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cine Gilles

cine Gilles

 

un voyage un peu obligatoire et un peu long, une route donc, il faut à la fois user le temps et contenir une modalité de saisie compulsive du monde, donc ces leçons de Deleuze sur le cinéma, sa voix, ses réflexions étranges quand il dit à un qu’il supporte pas son visage rigolard quand il parle, ou qu’il faut fermer la porte parce que ça l’angoisse, il est question après des années de cinecure d’introduire une mise au point, une conclusion peut être, sans doute, et donc il faudrait reprendre tout ça, tout se désordre, confronter l’expérience avec l’intention, il est question de l’orée du cinéma, des gens s’interroge sur cette drôle de machine, il est question des auteurs d’avant le cinéma, et de Bergson, matière et mémoire, l’invention créatrice, et puis Freud ignore le cinéma, comme Lacan qui ne l’évoque qu’au titre littéraire, rien sur la dynamique l’image, rien sur ce double du réel, ce réel en soi qui est justement le découpage, l’appariton de la temporalité comme telle, il est étonnant que la pensée cinéma ait pu rester dans le mouvement iconoclaste, tout repose dans le fond sur la notion de mouvement, de fixité de la structure, ce n’est pas la même chose de lire le mouvement comme une série limitée de points électifs désormais morts ou de prendre un point de vue différentiel , un local quelconque qui contient l’ensemble, y compris d’éventuels points singuliers imprévus car spécifiques au mouvement qui contient plus que l’à priori d’une intuition de fait fixiste, il y a un lien entre fixité de la structure et  perspectivo centrisme, comme on ne saurait disjoindre théorie du signifiant et théorie de la physique, le cinéma ne représente pas le réel mais effectue une pensée sur le réel, il participe de la dynamique de la figuration inconsciente, ce qui ne veut pas dire par exemple que le travail de Dali pour figurer le rêve dans le film soit le moins du monde inconscient,

tout au plus une fantaisie surréaliste dont la position esthétique est prise dans le monde bourgeois, la transposition freudienne du rêve établit une textualité qui fait consister le rébus du rêve, laissant insu un autre type de textualité, une pensée de l’image et non de la lettre, l’autre paradoxe étant que la textualité de la lettre sera moins opératoire vis à vis du nombre que l’image-mouvement, un certain refoulement de l’image réduit le réel à un jeu duel comme chute de la lettre, nullement nouage, Deleuze propose une distinction entre image-perception, image-action, image-affect, trois termes comme élémentaires du montage, c’est à dire trois modes aussi plus ou moins dominants, perception comme le western,

ou le premier plan de l’homme que j’ai tué de Lubitsch (ce film Deleuze en parle sans l’avoir vu mais avec une précision telle, voir à travers la jambe perdue, que l’on se surprend à le connaître même si on arrive pas à trouver le plan sur le web) , action comme le policier ou le premier plan de Mabuse de Lang,

affect comme le mélodrame ou Jeanne de Dreyer,

il faut aussi songer aux trois types de plans,

 état des lieux qui demanderait application non dans le cinéma contemporain de base mais dans l’ouvert de tel ou tel auteur, qu’est ce que ça deviennent chez Godard?

 une autre question est celle du texte-image du rêve; 

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