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compulsion psychotique

 

compulsion psychotique

 

Il y a une fascination de Duchamp pour Roussel 

les choses sont ainsi prises de profil, l’ombre de Nosferatu sur l’esthétique.

et la pensée du ready made s’inscrit dans une lutte contre la saleté, les taches, les odeurs d’huile, les solvants

l’art devient distant, propre, recyclant l’objet quelconque, d’ailleurs même cet objet, par définition ni beau, ni laid, n’est pas nécessaire, il serait même préférable qu’il ne soit qu’une pure pensée

 

La phrase se suspend, un temps, juste au point où s’inscrirait la remarque de Foucault sur Roussel , ici il n’y aurait point folie puisqu’oeuvre, ce qui est assez moderne déjà, puisque justement notre époque a réussi à disjoindre le Président Schreber de sa pente transexuelle au profit d’un biologisme de la réparation.

 

La section du travail, circonstancielle,  ouvre ici une question majeure, celle des conditions de la pensée, et renvoie à l’errance de ce qui ferait tout au plus journal de bord pour un navire dont nous avons supposé qu’il se pilote de lui même.

 

voilà, ça recommence plus loin, ailleurs, dans un fil fragmentaire

il faut admettre que les ruptures raccrochent plus avant

il s’agit tout autant de re-lire tout ce texte perdu entre les lignes

re-lire sa bibliothèque une nouvelle fois avec sans cesse ces autres fragments nouveaux arrachés au grand silence

les lettres, litters , litières de son désir

à pleine pluie de cendres, malaxées avec du rire

 

repenser ce qui se perdit dans les notes de bas de page, ce qu’il convient de relever d’un cri, d’un souffle

off to sea...Lay her off!

l’envers de la démarche du Nosferatu donc qui rentre dans le fond de sa tanière pour se mirer dans l’abîme avec lequel il confond le possible

 

nous martelons l’enclume de silence avec nos cris de nom dit Cixous

 

pas de réalité qui tienne avec son poids fatique et gonflé de cadavre qui s’agite un peu des effets du pourrissement, fantôme du vif qui erre sur les pentes caillouteuses de l’Hadès, toujours à radoter sa plainte sans jamais y inscrire un seul mot

 

recycler toujours le Greenwald

chacun à sa façon

ce qui se doit fermement

 loin d’autres facticités phobiques

 

il y a toujours si proche le crissement des charniers qui parlent la langue de base des hommes, leur passion sanguinaire, et ce silence assourdissant après l’exposition des horreurs, cette éternelle recette de la haine, le 11 septembre n’a jamais eu lieu, comme la Shoah, comme Ebola et le Califat sanglant...

La blondeur de ses cheveux n’y change rien, elle qui porte ce visage défait par la souffrance, et qu’un maquillage habile doit rendre au semblant de la fête obligatoire

Good Hamlet, cast thy nightly colour off

Come, play with us

certes

je ne peux plus te parler, tu as disparu dans le silence  ouvert du temps, indistincte déjà, car tu n’as pas laissé la trace d’une écriture de laquelle s’extrait la voix qui demeure libre au dessus des fantaisies de la nuit

 

Ils viennent tous en foule, les familiers sans paupières qui recouvrent les rayons des poussières de leurs dents

 

the sun to me is dark

And silence as the moon

 

tout ceci traverse à toute vitesse, malgré soi, à l’improviste, cette intention de dire quelque chose de la psychose dans son éclat littéraire et de la compulsion qui la regarde dans la fascination de son effacement uni vers Cythère

non pas Watteau bien sûr devenu invisible, peut être Joyce le nez dans le ruisseau, à cause de Rousseau

 

voilà ce n’est pas pour cette fois

à cause de la rupture du fil justement que l’on ne peut reprendre que n’importe où

 

un mot cependant en attente, ce que dit Foucault de Roussel, l’inquiétude du langage lui même qui porte la raison même du monde, fausse naïveté d’une parole directe, celle qui joue la vie même sans aucune interprétation dernière d’arrière garde, aucun secret

 

fatigué d’être dira Duchamp qui établit peut être l’équivalence plastique des Impressions. Arriver vraiment à l’indifférence, celle du goût en particulier, ne rien expliquer, ne rien faire, 

ne s’empresser, ni ne se passionner jamais, c’est la marque d’un coeur qui est toujours au large

ne pas embarrasser la vie de trop de poids

se détacher du travail, 

locataire de son être

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