjoint du réel. Le parlêtre demeure halluciné au monde parce qu’il parle. il y a là un retournement du défaut de la psychose quant au réel. Pour peu que l’autre ne réponde d’aucune manière, ce qui rarement le cas en situation ordinaire, à l’appel halluciné alors il y a retour sur le sujet , retour réel, angoisse. Mais aussi possible articulation non troublée par quelque énamoration du besoin. Tout au plus en retour des indices de réalité qui vont se localiser sur ce système topologique basal pour en redoubler l’écriture sans en libérer la quète.
On doit pouvoir écrire ce processus comme une sorte de boucle
instinct--- pulsion --- S1 --- @ ----S2 ---- i(@) ---- S1’ ----- @ ----S2’ ....
de sorte que toute exploration de ce processus par le seul jeu possible du langage ne peut venir que se brancher quelque part dans cette spirale plutôt en expansion, sur quoi le culot de la cure serait justement d’opposer un style de réponse (qui n’est pas non réponse en soi, mais non réponse au mode de questionné) qui ne rajouterait pas du signifiant au signifiant, c’est d’ailleurs selon ce mode que proccède la psychothérapie (à quoi il est alors possible de joindre largement tout ce qui voudrait se déployer comme objectivité scientifique). Il n’y a donc pas à proprement parler de point dénudé du désir mais bien des zones d’inter-dit où l’objet peut produire des effets de bord.
Ces divers niveaux S2n peuvent se décrire en couches mais pas au sens où il y aurait une couche dernière, même si effectivement peut se réduire les écarts imaginaires. Ce qui va apparaître sera de l’objet de la calligraphie de la lettre plutôt que de l’ordre de la lettre. Pour dire de manière imagée, ce qui reste d’un paquet de lettres d’amour (ici envisagé comme la déserpérance d’une écriture de l’amour) sera une sorte de lettre sans narration où pourrait se lire une sorte de formule algébrique, à la manière de la formule qui apparait in fine dans le rêve de l’injection à Irma. Non pas un texte secret dévoilé mais la possibilité de tout texte pour un sujet. L’interprétation fonctionne dans un effet d’après coup, d’antélogie, mais ne peut localiser le chiffre d’un sujet, tout au plus la formule du chiffre, son écriture, voire sa réécriture. il n’y a pas de S1 de la cure, tout au plus un mode d’écriture de S1-$<>@- S2, qui est l’écriture nodale du sujet. Il est très remarquable de constater ici que cette écriture nodale libère justement de la linéarité hiérarchisée des modalités du signifiant.
Il n’y a pas de naturalité de l’enfant quant au désir. Ceci qui s’observe dès le plus jeune âge, cette assomption aliéante au chant du langage qui rend le réel intelligibible et en même temps séparé, perdu. L’espace du sens se déploie sur celui du non-sens de la structure. Au je de l’énoncé correspond le je de l’énonciation. Toute phrase se déploie selon une signification qui ne tient qu’à un effet de signe cette fois, celui du Nom au Phallus. C’est parce que le Phallus tient au Nom dans le langage qu’il y a de l’énoncé et donc un semblant de communication, voire d’intelligibilité du monde. A tous les Noms correspondent le Phallus. C’est encore plus facile dès lorsqu’il y a un Nom de l’Autre qu’il soit Dieu ou l’Autre anonyme du Capital. D’ailleurs si le Nom ne tient (les modalités de l’inquiétante étrangeté) l’énoncé se rabat sur une énonciation purement nodale.
Il y a bien sûr un double mouvement entre d’une part la loi qui organise la réalité et la loi qui organise la structure, un redoublement de l’interdit ordinaire par l’impossible. Ce que dit le Nom c’est qu’il y a de l’interdit dans le monde, que le monde s’organise sur cet interdit, le dispositif d’interdit prescriptif qui localise les parlêtres dans leur rapport au NOM. On peut imaginer quelque politique du nom qui viendrait moduler la surepression pour reprendre un terme de soixante huit. Il demeure que cet aspect humanitaire va justement dans le sens du Capital qui voudrait marchandiser tout et surtout le Nom qui fait obstacle à sa fluidité intrinséque. Marcos travaille pour Wall Street. Du point de vue du sujet il va demeurer l’autre loi, la loi du langage qui rend l’objet perdu non accessible en dépit de la marchandise. On pourrait donc dire que le monde moderne loin de noyer le désir dans le besoin le rend potentiellement plus vif pour peu que le réalisme en use plus vite l’imaginaire. Le rêve demeure alors le lieu d’une rencontre possible entre le sujet et son objet, et donc l’expression dans le langage du désir hors la loi. Il est vrai aussi que le récit du rêve est dans le processus secondaire et donc dans la semblance de la réalité. Y demeure l’aliénation au dire par et dans lalangue. Le rêve est ici exemplaire de cette tension de structure, comme en toute phrase où c’est finalement l’articulation grammaticale qui est le support du pas de sens, de sa non localisation signifiante. Je te désire, je ne suis pas sans te désirer, je ne te désire... La grammaire est après tout ce par quoi se manifeste la structure qui est indifférente au mot dont elle use pour se dire. La grammaire ce sont les opérateurs du langage, c’est à dire ce sur quoi va opérer en fait les mécanismes de refoulement. Quand on dit qu’il y a refoulement du signifiant par le processus plus haut décrit , il faut dire plutôt qu’il y a refoulement du signifiant comme non localisable, non inter-dit, c’est à dire comme opérateur. Le père est mort il ne le sait et surtout il ne le sait pas selon son voeu, c’est à dire que ce père certes le fils le souhaite le craint mort, mais il n’est pas sans être mort comme père, il n’est de père que mort, il n’est que père que comme celui que brave le désir, tu es mon père, tu es celui que je tue non pour prendre ta place, ta femme, ton pouvoir mais en tant que je t’élide en tant que tu garentit l’ordre d’exposition du désir, en tant que tu es l’auteur de la loi , mieux la cause du langage.
