Beethoven était bien sourd
Rosalba Cara devint aveugle vers 1750, un dernier autoportrait montre la nuit qui vient
Lacan devint aphasique et Ludwig sourd. Il se mit à entendre le signifiant,
cela eut incontestablement des effets sur la structure de sa musique.
le passage au discontinu
1801,
Lettre de Beethoven à Karl Amenda,
"... Sache que la plus noble partie de moi-même, mon ouïe, s'est beaucoup affaiblie..."
"... Quelle triste vie est maintenant la mienne ! Éviter tout ce qui m'est aimé, et à quoi je tiens..."
"... Oh, comme je serais heureux si mes oreilles étaient en bon état ! ...;"
"... Bien sûr, j'ai pris la résolution de me dépasser en surmontant tout cela, mais comment sera-ce possible ? ..."
"... Ce que je t'ai dit de mon ouïe, je te prie de la garder tout à fait secret, et de ne le confier à qui que ce soit..."
"... Depuis trois ans, mon ouïe est toujours devenue plus faible. cela doit venir de la maladie intestinale dont je souffrais déjà autrefois..."
"... Depuis presque deux ans, j'évite toute société, car je ne peux pas dire aux gens : " je suis sourd". Si j'avais n'importe quel autre métier, cela serait encore possible ; mais dans le mien, c'est une situation terrible..."
"... Dans la conversation, il est surprenant qu'il y ait des gens qui ne l'aient jamais remarqué ; comme j'ai très souvent des distractions, on met tout sur leur compte. Quand on parle doucement, j'entends à peine ; oui, j'entends des sons, mais pas des mots ; et d'autre part, cela m'est intolérable dès qu'on crie..."
lettre de Beethoven à Franz Gerhard Wegeler,
1801.
". La cause première de cette infirmité doit venir de mes entrailles, qui autrefois déjà, tu le sais, étaient faibles, mais qui ont empiré ici, car je suis constamment incommodé d'une diarrhée qui provoque une faiblesse extraordinaire. Frank voulait redonner du ton à mon corps par des médecines fortifiantes, et à mon ouïe par de l'huile d'amandes, mais prosit ! Rien du tout. Mon ouïe s'affaiblissait toujours, et mes entrailles restaient dans le même état ; cela dura jusqu'à l'automne de l'an dernier, où je fus parfois au désespoir.
Un âne de médecin m'a conseillé alors les bains froids pour mon état général :
Un plus habile, les bains tièdes ordinaires du Danube : cela fit merveille ; mon ventre s'améliora, mon ouïe resta stationnaire ou empira encore.
Cet hiver, j'allais vraiment bien mal ; j'avais de terribles coliques, et je retombai tout à fait dans mon état précédent ; cela dura ainsi jusqu'à il y a environ quatre semaines où j'allai trouver Vering, pensant que mon état exigeait aussi en même temps un chirurgien ; et d'ailleurs, j'avais confiance en lui.
Il a maintenant réussi à supprimer presque entièrement cette violente diarrhée : il m'a ordonné les bains du Danube tièdes où il me fallait encore chaque fois verser un flacon de fortifiant : il ne me donna pas la moindre médecine excepté, depuis quatre jours environ, des pilules pour l'estomac et un thé pour l'oreille, et là-dessus je peux dire que je me sens plus fort et mieux ; seulement mes oreilles continuent à bourdonner jour et nuit.".
labyrinthite syphilitique?
Giulietta, Amalie, Thèrése,Joséphine, Antonie, Anne Marie, Almérie
Nous ne percevons que depuis la structure, c’est à dire depuis le signifiant. Ce n’est pas uniquement parce qu’il est aveugle que Morin peut effectuer le retournement de la sphère. Nous ne pouvoir voir ce qui n’a pas de nom, ainsi le buisson ardent. Il n’y a pas de Nom de Dieu
Adam ne parle pas la langue de Dieu, il parle depuis l’Autre qui lui souffle le S1 comme ce par quoi il n’y a pas de signifié à ce signifiant nodal.On peut sans doute alors écrire S1/@, la Verwerfung porte sur la barre. Alors tous les noms sont le Nom. Joyce est aveugle. Ses camarades d’école brisent ses lunettes. Il tisse l’impossible de l’élangues dans lalangue. Il demeure au plus près de l’expérience, mais Schreber invente une néolangue, une métaphore délirante, ce en quoi il se refuse à l’hyperbole du signifiant. Que perçoit le psychotique normé par le neuroleptique? Que devient l’hallucination comme voix de l’Autre?Le corps est troué par le signifiant, c’est le lieu de la pulsion partielle et donc de la perception locale. Mais c’est aussi le lieu du leurre imaginaire qui y établit du continu. Le monde devient perceptible ,c’est à dire non troué. Le phobique sait bien que le monde des objets est discontinu, ce n’est pas qu’il a “peur” du vide comme concept spatial, il sait très bien le vide absolu d’entre deux signifiants, c’est à dire d’entre deux objets. Il demeure dans le suspens de l’ouverture de l’holophrase S1S2. Il y a donc du S1 depuis l’Autre, premier temps de l’inscription signifiante qui se redouble en S2, S2 est le nom du S1 qui n’a pas de nom. Le signifiant trou le phénomène dans le dédoublement de lui même, c’est ce qui permet de lire le tore comme bouteille de Klein, capture intégrative du spéculaire. Le signifiant ordonne la structure du corps ce qui permet à ce corps d’ex-ister comme imaginaire du signifiant. Mais chaque perception se trouve soumise à la tache aveugle de cette structure et donc vectorisée par ce point aveugle justement. Le désinvestissement pulsionnel est psychosomatique, ceci rétablit un continuum spéculaire et donc un effacement de la perception correspondante. Le paradoxe est sans doute d’y gagner une disjonction entre le signifiant et le signifié. Beethoven peut entendre enfin. Schoenberg n’a plus qu’à achever la généralisation de ce qu’il découvre, en ce point identique à ce qu’implique la notion d’axiomatique en géométrie et donc la notion de géométrie non euclidienne. Lacan achève la découverte freudienne, non au sens d’un système clos, mais au sens où il peut induire une pratique de la structure qui ne soit point la localisation typologique.