Eklablog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

coran

 

coran

 

(notes de Fès pour le colloque d’Alexandrie)

 

Le Coran est incréé, littéralement complet, ininterprétable autrement que par la lecture continue qui prédit la signifiance du sujet au champ de l’Autre, comme justement cause même du sujet. A ce titre la lettre est icônique, l’image est la lettre, la lettre est image. Le Coran apparaît ainsi comme effectuant une explicitation, dans l’après coup, de la langue adamique, à savoir l’arabe. Dieu ne parle pas hébreu, mais arabe. Il parle la langue sémitique, pas une langue sans l’autre. Quant au Christ, quelle langue parle t il? Il n’a ni écrit, ni laisser de traces de son enseignement que ces au moins quatre récits de transcription narratives et tardives. Alors, araméen? grec? latin?En tout cas le texte évangélique ne semble pas se proposer à la lecture continue, indifférent à la langue de transcription/ traduction, en somme un texte sans texte originaire, un texte à écrire soit théologiquement, soit mystiquement. Est ce un effet du trinitaire que de conférer à ce monothéisme là cette qualité particulière d’être en langues, en joyce donc

Dans le triangle foi, raison, mystique, l’espace rationnel, aristotélicien entre foi et raison, répond à l’espace de la lecture de la lettre comme science mystique entre foi et experience mystique, c’est à dire que l’interprétation répond à et de la lecture, la religion s’articule à l’hérésie comme antithèse et comme excès du sens, toutes demeurent fortement articulées à la langue du Texte. Ce qu’introduit le christianisme est justement un lien électif entre raison et expérience mystique, nouées à la foi ou par la foi, car si la foi vient à céder alors advient la psychanalyse d’où bien sûr l’ombre jungienne toujours présente. 

Il y a à s’interroger dès lors sur le Texte analytique, son établissement, entre Freud qui veille lui même à l’établissement de son texte et qui demeure sans voix, et Lacan, confiant son texte à un autre, et demeurant une voix qui ne cesse de ne pas pouvoir se transcrire, sauf au prix de la lettre de l’étourdit icônique de fait

Aristote permet à Averroès, Maïmonide et Thomas de lire le Texte au prix d’un formalisme logique qui échoppe non pas tellement sur l’inconséquence rationnelle de cette lecture (qui après tout construit une science du sujet tout à fait conséquente, voire un imperium universel qu’il soit intrinséque à l’institution ou hérétique et donc à priori instituable) que justement sur l’incomplétude logique de cette logique même. La psychanalyse soutient sa démarche de la rencontre avec l’épuisement du texte et son inexistence réelle. 

Au fil des cafés d’Alexandrie pourrait se jouer la rencontre improbable des trois aristotéliciens avec leurs compléments poétiques. Il conviendrait d’affronter l’espace littéraire de cette ville comme point de départ sensible de quelque chose qui serait une pertinence clinique nécessaire, soit rêve et folie dans les trois  monothéismes, comment y interpréter le rêve et la folie? 

Alexandre rêve sa ville en tout cas, la bibliothèque universelle, le lieu de tout savoir, il cherche en vain son Homère, ... comment entendre le rêve de Freud qui retourne le rêve originaire de Descartes, comment entendre le rêve de l’injection faite à irma un siècle après, après la réalisation organisée de l’enfer sur terre... le travail rend libre... il n’y a pas de parole poétique possible après cela, ce qui veut dire que la réalisation du signe dans les choses vient clôturer la parole quitte à promouvoir l’indistinct de textes illustratifs, réduisant toute lettre à sa juste place marchande. Depuis que les folies sont objectivées, il n’y a plus de place pour une parole singulière et le travail de Joyce, Pessoa, Celine... se perd dans le bruit médiatique. Le quantique du sujet est en attente. peut être convient il de rester vigilant face à la polysémie phénoménologique du monde libéral dont la face lisse est sans cesse agitée de grimaces, de bruit de destruction et de torture dont l’image ne peut figurer dans Paris Match, la fin des langues ne fait pas de bruit

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article