Parler d’un amour qui ne serait pas du semblant peut sembler dérisoire du point de vue imaginaire, sauf à supposer un remaniement du processus secondaire en rapport avec une réécriture nodale, elle même conséquence d’une équivalence du processus primaire et de cette écriture comme trâce du style qui serait alors la présence du processus primaire dans son expression secondaire
-V-
-- la toucher du regard, comme d’une pensée qui pourrait la toucher, en surface, presque pas, à la limite toujours, effleurer, la limite elle -même, retour sur la sensation , elle l’intouchable, refermée --
Cet effet de retour sur l’origine est sensible dans le tissu de chaque rêve, à la fois parce qu’il s’alimente à quelque chose d’une mémoire vers l’origine, mais aussi parce qu’il s’inscrit cette origine comme négation, un ce n’est pas qui affirme, localise ce qui viendrait en premier, ce qui ferait S1 pour un sujet.
Le signifiant premier résume donc à lui seul tout ce qu’il peut en être du signifiant le plus ordinaire, à savoir qu’il n’existe comme comme effacé ou pouvant être effacé, si la lettre est signifiant ce sera au titre du dessin de Kooning effacé par Rauschenberg, le signifiant n’existe, voire se dissimule sur sa face de signification , il y a là un effet d’après coup et de permanence, la lettre d’amour errante, relue, lue pour la première fois après, signe quelque chose de l’objet vibrant qu’elle recelle tout en l’annulant de sa trâce même, il n’y a de lettre d’amour que barrée. Et sans doute qu’ici la proposition de la lettre d’amour ne peut se lire qu’à la lumière de ce qu’elle ne peut dire, fut-elle dans l’explicite de l’aveu, je t’aime, je ne t’aime pas, je ne t’aime... sinon ce rapport évanescent du je au te, je crains qu’elle ne vienne, qu’elle ne vienne en ce tu qui serait pour ce je de tu à toi, loin d’y épuiser l’objet que le ne pourtant indique.
Ainsi l’énoncé recouve l’énonciation qui ne peut que se dire dans ce ne qui l’évoque, nul saisissement originel que d’un ne qui l’indique, cendres dit Derrida. Quelque chose se met à parler, qui fait structure, dans quoi de la parole peut s’énoncer. Le sujet premier surgit de ce clivage instituant qui pousse vers un S2 qui n’est jamais S2 sur le S1 dont le sépare l’irréductible de la structure qui est le sujet même, clivé et renvoyé à l’origine de sa division, se retourner en soi sur l’objet en l’autre, chu de l’Autre mutique de l’origine. Ceci porte un Nom, le NOM qui pourrait s’écrire de la forme minimale S1-$<>@-S2, sans doute ici proche de la forme mythique, Adonaï sur le tétragramme imprononçable, l’Autre qui contient le rien du Tout qu’il énonce. Un seul Dieu comme plus haut une seule Femme. Qui n’existent ni l’un, ni l’autre.
Ce que le sujet ne peut que supposer à son désir c’est un objet adéquat mais secret, avant tout à lui même, telle la plus belle des boîtes à musique dans la Règle du Jeu, telle cette une femme de l’amoureux , femme du secret, femme secrète à quoi peut se tenir son désir, femme à venir de n’être que toujours déjà là, en un mouvement de bascule où c’est le déjà là du futur qui atteste de la pernanence de ce qui n’est plus, bien que toujours actuel dans l’articulation d’une parole. L’aveu d’amour ne peut être que leurre mensonger sous peine de se délocaliser à se vouloir saisissement de la chose même. Tel le père du rêve de Freud qui est mort ne le sachant, tel ne sut qu’il put être vivant, être vivant c’est à dire la douleur même de l’existence, à quoi s’expose l’anullation du sujet dans la saisie même de l’objet. Tu es la femme que j’aime, non pas imaginairement, mais réellement. Oshima. Or de la structure classique amour mariage qui justement signifie de porter sur cet une femme le Nom imprononçable, celui où se lie le désir, faute de cela il n’est plus que l’effet d’errance d’une l’autre, fugitive à l’instant, éventrée à l’instant. De même que le fils souhaite imaginairement la mort du père, de même il en nie le possible qui est de s’y retrouver gisant au Nom.
-VI-
Dans la structure mythique, le père mort livre les femmes au fils, et livre le fils à sa mort à lui qui est la solitude par rapport à un désir, son désir insatisfait de structure.
Heloïse et Abelard, l’amant castré, l’amant webelisé, virtualité de la sphère classique . Que serait cet amant d’à travers le fantasme, cet amant supposé , conduit au point d’absence de soi même, cet éros endeuilé du fantasme, Actéon sublime ou Jack conséquent. Il serait loin de l’interdit classique , de cette protection d’un père, à la merci peut être de la semblance des images revenue, cette impasse de la lettre qui suppose une immédiateté naturelle du rapport aux choses , supposition qui ferait ainsi impasse de l’inscription, c’est à dire justement du Nom qui institue l’ordre des choses, et la possible écriture comme mathème de ce point d’ab-sence. Un amant nullement tempéré, fusse par le fantasme d’Abélard.
Ici est supposé tout autant une référence à quelque chose qui ferait structure dans la langue au delà de la particularité des structures singulières en jeu. Singulier embarras d’un rapport au phallus qui ne se déclinerait plus selon l’aménagement fantasmatique et localisé, mais selon ce phallus sur fond d’absence, celui du père dans l’imaginaire, bien moins réel qu’un trait qui signe la lettre ici désignée. Phallus qui dévoile le manque, à quoi répond encore l’horrifique Méduse, mais dont le réel exclue tout jeu . Dès lors l’horizon d’un sujet existant en dehors de tout désir. Plus net ce manque du désir dès lors que la mécanique du fantasme viendrait à se réduire à ce balancier entre un réel @ et un Autre qu’il complémente, entre impuissance et satisfaction. Entre sidération et soumission à quelque chose dont à l’évidence il n’est que le jouet, non pas selon l’artifice pervers mais bien au delà au niveau de cette articulation radicale sur laquelle peut se construire un mécanisme pervers.
Ainsi le désir se trouverait converger vers une sorte d’abolition du sujet, d’où cette frénésie à vouloir à tout pris reconstruire de la pantomine sur le phrasé défait, tout comme notre monde moderne s’efforce de marchandiser le sexe universellement afin de masquer la figure de l’Autre anonyme qui régit désormais les rapports amoureux des parlêtres, loin des rêveries d’un nouveau monde amoureux.
Certes l’ordinaire du parlêtre est rarement au pied de ce mur du désir, soit qu’il opte pour une incorporation au père, faisant de ce mécanisme la forme plus ou moins homosexuée d’une père-version normale, soit (et en même temps) qu’il glisse d’un objet l’autre afin de ne jamais se trouver en soi au creux de la question. Entendons tout autant que soit l’analyste se défile de mener les choses à ce terme, soit il n’est, par exemple pour un homme, une femme à pousser l’affaire assez loin. Opération de prudence ordinaire, qui consiste à empêcher la satisfaction tout en gardant toujours un objet de désir. On conçoit alors que la pente anale soit ici offerte comme solution à l’amour, c’est d’ailleurs la recette des couples qui durent, hors des effets intra-mondains de l’opération. Il n’est pas d’ailleurs sans intérêt de voir à travers cette solution une des bases de l’ordre bourgeois dans sa gestion marchande des objets du monde, jusqu’au termes cependant où les objets se volatilisent avec les valeurs qui ont cru pouvoir les pousser jusqu’en ces extrèmes.
Un des mérites du féminisme est d’avoir essayé de sortir de cette petite ritournelle de l’excrément universel en rappelant que cet objet anal n’existe que dans son rapport au phallus et que donc une femme pourrait ne pas y répondre en complémentaire mais bien en défaut , au moins hystérisé. Qu’après tout le monde est finalement était doublé par la montée en puisance de l’obsèlescence de l’objet, c’est une autre histoire, dans laquelle bien sûr le féminisme fonctionne comme marchandise dans un discours pervers universel.
-VII-
Didi Huberman propose dans son “ouvrir vénus” d’examiner à nouveau la série des petits tableaux du Prado, l’histoire de Nastagio degli Onesti, où Botticelli s’efforce de rendre sensible des récits emboîtés qui illustrent, de manière mythique et imaginaire, la question de la mort dans la dialectique du désir. C’est une mise en garde aussi, de part le final heureux, mise en garde certes contre les excès de l’amour, mais surtout contre ce point de réel du désir qui oeuvre le désir humain. Scène à l’infini, un homme aime une femme à en mourir, une femme à en mourir,etc... Pas jusqu’à en mourir cependant, jusqu’au point où pourrait s’y jouer jusqu’à l’objet qui les lie.